Réponses Photo - Le numéro 393 du 10 septembre 2026

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La Une de Réponses Photo n°393 du 10/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Réponses Photo 393 LUMIÈRE SUR… STÉPHANE LAVOUÉ

LUMIÈRE SUR… STÉPHANE LAVOUÉ

Comment décririez-vous votre univers photographique ? J’ai longtemps cherché mon style en m’inspirant d’autres photographes, “à la manière de…”. Le déclic est venu quand j’ai compris que je pouvais photographier comme je vivais et comme j’étais. En mettant qui j’étais dans mes portraits, je me suis découvert moi-même à travers cette relation à l’autre. J’ai construit ma photographie comme cela. Vingt-cinq ans plus tard, ma photographie me ressemble entièrement : elle fait partie de moi, et je m’en sers comme d’un véhicule pour aller là où j’ai envie, pour expérimenter. Votre parcours est atypique. Fils et petit-fils de militaire, rien ne vous prédestinait à la photographie… Effectivement… Mon père était médecin militaire, scientifique, rigoureux, cartésien. Ma mère, professeure de français, mais plutôt du côté de la grammaire que de la littérature. Pourtant, à eux deux, ils m’ont transmis, presque malgré moi, une vraie culture artistique : chaque week-end nous allions au musée. À l’époque, je trouvais ce rituel pénible. Aujourd’hui, je mesure à quel point il a construit mon regard, et le jugement que je porte encore sur ce qui me touche. Fidèle à cette lignée cartésienne, je me suis lancé dans des études scientifiques : une école d’ingénieurs dans le bois. Le choix n’était pas une vocation : je voulais surtout continuer à voyager. Cette formation m’a mené au Gabon, en Malaisie, puis en Amazonie brésilienne, où j’ai entamé ma carrière pour un groupe industriel français. C’est là-bas que j’ai commencé à expérimenter la photo. J’avais un besoin d’expression et de création que rien d’autre ne comblait : l’écriture m’était difficile, la musique ne m’avait pas retenu et le dessin n’était pas mon

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Réponses Photo 393 FARLEYS HOUSE, GARDIEN DE L’ŒUVRE DE LEE MILLER

FARLEYS HOUSE, GARDIEN DE L’ŒUVRE DE LEE MILLER

Le 2 août, les retardataires se pressaient au musée d’Art moderne à Paris pour une ultime chance de voir l’exposition “Lee Miller”. Cette dernière journée à guichets fermés témoigne de l’engouement pour cet événement qui a attiré 190 000 visiteurs. Sur place, il fallait jouer des coudes pour admirer les quelque 250 tirages accrochés, et parfois attendre de longues minutes pour pouvoir s’approcher de certains clichés iconiques. Difficile d’imaginer que la plu-part de ces tirages proviennent d’un lieu autrement paisible, niché loin des foules dans la campagne du Sussex, à 1 h 30 de Londres : Farleys House. Cette ancienne ferme fut le refuge de Lee Miller (1907-1977) durant ses trente dernières années. Derrière son apparente simplicité, la maison regorge de trésors. Hormis l’entrée du musée – autrefois une cuisine, aujourd’hui une boutique –, le reste du cottage est demeuré dans son jus. Les placards contiennent encore des confitures et des conserves d’époque, qu’il ne faudrait pas prendre le risque d’ouvrir. Et dans chaque pièce, comme dans le jardin, des œuvres d’art majeures sont disséminées, signe des amitiés cultivées par Lee Miller et Roland Penrose, son second mari, avec les mi-lieux artistiques d’avant-garde. Pendant des années, la famille déjeunait, sans y voir d’inconvénient, dans des assiettes signées Picasso, qui, comme bien

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Réponses Photo 393 ASTROPHOTOGRAPHIE AU COL AGNEL, QUAND LA MONTAGNE S’ALLUME

