Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3678 du 8 juillet 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3678 du 08/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3678 La Relève

La Relève

Comme d'habitude mon Éloïse sut me comprendre. Elle proposa d'inviter Joseph et son petit garçon avec Claire dès le dimanche suivant. Il fallait ouvrir notre famille à ces deux déracinés qui avaient tant souffert. Peu à peu nous avons appris à connaître Joseph. C'était un homme bon, intelligent et un père attentionné pour le sage Bernard. Il nous a raconté la guerre d'Algérie, la vraie, pas celle des journaux. Nous avons eu de la chance, aucun de nos jeunes n'a été appelé… trop jeunes ou sursitaires, ils ont échappé au long service militaire de vingt-sept mois. Deux millions de soldats du contingent ont traversé la Méditerranée de 1955 à 1962. Il y a eu 27 500 tués et 650 000 blessés sans oublier le millier de disparus. Léon m'a raconté qu'il voyait à nouveau des « gueules cassées » au centre Paul Saint-Pons. Si j'étais encore en activité au Val, j'aurais bien du travail ! En revanche, ce que nous n'avons pas très bien compris, nous les métropolitains, c'est la genèse de cette révolte des musulmans. Pendant les deux guerres mondiales, ils ont donné leur vie, leur sang pour sauver une terre qui n'était pas vraiment à eux : c'était une véritable chair à canon dont on a usé et abusé et lorsque la paix est revenue, il aurait fallu qu'ils redeviennent des esclaves. C'était injuste, inhumain. Il faut savoir que ce qui se disait alors : « L'indigène sait se contenter de pain et de dattes ! » était réducteur et méprisant. La révolte couvait. Le 10 octobre 1954, le mouvement du Front de Libération nationale était fondé, dirigé par Ahmed Ben Bella. À l'aube du 1er novembre, le FLN déclencha des attaques dans tout le pays, des installations militaires, des entrepôts, des bâtiments publics, plusieurs soldats français furent tués. Dans les gorges des Aurès, à 7 heures du matin, un autocar fut arrêté. On fit descendre un jeune couple de passagers, des Français. Ils étaient en Algérie depuis un mois à peine. Ils venaient d'être nommés dans un petit village. Ils étaient instituteurs, aimaient leur métier passionnément. Il avait 23 ans, et s'appelait Guy Monnerot, sa femme était âgée de 21 ans. Lui sera tué d'une rafale, elle sera gravement blessée, violentée et abandonnée mourante. - De cela, on nous a beaucoup parlé, c'était si cruel, si injuste. - Eh oui, mais vous savez il y a eu des horreurs des deux côtés, alors… - Vous avez raison, la guerre est injuste, aveugle. Et vous, quand êtes-vous parti ? - Obtenir une place d'avion ou même de bateau devenait quasi impossible. On entendait plus que la célèbre menace : « la valise ou le cercueil ! » En quelques mois les administrations se sont arrêtées, des villes se sont vidées. Oran, Bône, Sidi bel Abbés avaient une grosse population pied-noir… Le rectorat m'a obtenu une place sur La Ville de Marseille, juste un transat sur le pont. La traversée a duré près de 25 heures, Bernard a été malade la plupart du temps. - Et votre famille ? - Ma mère et mes sœurs sont parties en janvier 1962. Mon père avait obtenu des places d'avion par un de ses clients, pilote d'une compagnie suisse. Elles se sont installées chez une cousine du côté de Perpignan. Mon père les a rejointes il y a quelques semaines mais il travaille pour la Poste.

