Tout savoir sur le magazine Les Cahiers de Science et Vie

Les Cahiers de Science et Vie

Pays d'édition

France

Langue d'édition

Français

Périodicité

Bimestriel

Thématique

Histoire et civilisation

Date de création

1991

Ville d’édition

Bagneux

Groupe éditeur

Reworld Media

Directrice des rédactions

Danielle McCaffrey

Rédacteur.trice en chef

Armanda Schrepf Sanz

Histoire les cahiers de science et vie

 

Nés en février 1991 sous l'impulsion de la rédaction du célèbre mensuel fondé en 1913, Les Cahiers de Science et Vie se sont rapidement imposés comme une référence incontournable de la presse de vulgarisation historique et scientifique. La revue décrypte les grandes énigmes du passé à la lumière des méthodes scientifiques contemporaines. En reliant l'archéologie, l'anthropologie et les sciences fondamentales, la publication invite chaque lecteur à explorer l'évolution des sociétés humaines avec rigueur et passion.

 

Quelle est l'histoire du magazine Les Cahiers de Science et Vie ?

 

Lancée au début de l'année 1991, la revue prend d'abord la forme de numéros hors-série thématiques rattachés au mensuel historique Science & Vie. Dès l'origine, le projet éditorial se distingue par une volonté claire : raconter les découvertes scientifiques majeures et retracer le parcours des figures qui ont façonné notre compréhension du monde, de la physique à l'astronomie.

 

Au fil des années, la formule éditoriale s'émancipe pour donner naissance à une revue à part entière, paraissant sur un rythme bimestriel. La ligne éditoriale s'élargit progressivement pour embrasser l'histoire des civilisations, les mythes universels et l'archéologie de terrain. Grâce à des dossiers complets illustrés de cartes, de reconstitutions et d'analyses d'experts, Les Cahiers de Science et Vie ont su bâtir un pont solide entre le savoir académique et le grand public.

 

Les Cahiers de Science et Vie histoire et civilisation

Une approche scientifique inédite du passé

Le magazine se démarque de la presse d'histoire traditionnelle par sa grille de lecture résolument scientifique. L'objectif consiste à appliquer les outils d'investigation moderne (analyses génétiques, datation au carbone 14, imagerie satellite, modélisations 3D) aux vestiges des mondes anciens. Cette démarche méthodique permet de porter un regard neuf sur des épisodes fondateurs, des premières cités mésopotamiennes aux grands conflits modernes comme la Première Guerre mondiale.

 

Des dossiers thématiques au cœur des mystères fondateurs

Chaque numéro propose une immersion transversale pour lever le voile sur les mystères fondateurs de nos sociétés. La rédaction explore les grandes interrogations de l'humanité :

  • L'origine des langues, des croyances et des structures politiques.
  • L'essor des premières grandes cités et leurs routes commerciales.
  • Les technologies oubliées qui ont transformé l'architecture et la navigation.
  • L'influence des découvertes scientifiques sur le destin des empires.
 

Quelques dates clés qui ont façonné la revue

- Février 1991 : Parution du tout premier numéro sous la forme de cahiers thématiques dédiés aux grandes figures et aux ruptures scientifiques.

- Années 2000 : Évolution graphique et éditoriale majeure, la mention hors-série s'efface pour laisser place à un bimestriel régulier centré sur les racines des civilisations.

- Année 2012 : Déploiement de formules enrichies mettant l'accent sur les grands récits archéologiques et les technologies du passé.

- Années 2020 : Modernisation des formats, enrichissement visuel et intégration de rubriques consacrées aux coulisses de la recherche contemporaine.
 
 

Les éditeurs du titre au fil des décennies

À l'image de la marque mère Science & Vie, Les Cahiers ont évolué au sein de plusieurs grands groupes d'édition :

  • Excelsior Publications : Maison d'origine qui a développé le concept initial et accompagné les premiers succès du magazine en kiosque.
  • Emap Plc puis Mondadori France : Période marquée par l'internationalisation et l'affirmation de formules éditoriales modernes destinées à fidéliser les passionnés d'histoire.
  • Reworld Media : Éditeur actuel du titre, qui impulse une nouvelle dynamique de diffusion imprimée et numérique pour rendre le savoir accessible sur l'ensemble des canaux.
 

