Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3676 du 10 juin 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3676 du 10/06/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3676 La Relève

La Relève

Arrivèrent des fiançailles discrètes lors d'un repas au restaurant en tête à tête où Jacques offrit à Mélanie une magnifique émeraude, la bague de fiançailles de toutes les comtesses de la Valette. Quelques jours auparavant Mélanie avait quitté la bague et l'alliance qu'elle portait pour les ranger dans le coffret où dormait déjà l'anneau d'Alexandre, ces bijoux seraient pour François-Xavier. Le mariage eut lieu en toute intimité dans la chapelle du château familial proche de Tours. Le colonel, père de la mariée et son épouse avaient fait le voyage avec leur fils, leur bru et les trois nièces de Mélanie. Camille n'avait pas hésité. Elle était là par affection pour sa belle-fille qu'elle aimait comme une seconde fille. Raoul l'accompagnait avec Jeanne, témoin de Mélanie. Eugène était du voyage car il ne quittait plus ma filleule. On commençait à parler de fiançailles, on attendait la nomination de mon frère. Ma mère s'était proposée pour garder les enfants, ainsi Éloïse et moi étions présents. Jacques m'avait demandé d'être son témoin. Le marié avait volontairement limité le nombre des invités par respect pour sa future femme et la famille de Valenciennes. Mélanie portait un simple tailleur gris perle, un bouquet d'anémones piqué à son revers, les mêmes fleurs se retrouvaient dans son chignon. C'était discret et charmant. Jacques regardait avec tendresse et admiration cette jolie jeune femme qui ferait une délicieuse comtesse. Le moment des consentements avait été très dur pour Camille. Je remarquai que Raoul avait entouré ses épaules d'un bras protecteur. Elle ne pouvait que songer au mariage précédent, Alexandre, superbe dans son uniforme d'apparat, la mariée, belle comme une princesse, dans une longue robe de dentelles blanches, un voile étalé jusqu'au milieu de la cathédrale Saint-Roch… Ainsi va la vie… Juste après la cérémonie, les mariés sont partis une courte semaine dans la villa d'Antibes. Il n'était pas question de s'éloigner trop longtemps du petit François-Xavier. Les parents de Jacques avaient offert en cadeau de mariage, un très bel appartement au centre de Montpellier, à deux pas de l'hôtel particulier des Valenciennes. Priver Camille de son petit-fils était impensable, d'autant que François-Xavier était lui aussi très attaché à sa grand-mère. Mélanie avait continué à passer de longs moments avec Camille et lors de la naissance d'Élisabeth, quinze mois après l'union de ses parents, c'était Camille qui accompagna la future mère. Le père étant en salle d'opération, il n'avait pu arriver qu'après la naissance de la petite fille. Oui, l'été, notre maison de Cassagnac était pleine comme une ruche. Ma douce avait bien réorganisé la propriété. Au rez-de-chaussée, elle avait gardé la belle salle à l'ancienne, la cuisine et l'ancien bureau de Charles Vallier. Comme c'était une très grande pièce ouvrant sur le parc par deux grandes portes-fenêtres, c'est là qu'elle avait décidé de créer l'appartement de ma mère. Dans le vestibule, sous le bel escalier à la superbe rampe en fer forgé, elle avait fait installer une petite salle d'eau, une autre aussi dans l'alcôve du bureau pour que maman puisse avoir sa propre salle de bains. Au premier étage, elle avait fait partager une des grandes chambres en deux plus petites, l'une pour Éric, l'autre pour les filles. Nous occupions l'autre chambre, de l'autre côté du couloir, la chambre de Brigitte et la salle de bains. Au-dessus, les trois chambres

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Les Veillées des Chaumières 3676 L'héritage