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Les Veillées des Chaumières 3678 Château à rénover

Château à rénover

William scrutait le flot des voyageurs descendus du train depuis le quai de la gare de Tarbes. Il reconnut sans peine Victoire et Magali, qu'il n'avait pourtant vues jusque-là que sur les photos qu'elles lui avaient envoyées durant leurs échanges en ligne, en prévision de leur arrivée. Les deux jeunes filles, en shorts et tee-shirts, portant des sacs à dos chargés sur leurs épaules, parurent soulagées en l'apercevant. - Est-ce que vous êtes William ? demanda Victoire en arrivant à la hauteur du jeune homme. Nous avions peur que vous ne soyez pas là, ajouta-t-elle lorsqu'il hocha la tête en souriant. - J'avais noté l'horaire de l'arrivée de votre train pour ne pas me tromper. Est-ce que je peux vous aider ? demanda William en avisant le sac à dos qui penchait dangereusement sur les épaules de la jeune femme. - Ce n'est pas de refus, répondit-elle, soulagée. Nous les portons depuis Lille et je vous avoue qu'ils commencent à peser un peu. William aida Victoire et Magali à ôter leurs sacs, qu'il porta ensuite à la main, d'un geste presque naturel. Le trio sortit de la gare et se dirigea vers la voiture du jeune homme, une vieille deux-chevaux garée à proximité. - Elle n'est plus toute jeune, mais elle roule, précisa-t-il en voyant les regards surpris de ses invitées. Même si elle n'avance pas très vite, ajouta-t-il avec un rire communicatif. - Cela nous ira très bien, le rassura Magali. - Elle ressemble un peu à notre vieux château, précisa William. Il est très ancien mais il tient bon. - J'ai tellement hâte de le découvrir ! dit Victoire, qui s'était installée à côté de William tandis que Magali avait préféré la banquette arrière. - Ce sera fait dans une demi-heure ! lança le jeune homme d'une voix joyeuse, ravi par cet enthousiasme. Victoire admirait à présent le paysage somptueux qui s'offrait à elle. Après être sortie de Tarbes, la voiture avançait à présent sur une route de montagne, serpentant au milieu des arbres verdoyants. On pouvait apercevoir au loin le reflet lumineux des lacs autour desquels Victoire se promettait de belles randonnées. Elle s'imaginait déjà franchir les cols de montagne aux sentiers escarpés. Elle fut surprise d'apercevoir des cimes blanches, bien qu'on soit au début du mois de juillet. - Les glaciers sont encore enneigés, expliqua William, en surprenant le regard étonné de la jeune fille. Ils ne devraient pas tarder à fondre et à former des filets de glace qui se rejoindront ensuite pour former des torrents, que l'on appelle des bédières. - J'aimerais beaucoup voir cela ! s'exclama la jeune étudiante. - Vous les apercevrez aisément pendant les randonnées. - Je n'imaginais pas les paysages pyrénéens aussi verdoyants, dit Magali, surprise de son côté par les différentes tonalités, allant du vert clair des pâturages au vert plus foncé des alpages. - La plupart des visiteurs sont étonnés en arrivant, répondit William. Le vert et le bleu sont souvent mêlés ici mais il ne s'agit que d'une infime partie de la palette de nos belles montagnes. Vous ferez sans doute de nombreuses autres découvertes durant votre séjour, ajouta-t-il en souriant. La voiture, après trente minutes de route,

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Les Veillées des Chaumières 3678 La Maison des rêves

