Arrivèrent des fiançailles discrètes lors d'un repas au restaurant en tête à tête où Jacques offrit à Mélanie une magnifique émeraude, la bague de fiançailles de toutes les comtesses de la Valette. Quelques jours auparavant Mélanie avait quitté la bague et l'alliance qu'elle portait pour les ranger dans le coffret où dormait déjà l'anneau d'Alexandre, ces bijoux seraient pour François-Xavier. Le mariage eut lieu en toute intimité dans la chapelle du château familial proche de Tours. Le colonel, père de la mariée et son épouse avaient fait le voyage avec leur fils, leur bru et les trois nièces de Mélanie. Camille n'avait pas hésité. Elle était là par affection pour sa belle-fille qu'elle aimait comme une seconde fille. Raoul l'accompagnait avec Jeanne, témoin de Mélanie. Eugène était du voyage car il ne quittait plus ma filleule. On commençait à parler de fiançailles, on attendait la nomination de mon frère. Ma mère s'était proposée pour garder les enfants, ainsi Éloïse et moi étions présents. Jacques m'avait demandé d'être son témoin. Le marié avait volontairement limité le nombre des invités par respect pour sa future femme et la famille de Valenciennes. Mélanie portait un simple tailleur gris perle, un bouquet d'anémones piqué à son revers, les mêmes fleurs se retrouvaient dans son chignon. C'était discret et charmant. Jacques regardait avec tendresse et admiration cette jolie jeune femme qui ferait une délicieuse comtesse. Le moment des consentements avait été très dur pour Camille. Je remarquai que Raoul avait entouré ses épaules d'un bras protecteur. Elle ne pouvait que songer au mariage précédent, Alexandre, superbe dans son uniforme d'apparat, la mariée, belle comme une princesse, dans une longue robe de dentelles blanches, un voile étalé jusqu'au milieu de la cathédrale Saint-Roch… Ainsi va la vie… Juste après la cérémonie, les mariés sont partis une courte semaine dans la villa d'Antibes. Il n'était pas question de s'éloigner trop longtemps du petit François-Xavier. Les parents de Jacques avaient offert en cadeau de mariage, un très bel appartement au centre de Montpellier, à deux pas de l'hôtel particulier des Valenciennes. Priver Camille de son petit-fils était impensable, d'autant que François-Xavier était lui aussi très attaché à sa grand-mère. Mélanie avait continué à passer de longs moments avec Camille et lors de la naissance d'Élisabeth, quinze mois après l'union de ses parents, c'était Camille qui accompagna la future mère. Le père étant en salle d'opération, il n'avait pu arriver qu'après la naissance de la petite fille. Oui, l'été, notre maison de Cassagnac était pleine comme une ruche. Ma douce avait bien réorganisé la propriété. Au rez-de-chaussée, elle avait gardé la belle salle à l'ancienne, la cuisine et l'ancien bureau de Charles Vallier. Comme c'était une très grande pièce ouvrant sur le parc par deux grandes portes-fenêtres, c'est là qu'elle avait décidé de créer l'appartement de ma mère. Dans le vestibule, sous le bel escalier à la superbe rampe en fer forgé, elle avait fait installer une petite salle d'eau, une autre aussi dans l'alcôve du bureau pour que maman puisse avoir sa propre salle de bains. Au premier étage, elle avait fait partager une des grandes chambres en deux plus petites, l'une pour Éric, l'autre pour les filles. Nous occupions l'autre chambre, de l'autre côté du couloir, la chambre de Brigitte et la salle de bains. Au-dessus, les trois chambres
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