L'héritage

Loïs Lemaître arrive à Saint-Pierre avec une valise trop lourde pour trois jours et la sensation d'entrer dans une histoire qui l'attend depuis l'enfance. Elle a trente-neuf ans, un grade de commandant dans la gendarmerie qu'elle a gagné fièrement. Mais elle n'est pas là au nom de la gendarmerie, elle n'en a ni le mandat ni le droit. Elle est envoyée par sa famille, et elle a accepté ; pour sa mère, Leïla, morte il y a vingt ans ; et pour connaître ce grand-père que personne, chez eux, n'appelait plus autrement que « çui-là ». À la sortie de l'aérodrome, le vent lui prend le visage. Il sent le sel, le kérosène et peut-être le varech. Même en été, l'air est froid et mouillé. Sur la route vers le centre, elle regarde surgir de la brume les quais et les façades basses des maisons peintes. C'est la notification du divorce sur la fiche d'état civil qui a permis de retrouver rapidement la première famille, puis les rumeurs familiales ont conduit le curateur vers celle de Leïla. Tout paraît trop petit pour contenir tant de silence. Jacques Poirier est mort à quatre-vingt-sept ans dans une maison louée au-dessus du port. Sans testament - mais avec des dettes. Le notaire lui a parlé sans détour : il n'y a presque rien à transmettre, sinon des papiers, des créances douteuses, des factures, et une famille déjà dressée contre elle-même. La mairie a engagé des recherches pour au moins récupérer les frais d'obsèques. Loïs vient à la place de sa mère, l'une des huit enfants de Jacques, celle qui s'est suicidée vingt ans plus tôt. Les autres héritiers n'ont pas fait le déplacement ; ils seront présents en vidéo ou au téléphone ; ils soupçonnent, comptent déjà. En sortant de l'étude, clé en main, elle monte à pied jusqu'à la maison. La rue est longue. Les maisons colorées se laissent découvrir une à une derrière les rideaux opalescents qui s'épaississent avec la montée de la chaleur. La végétation est clairsemée et basse, ancrée dans un sol balayé par les vents marins. Protégés par un mur, quelques arbres tenaces s'entêtent. Dans un recoin un peu à l'écart, sur ses quatre pilotis, la maison jaune paraît minuscule vue de loin. L'escalier gluant d'humidité sent le bois abandonné. À l'intérieur, un bol poisseux reste près de l'évier. Une paire de lunettes, posée sur le réfrigérateur, tient avec du ruban adhésif. Sur la table, des factures ouvertes, des tas de boîtes de médicaments, et un calendrier de pharmacie : le mois de mai est le dernier coché. Loïs ouvre une fenêtre. Le vent rabat la nappe, remue la poussière, apporte l'océan dans la pièce. La silhouette d'un passant pressé disparaît derrière une barrière de tôle bleue. Elle pense à sa mère. Leïla, à dix-huit ans, née du mauvais côté de tout, espérait qu'un homme plus âgé et plus instruit la

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Les Veillées des Chaumières 3676 La Maison des rêves

La Maison des rêves

Cédric se serait volontiers rendu le soir même chez Lord Winfield. Cependant, ce n'était guère une heure pour les visites, se dit-il avec juste raison. Il ne fallait pas indisposer le Lord de Dream House d'autant que sa démarche lui paraîtrait certainement curieuse, vu le temps qui s'était écoulé depuis l'annonce… Comme il l'avait fait à Dornoch, il interrogea l'hôtelier sur la personnalité de cet homme dont il entendait prononcer le nom pour la première fois. La déférence avec laquelle on lui en parla le rassura en partie. Brièvement, on lui raconta son veuvage et son remariage avec Elisabeth Anderson. - La fille du joaillier de la reine ? Il allait de surprise en surprise. - C'est cela, Sir. - Eh bien ! Si je m'attendais… Cédric songea qu'elle le reconnaîtrait probablement. Il l'avait rencontrée chez un de ses compagnons de beuverie qu'elle fréquentait alors assidûment dans l'attente d'un mariage qui la ferait enfin pénétrer à la Cour… Apparemment elle avait dû finalement s'exiler en Écosse pour avoir l'occasion de réaliser ses rêves. - Et la voici devenue Lady Winfield ! Belle réussite ! s'exclama le jeune homme quand il se fut retiré dans sa chambre. Naturellement, il ne dormit pas de la nuit. Trop d'images se bousculaient dans sa tête. Il se demandait comment il aborderait l'enfant, son fils, et de quelle manière il allait pouvoir dédommager Alan Winfield, sans le choquer. - Et s'il ne voulait pas le laisser partir ? se dit-il encore. À cette perspective il crut manquer d'air. L'aube le trouva debout, habillé de pied en cap, faisant les cent pas du lit à l'armoire. Sans pouvoir patienter plus longtemps, il alla réveiller son cocher et le pria d'atteler les chevaux. - Je veux voir la campagne environnante et ce Loch Ness dont on prétend qu'il abrite un monstre que certains ont vu ! Quel étrange pays, si fascinant qu'on a toujours l'impression d'osciller entre la réalité et la légende… Le cocher hocha la tête. Mis au courant de la situation par la force des choses, il était empreint d'une curiosité qui se développait à mesure que les événements se précisaient. La contrée ne lui plaisait guère. À son ciel d'un gris changeant il préférait encore les brouillards de Londres. L'écho d'un air de cornemuse sur les moors lui donnait l'impression de danger imminent. Il n'aimait pas le haggis (panse de brebis farcie) qu'on servait dans les auberges, et encore moins cette langue étrange qu'on appelait gaélique parce qu'il n'en comprenait pas un traître mot. Quant à l'impatience dont faisait preuve Cédric de Fleight, elle ne faisait qu'augmenter sa propre nervosité. - Et encore si l'on savait ce qui va sortir de tout cela ! grommela-t-il en s'exécutant. Vingt minutes plus tard, les deux hommes entamaient leur périple autour du loch, mais ils n'allèrent pas plus loin que

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Les Veillées des Chaumières 3676 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