ASTROPHOTOGRAPHIE AU COL AGNEL, QUAND LA MONTAGNE S’ALLUME

Cheveux courts, barbe de trois jours, silhouette élancée, Jeff Graphy a le pas léger, même si les trois trépieds qui sont accrochés à son sac laissent deviner que ce dernier est bien rempli. Je me suis garé un brin en avance sous le col Agnel, dans les Hautes-Alpes, où il m’a donné rendez-vous. Lorsqu’il arrive, pile à 21 heures, des bouquetins sont au bord de la route, paisibles. Nous ne rentrerons pas bredouilles, bien que ce ne soit absolument pas le motif de notre escapade. Nous entamons la montée. Quand nous parvenons à destination en début de nuit, il est encore un peu trop tôt pour commencer à photographier. Car si j’accompagne Jeff ce soir, c’est pour m’essayer à la photographie de nuit. Plus précisément, notre objectif est de capturer des images mêlant ciel et terre, sa spécialité. Depuis les hauteurs du Queyras, des montagnes classées parc naturel régional, la vue est splendide. Je découvre la roche effilée de la Taillante et, juste au-dessous, le lac Foréant. Au-dessus de nous, l’imposant Pain de Sucre domine le paysage. Au loin, l’horizon est barré par le massif des Écrins. Jeff m’aide à préparer mes cadrages. Il montre du doigt où la

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Réponses Photo 393 Double regard

Double regard

Alain Keler , éditions Delpire, 17 × 25 cm, 208 p., 39 € Il y a quelques années, à la sortie de son ouvrage Journal d’un photographe publié aux éditions de Juillet, toute la profession se languissait qu’un grand festival ou une institution majeure donne enfin au photographe français Alain Keler la place qu’il méritait dans sa programmation. C’est chose faite cette année, avec une exposition présentée au festival des Rencontres d’Arles, sous le commissariat du photographe Olivier Monge. Ajouter à cela les éditions Delpire qui lui consacrent une importante monographie, sobrement intitulée de son nom, Alain Keler. Sa couverture n’est rien d’autre qu’un aplat noir texturé avec le titre, au format à l’italienne, en écho aux petits carnets noirs que le photographe emporte à chacun de ses voyages pour y consigner, par écrit, ses reportages. Depuis plus de soixante ans, Alain Keler, aujourd’hui membre de l’agence MYOP, parcourt le monde et se rend sur les territoires de conflits où se jouent les crises majeures de son époque : de la guerre du Liban à la révolution iranienne en passant par la chute du mur de Berlin ou la guerre civile au Salvador. Pour ses voyages, l’artiste

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Réponses Photo 393 Bicentenaire de la photographie Malle temporelle

Bicentenaire de la photographie Malle temporelle

D’où vous est venue cette idée de capsule temporelle ? L’idée est plutôt ancienne. Elle remonte à près d’un quart de siècle. Les capsules temporelles, il y en a de tous les genres. Quand on est enfant, c’est même quelque chose que l’on fait assez naturellement. On veut préserver ce qui nous semble être nos petits trésors : une pierre ramassée sur une plage, une plume, un dessin, un journal intime… À côté de cela, il existe des capsules temporelles collectives. Celle qui m’a véritablement marqué se nomme “Le Grenier du siècle”. Elle est scellée depuis 1999 au Lieu Unique (ancienne biscuiterie LU), à Nantes, et sera ouverte en 2100. Ce que j’ai toujours trouvé passionnant dans cette capsule, c’est qu’elle faisait appel aux habitants. Chacun pouvait venir déposer un objet qu’il considérait comme digne d’être transmis : une photographie, une lettre aux générations futures, un poème, un dessin d’enfant… finalement, tout ce qui pouvait témoigner d’une époque. Je regrette de ne pas y avoir alors pris part.

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Réponses Photo 393 Leica SL3-P Haute définition et haute cadence

Leica SL3-P Haute définition et haute cadence

LES POINTS CLÉS• Capteur CMOS BSI de 44,2 MP • Rafale à 40 i/s • Certification IP54 5990 € Prix indicatif (boîtier nu) Si le SL3, apparu en 2024 et vendu 6 990 €, marquait une petite rupture dans les habitudes de Leica, les modèles suivants continuent d’afficher une forte similarité avec les hybrides de Panasonic. Ainsi, le Leica SL3-S (5 190 €) et le Lumix S1IIE (2 200 €) possèdent la même définition de capteur et une cadence maximale en rafale de 30 i/s, tandis que le nouveau SL3-P semble quant à lui hériter d’une grande partie des composants du S1R II. Sorti début 2025 et actuellement commercialisé à 3 600 €, lui aussi comporte un capteur CMOS BSI d’un peu plus de 44 MP et filme en 8,1K Open Gate, en 5,9K 60p et en Raw par son port HDMI-A, tout en disposant d’un mode rafale jusqu’à 40 i/s. Les deux appareils reposent également sur un confortable viseur Oled

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