La Maison des rêves

Deux jours de suite, cependant, Rebecca ne parut pas au rendez-vous qu'elle et Carolly s'étaient donné à Hyde Park. Elle envoya à sa place sa femme de chambre. - Sa Grâce ne se sent pas bien, dit-elle. Elle est contrainte de garder le lit jusqu'à la naissance du bébé. Il y a des risques. - Vous ne voulez pas dire qu'elle… qu'elle pourrait mourir ? - Non, je ne pense pas, mais perdre le bébé sûrement… - Oh ! mon Dieu ! Bouleversée par cette nouvelle, Carolly pria de tout son cœur pour que la malheureuse jeune femme ne soit pas privée, une fois de plus, du fruit de sa chair. - Ce serait trop injuste ! Carolly eut aussitôt envie de lui écrire. Par crainte que sa lettre ne soit interceptée, elle n'en fit rien. En revanche, elle se fit conduire chaque jour à la cathédrale Saint-Paul afin de s'y recueillir. En Écosse, elle n'avait pas éprouvé souvent le désir profond de se rendre à l'église. Elle avait l'impression de mieux communier avec Dieu dans la grandiose beauté de la nature, qui lui manquait beaucoup à Londres. La cathédrale - bien qu'elle l'ait impressionnée, tant par ses ors que par l'envolée de sa grande coupole - ménageait des coins d'ombre où elle pouvait chuchoter sans risquer d'être entendue. Elle en ressortait souvent en pleurs, car elle ne voyait pas d'issue à toute ce qui la tracassait… Certes, Linley était maintenant à l'abri pour le restant de ses jours. Il succéderait à son grand-père et lui ferait certainement honneur. Quand il serait un beau jeune homme que l'on commencerait à introduire dans le monde, il aurait l'occasion de rencontrer Rebecca, et, pour peu qu'elle sache s'y prendre, il en ferait sa confidente. Personne n'y trouverait rien à redire. Carolly avait beau essayer d'envisager l'avenir sous les meilleurs auspices, elle était atteinte d'un mal dont elle ne pouvait se remettre. Son attachement à Alan Winfield était pour elle un sujet de tourment. Elle savait bien qu'il n'était pas heureux auprès d'Elisabeth, bien qu'il ne s'en soit jamais plaint, sauf le dernier jour où il s'était éloigné du cottage sans prendre le temps de lui faire ses adieux. Absorbée par la pensée de cet amour qui lui apportait un sentiment d'inutilité trop profond pour être réprimé, la jeune fille gagna l'esplanade. La lumière crue du jour la fit cligner des yeux. Elle porta un mouchoir à ses joues et les essuya vigoureusement. Personne ne devait savoir qu'elle avait pleuré. Elle allait rejoindre à pied l'hôtel particulier du marquis de Fleight, situé tout près de Somerset House, sur le Strand, lorsqu'un fiacre s'arrêta à sa hauteur. Un homme en redingote noire en descendit. - Enfin vous voilà ! Carolly eut un mouvement de recul en reconnaissant Lord Summerton. - Excusez-moi, Milord,

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Les Veillées des Chaumières 3678 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

Amina regarda furtivement l'homme qui se tenait devant elle. Une palette à la main, il était vêtu d'une blouse grise maculée de peinture. Le portrait de Lady Margaret sur lequel il semblait s'exercer ne semblait guère avoir avancé. - Asseyez-vous, dit-il en débarrassant une chaise des chiffons qui l'encombraient. Comment vous appelez-vous ? - Amina, Sir. Amina Bumby. - Parlez-moi de vous, de votre vie… - Il n'y a pas grand-chose à en dire, Sir. Nous sommes de modeste condition. - Nous ? - Ma sœur et moi. - De quel quartier êtes-vous ? - Nous habitons Soho. - Êtes-vous lingère, serveuse ? - Brodeuse. Je travaille chez Frivolity, un magasin pour dames. - Et naturellement vous aspirez à un autre destin… - Je n'y songe nullement. - Pourquoi ? - Il est inutile de se forger des illusions. - Sage et jolie ! Ce qui ne va guère ensemble. Accepteriez-vous de poser pour moi ? Vous avez dû comprendre en apercevant les toiles qui tapissent ces murs que je suis peintre. Je prépare actuellement une nouvelle exposition. Hélas ! mon inspiration habituelle n'est pas au rendez-vous. Je suis certain qu'en vous dessinant, elle reviendrait en force. Qu'en dites-vous ? Me ferez-vous l'aumône de votre sourire ? Quelques heures par jour seulement… Je ne vous demanderai que de changer de toilette de temps en temps… Bien entendu, vous serez rémunérée largement. Il avança un chiffre qui coupa le souffle à Amina. - Votre Seigneurie parle sérieusement ? - Vous toucherez votre dû dans quelques mois quand je jugerai que mon œuvre est achevée. Rien de plus, rien de moins. Vous serez logée et nourrie. Il se peut que je fasse appel à vous la nuit. C'est souvent vers une heure du matin que mon envie de peindre est la plus forte. - Il faut que je puisse avertir ma sœur… - Mon cocher vous conduira auprès d'elle, puis vous reviendrez ici. Pourquoi aurait-elle hésité ? Elle se disait qu'elle ne gagnait pas le huitième de cette somme en un an de travail au service de Mlle Martek. Avec cet argent, elle donnerait à Morag la possibilité de rester auprès de son enfant. Elle n'aurait plus besoin de le confier à la voisine pour aller faire des ménages exténuants… Une grande allégresse envahissait Amina. Elle osa enfin regarder son bienfaiteur dans les yeux. C'était un homme grand, légèrement voûté,

