Après des années difficiles, le squash français retrouve des couleurs sans avoir encore effacé toutes ses fragilités. Entre reconquête des pratiquants, évolution des équipements, rajeunissement de sa base et recherche de visibilité, la Fédération française de squash a engagé plusieurs chantiers pour remettre la discipline en mouvement, avec en ligne de mire les Jeux olympiques à Los Angeles en 2028. Des champions français capables de rivaliser avec les meilleurs mondiaux, une vraie culture de club et une pratique dont les qualités se comprennent généralement en quelques échanges… Sur le papier, le squash dispose de solides arguments. Dans les faits, la discipline a longtemps avancé à couvert, loin de l'exposition accordée à d'autres sports de raquette, avant de traverser une période qui l'a encore un peu plus fragilisée. En 2019, Paris 2024 lui préférait le breaking parmi ses sports additionnels, repoussant une nouvelle fois un rêve olympique poursuivi depuis plusieurs années. Quelques mois plus tard, les préoccupations allaient devenir autrement plus immédiates lorsque les salles ont fermé pendant la crise sanitaire et que le squash s'est retrouvé brutalement privé de ce qui fait sa singularité : sans court, impossible ou presque de continuer à jouer. La fédération, qui comptait près de 30 000 licenciés avant le Covid, a ainsi vu ses effectifs tomber à un peu plus de 10 000 licences en 2021. Depuis, la remontée a été nette, au point que la FF Squash affiche désormais autour de 23 000 licenciés et observe une légère progression de la pratique. Le retard n'est pas totalement effacé, mais la discipline a repris sa marche en avant. « On est revenu à des chiffres proches d'avant-Covid », confirme Julien Muller, président de la Fédération française de squash, qui préfère néanmoins parler de transformation plutôt que de simple retour à la normale. Pendant que les joueurs retrouvaient les courts, le paysage continuait en effet d'évoluer. Certaines salles ont disparu, d'autres ont été vendues ou reconverties, notamment là où la pression immobilière a rendu le foncier difficile à conserver pour une activité sportive, tandis que de nouveaux complexes ont émergé autour de modèles plus hybrides, mêlant badminton, tennis, fitness, pa-del et squash sous un même toit. « On a une carte des clubs qui bouge, avec des ouvertures et des fermetures. On est dans une transformation d'une partie de nos structures », résume Julien Muller. La question de l'équipement est ainsi revenue naturellement au cœur de la stratégie fédérale. S'il existe plus de 1 000 terrains en France, certaines zones restent historiquement peu dotées, tandis d'autres le sont devenues au gré des fermetures, ce qui pousse la fédération à accompagner plusieurs projets de création ou de reprise et, plus largement, à réfléchir à la place que peut occuper le squash dans les nouveaux modèles d'équipements sportifs. TRANSFORMER LA PRATIQUE EN ENGAGEMENT Ce travail sur les infrastructures ne règle toutefois qu'une partie de l'équation,
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