Nous Deux - Le numéro 4119 du 8 juin 2026

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La Une de Nous Deux n°4119 du 08/06/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4119 Le parfum de l'endormie

Le parfum de l'endormie

Clément se réveilla en sursaut dans la moiteur matinale de ce mois de juin caniculaire lorsque sa fille, Valentine, frappa à la porte de sa chambre et entra en trombe. - Papa, je vais être en retard, t'as pas entendu ton alarme ? Clément attrapa son téléphone sur la table de nuit. Il était 7 h 30, il aurait dû être debout depuis trente minutes. - Je suis désolé, ma chérie, je me suis couché tard et… Valentine leva le menton pour humer l'air, suspicieuse. - Elle peut sortir, tu sais, je ne serai pas choquée si elle n'est pas toute nue. Clément s'assit dans le lit, dubitatif. Il passa la main dans ses cheveux bruns un peu trop longs au goût de sa fille. - Mais de qui tu parles ? - C'est bon, papa, j'ai 16 ans, maman aussi a des aventures ! Je te l'ai déjà dit, vous êtes divorcés, vous faites ce que vous voulez. Ça empeste le parfum ici et ton lit est sens dessus dessous. Valentine s'agenouilla pour regarder sous le lit, puis elle tira le rideau du dressing. - Ah, d'accord, elle est déjà partie. Tu l'as fait passer par la fenêtre ? - Je ne sais pas de quoi tu parles, Valentine, je ne comprends rien à ce que tu racontes. Je suis seul ici, personne n'est sorti par la fenêtre. J'aimerais bien que tu me laisses m'habiller pour que j'aie le temps d'avaler mon café avant de te conduire au lycée. Valentine pouffa, moqueuse et, juste avant de refermer la porte derrière elle, se pencha dans l'entrebâillement. - Demande-lui la marque de son parfum quand tu la reverras, je l'adore. Si tu la revois, bien sûr, parce qu'à sa place, je n'aurais pas envie de revoir un mec qui m'a éjectée par la fenêtre pour ne pas me présenter à sa fille. Elle riait encore lorsqu'elle referma la porte, laissant son père perplexe, les yeux hagards et les lèvres entrouvertes. Il le sentait le parfum, lui aussi, un mélange de rose sauvage et de senteurs boisées, frais, doux, naturel. - Le même parfum que dans mon rêve ! chuchota-t-il.

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Nous Deux 4119 Une nouvelle vie

Une nouvelle vie

L'assemblée, autour d'un énorme gâteau supportant une bougie avec le chiffre 40, chantait : - Joyeux anniversaire… joyeux anniversaire, Stéphanie ! Déjà quarante années passées et l'impression de n'avoir rien fait m'envahissait. Voilà dans quel état d'esprit je me trouvais en ce dimanche alors que toute ma petite famille m'entourait. - À tes 40 ans… Dis-moi ce qui nous vaut cet air triste, me lança mon mari. - Une prise de conscience… - Laquelle, l'envol de tes 20 ans ? continua Jonathan en m'enlaçant. Il caressa mes cheveux avant de déposer un tendre baiser sur mon front. - J'ai aimé tes 20 ans mais j'aime encore plus tes 40 ans… Tu es magnifique mon amour, je bénis le jour où je t'ai rencontrée. - Vraiment ? Pourtant notre histoire avait mal commencé, je t'avais classé dans la catégorie des coureurs de jupons à éviter ! Des prédateurs qui collectionnaient les aventures, mais j'ai tout de même voulu voir par moi-même sans écouter les commérages de nos amis et franchement je ne regrette rien, tu es et tu resteras l'unique homme de ma vie. David, 22 ans, et Margot, 18 ans, nos deux enfants, s'approchèrent. David dévorait à pleines dents une part de tarte, rien dans son apparence physique ne trahissait son appétit d'ogre, il avait un corps de mannequin. Margot, elle, avait atteint l'âge où l'on soigne ses tenues vestimentaires et son maquillage en suivant les conseils diffusés sur Internet, les fameux tutos. Elle ne quittait jamais son téléphone portable, ce qui avait le don d'énerver son père surtout pendant les repas. Mes parents restaient un peu à l'écart, ils savouraient, me semble-t-il, la vue de notre tableau familial. Ma mère disait toujours que nous avions construit une forteresse où il n'était pas aisé de pénétrer. Depuis l'épidémie de Covid-19, c'était notre première fête ensemble. Autant dire qu'elle avait une saveur particulière, celle de la presque liberté. Nous avions tous souffert de cette vie mise entre parenthèses et de cette communication seulement virtuelle, nous qui étions tellement tactiles. Nous étions tous vaccinés et avions un peu mis de côté les gestes

