CAUCHEMAR EN RANDO Fanny, 30 ans L'an passé, mon cousin et sa bande de copains montagnards me proposent un plan de 8 jours sur le GR10, dans les Pyrénées. J'accepte et j'embarque mon mec (de l'époque), parce que plus on est de fous, plus on rit. Et puis ça fera du bien à notre relation, un peu morne, dois-je dire. Mon cousin me briefe sur le parcours et les équipements. Je comprends que le matériel peut faire toute la différence entre des super vacances et un enfer. J'investis dans de bonnes chaussures, et tout l'attirail pour affronter la haute montagne et faire du bivouac. Mon ex, lui, fait tout l'inverse, malgré nos préconisations : il ne veut pas trop dépenser pour une « première expérience ». Il achète du matos premier prix et se pointe en baskets de ville (mais neuves, argue-t-il). Son seul vêtement de pluie est un petit poncho en plastique transparent super fin, le genre de truc jetable qu'on achète à l'entrée des parcs d'attractions. Bref, nous voilà partis. Les deux premiers jours, ça va. Le troisième, le cauchemar commence (pour lui) : ses chaussures lui détruisent les pieds, il a des ampoules à chaque orteil, des crevasses, des brûlures, et évidemment, en rando itinérante, difficile de soigner ça correctement. Il avance en souffrant, mais fait semblant de tenir le coup. Moi, je fais mine d'accepter la situation, mais je bous. Cinquième jour, le cauchemar s'intensifie, il veut tout arrêter et prendre un train n'importe où. On le motive, il continue. Mais les éléments s'en mêlent : il se met à pleuvoir, et pas qu'un peu ! Ses chaussures sont trempées, forcément les blessures empirent, et sa capote de pluie ne le protège pas. À deux jours de la
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