Les rubriques phares du magazine

Le sommaire des Cahiers est conçu comme une véritable expédition intellectuelle à travers le temps :

- Le Grand Dossier : Une analyse exhaustive d'une civilisation, d'une période clé ou d'une énigme historique décortiquée sous l'angle scientifique.
- Actualités de la recherche : Les chantiers de fouilles récents, les nouvelles technologies appliquées au patrimoine et les découvertes de terrain.
- Enquêtes et controverses : Le décryptage des débats qui animent la communauté des historiens et des archéologues.
- Culture et patrimoine : Des sélections d'expositions, d'ouvrages spécialisés et de sites historiques à visiter pour prolonger la lecture.
 

Les Cahiers de Science et Vie anciens numéros et hors-série

Pour les collectionneurs et les amateurs de dossiers approfondis, les anciens numéros représentent une véritable encyclopédie vivante. Qu'il s'agisse d'éditions spéciales consacrées à l'Égypte antique, à la Grèce classique, à la Renaissance ou aux révolutions techniques, chaque parution conserve une valeur documentaire intemporelle. Les archives permettent de suivre l'évolution des connaissances scientifiques sur les plus grands sites archéologiques de la planète.

 

Les Cahiers de Science et Vie abonnement et prix 

Retrouvez toute la richesse de la revue en  souscrivant à une offre dédiée sur Kiosquemag.com, la plateforme officielle du groupe. Plusieurs formules d'abonnement sont proposées pour recevoir chaque numéro directement chez vous ou le consulter en format numérique sur votre liseuse ou tablette. Pour compléter votre bibliothèque ou découvrir un sujet précis, vous pouvez également commander la revue au numéro et retrouver tout l'univers de la Science en quelques clics.

 

Foire aux questions sur la galaxie Science et Vie

 

À quel âge peut-on lire Les Cahiers de Science et Vie ?

Le magazine Les Cahiers de Science et Vie  s'adresse en priorité à un public adulte ainsi qu'aux lycéens ou étudiants passionnés d'histoire et d'archéologie, généralement dès 15 ou 16 ans. Contrairement aux titres jeunesse du groupe, les dossiers développent des analyses approfondies et s'appuient sur des concepts scientifiques pointus. Pour les plus jeunes, la découverte des sciences commence plus tôt : Mon Petit Science & Vie accompagne les 3 à 6 ans, Science & Vie Découvertes  s'adresse aux 7 à 10 ans, et le magazine Science & Vie Junior  fait le bonheur des adolescents de 10 à 15 ans avec un format spécialement adapté à leur tranche d'âge.

 

Pour quelles raisons choisir Les Cahiers de Science et Vie ?

Choisir Les Cahiers de Science et Vie  permet de bénéficier d'une approche éditoriale unique en kiosque, située au croisement exact de l'histoire des civilisations et de l'investigation scientifique contemporaine. Contrairement aux revues d'histoire classiques qui privilégient une narration chronologique ou politique, ce bimestriel mobilise les outils modernes de la recherche, de l'imagerie 3D aux analyses ADN en passant par la datation isotopique, pour percer les mystères fondateurs de l'humanité et revisiter les mythes anciens. Grâce à un grand dossier thématique approfondi d'une quarantaine de pages, une riche iconographie et des enquêtes sur les chantiers archéologiques récents, la revue offre une plongée captivante qui éclaire le passé avec toute la rigueur des sciences actuelles.

Interview de la Rédactrice en Chef adjointe : Amanda Schrepf Sanz


1. Comment décririez-vous la ligne éditoriale unique de votre magazine et comment s'inscrit-elle dans les débats de société actuels ?