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Nous Deux 4119 Celui que j'attendais

Celui que j'attendais

Au retour d'un séjour dans le Midi, Agathe m'a envoyé ce SMS mystérieux : Elsa, je l'ai rencontré. Je te raconterai. RDV chez moi 15 heures. « Je l'ai rencontré » ? S'agirait-il de l'homme de sa vie ? À 25 ans, elle est encore seule, comme moi ! Piquée par la curiosité, je me suis dépêchée de sauter dans le RER pour la rejoindre. J'ai gardé ce réflexe de gamine : obéir au moindre signe de ma meilleure amie ! Nous étions au collège, puis au lycée ensemble. J'étais super flattée que l'élégante Agathe Dumont m'ait choisie pour copine, moi, Elsa Pérez, la fille des gardiens de son immeuble du 16e arrondissement, à Paris. Ébahie d'admiration, je la suivais comme son ombre, sans trop oser me faire remarquer. D'ailleurs, ai-je de quoi être remarquée ? Je me pose la question pour la énième fois en observant mon reflet dans la vitre de la portière. J'y vois un visage pensif, aux immenses yeux noirs, aux cheveux tirés. Dans la foule, je passe inaperçue, pas comme Agathe, tellement blonde et solaire… Même quand mes parents ont trouvé un poste plus lucratif dans un établissement scolaire de banlieue, nous sommes toutes les deux restées aussi liées qu'à 12 ans. Pour moi, l'amitié est un sentiment très précieux. Il faut dire qu'il n'a pas encore été supplanté par un autre, encore plus précieux, l'amour. Mes études de pharmacie, puis mes remplacements dans des officines ici et là, ne m'ont pas laissé le temps de tomber amoureuse - d'autant que j'habite encore chez mes parents. Et je me demande si, un jour, je pourrai aimer, aimer follement, aimer comme j'en rêve… Agathe, elle, a beaucoup papillonné entre deux petits boulots de mannequin. Quand on n'a pas à gagner sa vie, c'est plus facile, pas vrai ? Quand elle m'ouvre, je remarque ses yeux brillants et ses joues roses. Elle a encore embelli. Je me sens d'autant plus terne. - Tu as bonne mine,

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Nous Deux 4119 Au gré du Poniente

Au gré du Poniente

Claire posa la joue contre le hublot. Sous ses yeux, la côte andalouse se découpait dans la lumière blanche de midi, traversée par de longues vagues pressées d'atteindre la plage. Celle de Cadix, emprisonnée de tous côtés par l'océan. Dans son sac, son carnet. Dans sa tête, Hélias, qui l'avait plantée à deux jours du départ. « Une urgence impossible à repousser », avait-il écrit. C'était noble, professionnel… mais fuyant. Elle le connaissait : il y avait eu un recul, une peur, un mensonge poli. Alors elle était partie seule, fière. Quitte à être abandonnée sur le tarmac, autant le choisir ensoleillé. Journaliste free-lance, elle devait, à l'origine, écrire un reportage en agréable compagnie. Celle d'un homme avec qui elle pensait pouvoir bâtir des projets, de vacances comme de vie. Elle écrirait seule, tant pis. Ce n'était pas la première fois - mais la première que cela piquait autant. À la sortie de l'aéroport de Jerez, elle attrapa un train jusqu'à Cadix, puis un taxi vers l'hôtel, petit établissement aux volets turquoise. Chaque détail semblait respirer la lumière et la simplicité : le patio ombragé, les carreaux de faïence colorés, le murmure d'une fontaine. Elle s'installa sur le balcon, observant les toits qui se pliaient sous le soleil. Un frisson de liberté la parcourut, léger et doux. Ici, rien ne pressait. Ici, tout pouvait commencer. Elle sortit. L'air portait cette odeur mêlée de sel et de friture qui, ailleurs, l'aurait rebutée, mais qui dans cette ville paraissait faire partie du contrat. Le Poniente balayait la promenade, fouettant les parasols et les jupes avec la même impartialité. Claire marcha sans but, laissant le vent d'ouest décider pour elle. Chaque coin réservait une surprise : une place miniature et son vieux chêne, un parfum de pain chaud s'échappant d'une boulangerie, le clapotis de l'eau le long du port. Elle s'arrêta sur une petite place où un trio musical accompagnait quelques passants d'un air mélancolique, et sentit son