2 - RÉSUMÉ : 1864. À la suite de mauvaises récoltes successives, Hector et Jane Bumby doivent quitter leur ferme écossaise. Avec leurs filles, ils s'installent à Londres, persuadés d'y trouver du travail. Hélas ! le démon du jeu s'empare d'Hector. Un matin, il est retrouvé mort dans la Tamise. Son épouse, très éprouvée, meurt peu de temps après d'une crise cardiaque. Le malheur semble s'acharner sur la famille, puisque, à peine mariée, leur fille aînée, Morag se retrouve veuve avec son fils Roy à élever. Sa sœur, Amina, a trouvé une place de brodeuse dans la luxueuse boutique de Mlle Martek. Pour l'heure elle est chargée d'aller livrer jupe et corsage chez Lady Devon, ce qui laissera à Mlle Martek le temps de s'occuper de son autre prestigieuse cliente, la duchesse de Landfield. En chemin, devant affronter le froid et la neige, elle est prise de vertiges. Clarence Wright qui passait par là lui propose de la conduire chez Lady Devon. (Voir Veillées nos 3675.) D'un geste ferme, Clarence Wright aida Amina à grimper dans la voiture. Aussitôt, Max, le cocher, fouetta les chevaux. Effrayés par le bruit d'une diligence qui venait de les croiser, les alezans firent un écart, puis consentirent à prendre le trot. Sur la banquette, Amina s'était recroquevillée. Clarence Wright lui saisit la main : - Ma parole ! vous tremblez ! - J'ai seulement très froid. - Rien d'étonnant, il gèle… Il prit la couverture sur laquelle il s'était assis par mégarde et la jeta sur ses genoux. Elle le remercia en inclinant la tête. À sa crainte succédait maintenant l'émotion. Personne n'avait jamais eu de sollicitude à son égard… Elle tira la couverture jusque sous son menton, en jetant à son compagnon de hasard un regard furtif. L'attelage s'était immobilisé devant une belle maison d'allure très élisabéthaine. Un porche ornementé d'un auvent permettait aux visiteurs de s'abriter rapidement dès qu'ils sortaient de leur véhicule. - Nous sommes arrivés. Descendez, ordonna Clarence Wright en tendant une main secourable à la jeune fille. Elle tenait toujours son paquet si serré contre elle qu'il demanda avec ironie ce qu'elle pouvait bien y cacher. Amina rougit jusqu'aux oreilles, affolée soudain. L'ensemble qu'elle devait remettre à Lady Margaret Devon, s'il n'avait peut-être pas trop souffert des rafales de neige, risquait de s'être beaucoup froissé. En accueillant avec empressement le visiteur, un valet

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Les Veillées des Chaumières 3676 Les locataires inattendus

Les locataires inattendus

Le grand jour était arrivé. Bénédicte quittait le nid familial, la demeure du Perche où elle avait toujours vécu. Une université parisienne l'attendait, et ses parents lui louaient un studio dans la capitale. Sa mère rangeait et dérangeait les mêmes affaires depuis le matin. Son père regardait par la fenêtre du salon, les mains dans les poches, tendu. Avant de partir, la jeune fille jeta un dernier regard au chien paresseusement étendu au soleil dans le jardin. C'était son chien, celui qu'elle avait reçu en cadeau pour son sixième anniversaire. Elle l'avait baptisé Snoopy, du nom du héros à quatre pattes du dessin animé qu'elle affectionnait enfant. Elle avait voulu l'emmener avec elle mais ses parents avaient mis en avant tous les inconvénients que cela présentait : l'exiguïté du logement, la nécessité de le sortir régulièrement, le temps que l'animal passerait seul. - Tu le verras quand tu viendras en week-end, dit le père. - Ce pauvre chien se fait vieux, de toute façon, ajouta la mère. Tu l'imagines sans le terrain qu'il a toujours connu ? La grande maison… Mieux vaut pour lui qu'il finisse ses jours ici. Bénédicte acquiesça. Elle regarda Snoopy une dernière fois - sa lenteur à se lever, son arrière-train qui glissait sur les dalles - et monta dans la voiture sans se retourner. Quelques heures plus tard, elle aperçut le porche, la cour, les fenêtres étroites qui montaient jusqu'aux toits. La jeune fille se sentit un peu mieux. Le vieil immeuble l'avait immédiatement séduite quand elle y était venue avec l'agent immobilier. Pour accéder à son studio, il fallait grimper six étages. Mais de là-haut, les toits de Paris s'étiraient à perte de vue. Une fois franchi le lourd portail sur la rue, on traversait la cour et on devait passer devant la loge de la concierge. Les inconnus devaient alors montrer patte blanche. C'était ce qu'avait dû faire Bénédicte - et ce fut là qu'elle rencontra madame Poirson - quand elle était revenue avec son père pour aménager. La femme avait surgi de derrière sa porte comme si elle

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Les Veillées des Chaumières 3676 À chaque animal son saint patron

À chaque animal son saint patron

Saint François d'Assise vouait un respect et un amour sans pareils aux animaux. Il les considérait comme ses « frères et sœurs » et prêchait autant pour eux que pour les humains. Les oiseaux venaient l'écouter et lui répondaient par leurs chants. Mais l'un des premiers animaux avec lequel il communiqua fut un loup qui terrorisait le village de Gubbio, dans le nord de l'Italie. François partit désarmé à sa rencontre et s'adressant à lui, en l'appelant « Frère loup », parvint à l'apaiser. Le loup déposa sa patte dans sa main tendue pour signifier

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