Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3675 du 27 mai 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3675 du 27/05/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3675 La relève

La relève

Eloïse m'expliqua alors qu'un prisonnier de guerre avait fait une déclaration concernant la mort d'un de ses camarades, le père des petites. Comme il était resté quatre longues années en Allemagne et en plus il avait été retenu du côté russe pour une erreur d'identité, il n'était revenu à Paris que ces tout derniers jours. Il avait la plaque militaire de son compagnon ainsi que son portefeuille. Il avait tout gardé pendant ces longues années de captivité, et s'était promis de faire les recherches voulues en rentrant. C'est ce qu'il avait fait. Il avait confirmé que le corps de son malheureux camarade avait été emporté par les flots. Plus rien ne s'opposait à l'adoption définitive de Lydie et Emma. Mais je remarquais que mon Éloïse semblait hésiter. Elle avait certainement quelque chose d'autre à me dire. Je la questionnai gentiment. Alors elle s'approcha de moi et s'installa sur mes genoux. Comme bien des femmes, la coquine savait bien y faire. Elle se faisait toute câline pour m'exprimer ce qu'elle voulait. J'attendais, bien décidé à la laisser languir, je n'allais pas l'aider, à elle de s'expliquer : - Tu m'as bien dit que tu avais peur que je m'ennuie à Cassagnac, n'est-ce pas ? - Oui, aurais-tu changé d'avis concernant notre installation ? - Mais non, pas du tout, au contraire j'ai hâte d'y être mais j'ai trouvé quelque chose pour m'occuper tout à fait si tu es d'accord. Comme je ne réagissais pas, elle a continué : - Voilà, la directrice des Oisillons m'a fait une proposition. Il s'agit d'un petit garçon, il a tout juste un mois, sa mère l'a abandonné devant la porte, il n'avait que quelques heures. Elle a sonné et s'est enfuie. Une lettre expliquait qu'il s'appelait Éric, son père est un soldat allemand, déjà marié et père de famille, la mère a été tondue à la Libération, sa famille ne veut pas de cet enfant, alors la maman s'est décidée pour l'orphelinat. Madame Picquart a pensé à nous, il n'y a pas de soucis pour l'adoption, cela pourrait se faire en même temps que les filles. Un fils, qu'en penses-tu, mon amour ? Je comprenais mieux pourquoi ses yeux brillaient encore plus qu'à l'habitude. - J'en pense, j'en pense que je ne comprends pas pourquoi mon fils n'est pas déjà là ! Éloïse éclata de rire mais des larmes envahissaient ses joues. Elle s'était serrée contre moi, nous avons échangé un long baiser. Il y allait donc avoir quatre Froment de plus à la fin de l'année puisque ma mère allait adopter Eugène à la fin novembre. Les choses allaient s'accélérer, nous avions eu une offre intéressante pour l'avenue Foch, une banque voulait installer son siège social dans les beaux quartiers. Depuis trois jours Éric était à la maison. À nous les joies des réveils nocturnes et des biberons de minuit. Ma femme avait donné sa démission au dispensaire, elle voulait profiter à fond de ce bébé qu'elle n'attendait pas. Emma et Lydie avaient accueilli avec joie leur petit frère même si elles le trouvaient vraiment trop petit pour jouer ! Il était entendu avec le docteur Bertrand que j'allais reprendre son cabinet au début de l'année. Nous avions donc beaucoup de travail en perspective. Heureusement Lisette et son

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Les Veillées des Chaumières 3675 La maison des rêves