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Nous Deux 4119 Le gentilhomme du Louvre

Le gentilhomme du Louvre

L'air était doux ce matin-là, chargé des promesses du printemps. Sophie aimait cette période de l'année, où Paris semblait s'éveiller après des mois de grisaille et un froid mordant. C'était une renaissance. Le ciel était clair, la lumière dorée se reflétait sur la Seine, et les rues vibraient d'une énergie particulière. Les gens semblaient revivre, les manteaux disparaissaient peu à peu et laissaient la place à des vêtements plus fluides dans lesquels les corps bougeaient mieux. Elle venait de terminer une visite guidée au cœur du Marais avec un groupe de touristes italiens. Satisfaite mais épuisée, elle décida de s'accorder une récompense : une visite au Louvre, son sanctuaire personnel. Pour Sophie, ces couloirs remplis de chefs-d'œuvre n'étaient pas qu'un lieu de travail ; ils représentaient une échappatoire, une promesse d'évasion dans un monde plus vaste, plus mystérieux. Elle se dirigea machinalement vers l'aile Richelieu. Ce jour-là, elle n'avait pas d'objectif précis, si ce n'était de se laisser guider par ses envies. En longeant les galeries, ses pas résonnaient doucement sur le parquet ciré. Elle appréciait la fraîcheur des lieux, le silence entrecoupé de murmures, et la proximité des œuvres qui semblaient contenir des fragments d'éternité. C'est alors qu'elle le vit. Le tableau était modeste, accroché parmi d'autres dans une salle peu fréquentée. Pourtant, quelque chose attira immédiatement son regard. Elle s'arrêta net, le souffle coupé. L'homme du portrait semblait la fixer. Il était représenté à mi-corps, vêtu d'un habit d'un bleu profond, richement brodé d'or. Une chemise blanche aux volants délicats encadrait son cou, ajoutant une touche de douceur à son allure noble. Mais ce qui la troubla le plus, c'étaient ses yeux : d'un gris clair, presque translucides, ils semblaient l'interroger, la sonder. Un frisson parcourut Sophie. Elle s'approcha lentement, incapable de détourner le regard. Plus elle observait, plus elle avait l'impression qu'un lien invisible se tissait

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Nous Deux 4119 Je prends soin de mon périnée !

Je prends soin de mon périnée !

Discret mais indispensable, le périnée est un ensemble de muscles situé à la base du bassin. Il soutient la vessie, l'utérus et le rectum, tout en jouant un rôle clé dans la continence et la qualité de la vie intime. Pourtant, on y pense rarement, jusqu'à ce que des désagréments apparaissent. Avec l'âge, certaines habitudes de vie ou événements peuvent en effet le fragiliser. Bonne nouvelle : quelques gestes simples permettent de le préserver durablement. C'est quoi, le périnée ? Le périnée forme une sorte de hamac musculaire qui s'étend du pubis au coccyx. Il soutient les organes du petit bassin et participe au bon fonctionnement des sphincters, permettant de contrôler les envies d'uriner ou d'aller à la selle. Il

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