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Les Veillées des Chaumières 3678 Rosa, sauvée des eaux

Rosa, sauvée des eaux

C'était l'été. À la plage le soleil chauffait juste ce qu'il fallait. Pendant que ses parents s'activaient pour préparer les délicieux sandwichs dont ils avaient le secret, Rosa marchait vers la mer suivie de sa grande sœur qui veillait sur elle ; elles avançaient, joyeuses, en foulant le sable sous leurs pieds. Elles venaient ici, à la baie de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, tous les dimanches de mi-juin à fin août, c'était un rituel que leurs parents adoraient et elles aussi. Chacun prenait un vrai plaisir à déambuler dans les ruelles de cette ville si sympathique, à se promener au parc botanique du Mugel, où les chênes, les pins, les bambous, les fleurs sauvages embaument, à contempler l'île verte, les calanques, paysage si beau, si paisible. Puis, malgré le grand choix de plages, ils allaient toujours s'installer sur la plage familiale de Cyrnos, située le long de l'avenue Franklin-Roosevelt, face à un étonnant rocher surnommé « le bec de l'aigle ». Ce que les fillettes aimaient, c'était bien sûr s'installer sous le parasol et contempler un ciel souvent bleu, construire ensemble des châteaux de sable et de graviers, jouer au ballon et surtout, surtout se baigner dans cette mer si belle. En cette fin de matinée, elles avançaient donc, pas à pas, tranquillement vers la mer dont les petites vagues commençaient à caresser agréablement leurs jambes, puis leurs corps. Cette sensation suscitait un incroyable bien-être. Vraiment contentes, elles mirent en place presque immédiatement un jeu simple consistant à s'envoyer mutuellement de l'eau sur les cuisses, sur les bras, sur les épaules et même sur le visage ; pour y échapper, elles couraient presque dans l'eau, ce qui était plutôt amusant, mais elles s'éloignaient, malgré les recommandations de leurs parents. Soudain Rosa sentit une étrange pression sur sa tête ; une force invisible dont elle ne comprit pas l'origine qui la fit basculer et l'entraîna vers le fond. Malgré son souhait de sortir de là et de respirer, malgré les mouvements de ses bras, de ses jambes, elle se retrouva comme coincée, se mit à tourner en rond, incapable de remonter à la surface. Incapable de s'en sortir. Un sentiment de panique la saisit ; elle n'avait que sept ans, elle aurait bien voulu vivre encore un peu, beaucoup, mais elle allait se noyer, là, maintenant

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Les Veillées des Chaumières 3678 C'est la saison des fruits rouges !

C'est la saison des fruits rouges !

Ingrédients : 200 g de fraises - 125 g de groseilles - 125 g de framboises - 4 pêches - 1/2 l de lait - 200 g d’amandes émondées - 2 feuilles de gélatine - 1/2 l de vin blanc moelleux - 50 g de sucre - épices (girofle, cannelle, poivre, vanille) - 30 g de sucre. Réalisation - Dans une casserole, faites bouillir le lait. Ajoutez les amandes et laissez infuser. Mixez à l'aide d'un robot plongeant. - Ramollissez la gélatine dans un bol d'eau froide puis plongez-la dans le lait d'amande pour qu'elle fonde. - Dans 4 coupes à fruits, versez le lait d'amande et réservez au frais. - Préparez le sirop : dans une casserole, faites frémir le vin blanc avec

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