Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3679 du 22 juillet 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3679 du 22/07/2026

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Les Veillées des Chaumières 3679 Les dentellières de Bruges

Les dentellières de Bruges

Mahault de Briaerde accéléra le pas en sentant les premières gouttes de pluie tomber sur le col de son mantel. Elle traversa la pelouse en quelques minutes à peine pour rejoindre le bâtiment de pierre blanche. En dépit de ses soixante ans, Mahault avait conservé une allure athlétique et une robustesse de constitution qui impressionnaient tous ceux qui la rencontraient. Elle traversait l'hiver sans le moindre rhume et ignorait les petits désagréments venus avec l'âge chez la plupart de ses contemporains. Du temps de sa jeunesse, son époux Hugues s'amusait de cette santé insolente, qui lui permettait d'être sur pied quelques jours à peine après ses couches et d'accomplir ses tâches plus vite que n'importe qui. Mahault rejoignit d'un pas rapide la maison à l'intérieur de laquelle était installé l'atelier des tisserandes. Élue « Grande Dame » du béguinage de Bruges depuis trois ans, Mahault avait la charge de ce lieu atypique, où des femmes de conditions diverses vivaient en communauté, travaillant pour gagner leur subsistance, et elle avait pleinement conscience de ses responsabilités. Le béguinage avait été fondé en 1225, vingt ans auparavant, par un groupe de femmes pieuses, qui avaient décidé de s'installer ensemble au lieu-dit « l'enclos de la Vigne », à l'extérieur de la ville de Bruges. Leur but était de mener une vie collective sans appartenir à un ordre religieux, tout en se regroupant pour se protéger et s'entraider. Mahault s'était elle-même installée au béguinage après la mort de son époux, durant la dernière croisade. Ils avaient eu trois fils ensemble mais aucun n'était parvenu à l'âge adulte et, devenue veuve, Mahault avait dû se résoudre à vendre les biens qu'elle possédait et à rechercher une protection auprès du béguinage, dont on lui avait dit le plus grand bien. Elle s'était installée dans l'une des maisons individuelles attenantes à la chapelle, où la communauté se réunissait pour célébrer les offices, et s'était rapidement adaptée à sa nouvelle vie, faite de travail et de prières. Son dynamisme, son entrain, ainsi que son empathie naturelle, l'avaient immédiatement rendue indispensable aux autres femmes. Elle ne rechignait jamais à partager les tâches ménagères ni à cuisiner pour tout le monde, et avait même insisté pour apprendre le tissage afin de pouvoir participer à la vie économique de la communauté. La vente de leurs tissus par les béguines contribuait à la majorité de leurs revenus. La qualité de leur travail et leur sérieux dans les transactions commerciales étaient connus bien au-delà des environs de Bruges. Lorsque la Grande Dame précédente avait rejoint le Seigneur, les béguines avaient décidé d'un commun accord de choisir Mahault pour la remplacer. Cette dernière avait tout d'abord pensé décliner cette proposition, ne se sentant pas à la hauteur de la tâche, avant d'être touchée par la confiance que lui témoignaient les autres femmes et de comprendre que ce choix était sans doute le plus juste pour la communauté. Elle entra dans l'atelier d'un pas rapide et en referma la porte derrière elle, heureuse d'y être arrivée aussi vite car la pluie tombait dru à présent. À l'intérieur, une dizaine de béguines, installées derrière des métiers à tisser, des écheveaux de laine de différentes couleurs posés dans des paniers à côté d'elles, travaillaient d'un même geste. Mahault contempla ce spectacle avec un sourire de satisfaction, tant chacune d'entre elles semblait absorbée par sa tâche. Marie, la plus jeune, chantonnait un passage de la Chanson de Roland , que certaines reprenaient ensuite. Mahault sentit son cœur se serrer. Comme elle aurait souhaité que le monde

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Les Veillées des Chaumières 3679 L'histoire d'une lettre

