Me réabonner

Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3666 du 21 janvier 2026

Consultez le sommaire détaillé des articles parus dans ce numéro de Les Veillées des Chaumières.
Feuilletez un extrait de cette parution. Achetez le numéro au format papier ou numérique pour le retrouver sur votre espace client et l’application KiosqueMag.
KiosqueMag, la boutique officielle de Les Veillées des Chaumières propose l’accès le plus complet aux archives de la revue.

Feuilleter un extrait
La Une de Les Veillées des Chaumières n°3666 du 21/01/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3666 Par un beau matin d'automne

Par un beau matin d'automne

La soirée s'annonçait lourde. De gros nuages sombres caracolaient dans le ciel et des grondements commençaient à rouler dans le lointain, dont Pietro, le jardinier, se réjouissait. Esther monta se coucher de bonne heure. On aurait dit que l'orage tournait depuis des heures au-dessus de Florence. Des éclairs aveuglants criblaient le ciel sans qu'aucune pluie ne se décide à tomber. Étendue sur son lit, la jeune fille écoutait la maison craquer, les arbres du jardin gémir. Elle finit par s'endormir et quand elle rouvrit les yeux, elle perçut le bruit de la pluie sur le feuillage. L'air frais du matin s'engouffra dans la pièce sitôt qu'elle écarta les battants de la fenêtre. Dans les arbres, les oiseaux déversaient leurs trilles, plus aigus que jamais. De nouveau la tristesse submergea le cœur d'Esther. Elle fit sa toilette, puis son lit et descendit à l'office prendre une tasse de café. Marcella était là, silencieuse, pour une fois, de même que Roberto. Esther supposa une énième provocation de la jeune femme, en rapport avec le pape ou le gouvernement. Elle but sa tasse debout, près du fourneau, la rinça, l'essuya et la rangea dans le placard. - Bonne matinée ! lança-t-elle aux deux autres avant de sortir. Un peu plus tard, dans la matinée, Chiara Salvi vint l'avertir qu'un certain Maître Montoriol la demandait au téléphone. C'était si inattendu qu'Esther laissa tomber dans l'herbe le drap qu'elle s'apprêtait à disposer sur l'étendoir. - Je suis désolée, murmura-t-elle. - C'est sans importance, répondit Chiara. Venez, Esther, la communication n'était pas très bonne. À cause de l'orage de la nuit dernière, sans doute. Le salon était désert, par chance. - Allô, Esther à l'appareil, murmura la jeune fille en portant le combiné à son oreille. - Mademoiselle Revelli. Ici, Maître Montoriol, dit l'avocat d'un ton protocolaire. Je vous téléphone au sujet de l'affaire que vous m'avez confiée. Allô ? Mademoiselle Revelli ? - Je suis là, dit Esther. - Excusez-moi. Je ne vous entends pas très bien. Voilà de quoi il s'agit : une certaine Madame Angèle Simoni, résidant à Lumières, se souvient d'une jeune femme parisienne et de son bébé, lesquels auraient séjourné durant plusieurs semaines dans une auberge des environs, l 'auberge Beausoleil, précisément, au cours de l'hiver 1910. Madame Simoni est âgée et je crains que sa mémoire lui fasse défaut car certains détails demeurent nébuleux. La photographie que je lui ai montrée lui dit vaguement quelque chose. Elle est toutefois certaine que le bébé était une fille. Il serait aussi question d'une rumeur qui pourrait se rapporter à cette affaire mais sur ce point, je préfère me montrer prudent car rien de précis n'a pu être ajouté à ce témoignage. J'ai laissé mes coordonnées à cette dame. Elle a promis de me joindre au cas où un détail lui reviendrait. C'est à peu près tout ce que j'ai pu glaner, Mademoiselle Revelli. - Félix ! osa murmurer Esther, en dépit de la douleur qui étreignait son cœur. - Maître Montoriol, je vous prie. - Maître… oh ! soupira la jeune fille. Que se passe-t-il donc, Félix ? Est-ce tout ? Je me trouvais dans le jardin, il y a