Les Cahiers de Science & Vie, c’est l’histoire regardée avec les yeux de la science. Depuis sa création en 1991, le magazine remonte le fil des connaissances, des découvertes et des idées qui ont façonné le monde et la pensée : astronomie, médecine, techniques, chimie, archéologie, grandes figures de la pensée… Nous racontons comment les savoirs se construisent, se transmettent, se confrontent et, parfois, sont complètement remis en cause grâce à une avancée scientifique. C’est tout l’intérêt de faire dialoguer passé et présent.

Les grandes questions qui traversent nos sociétés ont souvent une histoire longue. Comment fabrique-t-on et diffuse-t-on le savoir ? Que disent les images d’une époque et de ceux qui les produisent ? Comment les innovations transforment-elles notre manière d’habiter le monde ? Que racontent les traces archéologiques et génétiques des civilisations passées ? Autant de fils que nous pouvons tirer pour éclairer les débats contemporains.


2. Vous avez lancé, en février dernier, une nouvelle formule. Quelles ont été les principales évolutions ?

La nouvelle formule accentue justement cette dimension. Elle donne davantage de place aux débats, aux découvertes et aux sujets qui font écho à l’actualité. Parmi les exemples de sujets traités dans le magazine, il y a le débat sur le retour du service militaire. Traité sous forme d’interview croisée, il permet  de confronter le regard de plusieurs chercheurs : historiens, sociologue, spécialistes des questions de défense… tout en replaçant le sujet dans une histoire qui remonte bien au-delà de sa suspension en 1997. L’idée est toujours la même : prendre un peu de recul pour comprendre d’où viennent les questions que nous nous posons aujourd’hui.


3. Comment votre magazine parvient-il à équilibrer son héritage avec les attentes d'une audience moderne et diversifiée ?

Notre héritage, c’est d’abord le temps long. Celui qui permet de sortir du flux continu de l’actualité, de prendre le temps de raconter une histoire et de comprendre pourquoi une découverte, une idée ou une invention a changé notre manière de voir ou de comprendre le monde. Le grand dossier demeure donc au cœur du magazine : c’est l’espace pour approfondir un sujet, multiplier les angles et donner les clés nécessaires à sa compréhension. La nouvelle formule conserve cette exigence tout en proposant un magazine plus visuel et plus rythmé grâce à de nouvelles rubriques qui permettent de varier les sujets.

Car, nous cherchons aussi à raconter davantage la science en train de se faire et ceux qui la font. Les connaissances ne tombent jamais du ciel : elles sont le fruit d’intuitions, d’erreurs, d’expériences, de controverses et parfois de bricolages étonnants comme cela a été le cas pour comprendre l’univers comme la machine d’Anticythère, la saphaea d’Al-Zarqali ou la lunette de Galilée. 

Cette manière de raconter permet, je crois, de rendre accessibles des sujets parfois complexes sans les simplifier à outrance. 


4. Quelle est l'importance des reportages et des enquêtes de fond dans votre magazine, et comment sélectionnez-vous les sujets qui méritent une exploration approfondie ?

L’enquête de fond est essentielle parce que l’histoire n’est pas un récit figé. C’est ce que nous apprenent les nouvelles techniques et outils de recherche, par exemple : Lidar, rayons X, tomographie, modélisation 3D, paléogénomique ou analyses médico-légales permettent d’accéder à des informations qui étaient auparavant invisibles. Elles peuvent même suffire à modifier ce que nous pensions savoir depuis des décennies. C’est probablement l’un des aspects les plus intéresants et passionnants  du magazine : montrer que le passé continue de produire de nouvelles informations.

Enfin, avec la rubrique « Cold Case » nous nous autorisons la réouverture d’un dossier ancien pour reprendre les faits à la lumière des connaissances actuelles et des différentes pistes qui ont entouré l’affaire. Ce qui nous intéresse finalement, ce n’est pas seulement la découverte elle-même, mais ce qu’elle change, la nouvelle pièce au puzzle.

​

Interview de la Rédactrice en Chef adjointe : Amanda Schrepf Sanz

Une sélection d’extraits des meilleurs articles du magazine Les Cahiers de Science et Vie

Les Cahiers de Science et Vie n°231

Les Cahiers de Science et Vie 231 COMMENT JUGER LES CRIMES DE MASSE ?

