Réponses Photo - Le numéro 392 du 3 juillet 2026

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La Une de Réponses Photo n°392 du 03/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Réponses Photo 392 UN PHOTOGRAPHE TÉMOIN DE L'ABSURDITÉ DU MONDE

UN PHOTOGRAPHE TÉMOIN DE L'ABSURDITÉ DU MONDE

Pour cette interview, j'aimerais bien qu'on revienne sur l'idée de leçons, ce que tu souhaites transmettre à nos lecteurs. Et pour commencer, quelles sont pour toi les principales qualités que doit avoir un photographe ? Alors déjà, il y a deux mots qui sont compliqués pour moi. D'abord, je me vois mal donner une leçon. Évidemment, des tuyaux par la force de l'âge, de l'expérience. Mais je trouve ça très péjoratif. C'est comme quand on nous appelle des “maîtres de stage”, ça fait un peu sourire. Et puis, deuxièmement, les qualités d'un “bon photographe”… Il y a des photographes que j'apprécie, que j'aime, et d'autres moins. C'est une affaire de goût. Mais il y a bien des traits que tu mettrais en avant ? Des qualités humaines ? Peut-être déjà parler d'humilité. Beaucoup de photographes ont le melon, et c'est assez insupportable. Alors que franchement, c'est un métier de fainéant. Pour la bonne raison que tout nous est donné. Comment ça ? Lorsqu'on prend son appareil photo, c'est le réel qu'on a en face de soi. Ce que je rappelle chaque fois dans les workshops que j'anime, c'est la différence entre un photographe, un écrivain, un peintre et un sculpteur. Nous, on est hyper-gâtés parce qu'on joue avec le réel. Un écrivain a une page blanche. Un peintre a une toile blanche. Et le sculpteur, il a un bloc d'argile ou de marbre. Mais à l'inverse de nous, le peintre peut revenir sur sa croûte. L'écrivain, il rature, il gomme. Le sculpteur, suivant la matière qu'il emploie, peut aussi revenir sur son œuvre. Le photographe, s'il n'a pas appuyé au bon moment, avec la bonne lumière, et qu'il a raté cet instant, cette expression, cette composition, il n'a pas de seconde chance. Un quart de seconde plus tard, c'est fini. Cette facilité que tu évoques, elle est à double tranchant, non ? C'est vrai. La photo est devenue paradoxalement très difficile parce qu'elle s'est démocratisée. J'exagère peut-être un peu, mais tant qu'il n'y avait pas le numérique, nous étions une douzaine à nous rendre sur tous les points chauds du globe. Il fallait être un bon technicien parce qu'on avait des diapos 100 ISO. Quand j'ai commencé, il n'y avait pas de cellule dans les boîtiers. On n'avait pas de zoom, pas d'autofocus. Et puis, il fallait être un bon journaliste. Au-jourd'hui, pratiquement tout le monde peut faire une “bonne photo”. Parce que technologiquement, le numérique a fait que c'est devenu facile de faire une photo de qualité. Et avec cela une certaine esthétique de la presse magazine… C'est vrai qu'on travaillait pour des magazines qui voulaient une certaine forme d'image, c'est-à-dire qu'il fallait être bien exposé, bien net et bien cadré. Cela dit, quand tu regardes ce type d'images maintenant, on s'ennuie un peu. C'est relativement simpliste. Je ne dénigre pas cette période ni mon travail. C'est juste que c'était une photographie beaucoup plus objective, beaucoup plus lisible. C'est ce que j'appelle aujourd'hui une photo graphie “à la papa”, enfin même “à la grand-papa” (rires). “Photographe, c'est un métier de fainéant, tout nous est donné” À quel point cette transition vous a-t-elle affectés, vous les reporters ? Quand le numérique et Internet sont arrivés,

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Réponses Photo 392 PIERROT MEN

PIERROT MEN

Comment définiriez-vous votre photographie et quelle est votre façon de travailler ? C'est une photographie d'auteur mélangée à du photojournalisme. Je ne photographie jamais par thématique. Les thèmes, je les accumule petit à petit sur une ou plusieurs années, et lorsque je regarde mes archives, je m'aperçois qu'il y a une unité et des sujets qui se dégagent. Puis, j'approfondis les sujets, je les affine. C'est de cette façon que je conçois mes séries, qui deviendront ensuite des expositions et des livres. Vous êtes né à Midongy-du-Sud, sur l'île de Madagascar, en 1954. Dans votre enfance, les seules images que vous pouviez voir étaient celles sur les timbres-poste. Racontez-nous cette période. Mon père était chinois, il est arrivé dans les années 1920. Il avait quitté son pays, sa femme et son fils avec d'autres hommes pour trouver du travail à La Réunion, sur l'île Maurice ou à Madagascar. Son but était de pouvoir faire vivre sa famille et de revenir après avoir fait fortune. Après une escale à Tamatave, au nord-est de Madagascar, le bateau est tombé en panne. Certains, dont mon père, ont trouvé la ville à leur goût et ont décidé de rester sur place. Mon père et ses amis ont commencé à travailler à la construction des chemins de fer. Il a ensuite choisi Midongy, l'un des endroits les plus reculés et les plus sauvages de l'île. Il a rencontré une femme métisse, une Franco-Malgache. Ensemble, ils ont eu sept enfants, dont moi. Dans mes photographies, on décèle beaucoup de ma vie… sur les bancs de l'école en

