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Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3669 du 4 mars 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3669 du 04/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3669 Le vent souffle sur Marvejols

Le vent souffle sur Marvejols

Depuis six ans, Claire vivait seule dans sa maison de la Gratuze, au-dessus de Marvejols. Une bâtisse sobre, aux murs crépis d'ocre pâle, entourée d'un vaste jardin avec lavande et chênes verts. Et quelques genêts. À cette saison, les genêts tendaient spectaculairement leurs grappes jaunes aux abeilles, sur la face ensoleillée des causses et des pentes autour de la vallée, et la Colagne en contrebas brillait d'un éclat tranquille. La Lozère, cette terre de silence, lui tenait lieu de refuge. À 67 ans, Claire savait qu'elle glissait lentement vers la vieillesse, qui avait décoloré ses mèches brunes, l'avait fait renoncer depuis longtemps aux jupes printanières. Depuis la mort de Jean, son mari, beaucoup plus vieux qu'elle, Claire n'attendait plus grand-chose, sinon la paix. Elle lisait beaucoup. Elle écrivait chaque jour sur son blog, dans un style mesuré, un peu nostalgique. Elle avait ses habitudes : le marché du samedi matin sur la place Cordesse, et le café pris seule en terrasse, le passage obligé à la médiathèque. Une vie discrète, choisie, sans doute aimée. Ce que les autres voyaient comme une solitude, elle l'appelait encore sa liberté. C'était un matin sec et vif de mars, comme il en arrive parfois après une nuit de vent d'ouest. Claire avait pris le chemin du parc du Chayla, son carnet dans la poche de sa parka bleue, sans projet précis, simplement le besoin de marcher un peu, de secouer l'inertie des jours. Elle aimait ce coin, à deux pas de la rue de la République, avec ses allées tranquilles bordées de bancs moussus, les arbres penchés comme pour protéger ceux qui savaient s'y asseoir sans rien dire. Sous ses pas, les feuilles mortes encore humides s'agglutinaient par touffes ocres et brunes. Le parc était vide, ou presque. Au loin, une silhouette, penchée près d'un tronc abattu, attira son regard. Elle plissa les yeux. L'individu était petit, courbé, le dos vêtu d'une veste sombre. Ses bras maniaient une scie portative, et l'outil paraissait presque trop grand pour lui. Claire eut un sursaut : un enfant ? Avec un engin pareil ? Le danger lui sembla soudain réel. Elle accéléra le pas, inquiète. Mais en s'approchant, l'enfant supposé se redressa et se retourna. Ce n'était pas un enfant. Loin de là. C'était un homme, adulte, mais seulement de petite taille. Son visage était celui d'un homme dans la cinquantaine, la barbe rousse éparse, les traits marqués, de fascinants yeux d'un vert d'eau. Il la vit, la salua d'un bref mouvement de menton. - Il a cédé cette nuit. Trop de vent. J'ai l'autorisation de la mairie, vous savez ! Sa voix était grave, sourde, avec un grain qui vibrait dans l'air frais. Claire se surprit à sourire, encore un peu déstabilisée par sa confusion initiale. - Et vous le découpez pour en faire quoi ? Il haussa les épaules. - Pour voir. Parfois, le bois me dit ce qu'il veut devenir. Parfois, non. Il ne développa pas. Il devait être de ceux qui parlent peu. Claire s'accroupit, observant le veinage de la souche arrachée, le dessin brut de la sciure autour. L'envie irraisonnée de toucher cette matière qui semblait chaude et sensuelle l'envahit. Elle se sentait absurde, presque enfantine dans cette position, mais elle restait

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Les Veillées des Chaumières 3669 La Relève

