Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3683 du 16 septembre 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3683 du 16/09/2026

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Les Veillées des Chaumières 3683 Le prix de la liberté

Le prix de la liberté

Eponine avançait lentement, repoussant d’un geste les branches des arbres qui encadraient le petit chemin de terre et ralentissaient sa marche. Le temps était maussade et elle se félicita de s’être vêtue de sa tunique la plus chaude, tissée de laine épaisse, et d’avoir les cheveux protégés par sa mitra, cette longue écharpe dont les femmes romaines couvraient leur tête. Le sentier se fit soudain plus abrupt, et elle dut s’arrêter quelques instants pour reprendre son souffle. Elle sursauta en entendant le cri d’un oiseau, probablement une chouette, qui s’élança soudain au-dessus d’elle, traversant le silence de la nuit d’un claquement d’ailes. Le cœur battant, Éponine ferma les yeux et s’immobilisa, le temps que les bruits de la forêt lui deviennent plus familiers. Elle pouvait percevoir des mouvements indistincts dans les fourrés, des hululements dans l’obscurité, quelques cris de proies attrapées par leurs prédateurs. Elle remercia Jupiter de l’avoir faite courageuse et de ne pas craindre l’obscurité. Sans cela, le trajet qu’elle accomplissait chaque nuit aurait été impossible. Après avoir accoutumé son oreille aux bruits nocturnes, la jeune femme reprit sa marche, gravissant courageusement le chemin, en pente à présent. Arrivée à proximité de sa destination, elle s’immobilisa à nouveau, pour être certaine de ne pas avoir été suivie, l’oreille aux aguets afin de détecter le moindre bruit suspect. Après quelques minutes, rassurée, elle s’avança jusqu’à l’entrée d’une grotte, habilement dissimulée par des branchages. Plaçant ses mains contre sa bouche, elle imita le hululement d’une chouette, puis répéta le cri deux fois avant que les branchages ne se mettent soudain à bouger, laissant apparaître un homme au visage fatigué. – Julius ! s’exclama Éponine en se jetant dans ses bras. Leur étreinte fut la récompense de sa longue marche. Lorsque l’embrassade s’acheva, ils se firent face et la jeune femme observa les cernes qui soulignaient le regard de son époux ainsi que son visage inquiet. – Est-ce que tu as dormi ? l’interrogeat-elle. – Un peu, mentit-il. Mais il faut reconnaître que Quintus me réveille à l’aube, après des nuits souvent agitées, ce qui me laisse peu de temps pour le repos, ajoutat-il en souriant. À l’évocation de son fils, Éponine jeta un regard à l’intérieur de la grotte. Un petit garçon venait d’apparaître sur le seuil, les yeux encore endormis. Il la regarda un instant avant de la reconnaître enfin. – Maman ! s’écria-t-il d’une petite voix. Éponine le prit longuement dans ses bras, le couvrant de baisers et de caresses. Une journée loin de lui était une journée de torture ! Elle aurait tout donné pour l’avoir chaque jour à ses côtés. Lorsqu’elle fut rassasiée de baisers, elle le reposa dou-cement par terre. – Où est ta sœur ? demanda-t-elle. – Claudia dort mais je peux la réveiller, chuchota le petit garçon. – Non, laisse-la dormir, dit Éponine en souriant. J’irai la voir tout à l’heure. Tous trois rentrèrent à l’intérieur de la grotte, qui était aménagée à la manière d’une maison, et faisait office d’habitat pour Julius et leurs deux enfants. – J’ai préparé un faisan, que j’ai fait rôtir avec du miel récolté dans la forêt, dit fièrement Julius tout en invitant Éponine à s’asseoir. – Je vous ai apporté des olives, des fèves et un sac de blé que tu pourras semer, répondit la jeune femme en déposant les sacs qu’elle avait pris avec elle. Julius remercia son épouse mais ne put s’empêcher d’ajouter : – Je crains que semer du blé ne soit pas très prudent pour le moment. – Ce sera pourtant une sécurité supplémentaire pour vous trois, répondit doucement la jeune femme. Que se passera-t-il si je suis un jour empêchée de vous rejoindre ou si tu tombais malade et que tu ne pouvais plus chasser ? Julius ne répondit pas mais il dut admettre que le raisonnement d’Éponine était juste. Cependant, dans la situation qui était

