Il faut vivre avec son temps, et la FN Herstal, aujourd'hui l'un des trois plus grands fabricants d'armes d'Europe avec l'Italien Beretta et l'Allemand Heckler&Koch, applique assurément ce principe avec constance depuis sa création, en 1889. Il n'empêche : à contempler aujourd'hui certaines carcasses en polymère de son catalogue, au demeurant fort efficaces, quelques très lointains ancêtres armuriers doivent se retourner sous leur tumulus, pour peu que leurs ossements (leurs ohès, comme dit le Liégeois) ne soient pas tombés en poussière. En effet, les premiers pas de l'industrie armurière liégeoise remontent au bas mot à 500 ans avant notre ère. Et pour cause : le minerai de fer affleure, et le combustible, bois puis charbon, abonde. Les premiers métallurgistes remontent… à l'âge du fer. Les forgerons gaulois du coin ont rapidement acquis une solide réputation. Jules César, dans sa « Guerre des Gaules », vante déjà les mérites des armes en ferrum gallicum. Le travail du métal continue à se développer sans interruption sous l'empire romain, puis au Moyen Âge. À la fin siècle, Liège et sa région deviennent une principauté, gouvernée par un Prince-Evêque, régime qui va durer jusqu'à la Révolution française.
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