Après le mariage, notre jeune couple allait s'offrir une escapade en Italie. J'avais bien l'intention de me le rappeler lorsque j'allais composer la précieuse corbeille, même si cela ne se faisait plus guère. Je tenais à gâter Jeanne plus encore qu'elle ne l'imaginait. Je donnai rendez-vous à Lisette, mon amie d'enfance, installée à Montpellier. À nous deux, nous devrions faire des merveilles. Il y avait déjà plusieurs années, j'avais confié cette tâche à Camille mais aujourd'hui, je tenais à me charger moi-même de ces présents, juste retour des choses. Et surtout, je savais que Jeanne allait apprécier mes efforts. Cela donnerait plus de valeur à ces cadeaux, du moins je l'espérais. Ce mardi, pas de futures mamans angoissées dans ma clientèle, pas de jeunes femmes à terme, ni de patients à l'état alarmant. J'ai donc pris ma journée. Ma jeune assistante avait des consignes : en cas d'urgence, elle devait diriger les personnes vers mes confrères de Bédarieux ou de Pézenas, voire Béziers. Je pouvais donc partir l'esprit serein. J'ai pris le train du matin, moins fatigant que la voiture. Lisette m'attendait au café de la gare. Nous avons bu un petit noir et puis nous sommes partis pour une folle journée d'emplettes. Heureusement, mon amie avait déjà un peu réfléchi à mes projets. Elle savait où m'emmener, chez un maroquinier connu pour l'excellence de son travail. J'allais trouver les bagages que je désirais : valise, mallette, sac de voyage, tout y était dans un joli dégradé de marron et de beige, très élégant. Ensuite Lisette m'entraîna chez une de ses amies modistes. Elle avait repéré une ravissante capeline. C'était le chapeau à la mode cet été et cela irait parfaitement avec les toilettes estivales de notre Jeanne. En ce qui concernait les robes, je l'avoue, j'ai laissé Lisette choisir : une ravissante toilette en vichy rose et blanc, un costume de plage corsaire et corsage en toile brodée, une robe du soir de soie blanche avec des dentelles écrues aux emmanchures et à la taille, un ensemble de nuit d'une légèreté presque indécente. Dieu, ni ma mère, ni Camille n'approuveraient ce choix… de la soie grège transparente, des dentelles qui dévoilaient plus qu'elles ne cachaient mais il semblait que c'était la toute dernière mode et je pensais que le marié, lui, saurait apprécier ! Ensuite nous nous sommes rendus chez un parfumeur renommé. Sur les conseils de mon accompagnatrice, j'ai choisi une trousse de voyage, le dernier parfum de Lancôme, Magie, quelques objets de toilette, brosse, miroir, sels de bain, crèmes et poudres, toutes ces jolies choses que les femmes trouvaient indispensables et nous bien inutiles… Nous avions ensuite rendez-vous avec le mari de Lisette, bijoutier de son état. Je leur ai offert à déjeuner dans une brasserie de la place de la Comédie. Après le repas, délicieux et dans une ambiance très agréable, j'ai suivi mes amis à la boutique pour choisir les bijoux que je désirais offrir à la mariée, une montre-bracelet, une parure, un tour de cou et des boucles assorties. J'en profitai pour choisir un bijou à ma chérie. Je ne la gâtais pas assez, toujours tellement pris par mon travail et notre vie de famille. Je découvris une paire de dormeuses en améthyste qui avaient presque la couleur de ses magnifiques yeux violets. Avant de rentrer,
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