COMMENT JUGER LES CRIMES DE MASSE ?

NOS EXPERTS • Bruno Cathala est magistrat. Il a été le premier greffier de la Cour pénale internationale entre juillet 2003 et avril 2008 et il est l’auteur de Juger le mal – Histoire de la justice pénale internationale (éd. Passés composés, septembre 2026). • Aurélia Devos est magistrate. Elle a dirigé pendant dix ans le pôle dédié aux crimes contre l’humanité au Parquet de Paris et a supervisé l’enquête internationale sur Félicien Kabuga, financier présumé du génocide rwandais de 1994. Elle est l’auteure de Crimes contre l’humanité – Le combat d’une procureure (éd. Calmann-Lévy, 2023). • Richard Rechtman est psychiatre des hôpitaux et anthropologue spécialiste des crimes de masse et des génocides, directeur d’études à l’EHESS et auteur de La Vie ordinaire des génocidaires (éd. CNRS, 2020). • Bénédicte Vergez-Chaignon est historienne, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation, auteure de Crimes contre l’humanité – Les procès Barbie, Touvier, Papon (éd. Passés composés, 2025). Les Cahiers de Science & Vie : En quoi le procès de Nuremberg peut-il être considéré comme une révolution ? Bruno Cathala : En 1899, à la suite des atrocités commises sur les champs de bataille avec de nouvelles armes, les conventions adoptées lors de la première Conférence internationale de la paix, à La Haye, ont introduit une référence aux lois de l’humanité et, avant la Seconde Guerre mondiale, le crime d’agression, c’est-à-dire le crime contre la paix, était déjà interdit. La véritable révolution de Nuremberg, c’est qu’on passe d’un moment où un État souverain est maître chez soi à l’idée que les crimes commis contre des populations civiles dans le cadre d’attaques généralisées ou systématiques atteignent toute l’humanité. De plus, ce ne sont plus seulement les États, mais bien les dirigeants qui vont être tenus comme personnellement et pénalement responsables. La souveraineté demeure donc le principe, mais celui-ci n’est plus absolu. En mai 1946, le procès ouvert à Tokyo pour juger les criminels japonais s’appuiera sur les mêmes principes. Bénédicte Vergez-Chaignon : Nuremberg constitue le premier procès d’ampleur organisé après un conflit par les vainqueurs pour juger les vaincus sur la base d’une justice internationale, les accusés étant les plus hauts responsables gouvernementaux

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°231 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 231 LE DERNIER VOL D’AMELIA EARHART

LE DERNIER VOL D’AMELIA EARHART

L’aube se lève à peine sur le Pacifique central lorsqu’un faible signal attire l’attention des opérateurs radio du garde-côtes américain Itasca. Depuis des heures, ils sont à l’affût. Quelque part dans l’immensité qui les entoure se trouve un avion qui fascine le monde entier depuis plus d’un mois. Un Lockheed Electra 10-E argenté, piloté par l’une des femmes les plus célèbres de son temps. Et voilà qu’à 7 h 42, une voix souffle dans les écouteurs : “Nous devons être au-dessus, mais je ne vous vois pas… niveau de carburant faible…” Quelque 300 m au-dessus du plus vaste océan de la planète, tandis que la jauge du réservoir plonge dangereusement, Amelia Earhart et Fred Noonan cherchent désespérément une île où se poser. Les opérateurs de l’Itasca font tout pour maintenir la communication, mais une heure plus tard, le silence retombe. Pour de bon. Nous sommes en juillet 1937, et Amelia et Fred ont à jamais disparu des radars. L’histoire d’Amelia Earhart commence paisiblement, loin des tarmacs, dans la petite ville d’Atchison, au Kansas, où elle voit le jour le 24 juil-let 1897. L’Amérique conservatrice dans laquelle elle grandit assigne aux jeunes filles un rôle bien défini : être discrètes, élégantes, raisonnables. Amelia, elle, préfère grimper aux arbres. Elle escalade les toits des garages, fabrique des rampes pour sa luge, chasse les rats à la carabine et collectionne les coupures de presse consacrées aux femmes ayant réussi dans des domaines “réservés aux hommes” – actrices, avocates, ingénieures, cheffes d’entreprise… Son entourage la décrit comme un garçon manqué – à l’époque, l’expression est loin d’être un compliment. Mais Amelia n’en a cure. Plus tard, elle écrira : “Les femmes doivent parfois faire pour elles-mêmes ce que les hommes ont déjà fait.” Cette conviction ne la quittera jamais. Curieusement, lorsqu’elle aperçoit son premier avion, vers l’âge de 10 ans, elle ne ressent