La maison des rêves

Rebecca pressentait que cette femme, Hetty Brook n'aurait aucune pitié d'elle. - Que voulez-vous ? - Mais rien qui ne me soit dû. Mettez-vous à ma place ! Je suis détentrice d'un si lourd secret ! Que votre mari et ses familiers l'apprennent et c'est le scandale assuré ! Je pense que vous en prenez conscience. Il n'y aura plus de place pour vous à la Cour. La reine vous exilera dans vos terres… Votre cher Arthur, si imbu de ses prérogatives, ne s'en remettra pas. - Qu'est devenu mon enfant ? Qu'en avez-vous fait ? Qui vous a assistée dans votre sale besogne ? Rebecca s'était levée. Elle avait si soudainement changé d'attitude, une telle colère grondait dans sa voix, que Hetty se leva à son tour et recula précipitamment : - Allons, calmez-vous, voyons. Nous sommes faites pour nous entendre. Ne perdant pas de vue ce pour quoi elle était venue, elle enchaîna d'une seule traite : - Dix mille guinées ne vous paraîtront pas une somme considérable si vous réfléchissez un tant soit peu à ce que vous risquez de perdre, ma toute belle… Les mots sifflaient entre ses dents qu'elle avait petites et bien rangées. - Que vous arriverait-il si je mettais votre mari au courant de l'existence de cet enfant ? - Où est-il ? De grâce, dites-le-moi ! - Je l'ignore ! J'avais confié à ma nièce Carolly, une gamine âgée de quinze ans qui n'aurait pas eu l'idée de se rebeller contre mon autorité, le soin de le porter jusqu'à la grand-route et de l'y laisser. Je ne sais pas si elle a respecté mes consignes, car je ne l'ai pas revue. Elle a mystérieusement disparu et le bébé avec elle… Peut-être ont-ils été recueillis par un voyageur… C'est tout ce que je peux vous en dire… Vous avez ma parole d'honneur. - Comme si l'on pouvait s'y fier ! - On ne pourrait se fier davantage à la vôtre. Votre mari en aura la certitude lorsque je lui aurai appris… Hetty ramassa son réticule et marcha d'un pas assuré vers la porte qu'elle fit mine d'ou-v r i r. - Attendez ! Elle se retourna. Rebecca se tordait les mains qu'elles avaient jointes à hauteur de sa poitrine : - Je ne pourrai pas vous payer une si grosse somme. Je ne dispose pas du produit de mes fermages. Arthur a tout pris en compte au lendemain de notre mariage. - Vraiment ? Vous vous moquez de moi ou quoi ? Il n'y avait plus rien d'amène dans la façon dont elle s'adressait à la jeune duchesse. Elle revint sur ses pas et dit en se plantant, poings sur les hanches, tout près d'elle : - Je vous donne huit jours. Ce délai passé, je m'adresserai à votre mari.

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Les Veillées des Chaumières 3675 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

PROLOGUE 4 janvier 1864 Je t'en prie, Jane, ne sors pas ! Pas ce soir ! J'ai peur ! La jeune fille que sa mère suppliait ainsi haussa les épaules : - J'ai mis plus de six mois pour trouver une place. Je ne peux pas me permettre d'en faire à ma guise. Monsieur Borger n'a que l'embarras du choix pour me remplacer. De plus le travail me plaît. - Parce que laver les salles d'un restaurant à point d'heure, ça te convient ? - Il y a des compensations… - C'est-à-dire ? - Les clients qui se sont attardés me donnent des pourboires. Je bavarde avec eux un moment… - Il n'y a pas que des gentlemen dans la clientèle… Et si le tueur qui terrorise Londres se trouvait parmi eux ? On a découvert un corps à proximité de la Tour, mais on n'oublie pas les autres jeunes femmes que l'on a retrouvées dans la rue, étranglées. Je n'ai pas envie que tu sois la prochaine ! - Assez, maman ! Qui rapporterait l'argent à la maison si je n'en gagnais ? - Ce n'est pas ma faute si je suis condamnée à demeurer dans ce fauteuil ! On ne lutte pas contre la maladie… - Tu n'es pas paralysée ; tu as seulement peur de tomber… Allez, à tout à l'heure… D'un geste vif, Jane décrocha le mantelet accroché à une patère, le mit sur ses épaules, gagna la porte. - Tu ne m'embrasses pas ? gémit la vieille dame. - Si, bien sûr. Elle fit l'effort de retraverser la pièce, donna à sa mère un doux baiser sur le front : - Et tâche de dîner. Tu n'as rien mangé depuis ce matin… - Parce que tu me donnes trop de soucis… Ces quelques mots se heurtèrent au battant de la porte que Jane venait de refermer après être sortie rapidement de la pièce. « Elle finirait bien par me flanquer la frousse ! » grommela-t-elle en descendant quatre à quatre l'escalier vétuste et en s'élançant dans la rue d'un pas alerte. Le brouillard régnait en maître. On ne voyait pas plus loin qu'à six ou sept yards devant soi. La jeune fille frissonna. Ses talons éveillaient l'écho. À l'angle de Piccadilly Circus et de Glass House Street, la lumière des réverbères ne trouait guère la nuit. Elle s'arrêta un instant puis coupa à gauche. Il lui

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Les Veillées des Chaumières 3675 Cuisinons avec nos petits

Cuisinons avec nos petits

Ingrédients : 2 tranches de pain de mie - 80 g de pousses d’épinards - 1 c. à café d’huile d’olive - 10 g gingembre frais - 6 œufs de caille - 10 g de beurre - poivre - sel. Réalisation - Toastez le pain. - Lavez les épinards. - Poêlez-les 2 min avec un peu d'huile d'olive. Salez, poivrez. - Assaisonnez de gingembre frais râpé. Réservez. - Avec la pointe d'un couteau, ouvrez les œufs de caille et cuisez-les au plat dans une poêle antiadhésive à feu doux avec un peu de beurre.

