Quoi de plus énigmatique que ce ciel clouté d’étoiles ? Une poignée d’hommes, éparpillés sur plusieurs millénaires et plusieurs continents, ont eu la même idée étrange et grandiose : dissi-per une part du mystère en répertoriant les astres. Leur quête céleste répondait à des motivations diverses, tantôt philosophiques, tantôt pratiques : il s’agissait de mesurer le temps, d’arriver à bon port, de choisir le moment idéal pour les récoltes ou même de tenter de lire l’avenir… Cartographier le ciel est ainsi devenu un impératif pour maîtriser le monde. Les premiers à s’être lancés dans l’aventure et en avoir laissé des traces écrites sont les prêtres mésopotamiens qui, du haut de leurs ziggourats, commencent, dès le IIIe millénaire av. J.-C., à distinguer les “astres fixes”, soit les étoiles, des “astres errants”, les planètes, et à les répertorier sur des tablettes d’argile. Les plus anciennes, retrouvées à Ninive, sont gravées d’un texte en cunéiforme, le Mul Apin, listant 66 étoiles et 18 constellations. Les tablettes elles-mêmes ont été datées de 686 av. J.-C., mais les observations présentées semblent remonter à 1370 av. J.-C. Elles sont au service d’une science divinatoire où les cycles et phénomènes célestes, calculés avec une grande rigueur
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