Vingt-cinq ans durant, les droites télés ont irrigué l'économie de la Ligue 1, avec parfois plus de la moitié du budget de certains clubs qui en dépendait directement. Cette manne s'est aujourd'hui effondrée, forçant la LFP à devenir elle-même diffuseur avec Ligue 1+. Christophe Lepetit, directeur des études économiques et directeur du MIP à l'UEFA, décrypte pour Sport Stratégies les ressorts de cette crise structurelle : la chute vertigineuse des recettes audiovisuelles pour certains clubs, la dépendance croissante aux ventes de joueurs et aux injections d'actionnaires, et les contours encore flous d'un modèle à réinventer d'ici 2030. LA FIN D'UN MODÈLE OU UNE CRISE PASSAGÈRE ? Pendant vingt-cinq ans, les droits audiovisuels ont constitué le socle de l'économie de la Ligue 1, avec parfois plus de la moitié du budget de certains clubs dépendant directement de cette ressource. Aujourd'hui, ce modèle semble durablement cassé. Est-ce que nous devons désormais considérer que les droits TV ne retrouveront jamais leur rôle historique dans l'économie du football français, ou pensez-vous qu'un nouveau cycle peut encore émerger ? Cela fait déjà plusieurs années que les droits TV domestiques sont en recul, ce qui reste d'ailleurs peu visible au niveau de l'analyse globale car - en cumulé - la hausse très substantielle des droits européens (couplée aux performances du PSG) ont un peu masqué ce recul. Mais pris individuellement, la chute est vertigineuse pour certains clubs. A titre d'exemple, d'après la DNCG un club comme Angers touchait 21 M€ de droits TV au titre de la saison 2020/2021 contre... 9,1 M€ en 2024/2025. Et probablement encore moins pour la saison qui s'ouvre puisqu'il n'y aura de reversements qu'en lien avec le nombre d'abonnements générés par Ligue 1+. La crise pourrait dès lors déjà être qualifiée de structurelle puisqu'elle dure depuis 2020 et qu'elle atteint son paroxysme cette saison avec l'arrêt de la diffusion par beIN SPORTS et la fin de l'indemnisation de DAZN qui avait mis fin à son contrat après une saison. Si Ligue 1+ peut être qualifié de succès commercial (avec plus d'un million d'abonnés au bout de quelques semaines) et éditorial (avec des contenus qualitatifs et pas de bugs au lancement), il
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