Science & Vie - Le numéro 1307 du 24 juillet 2026

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La Une de Science & Vie n°1307 du 24/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Science & Vie 1307 VRAI OU FAUX ?

VRAI OU FAUX ?

Le QI est en chute libre FAUX masi En 2015, les chercheurs britanniques Richard Lynn et Edward Dutton publient une méta-analyse qui fait grand bruit : dans plusieurs pays développés – Norvège, Danemark, Royaume-Uni, Pays-Bas, Australie, Suède et même France –, le quotient intellectuel (QI) serait en recul. La France aurait notamment perdu près de 4 points entre 1999 et 2009 ! C’est un véritable choc. Rappelons ce qu’est le QI : une moyenne obtenue à partir de différents sous-tests évaluant des compétences cognitives – compréhension verbale, raisonnement abstrait, mémoire de travail, vitesse de traitement ou encore capacités visuo-spatiales. Au long du XXe siècle, toutes les populations suivaient une ten-dance à la hausse : dans la plupart des pays industrialisés, les scores progressaient d’environ 3 points par décennie, soit près de 30 points en un siècle. Un nom a été donné à cette amélioration continue des performances cognitives : l’“effet Flynn”, du nom du chercheur qui observa ce phénomène. Et voilà qu’en ce début de IIe millénaire, la tendance serait en passe de s’inverser… Serions-nous condamnés à devenir de plus en plus bêtes ? Non: “Ce que suggèrent les données les plus solides, ce n’est pas une chute, mais plutôt une relative stagnation des scores de QI dans plusieurs pays développés depuis une ou deux décennies”, nuance Corentin Gonthier, professeur de psychologie à Nantes Université.ÉVOLUTION DE LA LANGUEL’étude de Lynn et Dutton est en effet loin de faire consensus, des fai-blesses méthodologiques sont pointées du doigt. Les résultats pour la France, par exemple, reposent sur un échantillon de 79 personnes, ce qui est insuffisant pour conclure avec certitude. “Il n’existe que quelques études véritablement robustes, par exemple concernant la Norvège”, pointe Corentin Gonthier. Sauf qu’elle doit être relativisée. Les données norvégiennes mettent effectivement en évidence une baisse des tests verbaux du QI… mais ces épreuves sont fortement influencées par la culture et l’évolution de la langue. “Nous ne parlons pas aujourd’hui comme il y a cinquante ans, rappelle Corentin Gonthier. La comparaison temporelle des réponses s’avère donc difficile.” À l’inverse, les tests de logique pure sont bien moins sensibles à ces effets temporels. Plusieurs exercices géométriques restent inchangés depuis leur création, en 1936, comme les matrices de Raven. Et là, les données norvégiennes esquissent une hausse… ignorée dans l’interprétation de Lynn et Dutton ! Autrement dit, dans les tests les plus invariants culturellement, dont les réponses à différentes époques sont le plus facilement comparables, l’effet Flynn semble perdurer, ou en tout cas ne pas s’inverser. Une méta-analyse publiée en 2023 exploitant 1 000 jeux de données de 300 000 personnes dans 72 pays sur la période 1948-2020 s’est d’ailleurs concentrée sur ce pan logique du test du QI. Avec un même résultat : les scores continuent d’augmenter à l’échelle mondiale, les progressions les plus marquées étant observées dans les pays en développement comme la

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Science & Vie 1307 Les chercheurs vous défient !

Les chercheurs vous défient !

