Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3684 du 30 septembre 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3684 du 30/09/2026

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Les Veillées des Chaumières 3684 L’histoire d’une lettre

L’histoire d’une lettre

Seule Madame Armance semblait toujours aussi préoccupée. Elle devait faire face aux demandes incessantes de son fils, qui la pressait de se rendre au chevet de son mari, apparemment mourant. Certes, il n’avait jamais pressenti une folle passion entre ses parents, mais leur entente avait été assez bonne pour qu’elle lui rende une ultime visite, tout de même ! Grâce à lui, à son travail acharné pour lancer l’hôtel, elle avait eu une vie dorée, faite de plaisirs et de luxe, même si elle avait pris sa part du labeur, au point, ces dernières années, de le supplanter plus ou moins. La patronne s’inquiétait aussi de l’attitude de Roselyne, s’étonnait qu’elle n’ait pas encore surenchéri sur ses demandes, exigé davantage en échange de son silence. Enquêter sur le lieu exact où se trouvait la lettre lui semblait peine perdue. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Comme pour la narguer en secret, Roselyne s’amusait, quand elle était en sa présence, à agiter doucement le bas de sa robe… La perverse jeune fille tentait aussi d’asticoter Léontine, mais la tâche s’avérait plus compliquée. La gouvernante l’avait à l’œil, ne lui lâchait jamais la bride sur le cou, guettait la moindre défaillance, tout en sachant qu’elle ne devait pas attaquer de front la nouvelle gouvernante d’étage, qui irait sûrement s’en plaindre à Madame Armance, en qui elle devinait une protec-trice occulte. Une dure journée venait de se terminer. Des maçons étaient venus rénover le dallage du hall et cela avait bousculé le déroulement habituel des activités. Hector et Léontine se plurent, une tasse de tisane à la main, à rester bavarder un peu au coin de la cheminée de la cuisine, dont, après y avoir fait rôtir les viandes, on laissait mourir le feu. – Vous faites preuve d’une réelle subtilité, ma chère, dit le majordome. Parvenir ainsi à jongler entre le trop et le trop peu dans vos relations avec Roselyne ! – Ne m’en parlez pas… C’est épuisant. Je me console en me disant que cette coureuse semble avoir définitivement lâché André. Sa relation avec Julie ne semble même pas l’atteindre. – C’est vrai qu’ils sont mignons, nos deux tourtereaux ! dit le majordome. C’est beau, l’amour… ajouta-t-il comme à regret, en laissant échapper un long et discret regard vers Léontine. Ils vont vous donner de beaux petits-enfants, soyez-en assurée ! Léontine le regarda d’un air malicieux. – Oh ! se récria Hector, je ne veux pas dire par là que vous avez l’air d’une grand-mère, loin de là ! Mais le cours des choses voudrait que… enfin, il serait naturel que… – J’ai compris, Hector, le coupa Léontine. Moi, je veux juste les voir heureux. Mais je ne m’en irai pas tant que cette Roselyne de malheur sera dans les parages, à crier sur les filles qu’elle dirige ! – Comment ça, vous en aller ? s’alarma Hector. – Oui… dit doucement Léontine. Vous pensez bien que je vous en aurais parlé un jour ou l’autre, mais puisque l’occasion se présente… Le majordome, stupéfait et inquiet, était suspendu à ses lèvres. – Les récents événements concernant André, l’attitude incompréhensible de Madame Armance, tout cela commence à me persuader que je dois quitter cette maison, dit tristement Léontine. Je n’ai plus le même plaisir qu’avant à y travailler. Dieu sait pourtant si cet hôtel représentait toute ma vie… Sa voix s’étranglait. Hector lui saisit la main. – Eh bien, sachez que… que moi aussi, je… Votre

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Les Veillées des Chaumières 3684 Un rêve d’ailleurs

