Guerres & Histoire - Le numéro 89 du 5 février 2026

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La Une de Guerres & Histoire n°89 du 05/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Guerres & Histoire 89 VIENNE, 1683 VRAI COUP D'ARRÊT, FAUSSE FIN

VIENNE, 1683 VRAI COUP D'ARRÊT, FAUSSE FIN

L'attention du sultan Meh-med IV est délicate : c'est avec de la soie qu'il fait tresser la corde destinée à étrangler son grand vizir, le 25 décembre 1683, à Belgrade. La victime, il est vrai, n'est pas irréprochable : trois mois et demi auparavant, Kara Mustafa s'est rendu responsable de ce que nous percevons aujourd'hui comme un des pires préjudices jamais infligés à la réputation militaire de la Sublime Porte en Europe. Le 12 septembre 1683, les troupes du sultan ont piteusement levé le siège de Vienne, pourtant à deux doigts de tomber… Après cette retraite, plus rien n'a été comme avant, ainsi que l'a montré la perte définitive de la Hongrie, conquise un siècle et demi plus tôt par Soliman le Magnifique. Louis XIV derrière la Porte L'échec du siège de Vienne, vrai coup d'arrêt à l'expansion des Turcs et de l'islam en Europe, n'a pourtant pas marqué la fin de l'Empire ottoman, puisque celui-ci a survécu encore deux siècles et demi. Comment cet épisode, erreur stratégique et symbole d'hybris, a-t-il pu dès lors devenir le point de départ du déclin résistible du plus puissant ennemi des Habsbourg d'Autriche, voire de la chrétienté européenne en Europe de l'Est et même de la Mitteleuropa ? Depuis la décennie 1660, après une période de crise politique, l'Empire ottoman a repris l'offensive en Europe durant le règne de Meh-med IV, marqué par le gouvernement des grands vizirs de la famille Köprülü, notamment Ahmed Pacha et Kara Mustafa. La stratégie d'influence politique adoptée est alors celle de l'impulsion militaire plutôt que la révolution de palais. Or, si l'armée du sultan a perdu la bataille de Saint-Gothard

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Guerres & Histoire 89 LA MARINE OTTOMANE, UN SIÈCLE DE SUPRÉMATIE ABSOLUE

LA MARINE OTTOMANE, UN SIÈCLE DE SUPRÉMATIE ABSOLUE

Au début du XVIe siècle, Soliman le Magnifique dispose de la première marine du monde, rien de moins. Même Charles Quint, maître d'un empire sur lequel le soleil ne se couche soi-disant jamais, est forcé de trouver des alliés pour affronter le sultan. Et quand bien même le Habsbourg parvient à coaliser des flottes supérieures en nombre, le résultat n'est pas garanti : à Préveza, le 28 septembre 1538, sur le site d'Actium où Octave avait écrasé Antoine et Cléopâtre quinze siècles plus tôt, le Génois Andrea Doria et les 300 vaisseaux et galères de la Sainte-Ligue se font étriller par la flotte de Hayreddin Pacha deux fois moins nombreuse. Ce succès n'est ni un accident ni une exception : c'est une perle dans un collier de victoires ininterrompues entre 1470 et 1571. Qu'un peuple originaire des profondeurs de la steppe ait pu dominer les flots peut surprendre. Mais cette puissance n'émerge pas ex nihilo. Dès le Xe siècle, les Turcs seldjoukides développent des capacités navales. Le bey de Smyrne, Tzachas (ou Tchaka Bey, mort en 1093) cumule les raids en mer Égée et bat les Byzantins aux îles Oinousses, près de Chios, en 1090. Au XIIIe siècle, la puissante flotte du sultanat de Roum domine la Méditerranée orientale et la mer Noire. Les Ottomans, attirés par gravité des rudes plateaux anatoliens vers les riches plaines et cités qui bordent la mer de Marmara, se coulent ainsi dans une pratique turque bien établie. Ils auront plus tard l'intelligence de rechercher les compétences par une politique de recrutement très

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Guerres & Histoire 89 PILIER CHEVALERESQUE DE LA MAISON PLANTAGENÊT