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°231 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 231 “Les images servent à raconter des histoires”

“Les images servent à raconter des histoires”

NOS EXPERTS Jean-Loïc Le Quellec est anthropologue (directeur de recherche honoraire au CNRS) André Gunthert est historien des cultures visuelles (Centre d’histoire et de théorie des arts, EHESS) Les Cahiers de Science & Vie : Pourquoi ressentons-nous depuis toujours le besoin de fabriquer des images? Jean-Loïc Le Quellec : Pour la préhistoire, je pourrais vous répondre que nous n’en savons rien. Mais nous parlons de la plus longue période de l’histoire de l’humanité, au sein de laquelle on distingue en réalité plusieurs époques, qui se différencient justement par leurs peintures et leurs gravures. Enfin, quels que soient les motivations ou le sens de cet art pariétal et rupestre, il ne s’agissait manifestement pas de représenter le monde réel. L’environnement, au sens large, en est en effet totalement absent : il n’y a ni Soleil, ni Lune, ni étoiles, ni nuages, ni forêts, ni arbres… Et plus précisément, il y a deux catégories de graphismes. La moitié correspond à des traits, des points, des ronds ou des hachures que les préhistoriens qualifient par convention de signes, bien que nous ignorions s’ils signifiaient réellement quelque chose. Quant à l’autre moitié, ce sont des images que nous pensons reconnaître : nous voyons un bison, un mammouth, un lion, etc. – même si cela ne nous dit rien de ce qu’ils incarnaient pour ceux qui les ont représentés. On y trouve une petite poignée de figures dites anthropomorphes, car elles ressemblent à des humains. Mais ces silhouettes s’avèrent très étranges : elles sont parfois dotées

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°231 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

Les Cahiers de Science et Vie n°230

Les Cahiers de Science et Vie 230 COUPS D’ÉTAT, LE RETOUR ?

COUPS D’ÉTAT, LE RETOUR ?

NOS EXPERTS • Vincent Azoulay est historien, spécialiste de la Grèce antique (EHESS). Coauteur de Athènes 403, une histoire chorale, éd. Flammarion, 2020. • Vincent Foucher est politologue et chargé de recherche au laboratoire Les Afriques dans le monde (CNRS/ Sciences Po Bordeaux). • Franck Gaudichaud est politologue, spécialiste de l’Amérique latine contemporaine (université Toulouse – Jean-Jaurès). Auteur de Découvrir la révolution chilienne (1970-1973), Les Éditions sociales, 2023. • Nicolas Patin est historien, spécialiste de l’Allemagne de 1914 à 1945 (université Bordeaux Montaigne). Coauteur de Le Monde nazi, 1919-1945, éd. Tallandier, 2024. • Dominique Pinsolle est historien, spécialiste du mouvement ouvrier (université Bordeaux Montaigne). Auteur de Quand les travailleurs sabotaient, France, États-Unis (1897-1918), éd. Agone, 2024. • Pierre Salmon est historien, spécialiste de la guerre d’Espagne (ENS, Paris). Coauteur de La guerre d’Espagne, 1936-1939, la démocratie assassinée, éd. Tallandier, 2026. Les Cahiers de Science & Vie : En juillet 1936, un coup d’État entraînait l’Espagne dans la guerre civile… Comment a-t-il été préparé ? Pierre Salmon : Contrairement à une idée encore répandue, ce coup d’État n’était pas la conséquence directe de l’instabilité républicaine ni de l’assassinat, le 13 juillet, du dirigeant monarchiste José Calvo Sotelo. Dès 1932, le général Sanjurjo avait tenté un coup d’État contre la République. D’autres projets furent mis en sommeil entre 1933 et 1935, et les historiens s’accordent à parler de plusieurs trames conspiratrices, à la fois civiles et militaires, qui auraient convergé vers la fin de l’année 1935, et surtout après la victoire du Front populaire, en février 1936. Si le coup d’État de juillet 1936, dont le véritable architecte est le général Mola, fut préparé dans son aspect pratique et stratégique dans les casernes, il y eut aussi une préparation politique au sein d’organisations fascistes et monarchistes – ces dernières ayant de puissants relais dans la presse. Mais les conspirateurs avaient sousestimé la résistance populaire et celle des institutions républicaines. Face à l’Union militaire espagnole, favorable aux putschistes, une Union militaire républicaine antifasciste organisa la résistance au sein des casernes. Et, dans un premier temps, la moitié des forces armées et des forces de l’ordre restèrent fidèles à la République, faisant du coup d’État un semi-échec ou une semi-réussite, selon le point de vue. CSV : Que désigne exactement le terme “coup d’État” et à quand remonte-t-il ? Vincent Azoulay :

