NOS EXPERTS • Vincent Azoulay est historien, spécialiste de la Grèce antique (EHESS). Coauteur de Athènes 403, une histoire chorale, éd. Flammarion, 2020. • Vincent Foucher est politologue et chargé de recherche au laboratoire Les Afriques dans le monde (CNRS/ Sciences Po Bordeaux). • Franck Gaudichaud est politologue, spécialiste de l’Amérique latine contemporaine (université Toulouse – Jean-Jaurès). Auteur de Découvrir la révolution chilienne (1970-1973), Les Éditions sociales, 2023. • Nicolas Patin est historien, spécialiste de l’Allemagne de 1914 à 1945 (université Bordeaux Montaigne). Coauteur de Le Monde nazi, 1919-1945, éd. Tallandier, 2024. • Dominique Pinsolle est historien, spécialiste du mouvement ouvrier (université Bordeaux Montaigne). Auteur de Quand les travailleurs sabotaient, France, États-Unis (1897-1918), éd. Agone, 2024. • Pierre Salmon est historien, spécialiste de la guerre d’Espagne (ENS, Paris). Coauteur de La guerre d’Espagne, 1936-1939, la démocratie assassinée, éd. Tallandier, 2026. Les Cahiers de Science & Vie : En juillet 1936, un coup d’État entraînait l’Espagne dans la guerre civile… Comment a-t-il été préparé ? Pierre Salmon : Contrairement à une idée encore répandue, ce coup d’État n’était pas la conséquence directe de l’instabilité républicaine ni de l’assassinat, le 13 juillet, du dirigeant monarchiste José Calvo Sotelo. Dès 1932, le général Sanjurjo avait tenté un coup d’État contre la République. D’autres projets furent mis en sommeil entre 1933 et 1935, et les historiens s’accordent à parler de plusieurs trames conspiratrices, à la fois civiles et militaires, qui auraient convergé vers la fin de l’année 1935, et surtout après la victoire du Front populaire, en février 1936. Si le coup d’État de juillet 1936, dont le véritable architecte est le général Mola, fut préparé dans son aspect pratique et stratégique dans les casernes, il y eut aussi une préparation politique au sein d’organisations fascistes et monarchistes – ces dernières ayant de puissants relais dans la presse. Mais les conspirateurs avaient sousestimé la résistance populaire et celle des institutions républicaines. Face à l’Union militaire espagnole, favorable aux putschistes, une Union militaire républicaine antifasciste organisa la résistance au sein des casernes. Et, dans un premier temps, la moitié des forces armées et des forces de l’ordre restèrent fidèles à la République, faisant du coup d’État un semi-échec ou une semi-réussite, selon le point de vue. CSV : Que désigne exactement le terme “coup d’État” et à quand remonte-t-il ? Vincent Azoulay :
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