La Relève

Chapitre 1 L'été était fini. L'automne aussi. Je n'étais plus le même depuis l'arrestation de Sarah. Déjà la mort de Théo et de sa femme m'avaient bouleversé, ensuite le récit d'Éloïse sur ce qu'elle a vu au Vélodrome et enfin ce qui était arrivé à mon amie. J'étais resté très attaché à ma compagne de faculté même si on ne se voyait guère. Nous avions passé près de quatre années à tout partager, les efforts, les angoisses, les examens, les incertitudes. Et puis j'avais cru l'aimer, cette jeune fille à la beauté étrange, aux vêtements si colorés, son allure mystérieuse, son intelligence supérieure, sa personnalité brillante, particulière. Oui, elle m'avait fait rêver Sarah et même si, depuis ma rencontre avec Éloïse elle n'était plus qu'un joli souvenir. Elle restait une amie véritable. Ma douce respectait mon chagrin, elle-même ne pouvait pas oublier ce qu'elle avait vu mais elle trouvait un réconfort dans le sourire de nos filles. De temps en temps elle allait chez Sylviane avec les petites, elle restait un moment dans le modeste appartement, apportant quelques douceurs aux garçons et un petit cadeau pour le colis du prisonnier. Je me sentais de plus en plus écœuré par la collaboration entre le gouvernement de Vichy et les autorités allemandes. Il y avait de plus en plus d'alertes. Nous n'avions plus notre cave privée de l'avenue Foch et nous devions descendre dans la station de métro la plus proche. Il fallait s'habiller en vitesse dès que nous entendions les sirènes, envelopper les petites dans une couverture et partir en courant. La plupart du temps Emma continuait à dormir dans les bras de sa maman mais notre Lydie restait les yeux grands ouverts. Elle regardait vers les escaliers et semblait terrorisée. Je devais la distraire, je lui racontais des histoires ou bien je chantonnais. Tout le répertoire de ma mère y passait. Nous avions eu des nouvelles des enfants Balvay. Le garçon était dans la classe de Mathilde, la petite dans celle de Marie. Les enfants partageaient l'ancienne chambre d'Eugène. Quant à Janine, elle était très fière de dormir avec sa Mathie, encore une qui avait adopté ce joli surnom. Je pariais que les enfants de Sarah allaient bientôt l'appeler ainsi. Claire dormait à présent chez Marie dans notre ancien appartement mais pour faire des économies, tout le monde mangeait ensemble. La veillée se passait aussi en commun pour ne chauffer qu'une pièce. Ma mère nous avait adressé une très longue lettre dans laquelle elle nous racontait leur quotidien. Toute la famille et les amis de Cassagnac avaient participé aux trousseaux des nouveaux venus. Les Bloch étaient particulièrement gentils avec eux, je savais que je pouvais être tranquille. Là-bas ils seraient choyés comme dans leur propre famille. Depuis septembre notre Mariette ne rentrait plus le soir avenue Foch, elle restait chez nous, elle dépliait un lit dans le salon. Elle n'avait plus envie d'y retourner parce que son Hans était parti. Il avait dû suivre le colonel « Von Machin » comme elle l'appelait avec rancune. Actuellement ils étaient en Allemagne mais elle craignait que son fiancé ne parte sur le front russe. D'après ce qui filtrait aux travers des lignes et ce que l'on apprenait sur les ondes anglaises, les Soviétiques infligeaient

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Les Veillées des Chaumières 3669 La Maison des rêves

