Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3673 du 29 avril 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3673 du 29/04/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3673 La Relève

La Relève

Le lendemain, après le départ de Jacques, nous avons pu un peu parler de tout ce qui s'était passé depuis le début de l'année. D'abord j'ai appris la terrible mésaventure de notre Mariette. Lorsque Robert a vu les Allemands partir, il a averti Éloïse et ma petite famille a regagné l'avenue Foch Il y avait pas mal de dégâts mais la majeure partie des meubles et des tableaux étaient sauvés puisque nous les avions enlevés avant de laisser les lieux à nos « visiteurs ». C'était donc de là qu'ils avaient assisté à la libération de la capitale. Robert avait été réquisitionné au Val, aussi les femmes étaient-elles restées seules. Il faisait chaud ce 25 août. Les fenêtres restaient ouvertes, on entendait des éclats de voix. Des drapeaux tricolores avaient surgi aux balcons, les quartiers pavoisaient, une immense joie s'emparait de tous. Pourtant il y avait aussi des coups de feu et des morts. Au 50 de la rue Dauphine, une jeune femme s'était tenue à sa fenêtre. Bien sûr elle avait été imprudente. Comme beaucoup de Parisiens, elle avait la fièvre de la liberté. Elle n'avait que 28 ans. Une balle en pleine tête allait mettre fin à sa jeune vie. Elle laissait une orpheline de 5 ans. Ailleurs c'était un moine franciscain, secouriste à la Croix-Rouge, qui avait été mortellement touché alors qu'il donnait les premiers soins à un soldat allemand blessé. Paris était menacé. Hitler avait demandé à Dietrich von Choltitz, le commandant du « Gross Paris », en poste depuis deux semaines, de détruire la ville plutôt que de la laisser aux forces alliées : « Rien ne doit être laissé debout, pas une église, pas un monument. » Malgré sa réputation d'officier respectueux des ordres et obéissant, il ne pouvait se résoudre à faire « sauter » Paris, la plus belle ville du monde. Ma femme avait été appelée au dispensaire du Chemin-Vert. Il y avait eu du « grabuge », beaucoup de blessés, de maisons saccagées et des sans-abri. On avait besoin d'elle. Lisette gardait les petites, Mariette était partie en courses. Comme d'habitude, il fallait être patiente, les queues étaient toujours aussi longues. Parmi les femmes qui attendaient avec elle, elle reconnut la concierge d'un immeuble voisin. Elle lui sourit, l'autre ne répondit pas. Elle chuchotait à l'oreille d'une femme qui l'accompagnait. Ce fut d'abord un murmure puis les mots avaient enflé, accompagnés de regards, de grimaces de mépris. La jeune fille ne comprenait pas. Une femme avait hurlé une insulte, une autre l'avait bousculée. Elle avait entendu d'autres cris. Deux hommes étaient arrivés en courant, ils portaient à l'épaule un brassard. Elle n'arrivait pas à lire les lettres rouges qui s'étalaient sur leurs bras. Ils étaient armés, ils l'attrapaient, la sortaient de la file de femmes qui criaient de plus en plus fort. Elle voulut se défendre mais ils étaient plus forts qu'elle. On lui arracha son panier, on lui tira les cheveux, on lui déchira son corsage. Mariette avait pleuré et elle avait crié, elle se sentait perdue. Les larmes l'empêchaient de voir ce qui se passait. Elle sentait qu'on lui crachait dessus. Elle avait essayé de se protéger mais les deux hommes lui maintenaient les bras loin du

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Les Veillées des Chaumières 3673 La Maison des rêves

