Nous Deux - Le numéro 4134 du 21 septembre 2026

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La Une de Nous Deux n°4134 du 21/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4134 Une fille dans la nuit

Une fille dans la nuit

[email protected] La vieille dame entra dans la salle d’attente des urgences et, tout sourire, s’assit près de Martin. Il se demanda ce qu’elle faisait là et pourquoi elle n’avait pas choisi une autre chaise. Elle avait pourtant le choix, il ne restait qu’une maman avec son bébé et un homme qui avait la main en sang, comme s’il avait cogné du poing dans un mur de béton. – Vous êtes trempé, mon pauvre garçon, et salement amoché ! Que vous est-il arrivé ? lui demanda la vieille dame. Martin la dévisagea, perplexe. Cette femme respirait la santé, elle était lucide et il l’avait vue marcher jusqu’à la chaise sans difficulté. Elle n’était visiblement pas à sa place dans cet endroit. – Vous me trouvez indiscrète, sans doute. Je suis une incorrigible bavarde ! Mon défunt Marcel ne me contredirait pas s’il le pouvait. Martin hocha la tête ; depuis le temps qu’il attendait, il pouvait accepter un peu de compagnie. – J’ai été agressé par deux types. Ils m’ont tout pris. La vieille dame saisit doucement le menton de Martin entre ses doigts pour inspecter de plus près ses blessures. – Seigneur, ils ne vous ont pas raté. Vous aurez le visage tout bleu demain, il vous faudrait quelques points de suture. Où cela vous est-il arrivé ? Une incorrigible bavarde, certes, mais elle avait une voix si douce. – Pas très loin, il me semble, je ne me souviens plus exactement. – On va bien vous soigner, ne vous inquiétez pas, vous êtes entre de bonnes mains. Qu’est-ce que vous faisiez dans la rue au beau milieu de la nuit ? Bavarde et curieuse, pensa Martin. Une infirmière s’adressa à la vieille dame : – Blanche ! Qu’est-ce que vous faites là ? Vous devriez retourner dans votre chambre. – Je vais bien, Soizic, rassure-toi. Je n’arrivais pas à dormir, il y a trop de bruit et de lumière, alors j’ai décidé de faire un petit tour. Ce jeune homme vient de vivre une terrible mésaventure. – On va

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Nous Deux 4134 La fille de l’archéologue

La fille de l’archéologue

Mai 1880Louis n’avait pas dormi dans le train qui l’emmenait vers Rome, trop excité à la perspective d’enfin découvrir la ville éternelle. Le jeune magistrat occupait tous ses loisirs à étudier l’Antiquité à travers les monuments et les inscriptions ; il était devenu un archéologue réputé mais rêvait de visiter enfin Rome, invité par ses correspondants italiens. Il avait donc pris un congé et un billet pour l’Italie. Au terme de son trajet, il avait vu une aube grise se lever sur la mer Tyrrhénienne et, à présent, l’émotion lui étreignait la poitrine en devinant dans le lointain brumeux les premières coupoles de la ville. La locomotive entra en gare dans un dernier sifflement triomphant ; au bout du quai, un homme lui faisait signe en brandissant frénétiquement sa canne : c’était Rodolfo Lanciani qui venait à sa rencontre en lui ouvrant les bras ; guère plus âgé que Louis, le jeune archéologue était responsable depuis peu des fouilles du Forum. À la sortie de la gare, ils prirent un fiacre qui les conduisit à l’hôtel de la Minerve, à travers les quartiers bouleversés par le nouvel urbanisme. – Caro amico, j’espère que vous apprécierez de loger auprès du Panthéon ! s’écria Lanciani en le déposant devant l’hôtel. Je vous laisse vous reposer et je viendrai vous chercher pour déjeuner. Ensuite, nous irons rejoindre nos amis qui travaillent aux fouilles du Forum. Louis s’empressa, une fois ses bagages défaits, d’aller humer l’air du quartier, un lacis de ruelles qui enserraient le vénérable monument, avant de retrouver Lanciani dans sa maison de l’Aventin. Après le déjeuner, ils se rendirent à pied vers le lieu des fouilles : sur les pentes de la colline du Capitole, on s’activait autour des vestiges qui émergeaient de terre, déjà en partie dégagés. Louis ne savait où porter son regard, tant il était ému. – Venez, venez, cher ami, nous travaillons à présent sur ce que nous supposons être la maison des vestales. Selon les textes étudiés, nous… Louis écoutait à peine,

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Nous Deux 4134 La voix de l’exilée