[email protected] Le logigramme paléontologique OÙ VIVAIENT LES HUMANITÉS PRÉHISTORIQUES?Quelles espèces humaines peuplaient la Terre il y a 50 000 ans ? À cette époque, cinq espèces se partageaient la planète. Pour chacune, à vous de trouver la région du monde où elle vivait ainsi qu’une caractéristique importante la concernant. Voici quelques indices… 1. Sapiens vivait dans deux régions différentes. 2. L’espèce la plus ancienne peuplait l’Asie continentale, et ce n’était pas Florès. 3. On ne sait pas grand-chose des Denisoviens. 4. Les humains miniatures vivaient sur une île. 5. Les Néandertaliens n’avaient pas la peau foncée et occupaient un territoire plus grand que celui d’Erectus, mais plus petit que celui de Sapiens. ANTOINE BALZEAUChercheur au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris“Cette énigme touche à une idée que la science a renouvelée : il y a 50 000 ans, l’humanité n’était pas une mais multiple. Toutes ces espèces ont disparu sauf la nôtre, qui avait alors gardé un pied en Afrique, dont nous venons tous aujourd’hui. J’aime ce logigramme car il oblige à manipuler les noms, les régions, les caractéristiques, et à reconstituer soi-même le visage de cette diversité oubliée.” Les unités aéronautiques QUELLE ALTITUDE ATTEINDRE POUR FRANCHIR LE COL ?J’ai un petit avion qui peut grimper à la vitesse ascensionnelle de 300 pieds par minute. (En aviation, les vitesses ascensionnelles s’expriment en pieds par minute et les altitudes de vol en pieds ; pour simplifier, on retient 1 m = 3 pieds.) Pour préparer mon vol, ma carte de l’Institut géographique national* m’indique que l’aérodrome, encaissé dans une vallée, se situe à une altitude de 540 m. En comptant les courbes de niveau, je vois que pour sortir de la vallée, je dois passer au moins 600 pieds au-dessus d’un col qui la surplombe de 2 000 m. Quelle altitude devrai-je atteindre pour franchir ce col en toute sécurité, et combien de temps de montée me faudra-t-il à partir du décollage ? *L’IGN exprime toutes les altitudes et les distances dans les unités du Système international : l’unité de longueur est le mètre. CHRISTINE DEBOUZYPilote de ligne, commandante de bord, présidente de l’Association française des femmes pilotes“Cette énigme rappelle qu’avant tout calcul savant, il faut savoir précisément ce qu’on additionne. La rigueur sur les unités est incontournable ; celle que l’on apprend en premier, et que l’on ne doit en aucun cas négliger. La sonde Mars Climate Orbiter s’est désintégrée dans l’atmosphère martienne en 1999 pour avoir mélangé miles et kilomètres…”Le mix mathématique Y A-T-IL PLUS DE JUS D’ORANGE DANS LE VERRE DE CAMILLE QUE DE JUS DE FRAISE DANS LE VERRE DE SAM ?Camille et Sam sont

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Science & Vie 1307 Hantavirus Retour sur une épidémie contenue

Hantavirus Retour sur une épidémie contenue

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reçoit l’alerte le 2 mai dernier : un foyer inhabituel de pneumonies sévères s’est déclaré à bord d’un navire de croisière, le MV Hondius, parti d’Argentine pour rejoindre l’Europe. En l’espace de quelques semaines depuis le premier cas détecté, trois passagers sont décédés. Le coupable est d’ores et déjà identifié : il s’agit d’un virus endémique d’une partie de l’Amérique du Sud, l’hantavirus Andes. Dans les semaines qui suivent, ce pathogène va provoquer un vent de panique sur la planète… Il faut dire qu’il y a six ans à peine, la pandémie de Covid-19 tuait plusieurs millions de personnes dans le monde : la simple évocation d’un cluster de pneumonies ravive ainsi de douloureux souvenirs. Et si tout recommençait ? Et si les passagers, potentiels cas contacts, propageaient le virus sur toute la planète ? Fin juin, alors que nous écrivons ces lignes, le scénario du pire ne s’est pas réalisé, l’épidémie a été circonscrite. Voici comment. Le 1er avril, le Hondius, navire battant pavillon néerlandais, quitte Ushuaïa, en Argentine, avec à son bord 147 passagers et membres d’équi-page de 23 nationalités différentes. Le 6 avril, l’un des passagers, un ornithologue amateur néerlandais de 70 ans, tombe malade. Il décède cinq jours plus tard, mais cela n’inquiète guère le médecin de bord qui conclut à une mort “naturelle”. La croisière se poursuit ainsi sans alerte particulière, et la malheu-reuse veuve peut compter sur le soutien des autres passagers dans son deuil. Certains la prennent même dans leurs bras…UNE OPÉRATION SANITAIRE HORS NORMELe 24 avril, deux nouveaux passagers présentent à leur tour