La Maison des rêves

Un instant, Sir Alan demeura sans voix. Était-il possible que Carolly ait montré à la nouvelle maîtresse de Dream House quelque inimitié provocatrice ? - Quelles que soient vos raisons, sachez que je ne la renverrai jamais ! Il y avait une telle gravité dans son affirmation, une telle fureur qu'Elisabeth recula. - Et vous disiez m'aimer ! Elle porta un mouchoir à sa bouche pour étouffer ses sanglots et s'enfuit en courant. Alan entendit ses pas décroître dans les couloirs. Il n'avait pas fait un geste pour la retenir. Le grésillement du feu dans la cheminée l'absorba un instant. Il s'étira comme s'il avait reçu un coup en pleine poitrine, puis il hocha la tête. C'était leur première querelle et il pressentait qu'il y en aurait d'autres… Elle n'était point la femme qu'il avait espérée ; peut-être l'avait-il toujours su… Un calme profond s'était installé dans le château. Chacun était couché depuis longtemps. Sir Alan trouva si pesant ce silence qu'il s'en effraya assez pour lui échapper sans plus tarder. Celui qui régnait au-dehors était tout bruissant de vie nocturne. Une lune ronde semblait veiller sur les tourelles du château. Il regarda les nuages défiler à une vitesse vertigineuse, tandis que ses pas le conduisaient droit devant lui. Il s'était muni d'une lanterne qui arrachait les arbres et les buissons au sépulcre de la nuit. Un profond soupir s'échappa de la poitrine d'Alan Winfield. Allait-il tenir sa promesse et obliger Elisabeth à vivre sous le même toit que Carolly ? Il s'était inquiété de beaucoup de choses, mais pas de cela. « My God , que dois-je faire ? » se demanda-t-il. Ne devait-il pas prendre en considération les avertissements de son épouse ? N'était-ce pas là le premier de ses devoirs ? Mais chasser Carolly, non ! Il ne le pourrait jamais. Son désarroi était grand, douloureux le dilemme qui se posait à lui… Une lueur perçait à travers le feuillage. Le pavillon qu'occupait le docteur Carey était encore éclairé. Le médecin s'était-il endormi alors qu'il lisait ? Alan alla frapper à sa porte. - By Jove ! Qui peut bien me déranger à une heure pareille ? - Ce n'est que moi, dit Alan, quand il vit le médecin s'encadrer dans l'entrebâillement. - Vous ! Jamais vous ne venez ici ! Que se passe-t-il ? - J'ai besoin de vos conseils. Carey marmonna. Il alla bourrer sa pipe, pria Sir Alan de s'asseoir. Il s'étonnait qu'il ait délaissé sa femme dès le premier soir de leur installation au château. - Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas… mais Lady Elisabeth ne va-t-elle pas s'étonner de votre absence ? Je sais que vous avez aimé rôder la nuit dans les bois. C'est

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Les Veillées des Chaumières 3673 Le courrier des lectrices

Le courrier des lectrices

Les deux vieilles dames semblaient très heureuses de se retrouver. Françoise observait la scène, silencieuse et émue. - Votre maman vous a-t-elle raconté dans quelles circonstances nous nous sommes fâchées ? ajouta-t-elle à l'adresse de Françoise. Celle-ci fit oui de la tête en souriant. - Quand je pense à ce garnement boutonneux qui préférait votre mère ! Je le comprends d'ailleurs, elle était ravissante et j'étais un peu jalouse ! Qu'on est bête quand on est jeune ! Et vous a-t-elle parlé du jour où nous étions allées, avec bien du mal, capturer des grenouilles dans un plan d'eau de la ville pour les lâcher dans le bénitier de la chapelle de l'école ? Et elles ne s'étaient même pas fait prendre ! ajouta la vieille dame en s'étranglant de rire. Gilberte fit de même, elle avait oublié cet événement et se rendrait compte par la suite que, malgré sa grave maladie, Nicole avait gardé toute sa tête et avait même parfois des souvenirs plus précis que les siens, concernant leur lointaine jeunesse. - Vous savez ce qui me ferait plaisir ? Qu'on aille toutes les trois faire un tour dans le parc car je ne suis pas sortie depuis plusieurs jours. J'ai toujours peur de déranger le personnel. C'est qu'il faut pousser mon fauteuil ! Dans l'ascenseur, elle ajouta que tout le monde était très gentil au Bel Âge, et faisait le maximum pour les résidents, mais ils manquaient de moyens, les pauvres, et étaient en sous-effectif. Une fois dans le parc, elle les dirigea vers « son coin préféré » dit-elle, un endroit un peu reculé où elle guettait l'éclosion des lauriers-roses. - Il y en a de toutes les couleurs ! Des roses, des jaunes, des blancs. Mes favoris sont les rose saumon. Françoise, qui poussait le fauteuil, la plaça tout près des massifs. - C'est vrai que le parc est joli, dit Gilberte en jetant un œil autour d'elle, tout de même plus gai qu'à l'intérieur. Elle regretta aussitôt d'avoir insisté sur la tristesse du bâtiment, que Nicole n'avait pu que constater et qu'elle subissait tous les jours. - Il faut dire que le jardinier s'occupe très bien de ses plantations, répondit celle-ci qui ne releva la remarque de son amie que par un petit sourire désabusé. Je parle souvent avec lui. C'est mon grand copain ! Quand je serai partie, il héritera de mon album de photos consacré aux fleurs, que j'ai prises par centaines.