La voix de l’exilée

ls marchaient depuis un long moment, en silence, au bord de la mer. Sonia, le regard perdu au loin, imaginait les vagues gris-vert de la Baltique. Elle était pourtant à des milliers de kilomètres des dunes de son enfance. Elle se trouvait dans le coin le plus chic, le plus gracieux des États-Unis, sur l’île de Nantucket. Dans leur dos, ce n’était pas la côte solitaire et ventée des environs de Koszalin mais les jardins et les villas opulentes des richissimes estivants américains. Et pourtant, Sonia avait la nostalgie de ses horizons slaves… Tadeusz lui avait proposé d’aller marcher sur la plage, ce matin. Ils étaient arrivés la veille à Nantucket avec la famille de Jerzy Duszenki. Invités par Dany Spencer, un collègue de la banque d’affaires newyorkaise où travaillait Jerzy. En effet, malgré leur confortable salaire à tous les deux, les deux hommes projetaient de créer leur propre start-up dans les communications ; ils avaient donc choisi ce long week-end à Nantucket pour allier travail et loisirs. Tadeusz, stagiaire dans la banque de Jerzy, était de la partie, comme « l’exilée ». L’exilée, c’était Sonia. Seuls les mélomanes auraient pu connaître le parcours chaotique de la soprano russe d’origine polonaise qui s’était fait applaudir, quelques années plus tôt, sur les plus grandes scènes de Saint-Pétersbourg, Moscou ou Kazan. Les pieds sur le sable et les yeux perdus à l’horizon, Sonia laissait son esprit vagabonder dans le passé… Elle n’aurait jamais imaginé, dans le pire de ses cauchemars, quelle serait sa destinée, quand elle vocalisait devant la mer Baltique, à la grande joie de sa grand-mère elle-même cantatrice. Les parents de Sonia disparus dans un crash d’avion, Hanna Chrostek avait entretenu le don qu’elle avait transmis à sa petite-fille, lui avait fait donner des cours à Koszalin où elle vivait, puis à Varsovie. Sonia avait commencé comme choriste à l’Opéra de Koszalin mais avait fait ses vrais débuts avec un petit rôle dans La Dame de pique de Tchaïkovski, à Varsovie. C’était

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Nous Deux 4134 Consultation en continu

Consultation en continu

E’était un vendredi de septembre. Pauline se demandait comment, en trois semaines, le bénéfice des vacances s’était déjà envolé. Il pleuvait, on aurait dit que le soleil n’avait jamais brillé, et elle était épuisée. D’abord, les patients étaient bien rentrés, eux aussi, avec tous leurs problèmes de santé, tous leurs problèmes familiaux ou conjugaux qui leur nouaient le dos, leur coinçaient le bassin ou les cervicales… Ostéopathe, une partie de son activité consistait à écouter toutes ces choses du quotidien qui finissent par peser sur le corps. Mais ce soir d’automne précoce, c’était sur ses épaules à elle que tout cela s’accumulait. Sans compter que Gaspard et Juliette avaient été malades : son fils n’avait tenu qu’une semaine en moyenne section avant d’y attraper le Covid, qu’il avait passé à sa grande sœur, puis à Pauline elle-même. Elle avait dû repousser des rendez-vous qu’elle rattrapait maintenant : ce vendredi, par exemple, elle était allée chercher les enfants à l’école avant de rentrer recevoir un dernier patient, puis ressortir faire les courses. Elle les avait collés devant une série animée : Juliette avait 10 ans, et gardait son frère à contrecœur. Pauline s’apaisa un peu en empruntant l’allée privative qui menait à leur immeuble. Des feuilles de vigne vierge grimpant sur le mur commençaient à roussir, un merle picorait au sol. Il fallait se concentrer sur la beauté des petites choses pour tenir lorsque tout semblait s’acharner contre vous. C’est en arrivant devant la porte d’entrée de son escalier qu’elle vit le panneau. Encore un voisin qui annonçait une fête pour le soir même, une fête qui l’empêcherait de dormir ainsi que les enfants, une fête qu’elle n’oserait pas interrompre, après avoir été humiliée quelquefois en débarquant en pyjama chez ses jeunes voisins… Quand Baptiste était encore là, c’est lui qui allait fermement demander que l’on baisse le son, et on lui obéissait. Mais personne ne semblait la respecter, elle… Elle dut lire deux fois le message pour comprendre son erreur :

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Nous Deux 4134 10 idées reçues qui nous empêchent de mincir

10 idées reçues qui nous empêchent de mincir

1 « Les oléagineux sont gras, il faut les éviter » « Les fruits secs oléagineux sont souvent perçus comme trop gras, mais leur richesse en polyphénols, fibres, protéines végé-tales et graisses de qualité en font des aliments très intéressants sur le plan nutritionnel », souligne Anthony Berthou. Pour les variétés locales (noix, noisettes, amandes européennes), l’équation est simple : elles allient bénéfices santé, effet satiétant et faible impact écologique. Pour les autres (noix du Brésil, cajou, pécan, macadamia…), la question est plus complexe. « La consommation de noix de cajou pose notamment un problème éthique, car de nombreuses ouvrières les décortiquent encore à la main et sont exposées à l’acide anacardique qui leur brûle les mains et les voies respiratoires. » Pour ces noix exotiques (y compris les amandes californiennes « conditionnées en France »), l’enjeu écologique lié au transport et à l’utilisation des ressources est aussi à considérer. « Le vrai critère de choix ne tient donc pas à la teneur en gras des oléagineux, mais à leur origine et à leur mode de production », tranche notre expert. En pratique « Si vous les tolérez

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Nous Deux 4134 « Mon compagnon est devenupantouflard »

« Mon compagnon est devenupantouflard »

Mon compagnon a 81 ans et j’en ai 72. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a dix ans, ces neuf années d’écart ne me semblaient pas importantes. Nous étions tous les deux très actifs et pleins de projets. Depuis quelque temps les choses ont changé et pas dans le bon sens. Il refuse toutes les sorties en général. Il préfère rester à la maison. Je ne lui connaissais pas ce côté casanier et j’avoue que cela ne m’attire pas du tout. Moi, j’ai encore envie de faire des randonnées, de partir quelques jours avec nos amis comme nous le faisions avant. Je culpabilise de penser qu’il est devenu « trop vieux » pour moi. Rien que de l’écrire, j’ai honte… Je tiens beaucoup à lui, mais nos rythmes de vie deviennent incompatibles. Est-ce égoïste de continuer à vouloir profiter quand l’autre n’en a plus la force ? J’ai

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