L'histoire d'une lettre

Direction, personnel et clients de l'hôtel de La Cascade étaient en ébullition. En ce soir de juillet 1923, Monsieur et Madame Fontanes, propriétaires du prestigieux établissement, allaient inaugurer l'électricité, récemment installée à grands frais. Finies les bougies ou lampes à huile qu'il fallait promener un peu partout ! De tragiques accidents allaient désormais être évités. Un coin de la cuisine n'avait-il pas pris feu l'année précédente à cause d'une servante qui avait, un soir, oublié d'éteindre la bougie ? Sans compter un gain non négligeable de luminosité quand on en avait besoin. Les centaines d 'ampoules devaient s'éclairer un peu avant vingt-deux heures, à la tombée de la nuit, pour que l'effet soit plus saisissant. Les deux patrons se tenaient en haut du grand escalier dont la rampe s'enguirlandait de fleurs blanches, dominant la foule massée dans le hall pavoisé de banderoles portant la date de l'événement. Tout le personnel formait une haie impeccable le long de la porte à tambour qui marquait l'entrée de l'hôtel. Monsieur Hector, le majordome, vérifiait scrupuleusement les invitations de ceux qui se pressaient pour assister au miracle dont tous les environs de Dôle faisaient les gorges chaudes. La presse locale avait même été convoquée. - Voilà qui va encore accroître notre réputation, déclara d'un air satisfait, Léontine, la gouvernante, qui se tenait aux côtés d'Hector. - Comme s'il en était besoin ! rétorqua ce dernier. Et puis, qu'avons-nous à voir là-dedans ? Nous ne sommes tous deux que des employés. Avec, certes, de grandes responsabilités mais enfin… - Je me considère presque comme faisant partie de la famille Fontanes, rétorqua avec hauteur Léontine. Je les sers depuis vingt-six ans, depuis l'ouverture de l'hôtel en fait. - Vous étiez bien jolie, à l'époque. Vous l'êtes toujours, d'ailleurs. Hector, en rougissant légèrement, ne pouvait s'empêcher de faire de temps à autre de timides compliments à sa collègue, trouvant cette grande femme un peu austère encore magnifique à cinquante ans passés, avec son profil altier et ses cheveux, restés noirs, qu'elle ramenait en tresse sur le haut de sa tête. - Vous feriez mieux d'aller dire à Jules que son nœud papillon est de travers, répondit-elle en désignant un serveur au loin. Décidément, elle avait l'œil à tout, pensa Hector en s'éloignant. Ses attributions se limitaient à la gestion du personnel féminin, mais elle ne pouvait s'empêcher d'exercer partout sa vigilance. - Dites-moi, ça ne vous fait pas un peu peur, cette nouvelle invention ? demanda-t-il en revenant se poster près d'elle. Il suffit d'appuyer sur un bouton, à ce qu'on dit, pour que les lampes ou les lustres s'allument ou qu'un appareil se mette en marche. Je trouve ça un peu… diabolique ! - Si Monsieur Léonce et Madame Armance en ont décidé ainsi, décréta Léontine en haussant le menton, c'est qu'ils jugeaient cela nécessaire. Décidément, songea Hector, elle disait « amen » à tout ce qui venait de la direction. - Et si ce soir, ça ne marchait pas ? s'inquiéta-t-il soudain. C'est peut-être pour cela que la cérémonie tarde à commencer. On aurait l'air fin, dans le noir ! - Quel rabat-joie vous faites ! Il faut croire au progrès. Souvenez-vous quand

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Les Veillées des Chaumières 3679 La Maison des rêves