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Les Veillées des Chaumières 3683 L’histoire d’une lettre

L’histoire d’une lettre

Tout le monde continuait de trouver cela scandaleux. « Je dirais même ignominieux » avait laissé tomber Hector. Peu avaient compris le sens de ce terme, mais les ignorants jugèrent que ce devait être encore pire que ce qu’ils pensaient. En tout cas, la plupart avaient un alibi pour l’heure concernée et beaucoup, les jardiniers, par exemple, ne s’étaient jamais aventurés dans les parties de l’hôtel réservées aux chambres. Madame Armance était assise dans une bergère près de la fenêtre. Elle semblait calme et satisfaite. L’affaire n’était donc plus d’une si grande importance pour elle ? se demanda Léontine en entrant. Elle remarqua tout de suite que, sur la petite table basse qui jouxtait le fauteuil, il y avait une très fine couche de poussière qui contrastait avec une zone ronde où le bois de rose brillait. Sur cette table, était d’ordinaire posée une petite boîte où Madame mettait des bonbons. Elle n’y était plus. Cela signifiait que la boîte avait été très récemment déplacée. Dès qu’elle avait vu Léontine s’avancer, Armance avait affiché un air de grande sévérité. – Vous me voyez bien ennuyée, ma chère Léontine, de vous dire ce que j’ai à vous dire, commença-t-elle. – Madame a-t-elle quelque chose à me reprocher ? demanda la gouvernante. – Pas à vous directement… Voyez-vous, j’ai bien réfléchi à ce qui s’est passé hier. Vous comprendrez que la perte de ma broche me cause une peine infinie. – Je comprends, Madame, outre sa valeur sentimentale, les rubis en étaient de toute beauté. – Ah ! Je vois que vous l’avez bien détaillée ! – Madame la porte souvent. – Bref, je pense qu’il est inutile qu’Hector et vous poursuiviez votre enquête. La gouvernante ne lui dit pas qu’ils n’avaient même pas envisagé de la commencer, ceci leur paraissant hors de propos. Elle attendait patiemment la suite, persuadée que la patronne allait lui annoncer qu’elle avait finalement retrouvé le bijou. Mais alors, pourquoi cet air mauvais ? – En effet, poursuivit Armance, je connais avec certitude le nom de celui qui m’a volée et croyez bien que j’en suis atterrée. – S’il s’agit d’un membre du personnel, vous m’en voyez très surprise, et navrée, dit Léontine, qui afficha sa déception. – Oui, c’est bien un employé, et pas n’importe lequel… L’œil bleu d’Armance devenait plus perçant. – Après réflexion, il est plus que probable que votre fils, André, est le seul à avoir pu dérober ma broche. Aucun son ne parvint à sortir de la bouche de la gouvernante. Elle voulait protester, s’indigner, mais restait là, cramponnée au dos du fauteuil qu’elle avait dû agripper, sous peine de chanceler. – Ne l’avais-je pas envoyé ici changer une ampoule de mon lustre ? poursuivit avec animation Armance. Ne connaît-il pas parfaitement les lieux, pour m’y avoir souvent monté du thé ? J’avoue que ses motivations m’échappent. Peut-être veutil faire un cadeau à sa petite amie ? A-t-il besoin d’argent et souhaite-t-il revendre ma broche ? Peu m’importe. Malgré ma stupé-faction de le savoir responsable d’un tel acte, lui en qui j’avais toute confiance, une chose est claire : il devra avoir quitté les lieux dans les prochains jours. Léontine avait blêmi

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Les Veillées des Chaumières 3683 Un rêve d’ailleurs