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3666 Faveurs royales

Faveurs royales

Bientôt la construction de Neuschwanstein commença. Puis celle de « Meicost Ettal », (anagramme de « L'État, c'est moi », nom donné au château de Linderhof par le roi) suivi par celle d'Herrenchiemsee. Ces palais, extraordinaires pour l'époque, jugés souvent extravagants et qui, aujourd'hui encore, nous choquent ou nous enthousiasment, selon que l'on est réaliste ou d'esprit romantique, déchaînaient la verve des journalistes du monde entier. Christina, bien qu'elle se soit passionnée pour l'œuvre du roi, n'imaginait pas ce que serait ce château construit sur un piton rocheux face à Hohenschwangau, ce Neuschwanstein (« La nouvelle pierre du cygne ») sorti tout droit d'un croquis de décorateur de théâtre… Une vaste demeure isolée du monde, sans âge, parce que née, semble-t-il, sous un coup de baguette magique, émergeant des forêts dans la brume d'un matin d'été et prêt à s'écrouler comme un château de cartes, à s'évanouir comme un mirage ou à vous envoûter comme un sortilège. Aussi seul que l'était ce grand vaisseau de pierre s'appuyant sur des rochers pour mieux voguer dans les nuages, le roi donnait libre cours, au travers de ces créations, à sa recherche insatiable de Dieu, tel Parsifal en quête du saint Graal. DEUXIÈME PARTIE Chapitre 1 De sa voiture lancée au petit trot dans les rues de Munich, Christina regardait défiler les façades des hôtels particuliers. Cavaliers et attelages se croisaient, assez peu respectueux des curieux qui, sur la Marienplatz, s'attroupaient pour mieux voir les travaux du nouvel hôtel de ville dont le carillon, le Glockenspiel, deviendrait célèbre dans toute l'Allemagne. Quand elle passa devant la demeure d'Eva Lottenbach, la jeune femme ne demanda pas au cocher de s'arrêter, car elle entretenait avec la baronne des relations plus mondaines qu'affectueuses. À son côté, Fey s'amusait de l'animation qui régnait dans la cité bavaroise. Sa main, très souvent, rejoignait celle de sa mère. Les questions fusaient et la jeune femme mettait un point d'honneur à y répondre avec brio. Grâce à sa vigilance, Fey parlait couramment anglais et allemand. C'était une beauté pour ses dix-huit ans : élancée, le teint mat, les cheveux bruns bouclés, le regard étincelant… Chaque fois que Christina posait les yeux sur sa fille, elle découvrait que sa ressemblance avec Axel de Ferczy allait en s'accentuant. Pendant toutes ces années, la princesse avait tremblé à l'idée de revoir le Hongrois. Par Ida de Ferenczy, dame d'honneur de l'impératrice Élisabeth, qu'elle avait eu l'occasion de recevoir au palais Steinen, Christina savait que l'officier qui vivait en ermite dans son domaine de Debrecen ne s'était pas marié. Elle en concevait une certaine fierté, comme si le comte, en prolongeant son célibat, lui demeurait malgré tout fidèle. Certes, elle lui en voulait de sa défection, de sa lâcheté, mais sa rage ressemblait encore à de

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3666 Cinq femmes dans l'Histoire

Cinq femmes dans l'Histoire

Annette expliqua comment elle était entrée, un peu par hasard, dans le mouvement. Un jour, dans un café, un jeune homme à l'air suppliant lui avait précipitamment demandé d'aller porter à sa place une lettre dans une maison toute proche de là, car il avait la certitude d'avoir été suivi. Prise de court, elle avait accepté. Le jeune homme l'avait reconnue et abordée dans la rue quelques jours plus tard et lui avait demandé, sans lui cacher ce qu'elle encourait, si elle voulait se charger d'autres missions de ce genre. Et voilà comme elle était devenue un agent de liaison entre des résistants de Paris et ceux de Villiers. - Et quoi ? termina-t-elle. Allons-nous encore longtemps subir l'Occupation comme des moutons ? Et elle eut des mots très durs pour son cousin Paul qui s'était laissé rafler pour le STO, au lieu de chercher à rejoindre par exemple un maquis de jeunes réfractaires qui s'était constitué dans la campagne non loin de Villiers. - Mais il n'en connaissait sûrement même pas l'existence, dit Angélique. Tu penses bien qu'on ne parle de ça à la Franche-Pierre ! Les deux parents vécurent la fin de la guerre dans l'angoisse permanente, encourageant sans cesse leur fille à redoubler de prudence. Pourtant, au fond, ils étaient fiers que la jeune fille un peu mièvre soit sortie de son cocon, ait quitté piano et broderie pour vivre quelque temps une existence un peu plus exaltante. Marthe, quant à elle, se vanterait longtemps, une fois remise de sa frayeur, d'avoir elle aussi, oh ! modestement et bien malgré elle, aidé ce mouvement clandestin qui avait aidé à la libération du pays. L'intérêt soudain pour ses deux oncles morts pour la France, qui s'était transcendé en un engagement qui avait été mis sur sa route par hasard, la satisfaction d'une opération réussie, à laquelle elle avait participé, les risques, la peur qui noue le ventre, la pression constante qu'elle avait subie pendant des mois, manquèrent à Annette quand tout fut terminé. Lorsqu'elle se rendit sur la tombe de Louis et Antoine pour leur dire que le pays était enfin débarrassé de l'occupant, elle se sentit heureuse, mais vide aussi. Emportée par son élan, elle avait vécu à cent à l'heure et voilà qu'elle retombait d'un coup dans sa vie d'avant, qu'elle avait cru aimer pourtant. Désœuvrée, bizarrement fatiguée de ne rien faire, elle se traînait lentement entre sa

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3666 Régalez-vous pour la Chandeleur !

Régalez-vous pour la Chandeleur !