La Maison des rêves

PREMIERE PARTIE Chapitre 1 Carolly serrait l'enfant contre sa poitrine tout en le berçant et de grosses larmes coulaient le long de ses joues diaphanes. Elle savait qu'elle allait commettre un acte qu'elle regretterait toute sa vie, mais le moyen de faire autrement lui était refusé. Elle n'avait que quinze ans, et l'enfant seulement quelques jours. Elle l'avait enveloppé dans une couverture trop usagée pour servir encore, aurait dit Lady Trump de sa moue dédaigneuse. Lady Trump n'était pas suffisamment bonne pour que l'on puisse espérer d'elle quelque indulgence. Et personne ne devait savoir… Personne. C'était ainsi que tante Hetty avait obligé l'adolescente à se débarrasser de l'enfant à la faveur de la nuit. - Abandonne-le sur la route… Il y aura bien quelqu'un pour le trouver. Son regard bleu étincelait tandis qu'elle prononçait ces mots. Carolly avait tenté de protester, mais elle ne pouvait aller contre la volonté de cette femme sous le toit de laquelle elle vivait depuis trois ans, et qui le lui reprochait à longueur de temps. - Je t'ai recueillie par charité, ne l'oublie jamais ! Par charité ! Était-ce bien charitable de la traiter comme une domestique dont on n'a pas besoin de régler les gages ? Révoltée en son for intérieur, l'adolescente baissait le front, soumise en apparence, persuadée cependant qu'un jour le destin lui donnerait une revanche… Au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, Carolly avait l'impression que son cœur saignait. Linley l'aurait aidée à vivre, et elle allait s'en séparer… Dans la nuit qui enveloppait la forêt, une chouette hulula. Puis on entendit un hurlement… Elle eut un cri de désespoir en pensant que le bébé serait peut-être attaqué par une bête féroce, si elle le laissait tout seul trop tôt. Il lui fallait attendre le passage d'une berline. C'était une route assez fréquentée par les voyageurs qui allaient ou revenaient de Dingwall. Dès qu'elle l'entendrait cahoter sur les pierres, elle laisserait l'enfant bien en vue, puis elle disparaîtrait dans les buissons. « Ce sera vite fait, lui avait dit tante Hetty. Il n'y a vraiment pas de quoi pleurer. » À cette évocation, les larmes de Carolly se tarirent. Elle leva les yeux vers le ciel où nulle étoile ne brillait. La nuit était froide et noire. Une nuit de malheur… Le bébé cria. Elle l'embrassa pour le faire taire. Il était si petit, si fragile. - Je t'aime, lui dit-elle. Puissent ces mots s'imprégner dans ton âme et te soutenir dans toutes les épreuves de ta vie. Tu dois être fort et en bonne santé. Il n'y a pas de place sur cette terre pour les faibles. Linley cria de nouveau. Elle avait emporté un biberon qu'elle lui offrit. Il l'enveloppa de ses menottes roses pour

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Les Veillées des Chaumières 3669 Le courrier des lectrices

Le courrier des lectrices

Gilberte Saint-Avranches poussa le petit portillon de sa résidence et remonta le col en fourrure de sa pelisse, en ce petit matin frisquet, car l'hiver s'attardait toujours dans cette région du centre de la France. La vieille dame allait de son pas vif, faisant claquer ses petits talons sur le trottoir. À soixante-quinze ans, elle affichait toujours une silhouette droite et mince. Pas question de se laisser aller. Pourtant, les occasions de bouger devenaient rares, depuis que son mari, ancien commandant de l'armée de terre, était décédé quelques années plus tôt. Mais, comme disait feu son époux, « la règle guérit tout », et elle avait mis en place, depuis qu'elle s'était subitement retrouvée seule, une routine quotidienne qui, tant bien que mal, la conduisait sans trop d'ennui à la fin de la journée. Le temps qu'elle passait dans sa salle de bains chaque matin occupait déjà presque une heure. En effet, la coquette Gilberte persistait à coiffer savamment ses cheveux gris et à se maquiller légèrement. « À quoi bon ? se disait-elle parfois, tu ne vois personne aujourd'hui ». Mais elle se souvenait alors d'Hubert, son mari, qui tenait, tous les jours, à arborer chemise et cravate sous sa veste d'intérieur. Et même quand la maladie avait fini par le clouer dans un fauteuil du salon, il continuait à se raser tous les jours et à revêtir une élégante robe de chambre. Tout en trottinant, elle adressait un salut courtois, mais bref, aux gens du quartier qu'elle croisait, ne souhaitant pas se lier plus avant avec eux. Quand elle était arrivée dans ce quartier de Châteauroux, les commerçants avaient bien aimablement essayé de lui extorquer quelques informations : pourquoi elle était venue s'installer dans la ville ? Avait-elle des enfants ? À quoi occupait-elle ses journées ? Elle avait répondu de manière polie et évasive, sans s'étendre sur son austère solitude. De toute façon, elle avait atterri à Châteauroux sur le souhait de sa fille unique, Françoise, qui habitait la ville et se sentait rassurée de pouvoir ainsi veiller de plus près sur sa veuve de mère. La mort d'Hubert avait été d'autant plus pénible pour Gilberte qu'elle avait effectivement dû déménager de son ancienne demeure de Marly-le-Roi, non loin de Paris, devenue trop vaste pour elle seule et surtout remplie des chers souvenirs de son défunt. Alors, elle s'était recréé son ancien monde en miniature, choisissant ses meubles et objets préférés pour en peupler son trois-pièces à Châteauroux. Mais elle n'avait pu couper tous