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°230 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 230 COMMENT LE CARAVAGE EST-IL MORT ?

COMMENT LE CARAVAGE EST-IL MORT ?

Fièvre maligne ? Saturnisme ? Assassinat ? Les restes retrouvés du maître du clair-obscur permettront-ils de faire la lumière ?Un homme seul, le visage emperlé de sueur, titube sur une plage de Toscane sous un soleil à écraser les mouches. Des ombres de mauvais augure s’amassent déjà au creux de ses yeux. C’est là, le 18 juillet 1610, sur cette longue bande de cailloux gris léchée par une mer oléagineuse que disparaît, à 38 ans, le peintre le plus novateur de son époque. C’est du moins ce qu’affirment plusieurs des biographes de Michelangelo Merisi da Caravaggio. Son corps a disparu, enseveli à la va-vite, dévoré par les chiens, jeté à la mer… allez savoir. Il fallait bien une mort dramatique et spectaculaire pour conclure une vie intense semée d’autant d’embûches que de chefs-d’œuvre. La légende du Caravage, sans doute exacerbée par les romantiques du XIXe siècle, amateurs de des-tins tragiques, est aussi sombre que ses tableaux. L’artiste lui-même a pris soin de se forger une réputation sulfureuse, maniant l’épée aussi bien que le pinceau. Un bonhomme fort susceptible, à manier avec autant de précautions qu’un œuf frais ! Il n’hé-site pas à fréquenter les bas-fonds et leur cortège de filles de joie, d’ivrognes, de pendards et autres coupe-jarrets, prenant un plaisir manifeste dans la transgression et le danger. Adepte du “vice innommable”, il prête le visage de ses jeunes amants aux anges et aux saints et fait poser ses amies prostituées en Madone ou Marie-Madeleine repentie, au nez et à la barbe des très sourcilleux inquisiteurs du Saint-Office. On ne compte plus ses démêlés avec la police, ses incarcérations suite à des algarades dans la rue ou des querelles de tavernes. Sa vie ressemble à une longue course vers la mort. Reste à savoir ce que fut celle-ci. A-t-il succombé à une poussée de malaria, comme le supposent de nombreux historiens ? Mais, au vu du nombre d’ennemis et de rivaux rancuniers qu’il n’a pas manqué de se faire au cours de sa courte mais intense carrière, n’aurait-il pas été plutôt assassiné ? Comment un tel

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°230 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 230 PAS À PAS DANS LA TÊTE D’HITLER

