Les Cahiers de Science et Vie - Le numéro 225 du 15 octobre 2025

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La Une de Les Cahiers de Science et Vie n°225 du 15/10/2025

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Les Cahiers de Science et Vie 225 L'ÉPOPÉE SOUS-MARINE

L'ÉPOPÉE SOUS-MARINE

Là, tout près de nous, à quelques encablures des côtes, sommeille un monde encore largement inconnu. « Les épaisseurs océanes » demeurent le dernier refuge du doute, l'ultime bastion de l'inconnu et de l'inexplicable sur une planète que l'homme a depuis longtemps mise à nue. Un monde encore si peu défriché que tout ou presque y paraît encore possible : faute de pouvoir s'aventurer dans ces ténèbres liquides, l'homme y a lâché les chevaux de son imagination et en a fait un territoire de dieux et de monstres. Tous les vieux cauchemars traînés depuis des millénaires par le subconscient humain semblent s'être donné rendez-vous au plus profond de l'océan. Un infra-monde peuplé de mâchoires avides, de gueules béantes et de griffes acérées, voilà comment Hugo dépeint encore les abysses en 1866 dans les Travailleurs de la mer . Alors pendant longtemps, les hommes ont préféré naviguer sur la mer plutôt que de s'y aventurer. Franchir la surface pour aller frayer avec les poissons et risquer la noyade ? Folie pure ! Et pourtant, la littérature antique abonde déjà en références aux apnéistes de la première heure, défricheurs des petits fonds. Dès le IXe siècle av. J.-C. dans L'Iliade , Homère mentionne les plongeurs pêcheurs de coquillages. Un peu plus tard, Aristote nous informe que les pêcheurs d'éponges ont déjà inventé le tuba ou plus exactement « un tube respirateur comparable à la trompe des éléphants ». Pline l'Ancien décrit les dangers de la récolte des huîtres perlières en Grèce ou dans le Bosphore lorsque ces maudits bivalves se referment parfois sur la main des plongeurs pour les trancher avec une efficacité de sécateur. Le maillot de bain n'a pas toujours été le seul instrument à la disposition des premiers explorateurs. Pour rester sous l'eau plus longtemps, il faut soit prélever de l'air en surface au

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Les Cahiers de Science et Vie 225 AU COMMENCEMENT, IL Y EUT LA ROUTE

AU COMMENCEMENT, IL Y EUT LA ROUTE

Dans les brumes du IV: millénaire avant notre ère, quelque part dans la plaine alluviale de Mésopotamie, un potier observe le mouvement hypnotique de son tour. Ses mains façonnent l'argile qui tourne, encore et encore, dans un ballet parfait entre la matière et le geste. Il ne sait pas qu'il tient entre ses doigts l'une des inventions les plus révolutionnaires de l'histoire humaine : la roue. Car c'est bien là, dans l'atelier d'un artisan anonyme de Sumer, que naît, vers 3500 av. J.-C., ce disque percé qui va transformer le monde. Conçues au cœur d'une des plus anciennes civilisations urbaines, les premières roues ne sont pas le fruit du hasard, mais celui de la nécessité : celle de produire plus vite, mieux, plus régulièrement. Elles ne roulent pas. Elles tournent sur place, solidaires de leurs tours de potier. Il faudra attendre plusieurs siècles pour qu'un génie inconnu ait l'idée de redresser la roue, de la fixer à un essieu et d'y atteler un bœuf ou un cheval. Le char est né. Dès lors, l'innovation se propage comme une traînée de poudre le long des pistes et des champs qui commencent à mailler le continent asiatique, de Sumer à l'Indus, de l'Égypte à la Chine, favorisant l'agriculture et la circulation des armées, des marchandises, des idées. Avec la roue, les empires entrent dans l'ère des grands trajets terrestres. L’Inde de l’empire Maurya institue un réseau routier d’échelle impériale, structurant son territoire avec une cohésion rare en Asie du Sud à cette époque. Au III e siècle av. J.-C., l’empereur Ashoka fait ainsi tracer de longues voies impériales entre sa capitale de Pataliputra (actuelle Patna)

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Les Cahiers de Science et Vie 225 L'OCÉAN SOUS CONTRÔLE

L'OCÉAN SOUS CONTRÔLE

ien avant l'âge des grandes découvertes européennes, des peuples tournés vers la mer ont conçu d'ingénieuses embarcations capables d'affronter les éléments. Armés d'une connaissance intime de leur environnement, ils ont entrepris de grandes explorations maritimes. Les premiers Océaniens s'étaient ainsi lancés à l'assaut du Pacifique avant même que les grands empires antiques méditerranéens ne développent des systèmes de navigation primitifs pour ouvrir de nouvelles routes maritimes et dresser les premières cartes. Au Moyen Âge, Arabes, Chinois et Européens vont perfectionner les bateaux et se lancer à leur tour à la conquête de l'océan. Grâce à des instruments de navigation toujours plus précis, la carte du monde va se remplir… « Depuis la nuit des temps, on navigue grâce aux étoiles et à la position du soleil, qui donne les directions cardinales », remarque l'historienne Emmanuelle Va-gnon (CNRS). Grands navigateurs, les Océaniens, dont les mythes d'origine évoquent des dieux « pêcheurs d'îles », ont exploré un espace immense sans instruments pour se repérer, leur art de la navigation se fondant uniquement sur une attention poussée à leur environnement, reflet d'un lien sacré avec le cosmos. Les « chemins d'étoiles » et les savoirs résultant de la patiente observation de la mer, des vents, des houles, des courants, des nuages, des oiseaux, des poissons, des algues, etc., se sont transmis oralement de génération en génération. « Par l'archéologie terrestre, on sait que les îles d'Océanie ont été peuplées dès la période de la préhistoire, ce qui impliquait des traversées à l'aide d'embarcations suffisamment grandes pour transporter des vivres », remarque Éric Rieth, directeur de recherche

