Nous Deux - Le numéro 4121 du 22 juin 2026

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La Une de Nous Deux n°4121 du 22/06/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4121 Le pouvoir de la Garonne

Le pouvoir de la Garonne

Ma mère m'a dit : « Laurène, je te parie que dans deux jours, tu seras revenue. Tu ne tiendras pas longtemps dans cette cabane sans confort. Il n'y aura sûrement même pas de réseau. Quelle idée saugrenue ! » Tu vois, maman, ça fait déjà trois jours et je suis encore là. Mieux que cela, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Tu avais raison, trouver du réseau est un exploit. Mais je vis, je respire. Je devais partir et je ne l'ai pas fait sur un coup de tête. Enfin, pas tout à fait. J'ignorais que j'en avais tellement besoin. Besoin de me couper du monde, de me déconnecter des réseaux, de disparaître aux yeux de tous ces gens trop pressés, trop indifférents. Je n'en pouvais plus de respirer le bitume, les pots d'échappement. Je ne supportais plus les klaxons, les cris, tous les bruits de la ville. Mes nuits étaient devenues trop longues, pas assez noires pour que je puisse fermer l'œil. J'aurais pu expliquer tout ça à ma mère, mais elle ne l'aurait pas compris. Elle ne sait même pas que j'étais enceinte et que j'ai choisi d'avorter plutôt que de mettre au monde un enfant qui ne connaîtrait jamais son père. Elle n'aurait pas compris que je sois incapable de dire de quel homme était cet enfant. Je n'allais pas très bien après ma rupture et il m'est arrivé deux ou trois fois de m'éveiller dans une chambre d'hôtel, entre les bras d'un parfait inconnu. Je ne sais pas comment ça a pu arriver, j'ai certainement oublié de prendre ma contraception. Le pire de tout, c'est que j'ai longtemps voulu un enfant et que ça n'a jamais marché avec Sébastien. Il faut croire que je ne suis pas faite pour être mère. Je suis inconstante, ma mère le sait. Je n'ai jamais su garder un homme dans ma vie. Sébastien est celui avec lequel je suis restée le plus longtemps. Deux ans, dont une année de vie commune. C'était la première fois que je me mettais en couple avec quelqu'un et au début, j'ai aimé ça. Mais ça n'a pas duré. Sébastien n'y est pour rien, tout est ma faute. Un jour, je n'ai plus supporté cette promiscuité, les contraintes de la vie de couple, les concessions. Les

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Nous Deux 4121 On ne choisit pas sa famille

On ne choisit pas sa famille

A sa descente du train, la chaleur du Gers en juin cueillit Nina par surprise. Elle en regretta presque son idée de venir passer dix jours chez « le nouveau mec » de sa mère, afin de se remettre de sa rupture et de travailler son mémoire de psycho. En réalité, elle fuyait Paris, son ex, et la sensation de ne plus maîtriser sa vie. Élodie l'attendait sur le quai, ravie. À 50 ans passés, sa mère rayonnait d'un bonheur nouveau qui valait un lifting. Elle avait parlé d'un certain Marc, Parisien aussi, « un type bien », rencontré sans doute sur une appli - Nina n'avait pas posé de questions. Elle pensait trouver un homme discret dans sa petite maison de campagne rafistolée. Elle découvrit un pavillon lumineux, un jardin entretenu, et un homme finalement sympa, qui plus est, beau gosse. Marc apparut, nerveux, tenant un plateau de citronnade comme s'il tenait à faire bonne impression. - Bienvenue à la maison, Nina ! Elle répondit poliment, découvrant les lieux, bien rangés, trop harmonieux pour être honnêtes. Sa mère précisa, en versant les verres : - Et tu rencontreras bientôt Mathis, son fils. Je t'en ai parlé. Il passe souvent quelques jours ici. Nina hocha la tête, sans y prêter plus d'intérêt que cela. Le lendemain matin, après une nuit sans bruits de la rue, elle descendit à la cuisine, les cheveux en vrac, en quête du café. Elle s'arrêta net devant un jeune homme, torse nu, en short, tasse à la main. Il se dessina un sourire lent, amusé : - Salut ! Elle le reconnut aussitôt. Mathis. Le type de la soirée, trois ans plus tôt. Celui qui l'avait collée un long moment, sûr de son charme, et qu'elle avait sèchement envoyé promener. Elle sentit ses joues chauffer. - On se connaît, non ? - Je pensais bien t'avoir reconnue sur l'Insta de ta mère. Du coup, on est quasi de la même famille maintenant… Il sourit, tranquille. Elle voulut répliquer un truc spirituel, mais rien ne vint. Paris était

