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Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3668 du 18 février 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3668 du 18/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3668 Faveurs royales

Faveurs royales

Christina allait et venait dans la pièce. Parfois elle portait ses mains à ses tempes, les lissait ; puis elle croisait les doigts dans une instinctive prière. Ses prunelles largement ouvertes donnaient à son regard une profondeur d'océan. Axel écoutait la jeune femme d'une oreille distraite, car il se repaissait de son image. Il aurait voulu lui dire : « Je vous aime… Laissons cela… N'avons-nous pas mérité de nous désintéresser du monde ? De ne point nous préoccuper de quiconque hormis nous ? » Mais s'il lui avait parlé ainsi, il savait qu'il l'aurait profondément choquée. Elle possédait la volonté du soldat et le charme de la femme éternelle. - J'irai jusqu'à Vienne, proposa-t-il. Je tâcherai de joindre Élisabeth. Je lui expliquerai dans quel guet-apens va tomber son cousin. Je suis sûr qu'elle persuadera François-Joseph de lui donner asile. - L'empereur est trop rigoriste pour comprendre la fantaisie de notre roi… Une fantaisie dont semble avoir hérité son propre fils, Rodolphe. - J'ai eu l'occasion de rencontrer l'archiduc. Il y a dans son regard quelque chose de fuyant. Je ne saurais le comparer à Louis II. Ce sont deux natures bien différentes… À la recherche d'une raison de vivre. La quête de Rodolphe s'ouvre sur le néant. - Et sur la mort, dit Christina. Elle paraissait triste, tout à coup. Elle voulait sauver le roi et une intuition lui disait qu'elle ne pourrait rien pour lui. Une masse mouvante apparut devant ses yeux. Une masse mouvante trop calme… traîtresse… - Le lac, murmura-t-elle. Le lac de Starnberg ! Visionnaire, elle s'expliquait mal son pressentiment. Cette eau noire qui l'avait autrefois fait frissonner la troublait de nouveau. - Qu'avez-vous ? s'inquiéta Axel. - Rien. Ce château près du lac où Louis se retire si souvent, Rienko prétend que c'est là, à Berg, qu'on l'enfermera. - Dois-je repartir pour Vienne ? demanda le Hongrois. Il espérait qu'elle le retiendrait, qu'elle aurait un cri de protestation. Elle eut un mouvement de panique. Cette perspective en effet lui glaçait le cœur. - Non, je vous en prie… Pas encore. Je sais trop peu de choses. Ce que vous apprendrez de votre côté sera insignifiant. Il y a si longtemps que vous n'avez pas séjourné à Munich ! On ne vous fera pas de confidences. Peut-être même se méfiera-t-on de vous. - Je connais un endroit où glaner des renseignements. - Chez Eva Lottenbach, n'est-ce pas ? Il la scruta, surpris. - J'y songeais. - Rienko m'a affirmé que vous étiez très bien avec elle jadis… - Qu'entendez-vous par « très bien », mon ange ? Seriez-vous jalouse ? Soyez plus sûre de votre beauté, Christina. Plus certaine de votre pouvoir sur moi. Aucune femme ne prendra votre place dans mon cœur. - Je n'aime pas la baronne, dit Christina. En sa présence, j'éprouve un malaise. À la mort de ma mère, j'ai quémandé ses conseils car je croyais en son amitié. Or le comte Rienko m'a prévenue que chez elle et en sa présence, le fameux soir où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, elle avait permis que mon sort soit joué aux cartes, Stephan contre mon propre frère ! Je ne le lui ai pas pardonné. - Et moi qui souhaitais vous arracher à l'intimité scabreuse de ses salons encombrés d'hommes éméchés et de coquettes corrompues, vous ne me regardiez pas ! Au milieu de tous ces gens, vous ressembliez à une flamme purifiante. J'avais envie de vous protéger et

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Les Veillées des Chaumières 3668 Cinq femmes dans l'Histoire