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Les Cahiers de Science et Vie 225 L'ÉVEIL DU CLERGÉ

L'ÉVEIL DU CLERGÉ

En 1722, les Afghans s'emparent d'Ispahan après un siège mortifère de près de huit mois, sonnant le glas de l'empire déclinant des Safavides. Des années d'instabilité politique s'ensuivent, émaillées de guerres intestines, durant lesquelles d'éphémères dynasties se succèdent. Mais à la fin des années 1770, Agha Mohammad Khan, l'un des chefs de clan de la tribu turcomane Qadjar, se lance dans la reconquête et la réunification des territoires autrefois contrôlés par les Safavides. Parvenu à ses fins, il se fait proclamer Shah à Téhéran en 1796, inaugurant ainsi une nouvelle dynastie. Hystérique et cruel, il est cependant assassiné dès l'année suivante. Son neveu, Fath Ali, qui lui succède, entame des réformes administratives pour affermir son pouvoir. « Mais du fait de sa position géographique, la Perse devient rapidement le théâtre de la rivalité entre un Empire russe désireux de s'étendre en Asie centrale, et l'Empire britannique qui veut protéger ses possessions en Inde de ces velléités expansionnistes. Elle sera l'une des scènes importantes du “Grand Jeu” qui les opposera tout au long du XIXe siècle », souligne Thierry Kellner, spécialiste du MoyenOrient (Université libre de Bruxelles). Et dans ce jeu, la Perse va perdre beaucoup. À l'issue d'une première guerre contre la Russie, entre 1804 et 1813, le Shah est, de fait, contraint en vertu du traité de Golestan d'abandonner les provinces du Caucase et sa souveraineté sur la mer Caspienne. Treize ans plus tard, les fréquentes incursions russes sur le territoire iranien poussent

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Les Cahiers de Science et Vie 225 Il n'existe pas de partis politiques en Iran proposant une alternative.

Il n'existe pas de partis politiques en Iran proposant une alternative.

Cahiers de Science & Vie : En 1979, la révolution islamique était plurielle. Comment les clercs chiites ont-ils su s'imposer durablement ? Clément Therme : Il convient d'abord de rappeler que ni les Iraniens ni les Occidentaux ne saisissaient réellement ce que recouvrait l'idée d'une « révolution islamique ». La perspective d'une dictature religieuse leur paraissait inconcevable. Par ailleurs, les partisans de l'ayatollah Khomeiny n'étaient pas nécessairement la force armée la plus puissante de l'opposition, mais ils bénéficiaient de l'autorité d'un chef charismatique. En outre, tout comme les observateurs occidentaux, la gauche iranienne, souvent urbaine et sécularisée, a mal évalué la composition sociale du pays, en sous-estimant notamment le rôle central de la « paysannerie dépaysannée », selon l'expression du sociologue Farhad Khosrokhavar. Enfin, bien que minoritaires au sein du clergé, les khomeynistes étaient structurés, organisés, et avaient un réseau qui couvrait l'ensemble du pays. Le double discours tenu par Khomeiny entre Paris et Téhéran a permis à ses partisans de s'emparer du pouvoir sans que les autres forces révolutionnaires réalisent ce qui se jouait. La gauche a d'abord pris part à la révolution, avant d'être progressivement éliminée. Et l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein et la guerre Iran-Irak ont ensuite contribué à consolider la République islamique, nourrissant la crainte d'un coup d'État et entraînant la création de deux forces armées

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Les Cahiers de Science et Vie 225 LES MAYAS ET LES CITÉS PERDUES

LES MAYAS ET LES CITÉS PERDUES

UNE CITÉ ENFOUIE DEPUIS 2800 ANS Le 29 mai dernier, le gouvernement guatémaltèque révélait la découverte des vestiges d'une cité maya baptisée « Los Abuelos » (les grands-parents) au nord du pays. Les premières explorations ont dévoilé des pyramides et autres monuments qui dormaient depuis plus de 2800 ans dans la forêt du Petén. Situées à 21 km du site majeur d'Uaxac-tun, les ruines ont été découvertes dans le cadre du projet archéologique régional d'Uaxactun (PARU) dirigé depuis 2009 par le Slovaque Milan Kovác, mené avec des chercheurs guatémaltèques. Les archéologues ont exploré un triangle dessiné par trois sites urbains s'étendant sur 16 km2 - Los Abuelos, Petnal et Cambrayal -, dont l'occupation remonte à la période préclassique, entre 800 et 500 av. J.-C. Ils ont été surpris par « la planifi cation architecturale remarquable » sous-tendant l'aménagement territorial. Le centre cérémoniel de los Abuelos tire son nom de deux sculptures anthropomorphes datant de 500 à 300 ans av. J.-C., qui symboliseraient un couple d'ancêtres fondateurs, et comporte des alignements architecturaux témoignant de connaissances astronomiques. Organisée autour d'une pyramide haute de 33 mètres, la cité de Petnal a sans doute constitué un centre politique, tandis que le site de Cambrayal a révélé un important réseau

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