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Nous Deux 4121 Du remords à l'amour

Du remords à l'amour

Maximilien restait là, sidéré, tétanisé. Sa volonté lui ordonnait de bondir, de crier, mais ses jambes n'obéissaient pas et aucun son ne sortait de sa gorge. Accroupi dans l'ombre derrière la portière ouverte de sa voiture, il voyait là, à quelques mètres de lui, de l'autre côté de l'étroite rue, la jeune femme qu'il venait de voir passer sur le trottoir, sa longue et lisse chevelure brune brillant furtivement dans la clarté d'un réverbère, se faire agresser par un individu surgi de nulle part. Ce dernier l'avait d'abord abordée, puis il lui avait dit quelques mots que la fille n'avait pas écoutés. Ensuite, accélérant l'allure, elle avait poursuivi son chemin. L'homme l'avait alors rattrapée, projetée à terre et rouée de coups. Combien de temps cela avait-il duré ? Maximilien n'aurait su le dire, assez pour que la victime, roulée en boule, ne se défende plus. Son portable était pourtant dans sa poche et il aurait pu discrètement appeler les secours, mais là encore, quelque chose avait figé sa main. Des pas rapides s'étaient ensuite fait entendre dans la nuit et un jeune couple s'était précipité vers la jeune femme, mettant son agresseur en fuite, le sac à main de la victime à son bras. C'est ce moment-là que Maximilien avait choisi pour remonter dans sa voiture et démarrer. Cinq minutes plus, tard, il croisait une voiture de pompiers. Il n'était toujours pas remis de sa frayeur et surtout de sa honte, quand il franchit un peu plus tard la porte de l'hôtel dont il était propriétaire. Romain, son associé, était à la réception, attendant pour fermer qu'un client attardé au bar regagne sa chambre. - Tu en fais une tête ! Tu es pâle comme la mort ! Il t'est arrivé quelque chose ? lança-t-il à Maximilien quand celui-ci jeta précipitamment ses clés de voiture sur le comptoir. - Oui… Enfin non. J'ai dû faire une embardée sur la route à cause d'un imbécile qui arrivait en face en pleins phares. - Ah ! Et tu as pu

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Nous Deux 4121 Dangereuses confidences