Cinq femmes dans l'Histoire

Tonia restait silencieuse en tressant sa natte pour la nuit. À vrai dire, ce qu'elle retiendrait surtout de cette mémorable journée, c'était les beaux yeux bleus de Daniel Lemoine et sa voix grave. Il avait déjà l'air d'un homme avec ses avant-bras musclés et ses mains courtes et larges. Quel âge pouvait-il bien avoir ? Plus qu'elle, c'était certain. En tout cas, ses camarades de classe lui apparaissaient tout à coup comme de fades adolescents, avec leurs membres frêles, leurs ongles soignés et leur attitude polie et sage. Leurs seules préoccupations étaient leurs résultats aux versions latines ou aux devoirs de géographie. Pas comme Daniel qui faisait la révolution, avait osé tenir tête à oncle Victor. « Bah ! se dit-elle en s'endormant. Qu'a-t-il eu à faire d'une gamine comme moi ? Il avait bien d'autres chats à fouetter. » Les événements en Algérie, cette guerre qui ne disait pas son nom, rencontraient des échos plus ou moins sonores en métropole. Quiconque avait un jeune homme de sa famille parti par-delà la Méditerranée accomplir son devoir de soldat ressentait plus vivement les choses, bien sûr. Cette page d'Histoire qui s'écrivait était commentée à la Franche-Pierre et dans la famille Besnard. Cette dernière, Annette en tête, discutait souvent de ce qu'elle entendait à la radio ou lisait dans les journaux. On hochait la tête : ne valait-il pas mieux accorder son indépendance à cette région, arrêter les odieux massacres dans les deux camps ? Ceux qui revenaient de là-bas témoignaient à demi-mot des choses horribles qu'ils y avaient vues ou bien garderaient à jamais le silence. Et puis, les dépenses liées au conflit affectaient l'économie, le pouvoir d'achat, les relations commerciales entre les deux territoires. À la Franche-Pierre, le son de cloche était quelque peu différent. Victor, vaillant septuagénaire qui tenait à rester à la barre du navire Mathouret, estimait qu'il avait encore son mot à dire sur toute chose et faisait entendre son avis. Selon lui, l'Algérie devait rester française coûte que coûte. La vague de décolonisation à l'œuvre un peu partout lui semblait l'écroulement d'un monde. Se séparer de ces lointaines terres françaises était comme arracher un membre au pays. « Tu aurais peut-être un autre avis si tu avais un petit-fils là-bas », lui dit un jour Annette. Victor hocha tristement la tête : de petit-fils, il n'en avait point, hélas ! Et, avec la mort des jumeaux, c'était un des drames de sa vie. Pourtant, malgré ces dissensions, on parvenait toujours à ressouder ce que Victor continuait d'appeler fièrement « e clan Mathouret », même s'il était le dernier dépositaire du nom, autour d'un bon repas à la Franche-Pierre. La vieille bâtisse enserrait encore entre ses épais murs les membres de la famille, cajolait les trois générations qui s'y côtoyaient à présent, sans oublier celle qui l'avait désignée comme « maison mère », Eugène et Olympe, figures tutélaires, figés pour l'éternité sur la photo dont les couleurs se ternissaient lentement. IV Tonia et Louison Les jumelles représentaient chacune les pôles de cette légère discorde entre les deux groupes familiaux. Bien qu'élevées de la même manière, leurs tempéraments se révélaient radicalement différents au fur et à mesure que le temps passait. Tonia penchait de plus en plus du côté de ses parents, progressistes et bienveillants, tandis que Louison se sentait de plus en plus proche de son grand-oncle et de… Marthe, avec laquelle elle n'avait pourtant aucun lien de sang. La vieille dame, à demi impotente, se sentait bien seule dans la grande maison. Elle avait dû renoncer à ses œuvres de charité, ne sortant plus guère de chez elle, où elle passait

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Les Veillées des Chaumières 3668 La rumeur du Grand Hôtel

La rumeur du Grand Hôtel

Le portier du Grand Hôtel ouvrit la portière de la Cadillac de madame Rodier. Prestement, Jules aida la vieille dame à sortir du véhicule stationné devant la marquise ouvragée de fer forgé dans le plus pur style Belle Époque. Il haussa les sourcils en apercevant une jeune femme assise sur la banquette arrière que venait de quitter madame Rodier. D'un mouvement leste, il fit le tour du véhicule et ouvrit la portière pour la seconde passagère. Jules accompagna les deux femmes jusqu'à la porte d'entrée du Grand Hôtel tout en échangeant un bref regard avec Bertrand, le bagagiste. Tous deux avaient des raisons d'être surpris. Bertrand sortit les bagages du coffre du véhicule et rejoignit les passagères qui l'attendaient dans le hall d'entrée. Ce fut au tour du groom, qui était en faction près de la porte tambour, de donner un coup de coude discret au liftier. La présence de la jeune femme les étonnait, eux aussi. Comme dans une pièce de théâtre bien rodée, aucun mouvement des protagonistes n'échappa à l'œil averti de Georges, le concierge de l'hôtel, qui observait la scène. Bertrand n'eut pas le temps de diriger les clientes vers la conciergerie que, déjà, Georges s'avançait au-devant d'elles pour les saluer : - Heureux de vous voir, madame. Enchanté, mademoiselle ! - Murielle, ma secrétaire, lui répondit la vieille femme, d'un ton léger. - Bertrand va vous accompagner à votre suite, leur proposa-t-il en faisant un signe discret au bagagiste qu'il venait de surprendre à rêvasser. Les deux femmes se dirigèrent vers l'ascenseur tout en entamant une conversation. Par politesse, Bertrand, qui les suivait, fit mine de ne pas les écouter. Le liftier entendit pour sa part quelques bribes de la discussion lorsqu'il mit en marche l'ascenseur. Il était question de « corrections », de « manuscrit à rendre » et de « délai d'impression ». Il regarda fixement devant lui comme s'il était totalement concentré sur sa tâche. À tous les étages, la discrétion semblait être de mise dans cet établissement

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Les Veillées des Chaumières 3668 L'enfant de la marquise