Ingrédients : 250 g de farine - 1 c. à café de sel - 50 g de sucre semoule (+ pour la finition) - 2 c. à soupe d’huile d’olive - 1 bain d’huile de friture Pour la sauce : 10 cl de crème liquide entière - 75 g de chocolat noir à 90 % de cacao - 1 c. à soupe de miel - 2 c. à café de café lyophilisé.Réalisation- Mélangez au robot pétrin la farine avec le sel. Tout en battant, versez l'huile d'olive et 25 à 30 cl d'eau bouillante afin d'obtenir une pâte collante. Transférez dans une poche munie d'une douille moyenne cannelée. Réservez au réfrigérateur 30 min. - Préchauffez le bain de friture à 180

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3666 En toute discrétion

En toute discrétion

C'était l'heure creuse de l'après-midi dans cet élégant bar-restaurant parisien. Les derniers clients du déjeuner étaient partis, l'odeur tenace des cigares flottait encore dans l'air. Déjà, les serveurs dressaient les tables pour le dîner. Bientôt, ceux qui viendraient pour prendre l'apéritif au bar franchiraient les portes à tambour. Le rythme infernal reprendrait : saluer, prendre les commandes, placer les consommations sur un plateau d'argent, ensuite se frayer un passage sans faire de casse parmi les autres serveurs affairés et sourire, toujours sourire… Jules en était fatigué d'avance. En attendant, derrière le comptoir, il rinçait ou essuyait mollement des verres. Ce n'était pas le jour d'inspection du grand patron, il pouvait donc rêvasser un peu. Qu'est-ce qui l'avait pris de quitter la fabrique où il travaillait auparavant pour prendre cet emploi ? L'attrait du beau monde, d'un univers de luxe et de légèreté, l'envie de ne pas voir tous les jours les mêmes têtes fatiguées de ses collègues. En fait, ici aussi, il voyait toujours les mêmes bobines, songeait le jeune homme au bout de six mois dans son nouvel emploi. Beaucoup des habitués du lieu avaient même leurs jours de prédilection. Le lundi, par exemple, il était sûr de voir le comte de Grieux, tout de noir vêtu, toujours seul. Le mardi, un riche banquier du quartier accompagné d'une femme de vingt ans sa cadette qui n'était sûrement pas son épouse. Le jeudi, c'était une marquise qui venait prendre le thé avec des amies. Elles laissaient dans l'atmosphère des effluves de riches parfums et caquetaient comme des poules. En revanche, un qui venait souvent à l'improviste passer de longues heures dans les lieux, pour manger ou juste prendre un verre, c'était le jeune Antoine de Cognières, fils d'un richissime industriel, toujours flanqué d'une adorable jeune femme un peu vulgaire, qui parlait haut et riait beaucoup. Elle avait tout d'une cocotte, murmuraient les membres du personnel qui s'y connaissaient mieux que lui en la matière, apparemment. Eux, Jules les aimait bien. Ils n'étaient pas bégueules, lui disaient toujours deux ou trois mots gentils.

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3666 Recherche Willie désespérément

Recherche Willie désespérément

Le bruit fit sursauter Mathilde. Elle pensa au cri d'un animal. Ce fut rapide et furtif, dans les lueurs orangées du crépuscule qui l'entouraient. Elle se figea sur le pas de sa porte. L'œil aux aguets, elle scruta les ténèbres environnantes. Elle pouvait encore apercevoir, au loin, la trajectoire de la digue. À marée haute, les vagues de l'océan venaient se briser sur le littoral et entraînaient avec elles des milliers de cailloux ronds. Le vacarme, alors, pouvait être assourdissant. Le roulement intempestif des galets qui s'entrechoquaient en venant heurter le trait de côte lui était peu à peu devenu familier. Ce soir-là, elle avait voulu profiter des heures creuses de la marée basse pour contempler le coucher du soleil dans sa lumière faible et incertaine. Elle pouvait deviner le léger frémissement des vagues lorsque la mer, majestueuse, décidait de se retirer. Elle se réjouissait de ce moment d'apaisement. Soudain, le cri qui avait surgi de la nuit se reproduisit. Plus attentive, cette fois, elle reconnut une sorte de jappement - plus clair et moins grave que l'aboiement d'un chien adulte. Elle perçut dans ce SOS l'appel de détresse lancé par un chiot égaré dans son jardin. D'une nature curieuse, elle retourna dans la cuisine pour s'emparer d'une lampe de poche. Ainsi, en se frayant un chemin à travers la purée de pois qui s'abattait autour d'elle, elle se laissa guider par les faibles sons que continuait de produire l'animal. Elle orienta la lumière de sa torche vers l'un des buissons de lauriers qui se dressaient à l'arrière de la maison. Là, elle découvrit un chiot de quelques mois, en partie dissimulé par un amas de végétaux. - Oh ! Mais que fais-tu là ? s'écria-t-elle. Recroquevillé, il dressa vers elle sa tête blanche, bigarrée de noir. Il tremblait de peur. En se penchant vers l'animal, elle constata qu'une laisse était encore accrochée à son collier. Elle se saisit avec précaution du chiot et l'emporta chez elle. - Là, calme-toi !

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3666 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

J'achète ce numéro

Voir toutes les archives de Les Veillées des Chaumières

Tous les numéros de Les Veillées des Chaumières

J'aime Les Veillées des Chaumières ? Je m'abonne

Nos offres d'abonnement à Les Veillées des Chaumières
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque