Me réabonner

Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3667 du 4 février 2026

Consultez le sommaire détaillé des articles parus dans ce numéro de Les Veillées des Chaumières.
Feuilletez un extrait de cette parution. Achetez le numéro au format papier ou numérique pour le retrouver sur votre espace client et l’application KiosqueMag.
KiosqueMag, la boutique officielle de Les Veillées des Chaumières propose l’accès le plus complet aux archives de la revue.

Feuilleter un extrait
La Une de Les Veillées des Chaumières n°3667 du 04/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3667 Les marées d'Irlande

Les marées d'Irlande

Mary O'Boyle leva les yeux vers le père Sweeney, qui avait écouté ses paroles avec attention. Le prêtre ferma les yeux un instant, pour réfléchir. Lorsqu'il les rouvrit, le regard de Mary était toujours posé sur lui. - Vous comprenez, mon père, dit Mary, ils ont disparu depuis deux jours et je ne sais plus quoi penser. C'est la première fois que Padraig… Elle s'interrompit brusquement comme si elle ne s'autorisait pas à formuler sa pensée à haute voix. Le père Sweeney hocha la tête pour lui indiquer qu'en dépit de son silence, il comprenait la gravité de la situation. - Je prie la Sainte Vierge, reprit Mary. Mais j'ai peur de perdre espoir. - Je comprends ton désarroi, Mary, répondit le père Sweeney d'une voix grave. - Deux jours sans aucune nouvelle, ajouta-t-elle d'une voix angoissée. Le père Sweeney soupira. - Aucune recherche ne peut être entreprise tant que la tempête persiste. La mer est déchaînée, organiser des recherches dans ces conditions ne servirait à rien, dit-il en jetant un regard à la vitre contre laquelle frappaient des bourrasques de pluie. Aucun marin ne prendra la mer par ce temps de toute façon. Fût-ce pour aller chercher l'un des siens. - Mais alors que peut-on faire ? interrogea Mary d'une voix désespérée. - Prier, répondit posément le père Sweeney, et attendre que la mer se calme. La tempête cessera bientôt et nous pourrons commencer des recherches. - Pensez-vous qu'ils soient encore vivants ? interrogea Mary dont l'angoisse était perceptible. - Dieu seul le sait, Mary. Mais il aime et protège ses enfants et nous devons lui conserver notre confiance, en toutes circonstances. N'oublie pas que Padraig est un marin aguerri et qu'il a déjà surmonté des tempêtes pires que celle-ci. Les paroles du père Sweeney, sans parvenir à réconforter totalement son interlocutrice, apaisèrent un instant son angoisse. Lorsque l'on est pris dans une bourrasque, pensa-t-elle, il est inutile de se débattre, cela ne fait qu'accroître la peur. Quand elle était enfant, sa grand-mère lui répétait souvent qu'en cas de gros vent, il fallait garder son calme et chercher un endroit où s'abriter, le temps que la bourrasque passe. Elle esquissa un faible sourire en direction du père Sweeney pour lui indiquer qu'elle avait compris. - As-tu de quoi faire face aux dépenses usuelles ? lui demanda-t-il. - Non, murmura-t-elle en baissant la tête, tant le sujet l'embarrassait. Elle craignit un instant que le père Sweeney n'imagine que c'était l'objet de sa visite. En l'absence de son mari et de la vente du produit de sa pêche, la pauvre femme se trouvait sans ressources. La vie était dure dans cette région d'Irlande et rares étaient ceux qui avaient des économies. - C'est ce que je pensais, dit le père Sweeney en se levant pour se diriger vers un coffret dont il sortit cinq guinées, qu'il posa sur son bureau, face à Mary. Cela t'aidera à payer les traites de la semaine en attendant le retour de Padraig. Émue, Mary chercha des mots pour remercier le père Sweeney de sa bonté, mais fut incapable de les articuler. Elle n'aurait pu donner un âge précis au vieil homme mais aussi loin qu'elle s'en souvenait, le père Sweeney avait toujours été le prêtre de la paroisse de Clifden. Il avait célébré son mariage avec Padraig, vingt-cinq ans auparavant, et baptisé leurs trois fils. Elle chercha

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3667 Par un beau matin d'automne