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Les Veillées des Chaumières 3675 Une brûlante histoire d'amour

Une brûlante histoire d'amour

Homme peu expansif, Renaud Mertens parlait rarement et semblait souvent plongé dans de profondes rêveries. Si on lui demandait alors à quoi il pensait, il éludait, restait évasif. Ses émotions étaient demeurées un mystère pour son entourage. Y compris pour Aline, sa femme. Était-ce le fruit de l'éducation rigide qu'il avait reçue, où l'expression de soi avait été bannie ? Aline avait aimé le croire et s'était ainsi consolée du tempérament taiseux de son époux. Elle l'avait pourtant aimé pendant trente ans. Il l'avait aimée aussi, elle en avait été certaine, même si les preuves de cet amour avaient été pour le moins ténues. Le matin, avant de partir travailler, il déposait toujours sur son front un chaste et tendre baiser. Idem le soir quand il rentrait. Elle avait parfois eu l'étrange impression qu'il aurait eu envie de se montrer plus démonstratif, de l'embrasser dans le cou, par exemple. Mais une main invisible semblait retenir son geste. Il avait toujours été là pour elle, quand elle avait été préoccupée, malade ou fatiguée. Depuis le début de leur mariage, il n'avait eu de cesse d'améliorer les conditions de vie de leur foyer. Aline avait apprécié la sécurité qu'il lui avait apportée, elle qui venait d'un milieu où les fins de mois avaient été difficiles et l'ambiance à la maison conflictuelle. Ceux qui avaient fréquenté le couple disaient de Renaud qu'il était un métronome, que sa vie roulait telle une mécanique bien huilée. - Tu peux être sûre qu'il t'est fidèle ! avait soufflé un jour à Aline une de ses amies. Aline avait hoché la tête en souriant : - Je n'ai aucun doute là-dessus, en effet. D'ailleurs, avait-elle songé, quand aurait-il vu une autre femme ? Son emploi du temps avait toujours été réglé comme du papier à musique. Il rentrait directement à la maison après son travail, se retirait dans un espace qu'il s'était aménagé au fond du garage en attendant le dîner. - Pourtant, avait repris l'amie, avec son physique… Tu peux te vanter d'avoir

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Les Veillées des Chaumières 3675 LE JARDIN DE LÉONIE

LE JARDIN DE LÉONIE

Assise devant la table de la cuisine, Juliette observait le ballet incessant des gouttes de pluie contre les vitres de la fenêtre. Des rafales cinglaient les branches des arbres qui entouraient la villa située en banlieue parisienne. « Mamie aurait sûrement préféré une autre météo pour le jour de son retour ! » pensa brièvement la jeune femme. À l'évocation de Léonie, elle serra les mains autour du bol d'où s'échappait un arôme inimitable : celui du chocolat chaud de son enfance. L'odeur fit remonter un souvenir, une scène qui l'avait marquée un jour d'hiver, lorsqu'elle avait dix ans. Ce jour-là, en quittant l'école, elle avait emprunté le chemin qui menait jusqu'à la maison familiale. Sa grand-mère, pour plus de commodité, occupait le rez-de-chaussée. Son père, sa mère et elle vivaient au premier étage. En attendant le retour de ses parents, elle faisait, le soir, ses devoirs sous l'œil bienveillant de sa grand-mère. Cette fois-là, Juliette ne claqua pas la porte d'entrée comme elle en avait l'habitude. La tête basse, elle pénétra dans la maison où l'attendait sa grand-mère. Elle ne se précipita pas vers elle, ne l'embrassa pas et déposa son sac dans l'entrée. Léonie s'aperçut tout de suite de l'étrange comportement de la fillette, de l'air contrarié qui marquait son visage. Elle ne dit mot, elle s'approcha d'elle, lui ôta son manteau avec douceur et l'entraîna vers la cuisine. Là, alors que rougeoyaient les braises dans le foyer de la cheminée, Léonie ouvrit un placard, prit une tasse et prépara le meilleur remède aux maux d'enfant : un savoureux chocolat chaud. Elle observa longuement sa petite-fille avant de lui demander, d'une voix calme : - Ma Juju, il s'est passé quelque chose aujourd'hui ? Au seul énoncé de son

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