Un rêve d’ailleurs

Enfant, Amy, satisfaite d’échapper à sa mère qui exigeait qu’elle apprenne la broderie, avait adoré explorer le château. – Eh bien, nous louons votre amour de la lecture et la courageuse petite fille que vous étiez, Mademoiselle, s’exclama Joseph. Sans vous, nous serions morts à l’heure actuelle. Vous avez notre reconnaissance éternelle. Amy hocha la tête. Elle pensa à ses parents qu’elle décevait. Mais elle avait toujours eu le sentiment de ne pas être celle qu’ils attendaient. Ils ne lui avaient jamais prodigué la moindre tendresse, elle qui avait toujours eu soif d’attentions. Sa naissance avait déçu son père qui rêvait d’un garçon. Quant à sa mère, elle n’avait guère la fibre maternelle. Elle s’était contentée de lui inculquer les manières qui conviennent à une jeune demoiselle de son rang. Mais les câlins, consoler les chagrins d’une petite fille avide d’amour, Héloïse n’avait jamais su le faire. Ce n’était pas dans son tempérament. Partir sans aucun regret, serait un mensonge. Amy, malgré la froideur de son édu-cation, ressentait une certaine tendresse pour ses parents. Mais le mariage arrangé, sans qu’elle ait son mot à dire, avec le sieur de Lavun, avait été perçu par la jeune fille, comme une preuve de désamour de la part de son père et sa mère. Ils étaient restés sourds à son dégoût d’épouser un vieillard tel que leur voisin. De plus, elle aspirait à une vie différente de sa mère. Elle refusait un avenir tout tracé avec un homme qu’elle n’aimerait jamais et qui lui ferait une existence misérable, car elle avait vite distingué le caractère mauvais de l’homme à qui son père la destinait. Elle oublia ses pensées moroses lorsque Thomas lui saisit la main pour l’entraîner. Son corps fut parcouru par un frémissement qu’elle mit sur le compte de la nervosité. Elle partait, elle ne reviendrait plus. Elle quittait tout ce qui représentait, il y avait quelques heures encore, son enfance et la sécurité, son univers. Elle plongeait dans l’inconnu avec un homme qu’elle ne connaissait guère mais qui l’attirait irrésistiblement et dont son instinct lui dictait que, jamais, il ne lui ferait le moindre mal. Le jour se levait. Ils étaient affamés et fatigués, mais ils ne firent pas de pause, désireux de mettre le plus de distance entre eux et les soldats. Amy n’ignorait pas que, lorsque son père s’apercevrait de sa disparition, il lancerait les troupes royales à leurs trousses. – Vous êtes bien songeuse, Amy ! Elle rosit de l’entendre prononcer son prénom. Elle aimait la façon, la douceur avec laquelle il le prononçait. – Je pense à mes parents. – Vous regrettez d’être là avec nous et d’être devenue une fugitive ? – Non, je ferais le même choix si c’était à refaire. Mais mon père n’aura de cesse de

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Les Veillées des Chaumières 3684 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

Kenneth redoutait par-dessus tout que Charles ne demande Amina en mariage, car, alors, elle serait perdue pour lui… Pas un instant il n’imagina qu’elle pourrait le rejeter. Il ne connaissait pas une femme dans son entourage ou ailleurs qui ne se déclarerait flattée de devenir duchesse. C’était évidemment inespéré pour une petite sans famille qui, quelques mois auparavant, était ignorante des choses de la vie, et que Margaret avait tenté de dresser à la manière d’un chien savant. À la façon dont elle avait réagi face à ses professeurs, on pouvait juger de son intelligence. Pas une fois depuis que Charles la conduisait dans le monde, Amina n’avait été prise en défaut. À une question qu’on lui posait perfidement et à laquelle elle ne savait répondre, elle se contentait de poser une autre question, ce qui déstabilisait son interlocuteur. Kenneth se leva, alla dans le petit salon attenant, se remémora le souper qu’il avait organisé pour elle et au cours duquel il pensait bien la séduire. Elle était là devant lui, plus ravissante que jamais, il n’avait qu’à tendre le bras pour la saisir et il s’était contenté de lui voler un baiser ! Mais il ne regrettait rien. Il n’aurait pu supporter de la déflorer. Sur la desserte, il avisa de nombreuses liqueurs dont il aurait fait ses délices quelque temps plus tôt. Un verre en entraînait un autre… La façon dont il se comportait ensuite ne plaidait guère en sa faveur. Kenneth finissait par n’avoir pour sa personne qu’un profond mépris. Écœuré, il décida de ne plus boire une seule goutte d’alcool. Pendant que le peintre reprenait sa vie en main, Peter Van Dell, quant à lui, multipliait les haltes qu’il faisait dans les pubs les plus hétéroclites de la capitale, dans le seul but de glaner des renseignements. Ce n’était que par ce biais qu’il comptait élucider les quatre meurtres sur lesquels ses collègues s’étaient cassé les dents. « On ne m’enlèvera pas de l’idée que toutes ces affaires sont liées, marmonnaitil. Elles ont un dénominateur commun. Je me demande jusqu’où je vais pouvoir remonter… » Il y avait quelque chose qui, depuis le début, le tracassait. L’assassin agissait toujours de nuit, mais il laissait facilement un an s’écouler entre deux crimes. Était-ce uniquement par souci de se faire oublier pour pouvoir frapper de nouveau au moment où l’on s’y attendrait le moins ? Ou pouvait-on imaginer qu’en fait, il n’habitait pas Londres et qu’il n’y venait que pour une occasion

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Les Veillées des Chaumières 3684 Un secret bien caché