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Science & Vie 1307 Questions Réponses

Questions Réponses

L’espace a-t-il une odeur ?Question d’Aubin Nicolas, Sassetot-le-Mauconduit (76) Cela pourrait être le cas… s’il y avait de l’air pour transporter les odeurs, si les molécules odorantes étaient assez concentrées et s’il s’y trouvait des nez ! Les astronautes disent en tout cas percevoir une odeur de métal chaud ou de soudure dans le sas de l’ISS après une sortie extra-véhiculaire. Elle pourrait provenir de l’ozone (O3) produit lorsque l’oxygène atomique (O) présent dans l’espace, et qui tend à se coller aux combinaisons, se recombine avec les molécules d’oxygène (O2) de la station. Ce n’est pas vraiment l’odeur de l’espace, donc… Celles des divers corps célestes peuvent être imaginées : “Les comètes, les planètes, etc. présentent des environnements, des atmosphères et des surfaces différents, chacun avec son propre mélange de molécules volatiles odorantes et malodorantes qui produiraient des odeurs distinctes dans un environnement respirable”, explique Marina Barcenilla, parfumeuse et doctorante en astrobiologie à l’université de Westminster et au Muséum d’histoire naturelle de Londres (Royaume-Uni). Essence ou noix Autour de comètes, on a détecté du sulfure d’hydrogène, à l’odeur d’œuf pourri, de l’ammoniac, rappelant

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Science & Vie 1307 MATIÈREElle se programme à l’atome près

MATIÈREElle se programme à l’atome près

Figurez-vous une matière que l’on puisse manipuler à volonté pour la doter de nouvelles propriétés : devenir aimantée alors qu’elle ne l’était pas, conduire l’électricité seulement par endroits ou changer de couleur sur commande. Autrement dit, modifier la nature d’un matériau pour le soumettre au moindre de nos besoins. Ce rêve, c’est celui de la recherche scientifique pour la matière programmable. Qui vient de franchir une étape majeure: en bombardant un cristal de CrSBr – un composé de chrome, soufre et brome – avec des électrons de très haute énergie, une équipe internationale de physiciens a pu modifier sa structure à l’échelle atomique, en y déplaçant environ 40 000 de ses atomes. Or c’est bien au niveau de ces briques de matière que les propriétés mécaniques, électroniques, magnétiques ou optiques d’un matériau trouvent leur origine. “Et ces dernières ne dépendent pas seulement de la nature de l’atome, mais aussi de la manière dont ils sont liés les uns aux autres”, précise Toma Susi, physicien à l’université de Vienne, en

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Science & Vie 1307 Ingénierie de synapses On a sur-connecté le cerveau de souris !

Ingénierie de synapses On a sur-connecté le cerveau de souris !

Une simple injection. C’est tout ce qu’il a fallu pour que des neurones de souris acquièrent une nouvelle façon de communiquer entre eux, comme un nouveau langage. En l’utilisant, ils ont alors dessiné des réseaux inédits dans le cerveau des rongeurs, tout en en renforçant certains, déjà existants, et en en affaiblissant d’autres. Et les souris ont changé : voilà qu’elles exploraient plus leur environnement, et se montraient plus sociables. Cette expérience, menée dans le laboratoire d’ingénierie neuronale de l’université Duke à Durham, aux États-Unis, ouvre en grand un champ de recherche nouveau et exaltant : l’ingénierie des synapses. Le principe ? Fournir aux cellules cérébrales de l’ADN codant pour des protéines spécialisées dans la diffusion de l’information neuronale. Autrement dit, agir sur le maillage cérébral, voire le contrôler. “C’est un nouveau moyen très original d’explorer les réseaux de neurones, de jouer avec leurs connexions et de les

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