L'enfant de la marquise

La marquise de Clerjois contemplait, ravie, le couple faisant face au curé qui célébrait son union. Le marié, son fils unique Gontran, ne cessait de tourner ses regards éperdus d'amour vers celle qui allait devenir son épouse. À trente ans, le marquis clamait haut et fort qu'il avait trouvé en la jeune Clarisse la femme de sa vie. Il était temps… songeait la marquise. Dix ans déjà qu'il papillonnait à droite à gauche, courtisait un temps les filles des châteaux à l'entour puis manifestait vite son désintérêt. Enfin résolu au mariage, il allait pouvoir donner un héritier au domaine, transmettre le titre de marquis qui, sans lui, s'éteindrait. Son père ne l'en avait-il pas sommé sur son lit de mort ? La marquise avait bien dit sa violente désapprobation quand Gontran avait parlé de s'unir avec cette Clarisse, fille d'une modiste de la petite ville voisine. Et dire que c'était en allant prendre livraison d'une de ses robes qu'elle avait donnée à réparer qu'il avait eu le coup de foudre ! Elle aurait mieux fait d'y aller elle-même. C'est vrai qu'elle était diablement belle, la petite. Bien plus que toutes les jeunes aristocrates qui s'étaient pressées chez eux dans le but d'attirer l'attention du riche héritier. Âgée seulement de vingt ans, grande, bien faite, fine de taille mais ample de hanches, elle semblait réunir tous les atouts propices à engendrer un bel enfant. Il serait même à souhaiter qu'il lui ressemble plutôt qu'à son père. Gontran, bien qu'agréable et souriant, était au physique un peu malingre et souffreteux. La marquise s'était donc résignée à accepter dans sa prestigieuse famille cette fille de rien, au caractère qu'elle jugeait impertinent, aux manières imparfaites, qui la regardait bien en face et ne baissait jamais les yeux. Madame Dupuis, la mère de la mariée, n'affichait pas un moindre contentement. Sa petite Clarisse avait tiré le gros lot : elle devenait marquise. Le spectaculaire succès de sa fille aurait, sans nul doute, des retombées sur sa boutique en y attirant une clientèle huppée. Peut-être allait-elle

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Les Veillées des Chaumières 3668 Par un beau matin d'automne

Par un beau matin d'automne

Nice brûlait dans la poussière de cette fin d'été. À la mi-août, une lettre désinvolte de Madeleine annonça à Esther la détermination de sa petite sœur à demeurer pensionnaire à Florence à la rentrée, précisant que la tante d'Elena ne verrait aucun inconvénient à se charger d'elle, le samedi soir, en même temps que sa nièce. À Esther de se mettre en rapport avec cette dame… La jeune fille se sentit soudain honteuse d'avoir négligé d'écrire un mot à cette « Zia Olivia », ainsi qu'en parlait affectueusement Madeleine, en remerciement de l'hospitalité estivale qu'elle offrait à l'amie de sa nièce depuis des semaines. Sans attendre davantage, elle sortit son bloc de correspondance du tiroir de sa table et commença à rédiger une courte missive. Sur le guéridon de marbre de l'entrée, le courrier s'entassait : lettres, journaux, magazines. Esther, en posant en équilibre les enveloppes du jour sur le dessus de la pile, heurta le coin d'une revue de mode qui tomba à terre et s'ouvrit, révélant plusieurs photographies ayant trait à une réception mondaine. Un mariage, constata la jeune fille dont le regard s'attarda aussitôt sur la mariée, radieuse, avec quelque chose qui lui rappelait Igina, le jour de ses noces : même allure altière, même sourire un peu distant. Vêtue d'une robe de taffetas blanc ivoire, agrémentée d'un jupon de dentelle que l'on apercevait entre les plis cassés de la jupe, nota-t-elle. Le corsage, à encolure carrée, était brodé de perles minuscules. Deux cœurs entrelacés fermaient le bustier au-dessus duquel, dansait une croix camarguaise, incrustée de brillants. Les mains d'Esther se mirent soudain à trembler. D'autres photos montraient le voile de dentelle ancienne ainsi que les escarpins de la belle, recouverts du même tissu que la robe. D'autres, encore, donnaient un aperçu de la réception qui avait suivi : buissons verdoyants agrémentés de gros nœuds de tarlatane, tables juponnées sur lesquelles porcelaine et cristaux n'attendaient plus que le bon vouloir des serveurs massés derrière

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Les Veillées des Chaumières 3668 Des recettes trop chou…

Des recettes trop chou…

Ingrédients : 1 chou-fleur - 12 petites langoustines crues - 100 g de foie gras - 1 branche de thym - 1 feuille de laurier - 1 étoile de badiane - 20 cl de crème épaisse entière Elle & Vire - 3 feuilles de brick - 50 g de Beurre tendre Elle & Vire - 2 c. à soupe de sésame - 1 c. à café rase de quatre-épices - poivre - gros sel. Réalisation -Ôtez la tête et les pinces des langoustines. Réservez les pinces et jetez les têtes. Pressez la carapace pour casser les anneaux et retirez-les. Gardez uniquement le dernier anneau avec la queue. À l'aide d'une lame de couteau, incisez le dos des langoustines et enlevez la partie noire. Réservez. -Faites bouillir 2 l d'eau avec 1 c. à soupe rase de gros sel, du poivre, le thym, le

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