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Réponses Photo 392 GREG LECOEUR,PLONGÉE EN EAUX CLAIRES

GREG LECOEUR,PLONGÉE EN EAUX CLAIRES

Item sans titre À 9 h du matin, l'embarcation jaune quitte rapidement le port de Nice pour se rendre à quelques encablures de là. Passé les riches villas qui surplombent la Méditerranée, elle dépasse un bateau de croisière qui mouille non loin, puis s'arrête à quelques dizaines de mètres des falaises. À son bord, une équipe de huit personnes dont six sont prêtes à plonger. Des jeunes majoritairement venus confirmer leur niveau. Nous sommes à Grande Baie, site bien connu de plongée, avec un plateau à 9 m et une faille descendant à quelque 60 m dans les entrailles de la Terre. À la surface, les oblades se comptent par dizaines et quelques petites méduses indiquent un temps déjà chaud pour cette mi-juin. Parmi cet équipage, une personne détonne un peu. En combinaison, palmé, et avec ses appareils photo dignes d'une expédition lunaire, Greg Lecoeur n'est pas là pour confirmer son niveau - il l'a déjà - mais bien pour photographier la faune et la flore marines. À 10 m sous l'eau, il se déplace lentement, comme s'il planait. Il arpente les fonds, là où la lumière est encore suffisante pour la survie des herbiers de posidonie, cette forêt sous-marine, haut lieu de la biodiversité en

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Réponses Photo 392 LES CHRONIQUES D'UN PHOTOREPORTER

LES CHRONIQUES D'UN PHOTOREPORTER

De 2013 à 2014, des manifestants pro-européens se réunissaient sur la place Maïdan, à Kiev. Je me souviens très bien de cette période, d'être allé voir la rédaction de Paris Match le lundi et de leur dire : “Ça chauffe à Maïdan, il va falloir y aller.” Le magazine voulait que je parte plus tard, par souci d'économie. Mais je me rends en Ukraine dès le lendemain. On est en plein hiver. J'arrive sur la place de nuit. Le décor est posé : un immeuble qui flambe, ça chauffe de partout. Je fais trois photos et me dis que je reviendrai le lendemain matin, aux aurores. À l'aube, ça bouge déjà sur les barricades. Je suis surpris parce que je suis quasi seul. Il y a très peu de journalistes, ou même de photographes. Ont-ils festoyé trop tard la veille ? À un moment, la barricade s'effondre et les manifestants de Maïdan décident de passer à l'assaut. Dès qu'ils franchissent la barricade, des tirs à balles réelles partent d'en face. Je connais ce bruit-là. Je monte avec eux, mais je laisse quand même un paquet de gens passer. Je n'ai pas envie de me retrouver en première ligne. Les plus avancés tombent. Je

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Réponses Photo 392 Définition et vitesse en hausse

Définition et vitesse en hausse

À première vue, rien ne distingue franchement l'A7R VI de son prédécesseur. Il en hérite peu ou prou les dimensions, le poids et l'ergonomie générale. Si Sony n'est intervenu que par petites touches, ces quelques évolutions n'en sont pas moins significatives selon les usages. Les vidéastes apprécieront notamment l'arrivée d'une lampe “tally” en façade pour signaler l'enregistrement ainsi que l'introduction d'un second port USB-C pour séparer les flux de données - l'un au standard SuperSpeed 10 Gb/s et l'autre en Hi-Speed 480 Mb/s, tous deux permettant de recharger la batterie. En revanche, l'appareil ne propose toujours pas l'enregistrement direct sur SSD. Ceux qui travaillent dans l'obscurité se réjouiront par ailleurs de l'apparition de touches rétroéclairées, une première chez Sony, et les adeptes de préréglages de la position “étoile” de la molette supérieure donnant accès à dix configurations personnalisées. À noter également l'adjonction d'un ergot sur la monture facilitant le repérage de la position d'insertion des objectifs. À ces détails s'ajoute l'implantation d'un nouveau viseur qui, s'il conserve l'épatante définition de

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Réponses Photo 392 L’homme qui teste les optiques les plus étranges

L’homme qui teste les optiques les plus étranges

Quand on arrive chez Mathieu Stern, on s'attend à entrer dans un gigantesque hangar débordant d'optiques bizarres, de vieux boîtiers et de pièces photographiques uniques. Mais l'appartement du youtubeur spécialisé dans les optiques vintage est loin de ce chaos imaginaire. Dans son salon à l'agencement soigné, les seuls indices de l'amour de l'image sont des clichés encadrés et quelques petits boîtiers savamment dispersés dans une variante moderne d'un cabinet de curiosités. Au milieu de plumes, d'œufs et même d'une coquille de nautile, l'œil exercé reconnaît un Exa, un reflex allemand produit à Dresde dans les années 1960. Et l'observateur curieux note un drôle de boîtier estampillé “Lego ZH1”, “un des trois seuls au monde. Il est fabriqué par un Taïwanais qui me l'a offert” , relate Mathieu Stern. Fonctionnel, avec une seule vitesse d'obturation “qui dépend de la vitesse avec laquelle vous appuyez sur le déclencheur” , ce boîtier Lego rarissime n'a pas traversé la terre par hasard. Sur YouTube, @MathieuStern, 43 ans, s'est fait un nom

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