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Les Veillées des Chaumières 3669 Changement de régime

Changement de régime

Victor l'avait tout de suite remarquée. Fraîchement embauchée par l'entreprise où lui-même travaillait depuis plusieurs années, la petite nouvelle lui avait tapé dans l'œil. Pas petite du tout, en fait. Elle devait dépasser le mètre soixante-quinze. Si l'on ajoutait à cela la minceur, la fermeté des muscles qui se dessinaient sur ses bras et ses jambes nus, on obtenait le type de femme idéal selon Victor. Une longue tige souple, une liane. D'ailleurs, elle s'appelait Diane. - C'est curieux, ce goût pour les grandes bringues que tu as toujours eu ! lui dirent ses collègues quand il leur avoua son attirance pour la jeune femme. Eux la trouvaient « un peu maigre », avec ses clavicules saillantes et ses bras filiformes. Aux yeux de beaucoup, elle manquait de formes. - Une vraie brindille ! ajoutèrent-ils. - Vous plaisantez ! Quelle classe, au contraire ! rétorqua Victor. Il se rapprocha de la belle. Il n'avait jamais eu de mal à séduire. Large d'épaules, la mâchoire carrée, toujours souriant, les femmes ne lui résistaient en général pas longtemps. Il en fut de même avec Diane. Bientôt, ils furent inséparables. Mais une chose gênait Victor : lorsqu'elle portait des talons hauts, elle le dépassait légèrement -ce qui lui donnait un côté dominatrice qu'il appréciait moyennement. Il était content quand elle portait des chaussures plates et ne manquait pas de lui faire remarquer : - Ces ballerines sont ravissantes, tu devrais les mettre plus souvent ! Ils sortaient souvent, au cinéma, au théâtre. Victor se rengorgeait quand les regards se tournaient discrètement vers Diane, au physique de mannequin. Quand ils se rendaient au restaurant, il constatait qu'elle épluchait soigneusement la carte, avec une moue dubitative, et commandait toujours des plats légers auxquels elle touchait à peine. Elle fuyait les desserts, ne buvait jamais ni vin ni alcool et jetait de vagues regards dégoûtés sur les steaks saignants et les fondants au chocolat qui peuplaient l'assiette de son compagnon. Pour Victor, qui venait d'une famille de bons vivants, ce dédain de

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Les Veillées des Chaumières 3669 Surprenez avec la carotte

Surprenez avec la carotte

Ingrédients : 5 carottes - 1 citron - 80 g de parmesan râpé - 1 échalote - 1 gousse d’ail - 1 branche de romarin - 100 g de farine - 80 g de beurre en dés - 40 g de poudre d’amandes - gros sel. Réalisation -Préchauffez le four à th. 7-8 (220 °C). – Pelez les carottes. Faites-les cuire 30 à 40 min à l’eau bouillante salée avec l’ail, l’échalote et le romarin. – Égouttez les carottes et écrasez-les à la fourchette ou au presse-purée manuel. – Lavez, séchez et zestez le citron. Parfumez-en les carottes. – Dans un saladier, mélangez la farine, le parmesan, la poudre d’amandes et le beurre. Pétrissez pour obtenir un mélange sableux. – Répartissez les

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