La Maison des rêves

11 - RÉSUMÉ : Lord Summerton poursuit de ses assiduités la pauvre Carolly qui a bien du mal à se défaire de l'importun. Tentant de lui échapper, elle saute du fiacre où il l'a obligée à monter et se tord la cheville. De son côté, Cédric ne va guère mieux. Il confesse à son père être amoureux de Carolly et vouloir l'épouser. Il tombe des nues. Et réprouve. Cédric passe ses soirées à jouer, et finit par tout perdre. C'est Lord Summerton qui est son débiteur. Si Cédric accepte de lui «donner » Carolly, il lui rendra ses reconnaissances de dettes, et lui octroiera une somme qui lui permettra d'échapper à la tyrannie de son père. Quant à Lord Winfield, il vit des heures éprouvantes. Après une nième altercation avec son épouse, Lady Elisabeth celle-ci décide de se rendre à la crypte familiale. Elle se retrouve ensevelie sous un éboulis, et meurt sur le coup, laissant son époux accablé, mais libre. Libre d'aimer Carolly ! (Voir Veillées nos 3669 et suivants. ) Alan se sentit un peu apaisé. Et il fut encore plus serein lorsqu'il eut renoncé à la fortune d'Elisabeth au profit de son beau-père. - Ma fille vous laisse-t-elle quelques regrets ? dit Mr Anderson que le geste désintéressé d'Alan touchait profondément. Elle avait un caractère difficile que moi-même je supportais trop mal pour vous blâmer de quoi que ce soit. Pourrez-vous oublier ? Oublier qu'elle a forcé votre porte en croyant forcer votre cœur ?... Seul le désir de devenir Lady Elisabeth, comtesse de Winfield a guidé ses actes. Le lui pardonnerez-vous ? - Je n'ai rien à lui pardonner, Monsieur. Nous étions trop dissemblables pour nous trouver quelque terrain d'entente… Sa voix s'effondra. Puis sur ces derniers mots, Alan alla préparer ses bagages. À Londres, la nouvelle du décès d'Elisa-beth s'était transmise rapidement. Et, le jour de l'enterrement, une foule compacte se pressait autour du cercueil. Carolly, qui avait été mise au courant par le marquis de Fleight, venait de descendre de voiture. De loin, elle avait repéré la silhouette de Lord Winfield et son cœur se mit à battre très fort. Soudain, à son côté, vint se glisser Lord Summerton qui lui prit d'autorité le bras. Il n'eut même pas le temps de placer un mot. Frémissante d'indignation, elle lui fit face : - Retirez-vous de ma vue ou j'appelle au secours ! Il y a suffisamment de monde ici pour provoquer un scandale dont vous vous remettriez difficilement ! - Diable ! mais c'est que vous le feriez ! plaisanta-t-il. Carolly parvint à se dégager et put se faufiler jusqu'à Lord Winfield. - Vous ! dit-il, et il l'enveloppa d'un long regard éperdu. Vous êtes venue ! Elle acquiesça de la tête. Les mots se nouaient dans sa gorge. Il lui prit la main, comme il l'avait

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Les Veillées des Chaumières 3679 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

5 - RÉSUMÉ : Amina fait la rencontre de Sir Kenneth qui lui propose une coquette somme d'argent en échange de séances de pose. Amina accepte, confiante en l'homme qui malgré son apparence lui semble honnête. Mais avant, elle doit avertir sa sœur de son séjour chez les Devon. Lorsqu'elle arrive chez elle, elle découvre que sa sœur est partie le matin même à l'aube, avec son fils. Tout leur maigre mobilier a déjà été revendu à un brocanteur. Leur voisine lui propose de la mettre en relation avec un détective, un certain Peter Van Dell qui pourra sans doute l'aider dans ses recherches. De retour chez Lady Devon, Amina fait l'objet de soins attentifs de la part du personnel qui travaille à sa métamorphose. Bientôt elle ressemblera à s'y méprendre à l'ex femme de Sir Kenneth, Lady Fanny ! Quant à Lady Margaret, elle semble hésiter à épouser Clarence Wright, qui, lui aussi, est en proie aux doutes. (Voir Veillées nos 3675 et suivants. ) Clarence Wright s'interrogeait. Margaret apprécierait-elle une soirée au coin du feu telles que celles qu'il passait à Wycombe ? Il s'apercevait que lui non plus ne savait rien d'elle, mais il aimait tant l'entendre rire, de ce rire cristallin comparable au doux murmure du ruisseau qui serpente dans la mousse et ricoche de pierre en pierre ! Pourquoi s'attendrissait-il au point de se découvrir des goûts bucoliques, lui qui, en vérité, s'ennuyait tant à Wycombe quand il s'y retrouvait seul ? En viendrait-il à vendre son domaine pour s'installer définitivement à Londres ? Il était tiraillé entre des sentiments si divers qu'il s'assombrissait. Quand il ramena Margaret chez elle, il se crut obligé de l'inviter à souper en fin de semaine. - Je ne sais pas ce que je ferai samedi, répliqua-t-elle. Je vous ferai porter un mot. Il s'inclina pour l'attirer à lui avec plus de fougue qu'il n'en mettait d'habitude pour l'étreindre. Il la sentit se raidir entre ses bras. Puis elle rit en le traitant de grand fou, soulagée qu'au son du heurtoir sur la porte, Fuller ait répondu aussitôt. Elle souleva sa crinoline pour pénétrer dans le hall, lui fit un petit signe de la main et disparut. Clarence demeura un instant immobile, avant de se résigner à regagner ses pénates. De ce ton compassé qu'il adoptait à longueur de temps le majordome demanda : - Milady a-t-elle passé une bonne soirée ? -

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Les Veillées des Chaumières 3679 Moissons amères

Moissons amères

Ce soir-là, comme souvent dans les bals de la campagne lorraine qu'elle fréquentait, Geneviève Pelletier « faisait tapisserie ». Adossée au mur à côté de la buvette, elle attendait qu'un jeune homme l'invite à danser. C'était rare… Parfois, l'un d'eux se dévouait puis, la danse finie, il retournait à ses copains qui l'avaient regardé, l'air goguenard. Il avait été bien gentil de valser avec cette fille sèche, osseuse, mal attifée, au teint déjà flétri, qui, à vingt-quatre ans, en paraissait dix de plus. Ou bien c'était sa meilleure amie qui avait pitié et passait un moment avec elle. Les autres n'avaient pas toutes la même empathie. Elles se moquaient souvent de Geneviève, de ses vêtements, de sa maigre queue-de-cheval d'une couleur indéfinissable. Un murmure parcourut soudain l'assemblée. Pour un peu, l'orchestre se serait arrêté de jouer. François Marchebois venait de faire son entrée, alors que la soirée était déjà bien avancée, comme pour ménager ses effets. C'était le plus beau garçon de la région, le plus élégant. Il avait un nouveau costume pour chaque saison. Grand, les épaules larges, toutes les filles le convoitaient. Les mères, assises sur les bancs, les rappelaient à plus de discrétion quand elles les voyaient fixer le fils Marchebois en gloussant. - Sûr qu'il a pas dû passer la journée à moissonner, lui ! lâcha un jeune homme. - Il empeste la brillantine ! dit un autre. Et cette cravate satinée, où se croit-il ? À la ville ? Ils étaient jaloux. François Marchebois séduisait toutes les filles. Elles savaient pourtant qu'il n'y avait pas grand-chose à attendre de lui, à part de furtifs rendez-vous. Si chacune espérait être celle à qui il passerait la bague au doigt, les parents tremblaient : pourvu que ce feignant ne jette pas son dévolu sur leur fille. On le connaissait, le François. Il passait le plus clair de son temps au café, où il buvait sec, ou à l'hôtel de la mère Lavergne, pas trop regardante sur qui occupait pendant quelques heures ses chambres. - Le pauvre père Marchebois doit se retourner dans sa tombe… murmura un vieux. Sa ferme

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Les Veillées des Chaumières 3679 La planche, star des tables estivales

La planche, star des tables estivales

Ingrédients : 2 branches de céleri 2 carottes - 1 orange - 2 clémentines - quelques kumquats - 1/4 d’ananas - quelques physalis - 1 selles-sur-cher - 1 /2 époisses - 120 g de tr anches de chorizo - 120 g de mortadelle aux pistaches - 1 baguette. Pour le dip : 1 pot de houmous - 1 pincée de paprika - 1 c. à soupe d’huile d’olive. Réalisation - Versez le houmous dans un bol, arrosez d'huile d'olive et parsemez de paprika. - Lavez les branches de céleri puis coupez-les en bâtonnets. Épluchez les carottes, coupez-en une en bâtonnets et l'autre en rondelles. - Lavez les kumquats. Lavez et tranchez l'orange.

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