Un rêve d’ailleurs

A my n’osait pas regarder Thomas, de peur de trahir ses sentiments. Elle devait être prudente car elle pressentait que les compagnons du jeune homme verraient d’un mauvais œil qu’il connaisse une ennemie. Tout comme les siens la traiteraient en paria. Pourtant, dès qu’il était entré dans la pièce, elle avait su que le destin venait à son aide. L’espoir était revenu alors que, depuis des jours, elle avait sombré dans un désespoir immense, au fur et à mesure que la date de son mariage approchait. Elle observa son fiancé. La colère altérait ses traits et il semblait encore plus vieux. Un rictus cruel déformait sa bouche. Amy était persuadée qu’il rongeait son frein, en imaginant les tortures qu’il ferait endurer à ces hommes, pour leur audace. – Ne craignez rien, ma mie, ses larrons finiront au bout d’un gibet, dit-il en se tournant vers elle . Il fit mine de saisir sa main. Elle s’écarta d’un geste brusque, sans cacher la répulsion qu’il lui inspirait. Ses yeux lancèrent des éclairs. Elle frémit sous ce regard courroucé qui n’augurait pour elle, rien de bon. D’un air de bravade, elle répondit : – Je n’ai pas peur, Monsieur, point besoin de me soutenir. Et ajouta-t-elle, je ne suis pas votre mie ! – Quand ces malandrins seront tous arrêtés et exécutés, et soyez sûre que j’y veillerai, je m’occuperai de vous apprendre comment une fiancée est censée se com-porter avec son promis. Amy détourna la tête sans répondre. Il pouvait toujours se vanter, jamais elle ne serait l’épouse de cet homme. Elle était certaine que l’intrusion de cette bande armée était un don du ciel pour la sauver. Ses pensées furent interrompues par l’un des assaillants qui leur ordonna de se lever et de se regrouper dans la salle de bal. Là, ils séparèrent les hommes et les femmes. Olivier, tel un paon, paradait au milieu des prisonniers. Il remarqua Amy, assise près de sa mère. Il s’approcha, l’œil gourmand. – Tu es un beau brin de fille, toi ! Qui es-tu et quel est ton nom ? Héloïse intervint, car le ton et le regard de l’homme recelaient un danger pour Amy qu’elle comprit immédiatement. – Que vous importe ! Laissez-la tranquille ! Un soufflet lui répondit. Elle recula sous le coup, suffoquée par la violence qui émanait de cet individu. – Maman, s’exclama Amy. – Ainsi tu es sa mère ! Et se tournant vers la jeune fille : – Réponds à mes questions si tu ne veux pas que ta maman subisse ma colère ! – Amy, répondit, d’une voix tremblante la fille du châtelain. Olivier tendit la main vers elle, elle se recula d’un geste brusque. La voix de Thomas claqua comme un fouet. – Laisse

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Les Veillées des Chaumières 3683 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

L’inspecteur du commissariat central qui vient de surgir dans la salle, Peter Van Dell, ne semble pas être le bienvenu. Surtout lorsqu’il explique le motif de sa visite. Il n’y a pas que la sœur d’Amina et son neveu qui ont disparu. Mademoiselle Martek, la couturière, a fermé sa boutique un soir et n’y est jamais revenue. – Elle peut avoir mis la clef sous la porte pour diverses raisons… Peut-être s’est-elle déniché un bon parti ? Tirer l’aiguille toute la journée, ce ne devait pas être drôle ! ironisa Clarence Wright. – Vous arrangez les choses à votre façon, mais moi, je trouve cette histoire assez louche. – Je ne vois pas en quoi le passé ou l’avenir de cette mademoiselle Martek me concerne, Inspecteur. De plus, ce n’est ni le lieu ni le moment de m’en entretenir davantage. Il avait parlé sèchement. Peter Van Dell renchérit : – J’avais espéré que tout ce qui touche de près à Amina Bumby ne vous aurait pas laissé indifférent. N’est-ce pas vous qui l’avez conduite chez les Devon, alors que votre voiture avait manqué la renverser ? – Comment savez-vous cela ? – Elle me l’a dit lors de sa visite au commissariat. Et puis, j’ai vu tout à l’heure que vous vous seriez élancé à sa rencontre si Lady Margaret Devon ne vous en avait empêché. Il est clair que cette jeune fille ne vous est pas destinée… On s’incline devant les moindres caprices de Sa Grâce… – Qu’insinuez-vous ? – Regardez donc ! Depuis qu’elle est entrée dans cette salle, le duc ne l’a pas quittée un seul instant. Ils dansent toujours ! Sur ce, je vous salue bien, Monsieur le baron. Il s’éloigna. Pendant quelques instants, Clarence Wright rumina ses paroles. De cet entretien impromptu, il n’avait retenu qu’une chose : l’intérêt passionné que le duc de Berquerey vouait dès l’abord à Amina. – Ce n’est pas possible ! Une colère froide pénétrait à présent dans les veines du baron. « Ne sait-il pas que ce n’est qu’une enfant des rues ? Une de celles qui servent un temps de modèle à Kenneth et que l’on renvoie quand elles ont cessé de plaire ? Comment Charles a-t-il pu se laisser prendre à ce piège grossier ? » Amina portait la toilette à ravir ; elle avait de l’allure, beaucoup de grâce, mais… Il lui suffisait d’énumérer ses atouts pour sentir une violente

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Les Veillées des Chaumières 3683 Petite reine et péché capital

Petite reine et péché capital

Tout le poste de police leva son verre. – Il ne nous reste plus à présent qu’à souhaiter une longue et paisible retraite au gardien de la paix Lethuiller ! Maurice Lethuiller souriait. Sa retraite serait sûrement aussi calme que l’avait été sa rectiligne carrière… Il avait, pendant quarante ans, réglé la circulation au même croisement de deux rues d’un quartier populaire de Paris. Il connaissait par leur nom, ou même leur prénom, tous les habitants et commerçants du secteur. Il échangeait chaque jour quelques mots avec eux. Le plus problématique de son travail était la sortie de la petite école communale, à dix-sept heures. Là, il fallait vraiment faire attention à tous ces petits fauves soudainement rendus à la liberté. Maurice devait alors parfois faire usage de son sifflet, qui le plus souvent restait au fond de sa poche. C’était son seul fait d’armes. Il suivait avec intérêt les grandes enquêtes policières de la brigade criminelle du prestigieux quai des Orfèvres, mais pour rien au monde n’aurait aimé être à la place de ces valeureux commissaires ou inspecteurs qui faisaient parfois la une des journaux pour avoir arrêté tel ou tel dangereux criminel. Non, sa vie lui convenait ainsi. On ne pouvait pas dire qu’il avait été dévoré par l’ambition… – Alors, Lethuiller, heureux ? Trois de ses collègues l’entouraient à pré-sent. – Tu as vu ? On s’est pas moqué de toi ! dit l’un d’eux en désignant un coin de la pièce. – Ah ça non, les gars, pour sûr… Voilà que ces fichues larmes lui remontaient aux yeux, comme tout à l’heure, quand le chef de poste avait solennellement enlevé la grande bâche dissimulant le cadeau. Tout le monde s’était cotisé. Un vélo. Et pas n’importe lequel. Celui que Maurice rêvait de s’offrir depuis des années, mais dont le prix l’avait toujours fait renoncer. Les traites de la petite maison qu’il s’était achetée en Bourgogne pour y passer ses vieux jours ponctionnaient, en effet, une bonne partie

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Les Veillées des Chaumières 3683 Petits grains, grands plaisirs Le raisin fait son numéro

Petits grains, grands plaisirs Le raisin fait son numéro

Salade vigneronne à la betteravepour 4 personnes – préparation : 20 min – cuisson : 7 min Ingrédients : 20 grains de raisin noir • 500 g de betteraves cuites • 100 g de lardons • 2 c. à café de moutarde • 100 g de gruyère • 2 poignées de cerneaux de noix • 4 c. à soupe de vinaigre • 6 c. à soupe d’huile • persil • poivre • sel. Réalisation – Faites revenir les lardons dans une poêle, réservez-les sur du papier absorbant et laissez-les refroidir. – Préparez la vinaigrette en mélangeant dans un bol la

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