La principale difficulté que le tireur longue distance affronte dans sa pratique est sa lecture du vent, lequel, au gré de ses caprices, dévie le projectile de la trajectoire espérée. Et si une excellente connaissance du terrain et une pratique assidue de la lecture des signes naturels du vent --mouvements de la végétation, poussière, feuilles mortes et autres mirages de l'air chaud-- reste une compétence essentielle que le tireur se doit de travailler, il n'est pas interdit de s'aider d'instruments scientifiques pour domestiquer la météo. C'est ainsi que le Kestrel, à l'origine un simple anémomètre portatif, a fait son apparition sur les champs de tir, à mesure que croissaient les distances ambitionnées. Un petit instrument en plastique aux coins arrondis surmonté d'une hélice carénée, à orienter face au vent, idéalement avec le concours d'un penon en laine ou une faveur en toile légère accrochée au boîtier pour apprécier précisément l'origine du flux d'air, surtout lorsqu'il est faible et donc plus difficile à localiser. C'est avec cette donnée de base, la vitesse du vent, que les Kestrel ont commencé à nourrir les calculs balistiques, il y a maintenant 25 ans. En un quart de siècle, les capacités techniques et informationnelles des appareils Kestrel ont littéralement explosé, au fil des générations successives (voir encadré « L'envol du faucon »). Au point que, pour un tireur débutant, nous sommes arrivés à une situation tout à fait comparable à celle d'un élève d'auto-école auquel on confierait à son premier cours le pilotage… d'une Formule 1 : il n'aurait
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