Dangereuses confidences

Hanna la vit arriver, son casque à la main. - Alors, ça y est, demanda Camille tout essoufflée, avec un sourire gourmand, c'est fait ? Vous avez emménagé, avec Romain ? Des gouttes de sueur ruisselaient sur son front, au milieu de mèches blondes en bataille. - Eh oui, répondit sobrement Hanna, en touchant nerveusement ses lunettes de soleil dans ses cheveux. Ça fait trois mois maintenant. Elle eut un petit geste et faillit renverser son diabolo. - Elle fait sa timide ! s'exclama Camille. Tu es contente, non ? Les deux copines s'étaient donné rendez-vous à la terrasse du café de la Paix à 17 heures. Camille, professeure de yoga et de Pilates, avait enfourché son vélo au dernier moment, en retard comme d'habitude. Hanna, qui était venue de chez elle à pied, était arrivée à l'heure et l'avait attendue en relisant anxieusement des messages sur son téléphone. Les deux trentenaires se connaissaient depuis environ un an ; des amis communs les avaient présentées. Depuis, elles se voyaient dès que leurs emplois du temps le leur permettaient. Camille, blonde comme les blés, était intrépide, émotive, sans filtre. Elle adorait le woofing, les randonnées, les jeux de raquette, l'escalade, les bains de mer en hiver, tout ce qui lui donnait l'impression de se dépasser. Faire du yoga chaque jour canalisait son énergie. Hanna, la brune, était institutrice. Plus calme, plus ronde ; elle avait moins confiance en elle ; elle adorait les lentes balades en forêt, l'observation des oiseaux, des arbres. Elle esquiva la question. - Tu verrais, répondit-elle en remuant son diabolo menthe avec la paille, l'appartement est génial ! Elle portait une robe à fleurs de printemps qui mettait sa poitrine en valeur. Camille, en tee-shirt Décathlon, plissa ses yeux bleus. - L'appartement ? demanda-t-elle, trop peu matérialiste pour comprendre, avant de reprendre une gorgée de bière. - Oui, l'appartement, répéta Hanna, avec un sourire figé. Il est incroyable… Le salon est immense, hyper

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Nous Deux 4121 Telle une ombre

Telle une ombre

Depuis quelques semaines, j'avais l'étrange sensation d'être suivie. Au début, j'avais cru que mon imagination me jouait des tours, mais j'étais de plus en plus persuadée que quelqu'un surveillait mes faits et gestes. Le matin, quand je me rendais à la banque, la même Ford Fiesta se trouvait dans mon sillage, un homme au volant. Quand je ralentissais, il ralentissait. Je changeai de file, il changeait de file. Il était là telle une ombre. Mais après tout, peut-être habitait-il et travaillait-il dans les mêmes quartiers que moi. Beaucoup de gens occupaient les bureaux de la Défense et vivaient dans les plus proches banlieues. Pour cette raison, je n'avais rien dit à Stéphane, mon fiancé. Il se serait moqué de moi, en ajoutant que je regardais trop de fictions à la télévision. Mais qui était cet homme ? Que me voulait-il ? Un psychopathe qui attendait le meilleur moment pour me faire du mal ? Non, je ne devais pas tomber dans la psychose même si les journalistes nous relataient de plus en plus fréquemment des événements de ce genre. Pour le moment, je n'avais pas d'autres scénarios en tête. Mon angoisse monta d'un cran lorsque je crus le reconnaître dans les rayons du supermarché où je faisais mes courses. Un samedi soir, Stéphane m'avait invitée à dîner dans un restaurant comme il le faisait de temps en temps. Il était vêtu d'un costume gris et arborait le sourire qui m'avait séduite quelques mois auparavant. Beau comme un Dieu grec, cette expression le caractérisait à merveille. Je n'avais d'ailleurs toujours pas compris pourquoi il était tombé amoureux de moi qui n'avais rien d'une top model. Prévenant, galant, intelligent et généreux étaient ses principales qualités, son seul défaut à mes yeux : son impatience. Je savais que ce soir-là encore, il allait me demander de vivre avec lui et moi je n'étais pas

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Nous Deux 4121 Une phobie, ça se soigne !

Une phobie, ça se soigne !

Comprendre la phobie : une alarme qui s'emballeContrairement aux idées reçues, une phobie n'est ni un caprice ni une faiblesse de caractère. C'est une maladie appartenant à la catégorie des troubles anxieux. « La phobie se définit par la peur d'un signal extérieur qui entraîne des comportements d'évitement, explique le Dr Alain Sauteraud. 20 % de la population en souffre, mais seulement 5 % en ressent un handicap ou une limite dans sa vie, donc devient phobique au sens psychiatrique. Sur ces 5 %, une minorité viendra consulter. La phobie est dite spécifique quand la peur est déclenchée par un objet ou une situation précise (araignée, serpent, vue du sang… ), précise-t-il. Quand elle se rapporte à l'espace, on parle d'agoraphobie. Il peut s'agir d'un endroit ouvert (place publique, lieu

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