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Les Veillées des Chaumières 3673 Les herbes fraîches explosent les saveurs

Les herbes fraîches explosent les saveurs

Ingrédients : 4 courgettes rondes - 1 oignon - 1/2 bouquet de coriandre - 400 g de bœuf haché - 1 œuf - 1 pincée de coriandre en poudre - 1 c. à soupe d’huile l’olive - poivre - sel. Réalisation -Lavez les courgettes puis décalottez-les. Évidez-les un peu à la cuillère. -Ciselez l'oignon et les feuilles de coriandre. -Mélangez bien dans un saladier l'oignon avec la coriandre fraîche et la coriandre en poudre, le bœuf haché, l'œuf, le sel, le poivre et l'huile d'olive. -Formez 4 boules de taille égale avec cette farce et garnissez-en les courgettes. -Rangez-les

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Les Veillées des Chaumières 3673 Arrêt non autorisé

Arrêt non autorisé

Clément avait fait toute sa carrière au volant d'autocars - il avait toujours aimé conduire. Embauché à vingt ans par une importante société de transports routiers touristiques, il avait sillonné toute l'Europe. À peu de frais, se réjouissait-il. Il avait été témoin de ces innovations qui facilitaient le confort des passagers et le sien. Toilettes à bord, climatisation, sièges ergonomiques, direction assistée, GPS, etc. Quand il laissait son bus au dépôt pour le temps de ses vacances, il lui semblait abandonner un peu sa seconde maison. C'était avec un plaisir immense qu'il en gravissait allègrement les quatre marches et s'asseyait à nouveau sur son siège, vêtu de sa chemisette blanche et de sa cravate sombre. Il avait personnalisé son petit espace : divers grigris pendaient à son rétroviseur, la boîte à gants contenait mouchoirs en papier, lingettes, cigarettes qu'il fumait sur les parkings durant les pauses. Combien de milliers de gens étaient montés à bord ? se demandait-il souvent en souriant. Lorsque les voyages duraient plusieurs jours, ce qui n'était pas rare, il nouait même des liens avec eux. Sa sympathie lui attirait souvent de généreux pourboires à la fin des périples. Il avait affaire à des gens joyeux, puisqu'ils partaient en vacances. Bien sûr, il y avait tout de même les râleurs de service, qu'il savait gérer avec diplomatie. Il transportait beaucoup de groupes. Son bus était affrété par des associations, des agences de voyages, qui proposaient la visite des châteaux de la Loire, de sites historiques, de Versailles ou même de Paris. Parfois, il conduisait les vacanciers en Andalousie, en Italie ou en Grèce. Les clubs du troisième âge étaient nombreux. Il supportait alors avec bonhomie les petits malaises des seniors, leurs demandes spécifiques. Il appréciait leur calme dans le véhicule, ce qui n'était pas le cas quand il transportait des équipes de football ou des voyages scolaires. Cette plaisante existence prit fin d'un seul coup : la société qui l'employait fit faillite, concurrencée par d'autres. Il se retrouva du jour au lendemain, à cinquante ans passés, « sur le

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Les Veillées des Chaumières 3673 Une professeure attentionnée

Une professeure attentionnée

Tôt le matin, José était déjà à pied d'œuvre dans la cour de l'immeuble. Le gardien au regard clair jetait un coup d'œil à l'état du ciel. Si le temps était clément, il commençait par balayer les abords des portes d'accès aux étages. Puis, dans son élan, il poursuivait allègrement sa tâche en ôtant d'une main experte les mauvaises herbes qui s'étaient immiscées entre les pavés. Il avait emporté avec lui, de ses montagnes de la Serra da Estrela au Portugal, les couleurs et les parfums des plantes vivaces qui parsemaient les bords rocailleux des sentiers des alpages. Dans la cour, côté sud, où le taux d'ensoleillement était maximal, il avait créé des parterres où voisinaient des campanules et des cheveux d'ange qui égayaient les façades grises de l'immeuble parisien. On apercevait sa silhouette agile de montagnard se déplacer à toute heure de la journée. Ce pouvait être pour les travaux d'entretien des espaces communs mais aussi pour ses activités de jardinier. Il régnait en maître dans son pré carré. Une dizaine d'années auparavant, José avait quitté son village du Portugal pour venir vivre en France. Le décès de son épouse des suites d'une longue maladie l'avait plongé dans un total désarroi. Son jeune fils Manuel et lui avaient été complètement écrasés de chagrin. Maria, l'une des tantes de José, installée à Paris, lui avait alors conseillé de la rejoindre avec son enfant. Originaire elle aussi de la Serra da Estrela, Maria avait mis en place, depuis qu'elle vivait à Paris, un réseau d'entraide pour les Portugais désireux de venir s'installer en France. Elle était ainsi à la tête d'une véritable association franco-portugaise qu'elle animait avec l'aide des membres de sa famille - frères, sœurs, cousins, enfants et petits-enfants - mais aussi grâce à ses amis fidèles et à de nombreuses connaissances. La plupart des offres et des demandes de gardiennage qui émanaient de copropriétaires

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