Une atmosphère paradisiaque enveloppe la petite île Saint-Joseph qui forme, avec l'île Royale et l'île du Diable, l'archipel des îles du Salut, au large des côtes de Guyane. La chaleur humide, le martèlement incessant des vagues de l'océan sur les rochers, la nature luxuriante et sauvage, le bruissement du vent, le piaillement des oiseaux… Un véritable décor de carte postale, mais qui se fissure dès que surgissent les ruines du bagne et de ce qu'il a contenu de vies et de morts, de supplices et de souffrances. L'île Saint-Joseph bouscule, bien plus que ses deux voisines qui, pourtant, ont elles aussi accueilli des forçats. Et pour cause, de 1897 à 1938, elle abritait la Réclusion cellulaire, le « bagne du bagne », la « guillotine sèche », la « mangeuse d'hommes ». Les surnoms ne manquent pas pour désigner cet enfer où les détenus étaient maintenus à l'isolement dans de minuscules cellules des années durant, avec interdiction de parler, de fumer, d'écrire… La Guyane a une longue tradition pénitentiaire. Dès 1793, on y envoie les premiers déportés politiques de la Révolution, prêtres réfractaires,
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