PAS À PAS DANS LA TÊTE D’HITLER

Les Cahiers de Science & Vie : Pourquoi vous être attelé à ce sujet, alors qu’on a déjà tant écrit sur la Seconde Guerre mondiale ? Claude Quétel : J’ai en effet moi-même beaucoup publié sur cette période, si bien qu’il ne me manquait plus qu’un sujet à traiter : Hitler lui-même ! Après avoir lu toutes ses biographies – pas si nombreuses, et jamais écrites par des Français –, j’ai eu envie de me lancer, avec ma sensibilité. Surtout, je voulais m’adresser au grand public. C’était un pari, car il est plus facile d’écrire un pavé exhaustif qu’un ouvrage plus digeste, sans notes, sans tableaux. CVS : Vous décrivez un jeune homme sans génie, que rien ne semblait destiner à une carrière politique… C.Q. : L’histoire, ce n’est pas de la physique ni de la chimie : il y a une part inévitable d’interprétation. On doit juger selon nos convictions ; pour ma part, je considère qu’Hitler est d’une médiocrité absolue, inculte. Il n’y a qu’à voir ses lettres de jeunesse, criblées de fautes ! Il est aussi paresseux, ce qui le conduira à une semi-clochardisation. Tout juste peut-on lui concéder qu’il est malin… dans les deux sens du terme. Il est vil d’âme. Enfin, il n’a pas quinze idées en même temps, mais une seule idée fixe, ce qui est toujours dangereux. CVS : Comment cet homme médiocre est-il devenu le Führer ? C.Q. : On n’a pas vraiment besoin de qualités pour arriver au pouvoir, il suffit d’une succession de hasards. Le choc fondateur pour Hitler – peut-être le seul de sa vie –, c’est l’armistice de 1918. Il croyait vraiment en

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°230 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

Les Cahiers de Science et Vie n°229

Les Cahiers de Science et Vie 229 FAUT-IL REVENIR AU SERVICE MILITAIRE ?

FAUT-IL REVENIR AU SERVICE MILITAIRE ?

Item sans titre Les Cahiers de Science & Vie : En novembre dernier, le président de la République annonçait la création d'un service national volontaire, dont le recrutement a démarré en janvier. Pour quelles raisons ? Jean-Claude Allard : Cette décision répond à deux besoins. Le premier, c'est de faire prendre conscience à la nation des menaces qui pèsent sur la France, et de placer l'ensemble de la société française devant ses responsabilités en matière de défense. La défense de la France, ce n'est pas seulement du matériel, ce sont aussi des hommes et des femmes. Le second besoin tient aux évolutions des armées depuis la fin de la guerre froide. Les armées françaises ont subi une très forte décroissance de leurs capacités depuis 1990 : la chute du mur de Berlin, la volonté d'engranger les “dividendes de la paix” ont conduit à réduire les budgets et, par conséquent, les effectifs. Aujourd'hui, notre armée compte moins de professionnels que l'armée de conscription n'en recensait il y a trente ans. Or les menaces redeviennent comparables, sur certains points, à celles de la guerre froide, avec une grande puissance à l'est qui s'appelait l'Union soviétique et s'appelle désormais la Russie. Alors il faut regonfler les rangs… Maxime Launay : La dégradation du contexte stratégique pèse effectivement de tout son poids. Les autorités civiles et militaires ont le sentiment que la guerre peut, d'ici trois à quatre ans, toucher le flanc est de l'Europe. Et l'une des leçons tirées des conflits actuels, notamment en Ukraine, c'est le besoin de masse. Le nouveau service national serait un moyen d'y répondre. Mais, pour autant, ces jeunes ne seraient pas projetés à l'étranger : ils participeraient à la défense du territoire dans des opérations du type de Sentinelle ou Vigipirate [déployées face à la menace terroriste,NDLR ] . Ensuite, il y a, depuis 1997 et la suspension du service militaire obligatoire, un sentiment de vide chez les élites politiques et dans une partie de l'opinion publique. Le service national volontaire a donc été pensé comme un dispositif qui viendrait apporter quelque chose à la jeunesse, là où d'autres services publics, notamment l'Éducation nationale, sont perçus comme défaillants ou insuffisants. Bénédicte Chéron : J'ajouterais que du côté des autorités politiques,

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°229 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 229 COLD CASE