PILIER CHEVALERESQUE DE LA MAISON PLANTAGENÊT

Il fut le meilleur chevalier du monde ! C'est par ces mots que Philippe Auguste salue en 1219 la mort de Guillaume le Maréchal. Le Capétien se montre magnanime : le défunt, régent du royaume d'Angleterre au nom du jeune Henri III Plantagenêt, avait fait échec aux ambitions de son fils, le futur Louis VIII, bien décidé à coiffer la couronne d'Angleterre. C'est du moins ce que prétend un poème biographique composé peu après le décès du héros, à la demande de ses héritiers. Quoi qu'il en soit, l'expression attribuée au vainqueur de Bouvines est restée. Quelques coups de chance Rien ne prédisposait Guillaume à connaître un pareil destin. Il est issu de la petite noblesse anglo-normande. Son grand-père sert Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre, en 1066. Le titre de maréchal qu'il reçoit alors et transmet à sa famille ne désigne qu'une fonction de second rang. Le père, Jean le Maréchal, traverse les affres de la guerre civile (1135-1153) entre le roi d'Angleterre Étienne et sa rivale Mathilde, dont il prend le parti lorsqu'elle semble en passe de l'emporter, en 1141… Ce joli coup lui permet de se remarier (il est veuf) avec Sybille de Salisbury, une riche héritière jusque-là promise à un partisan d'Étienne - un beau mariage impossible en d'autres circonstances. Troisième fils de cette union, Guillaume naît en 1146 ou 1147

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Guerres & Histoire 89 « LES INTRIGUES D'IG FARBEN ONT FREINÉ L'EXPLOITATION DES GISEMENTS PÉTROLIERS DÉCOUVERTS AU NORD DE L'ALLEMAGNE »

« LES INTRIGUES D'IG FARBEN ONT FREINÉ L'EXPLOITATION DES GISEMENTS PÉTROLIERS DÉCOUVERTS AU NORD DE L'ALLEMAGNE »

Guerres & Histoire : À la veille de la Seconde Guerre mondiale, quelle est (à grands traits) la situation pétrolière des futurs belligérants ? Daniel Feldmann : Les États-Unis extraient 60 % du pétrole mondial, mais ils en consomment presque l'intégralité. L'URSS est autosuffisante. Toutes les autres puissances doivent s'approvisionner à l'étranger, y compris les empires français et britanniques. Les gisements sont principalement situés au Venezuela et au Mexique, en Iran, en Irak et aux Indes néerlandaises. Et comme la Roumanie n'est qu'un producteur secondaire, on en conclut que les puissances européennes doivent importer leur pétrole par mer, ce qui est impossible pour l'Axe. L'exploitation du pétrole n'est que rarement nationalisée. Extraction, transport, raffinage sont assurés par des géants industriels dont on peut douter du patriotisme, au moins pour les trois plus puissants. De quelles marges de manœuvre ces entreprises disposent-elles à l'égard des gouvernements ? Il existe trois entreprises géantes qui extraient,

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Guerres & Histoire 89 L'ENCRIER-BUNKER UN OUVRAGE POUR TUER LE TEMPS

L'ENCRIER-BUNKER UN OUVRAGE POUR TUER LE TEMPS

Le 3 septembre 1939, en réaction à l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre au IIIe Reich. Lancée le 1er septembre, la mobilisation générale concerne cinq millions de Français, soit environ un huitième de la population active : 2,7 millions aux armées et 2,3 millions en réserve. Ces hommes convergent vers les gares sans enthousiasme ni défaitisme, gardant tous en tête le précédent de la Grande Guerre. Mais sur le front, rien ne bouge : l'unique offensive, menée en Sarre du 7 septembre au 17 octobre,

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Guerres & Histoire 89 DU CUIRASSÉ AU PORTE-AVIONS ET ALLER-RETOUR

DU CUIRASSÉ AU PORTE-AVIONS ET ALLER-RETOUR

Hasard du calendrier : le président de la République confirmait, le 21 décembre dernier, la construction du successeur du porte-avions Charles de Gaulle. Le lendemain, Donald Trump annonçait le début des études pour la construction d'un battleship, l'USS Defiant, navire de surface de 30 000 tonnes destiné à prendre la suite des cuirassés d'antan. Et voilà aussitôt relancé le débat sur l'obsolescence des grands navires de combat de surface, porte-avions en tête. D'autant que, quelques semaines auparavant, un wargame

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