Alors que les viticulteurs du sud de la France en sont réduits à arracher leurs vignes pour éviter la surproduction, la Bretagne voit, cette année, les premiers millésimes issus de son terroir arriver sur le marché. Ailleurs, les vendanges ont démarré début août, loin du traditionnel rendezvous de septembre. Prise en étau entre le dérèglement climatique et une consommation de vin qui a chuté de 70 % depuis les années 1960, la viticulture souffre… et avec elle les 450 000 emplois qui en dépendent directement ou indirectement. Partout, les stades de développement de la vigne sont plus précoces : depuis l’éclosion des bourgeons jusqu’aux vendanges, qui ont en moyenne trois semaines d’avance par rapport aux années 1980. “Quand nous avons mis en évidence ce décalage, on nous disait alarmistes, se souvient Éric Duchêne, chercheur à l’Inrae et coauteur, en 2005, de la première étude mondiale sur le sujet. Aujourd’hui, les études confirment ce constat partout dans le monde.” Sur le plan gustatif, ce décalage saisonnier déséquilibre les vins : plus de sucre, moins d’acidité. Résultat : des vins plus alcoolisés – ceux du Languedoc titrent en moyenne 14°, contre 11,5° dans les années 1980 – et “de plus en plus marqués par des notes de fruit cuit, au détriment du fruit frais”, résume Gilles de Revel, professeur d’œnologie à l’Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV), à Bordeaux. Avec le risque de perdre de la typicité. Le réchauffement climatique redessine l’aire géographique du vin, obligeant
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