COLD CASE

Depuis le mois de mai, l'Exposition internationale et coloniale, installée dans le parc de la Tête d'or, à Lyon, fait la une des journaux. C'est un triomphe populaire - des dizaines de milliers de visiteurs s'y pressent chaque jour pour admirer les pavillons exotiques, les produits des colonies françaises, les dernières innovations de l'industrie du pays. C'est aussi une véritable résurrection pour cette France sortie fracassée de la guerre de 1870, encore fragile et isolée sur la scène internationale. Mais ce 24 juin 1894, l'excitation est à son comble : la visite attendue du président de la République a fait fleurir dans les rues drapeaux tricolores, guirlandes et lampions. Dès le matin, une foule endimanchée s'est massée sur les grands boulevards et les quais du Rhône pour acclamer la figure débonnaire et rassurante de Sadi Carnot. Ce dernier visite l'exposition dans l'après-midi avant de se rendre au Palais de la bourse pour assister au banquet de mille couverts dressé en son honneur par la municipalité. Après ces fastueuses agapes, vers 21 h 15, le président prend place dans une calèche découverte pour rejoindre le Grand Théâtre où doit se jouer une représentation d' Andromaque . La liesse redouble lors du passage du cortège présidentiel rue de la République. On grimpe jusque dans les lampadaires pour apercevoir le “grand homme”. Les acclamations et les vivats montent des trottoirs, les chapeaux et les cannes se lèvent, les orchestres jouent des marches patriotiques. Sadi Carnot, souriant dans sa voiture découverte, salue la foule qui l'applaudit… jusqu'au moment où un jeune homme à casquette s'élance sur la chaussée, un imprimé à la main, et monte sur le marchepied du landau. Tout se joue en une fraction de seconde. Le président tend le bras vers ce qu'il pense être une pétition qu'on lui remet, mais le papier dissimule un poignard qui d'un coup vient se ficher dans son ventre juste en dessous des côtes. “Je suis blessé !” s'exclame-t-il avant de s'effondrer

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°229 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Cahiers de Science et Vie 229 Qui a composé ce récit fabuleux ?

Qui a composé ce récit fabuleux ?

Imaginez la Grèce du VIIIe siècle avant notre ère… Les palais mycéniens se sont effondrés quatre cents ans plus tôt, emportant avec eux l'écriture en linéaire B, cette forme archaïque du grec ancien qui servait à inventorier l'huile et le blé des rois. Le monde égéen a traversé ce que les historiens appellent les “siècles obscurs”, une période de contraction démographique, de repli sur soi, d'oubli. Et pourtant, dans cette obscurité, quelque chose a survécu : la mémoire des héros. Item sans titre Car c'est dans cette Grèce sans écriture que naissent L'Iliade et L'Odyssée . Non pas sur des tablettes d'argile ou des rouleaux de papyrus, mais dans la bouche des aèdes, ces poètes-chanteurs itinérants qui se produisent alors dans les cours aristocratiques, la lyre à la main, pour réciter les exploits des guerriers d'autrefois. La guerre de Troie, le retour tourmenté d'Ulysse… Tout cela vit d'abord comme parole, comme chant. “Puisant dans un répertoire oral très ancien, ces poètes ne composent pas un récit figé, ils pratiquent ce que l'on appelle la diction formulaire, explique l'helléniste Christophe Bréchet, enseignant à l'université de Paris-Nanterre. Ils chantent la gloire des héros du passé en utilisant un réservoir de formules, de séquences de mots pour structurer leurs récits autour de temps forts tels des festins, des sacrifices, des batailles. ” Ulysse aux mille ruses, Achille aux pieds légers, Hector au casque étincelant, l'Aurore aux doigts de rose ? Ces expressions ne sont pas de simples ornements. Ce sont des chevilles rythmiques, des outils de composition qui permettent au barde de construire ses vers dans le cadre rigide de l'hexamètre [vers composé de 6 pieds, NDLR ] dactylique, le mètre de l'épopée grecque. Item sans titre Parmi les nombreux poèmes qui circulent alors, deux épopées vont bientôt se démarquer : L'Iliade et L'Odyssée, qu'on attribue à Homère. “Beaucoup

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°229 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque