Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3680 du 5 août 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3680 du 05/08/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3680 Le jardin de madame Moreau

Le jardin de madame Moreau

La splendeur du jardin de Colette Moreau était connue bien au-delà des limites de son village. Depuis qu’elle avait remporté, plusieurs années de suite, le concours du plus beau jardin de Touraine, on se donnait l’adresse de ce lieu enchanteur dans toute la région et il n’était pas rare, les dimanches après-midi, de voir des promeneurs s’arrêter devant sa maison pour y admirer les bosquets fleuris, habilement disséminés autour du magnolia dont les fleurs rose vif refleurissaient chaque année au mois de mai. Madame Moreau avait toujours aimé jar-diner et passer du temps dans son jardin, même quand le temps était maussade. Elle répétait qu’après une heure de jardinage, on se sentait si bien que l’on oubliait tout, même le ciel gris. Son chat, Noisette, tout aussi féru de nature que sa maîtresse, l’accompagnait volontiers. D’un tempérament chaleureux, madame Moreau ne s’offusquait jamais lorsque des passants l’interrompaient pour l’interroger sur le type d’engrais qu’elle utilisait pour obtenir une floraison ou sur sa manière de planter telle ou telle espèce, et leur répondait au contraire avec plaisir. Noisette, aussi sociable que la vieille dame, n’hésitait pas non plus à s’avancer jusqu’à la grille pour se faire caresser. Derrière la maison, cachée de la rue, se trouvait l’autre moitié du jardin, aussi belle que la première. Un arbre de Judée y trônait en majesté, entouré d’un côté par un potager dont madame Moreau était aussi fière que de ses fleurs, de l’autre par des massifs d’espèces rares, dont elle expérimentait la culture, et d’une serre dans laquelle elle entreposait ses boutures et son matériel. Sa passion pour le jardinage lui venait de sa grand-mère, chez laquelle elle avait l’habitude de passer ses vacances scolaires durant son enfance, ses parents, commerçants, n’ayant que peu de temps à lui consacrer. Étant son unique petite-fille, sa grand-mère lui consacrait tout son temps et l’avait très tôt initiée à ce qui selon elle faisait « le sel de la vie » : un beau jardin. C’est auprès de son aïeule que la petite Colette avait appris à reconnaître les différentes espèces de fleur, à définir le meilleur emplacement où les planter, selon la direction du soleil et l’orientation du vent, à distinguer les plantes médicinales de celles dont on pouvait faire des soupes, à bouturer les fleurs et les arbustes, ainsi qu’à harmoniser entre elles les couleurs de chaque massif. Madame Moreau avait toujours conservé en mémoire le précieux souvenir de ces délicieux moments passés auprès de sa grand-mère et avait gardé une passion pour les jardins une fois devenue adulte. Après son mariage, elle s’était efforcée de consacrer quelques heures par semaine à entretenir le sien, ce qui n’était pas toujours facile avec son métier de bibliothécaire et la naissance de sa fille, Isabelle. Mais elle préférait se priver d’autres activités pour pouvoir passer au moins une ou deux après-midi auprès de ses fleurs. Une retraite bien méritée lui avait enfin permis de se dédier entièrement à sa passion et elle ne se privait plus de ce plaisir. Michel Guérin, le maire du village, qu’elle avait connu petit garçon, lorsqu’il venait à la bibliothèque avec sa classe, avait organisé une réception à la mairie pour la féliciter, la première fois qu’elle avait gagné le concours du plus beau jardin. Depuis, chaque victoire était partagée par le village tout entier. La beauté du jardin et la publicité faite au lieu étaient une fierté supplémentaire pour les habitants de ce village où il faisait bon vivre. Tout le monde admirait l’originalité et l’harmonie parfaite de

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Les Veillées des Chaumières 3680 L’histoire d’une lettre

L’histoire d’une lettre

2 – RÉSUMÉ : juillet 1923, Monsieur et Madame Fontanes, propriétaires du prestigieux hôtel de Dôle inaugurent l’électricité, récemment installée à grands frais. Tout le personnel est en effervescence. D’autant qu’une rumeur court que le patron va bientôt partir en Suisse se reposer. Il est vrai qu’il a vraiment mauvaise mine. Et d’ailleurs il quitte tôt la soirée. Autre absent notoire ce soir-là, Monsieur Richard, le fils de la maison. Il a une fois encore trop bu et perdu au jeu. Unique enfant du couple, à 23 ans, il cause bien du souci à son père qui doit sans cesse éponger ses dettes. En l’absence de son mari, c’est son épouse, Armance qui va devoir assurer la gestion de l’hôtel. Et le personnel tremble… elle a une poigne de fer ! Richard, lui, est plutôt satisfait de savoir son père en Suisse. Il n’aura pas à essuyer ses reproches. (Voir Veillées n ° 3679.) Depuis que son mari était absent, comme pour jouir d’un pouvoir qu’elle n’avait plus à partager, Madame Fontanes mettait son nez partout, faisait même des incursions inhabituelles dans les cuisines ou la lingerie. « Comme si on n’avait pas assez des deux corbeaux, il faut maintenant que la patronne soit sur notre dos » ! râlait le personnel. Les deux cor-beaux, c’était ainsi que certains surnommaient le majordome et la gouvernante, toujours vêtus de noir. Armance se félicitait des réservations qui continuaient d’affluer, encore plus nombreuses depuis qu’on avait fait savoir que l’hôtel possédait l’électricité. Chaque matin, elle se rendait à la réception, demandait à voir le grand livre où s’alignaient les noms des clients, se rengorgeait. L’hôtel allait même recevoir en août la visite d’un prince allemand et de sa famille, qui avaient réservé une des deux suites de l’établissement. Léontine fut chargée de diffuser la nouvelle auprès du personnel : chacun devait veiller à ce que tout soit parfait pendant leur séjour. Pourvu que Monsieur Richard se tienne correctement ! s’inquiétait-elle. Il ferait beau voir qu’il traverse la salle à manger, pleine à craquer à l’heure du déjeuner, en courant et chantant à tue-tête, saluant à la ronde en soulevant son chapeau, comme il l’avait fait récemment, dans une tenue qu’elle avait jugée débraillée au possible. Sous prétexte qu’il faisait chaud, le jeune homme ne portait plus de col à présent, laissait flotter au vent les pans de sa veste. Même les plus délurés des serveurs n’oseraient se tenir ainsi ! pestait la gouvernante. Qu’attendait sa mère pour le remettre au pas ? Et dire que c’était là leur futur patron ! La gouvernante pensa qu’elle-même avait mieux élevé son propre fils. Elle réunit le jour même dans les cuisines, après le service du déjeuner, tout le personnel pour les avertir de l’arrivée prochaine du prince allemand. Il faudrait veiller à ce que tout soit parfait. – Emmèneront-ils avec eux leur propre personnel de chambre ? hasarda une jeune femme de chambre. – Non, vous devrez mettre les bouchées doubles pendant quelques jours, répondit calmement la gouvernante. Il y eut un remous de protestation dans les rangs féminins. – C’est que… reprit la femme de chambre, nous

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Les Veillées des Chaumières 3680 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

6 – RÉSUMÉ : Depuis qu’Amina vit sous son toit, songe Margaret, pas une seule fois elle ne l’a vu rire. C’est une petite sotte, décrète-t-elle. Mais sa colère éclate lorsqu’elle pénètre dans l’atelier de son frère et découvre plusieurs portraits d’Amina. Jamais le jeune homme n’a peint avec cette fougue, cette perfection. De son côté Amina se met en quête du détective Peter Van Dell. Lui seul pourra l’aider à retrouver sa sœur Morag et son neveu. Elle s’aventure dans les rues de Londres et parvient au commissariat central. Le jeune homme la reçoit, empli de curiosité. Il accepte de se charger de l’enquête et propose à la jeune femme de faire un point hebdomadaire. Prévenue de son absence, Margaret ne décolère pas. Cette petite effrontée finira par faire échouer ses plans. Aussi, à peine a-t-elle franchi le seuil de la demeure qu’Amina se fait-elle sévèrement tancer. (Voir Veillées n os 3675 et suivants.) Margaret, que l’absence d’Amina avait courroucée, aurait pu l’interroger pour la confondre. Cependant elle décida qu’il valait mieux s’en faire une amie et lui accorder un semblant de liberté plutôt que de la braquer : – Allons, venez vous asseoir près de moi. Que prendrez-vous ? Fuller, faites le service, je vous prie. Amina respira à fond. Sa promenade jusqu’au commissariat, les confidences qu’elle avait faites à Peter Van Dell qui l’avait écoutée d’une oreille attentive l’avaient mise en appétit. – Mon Dieu que vous avez de la chance de pouvoir avaler tout cela ! s’écria son hôtesse à la fin du repas lorsqu’elles se levèrent de table. Ne trouvez-vous pas que ma taille s’est empâtée ? Amina avait une si grande admiration pour Margaret qu’elle affirma haut et fort : – Certainement pas ! Même la duchesse de Glossberry vous envie ! – Parce que vous connaissez la duchesse ? – Je l’ai aperçue lorsqu’elle venait à la boutique et l’ai entendu dire à Mlle Martek : « Je donnerais beaucoup pour être aussi menue que Lady Devon ! » – Tiens, je n’aurais pas cru cette personne aussi charmante ! Je vais aller faire une sieste. Nous nous verrons à l’heure du thé. Puis, après avoir hésité : – Ne sortez jamais sans m’en avertir, Amina. Je me suis réellement fait du souci pour vous. Fuller coupa court à la conversation : – Le professeur de danse de mademoiselle est arrivé. – Ah ! que je voudrais avoir votre âge ! s’écria Margaret en incitant la

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Les Veillées des Chaumières 3680 Loin des yeux, près du cœur

Loin des yeux, près du cœur

Au brusque claquement de mains de sa sœur à ses oreilles, la vieille fille sursauta. Elle sommeillait au coin du feu, un sourire béat aux lèvres. – C’est curieux tout de même, Lolotte, cette propension que vous avez à vous endormir dès que vous êtes à proximité d’une source de chaleur ! – Je… je ne faisais que somnoler, tenta de protester ladite Lolotte. Elle approchait de la cinquantaine, et pourtant on continuait à lui donner dans la famille ce diminutif hérité de son enfance. Il lui allait bien, d’ailleurs : elle ressemblait à une vieille poupée. Les boucles de ses cheveux restés blonds, frisées au fer chaque matin, caressaient ses joues rebondies. Grasse et rose, elle s’étalait dans la bergère qui avait peine à contenir son embonpoint. – Et vous savez que j’ai toujours été frileuse, ajouta-t-elle piteusement. – Je sais, oui ! Que faites-vous d’autre dans la vie que vous rôtir comme un vieux chat devant les flammes, manger et dormir ? Lolotte leva un regard désolé vers Marie-Aymard, dont elle subissait régulièrement les attaques – surtout quand cette dernière était inquiète ou énervée. C’était le cas ce jour-là car on attendait du monde pour le thé. Elle se savait une charge pour sa sœur aînée. Les deux femmes, nées de La Tournelle, avaient connu un destin différent. Marie-Aymard s’était mariée, avait eu une fille, Angélique, et avait été veuve assez tôt. Charlotte, restée désespérément célibataire, vivait depuis vingt-cinq ans chez sa sœur. Pour détourner le cours de la conversation, Lolotte demanda : – Avez-vous invité les Rochart ? – J’y suis bien obligée… maugréa Marie-Aymard qui faisait à présent les cent pas dans le salon. Ce sont nos plus proches voisins, et le père Rochart gère fort bien mes affaires. – Leur fils Antoine sera-t-il là lui aussi ? – Je suppose. Et ce n’est pas pour me réjouir. À chaque fois que nous le croisons, Angélique lui jette des regards qui en disent long… – Je crois en effet qu’il

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Les Veillées des Chaumières 3680 La Maison des rêves

La Maison des rêves

12 – RÉSUMÉ : À la sortie de la messe d’enterrement de Lady Elisabeth, Carolly s’apprête à saluer Rebecca lorsqu’elle est tirée en arrière. Une main nerveuse applique sur son visage un tampon imbibé d’éther. Elle perd connaissance. Deux hommes en service commandé l’emportent jusqu’à une voiture qui s’en va. Quelques heures plus tard, on s’inquiète de sa disparition. Cédric soupçonne Lord Summerton. Alan Winfield décide de lui rendre visite sur-le-champ dans sa propriété de Richmond. Il se glisse en cati-mini dans la maison et aperçoit le Lord et sa prisonnière dans le salon. Une violente altercation les oppose. Carolly intervient et blesse Lord Summerton mais Lord Winfield est parvenu à récupérer les reconnaissances de dettes de Cédric. Il les lui remet à une condition : que celuici quitte Londres et s’installe sur ses terres irlan-daises. (Voir Veillées n os 3669 et suivants.) Un an plus tard… Winfield alla sur la terrasse qui dominait les ruines de l’abbaye où étaient ensevelis ses ancêtres, et sa silhouette se tassa, comme s’il avait porté sur ses épaules le poids d’une solitude qui ne faisait que s’accentuer au fil du temps. Il n’avait jamais été très bavard, mais il semblait se complaire dans un mutisme si éprouvant pour ceux qui l’entouraient que le docteur Carey luimême redoutait de se rendre au

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Les Veillées des Chaumières 3680 Cabillaud, lieu, haddock… Le poisson, c’est toute la semaine !

Cabillaud, lieu, haddock… Le poisson, c’est toute la semaine !

Velouté glacé de poivron rouge, poisson pané aux corn-flakespour 4 personnes – préparation : 20 min – cuisson : 30 min Ingrédients : 4 poivrons rouges • 1 oignon • 1 gousse d’ail • 1 cube de bouillon de légumes • 400 g de poisson blanc (idéalement, dos de cabillaud) • 1 œuf • 50 g de farine • 50 g de corn-flakes • 2 c. à soupe d’huile d’olive • 1 pincée de sel. Réalisation – Lavez les poivrons, ouvrezles en deux et ôtez les graines. Coupez les poivrons grossièrement en dés. – Pelez l’oignon et l’ail. Émincez l’oignon et hachez l’ail. – Dans une cocotte avec 1 c. à soupe d’huile d’olive chaude, déposezl’oignon et l’ail. Faitesles dorer. Ajoutez les dés de poivron et laissez-les revenir quelques instants. – Versez 50 cl d’eau, portez à ébullition et ajoutez le cube de bouillon de légumes. Laissez mitonner 20

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