Un secret bien caché

Comme chaque soir, le père et la fille se tenaient dans le salon, au coin du feu, une tasse d’infusion à la main. Adolphe la regardait tendrement. Il la chérissait d’autant plus que sa femme était morte dix ans auparavant. Mathilde, bien qu’elle ne fût alors âgée que de quinze ans, avait alors admirablement remplacé sa mère dans les soins du ménage. Le logis était aussi bien tenu qu’auparavant. Adolphe était un gros fermier de la Sarthe. Toutefois, quand on entrait dans la maison, on se serait cru dans une demeure bourgeoise. Sol brillant, jolis bibelots, beaux meubles et napperons immaculés. Adolphe pouvait vaquer tranquillement à son activité. Il était sûr de trouver à son retour le couvert mis et sa ravissante fille qui l’attendait. De plus, elle savait s’y prendre avec les métayers ou les fermiers des alentours, désamorçait, d’un sourire, les conflits naissants. – Êtes-vous content de vos moissons, père ? demanda Mathilde. – Hé ! Hé ! Plutôt, oui… Adolphe se frottait les mains : il était habile en affaires. Cette année encore, de confor-tables rentrées d’argent se profilaient à l’horizon. – Mais la même chose me tracasse toujours, tourne en boucle dans ma pauvre caboche, ajouta-t-il en bourrant sa pipe. – Je sais, père… Je croyais que nous n’en parlerions plus, dit Mathilde d’un ton de reproche. – Oui, mais tu viens de fêter tes vingt-cinq ans et… – Eh bien, je me suis résignée à être considérée comme une vieille fille ! En ce début du vingtième siècle, c’était en effet le triste sort qu’on prédisait aux jeunes filles qui avaient dépassé cet âge vénérable. – Pourtant, tu disais toujours que tu aimerais avoir des enfants, reprit le père. Et cela me semble difficile sans prendre époux. Oui, elle enviait ses amies mariées qu’elle voyait avec fierté promener leurs petits… – C’est ainsi… soupira-t-elle. On n’est pas bien, là, tous les deux ? Qui s’occuperait de vous si j’étais mariée ? Le père baissa les yeux. Pour sûr, ce serait un coup dur. Il se força à sourire. – Je me débrouillerais… Et puis, tu viendrais voir ton vieux père avec ton mari et ta ribambelle

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Les Veillées des Chaumières 3684 Valérie, Lucien, Hector et les autres…

Valérie, Lucien, Hector et les autres…

Valérie tournait en rond depuis qu’elle avait passé la porte de son appartement. Elle n’était pas d’un naturel inquiet, mais le silence qui régnait chez son voisin commençait à la tourmenter. Preuve de son trouble : son sac de voyage reposait encore dans l’entrée, là où elle l’avait posé en arrivant, en début d’après-midi. Elle tendit l’oreille : toujours ce silence. Elle se laissa tomber dans le fauteuil pour réfléchir. De là, elle avait vue sur le square d’en face, planté de chênes, où couraient les enfants du quartier. Des massifs fleuris toute l’année lui donnaient un air de prin-temps permanent. Le spectacle l’apaisa un peu. Elle reprit, la tête plus froide, l’examen des faits qui la perturbaient depuis des heures. Elle revenait d’une semaine à Paris pour son travail, et avait retrouvé avec plaisir l’appartement où elle vivait depuis quelques années, dans cette résidence de banlieue lyonnaise où elle s’était vite fait sa place. Les réunions annuelles du syndic lui avaient permis de connaître les autres propriétaires, et elle avait appris au passage que certains logements étaient loués – celui de Lucien, son voisin de palier, entre autres. Les cloisons de l’immeuble, construit dans les années cinquante, lu n’avaient rien d’insonorisé. Assise sur son canapé, Valérie entendait les cavalcades des enfants Régnier au-dessus de sa tête. De chez Lucien lui parvenaient des bruits plus discrets : le ronflement régulier de la télé-vision, le raclement d’une chaise sur le carrelage de la cuisine. Au fil des mois, son oreille s’était faite à cette musique de l’immeuble : une porte qui claque au troisième, des pas dans l’escalier, un évier qui tousse au premier. Le soir, en rentrant du centre-ville, elle guettait les triolets du saxo de Rémy au rez-dechaussée et les gammes de la prof de

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Les Veillées des Chaumières 3684 Plaisirs iodés

Plaisirs iodés

Aumônières aux noix de saint-jacquespour 4 personnes – préparation : 30 min – cuisson : 45 min Ingrédients : 8 belles noix de saint-jacques • 200 g crevettes roses • 4 poireaux • 70 g de beurre • 3 c. à soupe de crème semi-épaisse • 1 filet d’huile de tournesol • 4 feuilles rondes de pâte filo• poivre • sel. Réalisation – Nettoyez soigneusement les poireaux. Coupez-les finement puis séchez-les. – Dans une casserole, faites fondre 30 g de beurre avant d’y déposer les poireaux. Laissez cuire à feu modéré durant 20 min, en remuant souvent. – Ajoutez dans la casserole la crème ainsi que les crevettes décortiquées et coupées en deux. Mélangez et assaisonnez à votre convenance. Réservez cette fondue de poireaux. –

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