La tension est palpable. En 2025, le comité d’éthique du CNRS (Comets), saisi par l’institution, produit pour la première fois un rapport sur les pratiques actuelles de l’expérimentation ani-male. Le rendu est plutôt critique, il souligne que “transparence, justification [du bien-fondé des expériences] et recherche d’alternatives s’avèrent essentielles”, écrit sa présidente, la juriste Christine Noiville. Quelques mois auparavant, un amendement visant à taxer chaque utilisation d’animal de laboratoire avait été proposé dans le cadre du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale. Suscitant l’ire de nombreux biologistes, qui redoutent une explosion des coûts de leurs recherches et s’offusquent de l’irruption dans le débat de députés sans expertise scientifique : ils protestent via une tribune signée par 2 700 chercheurs, affirmant que l’expérimentation animale restait indispensable. Et voilà qu’en avril dernier, nouvelle tribune ! 170 scientifiques dénoncent, dans un texte publié dans un grand quotidien du soir, le projet d’agrandissement du Centre national de primatologie (CNP) du Rousset, près de Marseille. Un investissement de 30 millions d’euros en vue d’augmenter de 300 à 1 800 le nombre de singes destinés à l’expérimentation. Le débat, autrefois feutré et circonscrit aux cénacles scientifiques, est sur la place publique. Et il promet de durer. Car les arguments pour ou contre l’expérimentation animale font sens. Pour les partisans, impossible de s’en passer, notamment lorsqu’il s’agit d’évaluer la toxicité de substances, de médicaments ou de vaccins, ou encore de mieux comprendre des maladies invalidantes. Leurs opposants dénoncent une pratique à la fois contraire à l’éthique, puisqu’elle provoque de
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