Par un beau matin d'automne

Chapitre 34 De nouveau sur les routes, mais en compagnie d'Isabelle, cette fois. Une Isabelle très différente de celle que connaissait Esther, vêtue à la diable d'une robe polo en jersey bleu ciel et chaussée d'espadrilles. Ses cheveux bouclés étaient emprisonnés dans un foulard fleuri. - Nous allons faire l'école buissonnière, avait-elle décrété en s'installant au volant d'une Citroën qu'elle prétendait conduire de main de maître. - Ne vous inquiétez pas, c'est Édouard qui m'a appris à la piloter, avait-elle ajouté tandis que les faubourgs de Nice s'effaçaient derrière elles. On ne le dirait pas, mais chaque voiture a ses particularités or, il se trouve que celle-ci n'a fait aucune difficulté pour se laisser apprivoiser. Le croirait-on avec une telle carrosserie ? J'ai pris cela pour un signe… Je vois à votre air que vous ne me croyez pas. Ou bien, vous vous figurez que je me moque de vous, mais pas du tout, ma chère ! - C'est juste que je suis surprise de vous voir au volant, avait répondu Esther. Je vous imaginais plus… - Plus conventionnelle. Allons, soyez franche ! s'était écriée Isabelle. En même temps, cela ne m'étonne pas. C'est l'image que je donne en permanence. L'image que l'on attend de moi… La mécanique est peut-être réservée aux hommes, de même que l'on attribue la broderie aux femmes, mais il se trouve que je ne sais pas broder, ni coudre, d'ailleurs. Je joue au bridge. Plutôt bien. Cela convient à beau-papa. Jacqueline est beaucoup plus tolérante à cet égard. - De la mécanique ? - Oui, c'est bien de cela que je parle… Vous ne la connaissez pas bien mais sachez que dans sa jeunesse, notre belle-mère était une sportive accomplie : ski, natation, tennis. Elle a remporté je ne sais combien de médailles et de coupes. Tout cela dort au grenier depuis des lustres et personne n'en parle. Saviez-vous qu'elle est par ailleurs agrégée en histoire de l'art, ainsi qu'en histoire des civilisations ? À cela non plus, personne ne fait jamais allusion. Elle-même semble en avoir pris son parti. Seigneur ! Que cette route est mauvaise ! Je suis désolée pour les chaos. Pourvu que l'on ne crève pas ! - Que ferons-nous, si c'est le cas ? s'était inquiétée Esther. - Nous changerons la roue. - Vous savez comment vous y prendre ? - Il faut bien, quand on se targue d'être une bonne conductrice. Ce que je suis, n'est-ce pas ? Vous n'avez pas la frousse, au moins ? Esther avait fait signe que non. Elles roulaient maintenant toutes vitres ouvertes et la poussière lui faisait cligner des yeux. Isabelle, prévoyante, avait chaussé des lunettes aux verres fumés qui transformaient son visage. - Ma marraine habite une authentique demeure arlésienne, reprit-elle d'un ton curieusement adouci. C'est une femme adorable, vous verrez. C'est elle qui m'a en partie élevée, après la mort de ma mère. J'avais cinq ans… Mon père était archéologue et donc, sans cesse par monts et par vaux. Ma mère l'assistait dans tous ses chantiers. Elle a succombé à une mauvaise fièvre, en Égypte. Mon père aussi, est décédé, onze ans plus tard, d'une maladie étrange qui a eu raison de lui en quelques semaines…

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3667 Faveurs royales

Faveurs royales

David était-il pour Fey un prétendant souhaitable ? Elle en doutait. Christina avait pour sa fille de plus hauts projets. Et ce n'était pas en épousant David, ce bâtard, que cette dernière accéderait aux honneurs pour lesquels elle était préparée depuis sa tendre enfance. Le majordome frappa à la porte du salon et y pénétra discrètement. Sur le plateau d'argent qu'il présenta à la princesse se détachait une carte de visite. Le cœur de Christina se serra inexplicablement. Elle s'empara du Bristol. Alors tout parut tourner autour d'elle. Les mots dansaient devant ses yeux un ballet machiavélique : LE COMTE AXEL DE FERCZY sollicite de Son Altesse le prince von Steinen quelques instants d'entretien. La jeune femme passa une main sur son front. Comment cela pouvait-il arriver ? Quel dieu malin cherchait à provoquer la rencontre qu'elle avait tant de fois redoutée ? Et que voulait le Hongrois, après tant d'années de silence ? - Pourquoi m'avoir apporté cette carte ? demanda la princesse. Vous savez que mon mari est absent pour une semaine au moins. - J'ai pensé bien faire, Votre Altesse. Le visiteur a cru bon de me préciser qu'il venait de très loin. - De très loin… reprit Christina en un souffle. De plus loin que vous n'imaginez… Devant la mine étonnée du domestique, elle se leva, fit quelques pas dans le salon. - Je le recevrai, dit-elle. - Bien, Votre Altesse. Prêt à se retirer, le majordome se ravisa. Il s'apprêtait à allumer les candélabres, quand Christina d'une voix affolée : - Non ! laissez, Arthur. Il fait encore jour. - Comme Votre Altesse voudra. Elle se dit que le crépuscule serait son complice. Il poserait un masque sur ses traits bouleversés. Elle ne devait pas rester près de la fenêtre, mais se confondre avec la pénombre, énigmatique, comme cet homme, cet étranger qu'elle avait aimé le serait pour elle… Insaisissable. Précipitamment, elle changea de fauteuil, emportant sa corbeille à ouvrage. Puis elle se remit à broder. Ses doigts tremblaient en maniant l'aiguille. La porte s'ouvrit. Sur le seuil apparut Axel. Il était vêtu d'un habit sombre. On l'avait débarrassé de sa cape que la neige émaillait de fleurs cristallines et éphémères. Il était là, tel qu'elle l'avait si souvent imaginé. Ses yeux s'habituaient difficilement à la demi-lumière, pourtant il repéra très vite la jeune femme. - Madame, dit-il simplement, je vous remercie de me recevoir. Elle avait oublié la musique de sa voix. Il s'inclina devant elle. Christina ne lui tendit pas la main. Un froid qu'elle ne pouvait contrôler glaçait son corps, et son cerveau était en feu. - Je ne sais ce qui me vaut l'honneur de votre visite. Veuillez vous asseoir, je vous en prie. Monsieur de Ferczy. D'un geste, elle lui désigna un fauteuil, puis ses mains, fébrilement, s'accrochèrent de nouveau au

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3667 Cinq femmes dans l'Histoire

Cinq femmes dans l'Histoire

Bientôt, le médecin sortit, un grand sourire aux lèvres. - C'est une petite fille, annonça-t-il. D'un petit poids, mais qui a l'air en parfaite santé. Toutefois… - Quoi ? s'inquiéta le jeune grand-père. - Je crois… qu'il y a un second bébé qui s'annonce. En effet, un quart d'heure plus tard, une autre petite fille faisait son entrée dans le monde, et ce fut un Nicolas ému qui courut au chevet d'Annette serrant contre elle ses deux bébés. - Eh bien, plaisanta Angélique, nous voilà doublement grands-parents ! - Deux de tes frères étaient jumeaux, dit Nicolas. La science ne se prononce pas encore clairement sur la question, mais il peut y avoir un facteur héréditaire à la gémellité. Annette avait, quant à elle, immédiatement pensé à ses oncles qu'elle n'avait jamais connus à l'arrivée du deuxième bébé. Mais déjà elle s'habituait à l'idée d'avoir deux enfants et elle caressait doucement les épais cheveux bruns sur les minuscules têtes. On téléphona aussitôt à la Franche-Pierre où l'annonce de la double naissance fut accueillie avec une joyeuse surprise. - Vous entendez, Eugène, ce sont des jumelles ! cria Olympe à son mari devenu dur d'oreille. Le vieil homme sourit : il eut la même pensée que sa femme. Des jumelles, comme Louis et Antoine dont le souvenir restait encore si vivace dans leur cœur… La famille Besnard vint dès la semaine suivante à la Franche-Pierre présenter les deux petites représentantes de la nouvelle génération. Marthe les trouva ravissantes, même si elles n'étaient apparemment pas destinées à ressembler aux Mathouret, pensa-t-elle en les examinant. Mais elle avait eu plusieurs mois pour se faire à l'idée que l'enfant à venir avait une ascendance… atypique, disait-elle. - As-tu déjà pensé aux prénoms ? demanda-t-elle un peu anxieusement à sa nièce. Allait-elle les affubler de prénoms juifs, en souvenir de leur père ? Annette sourit, garda le silence un instant, pour maintenir le suspense. Oui, elle était même sûre des prénoms que porteraient ses filles. La veille, elle s'était rendue sur la tombe de ses oncles, qui constituait souvent un de ses buts de promenade. Là, leurs prénoms gravés sur la pierre lui avaient comme sauté à la figure. Après tout, n'était-ce pas indirectement grâce à eux que son destin de jeune bourgeoise un peu sotte avait subitement dévié, quand on lui avait parlé à

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3667 Un blessé peu ordinaire

Un blessé peu ordinaire

Un peu partout dans la petite ville, on se réjouissait. Enfin, la guerre était terminée. Des bals sauvages étaient organisés, on riait, on chantait. Plus de couvre-feu. On retrouvait le goût des distractions si longtemps interdites par l'occupant. Jean Thibaudet, partageant lui aussi le soulagement et la joie de tous, s'engagea d'un pas allègre dans la petite rue des Cordonniers où une femme, qui se sentait sur le point d'accoucher, venait de l'appeler. Il leva les yeux vers le fond de la ruelle où se tenait un ancien entrepôt de grains qui avait servi de caserne aux Allemands pendant quatre ans. Elle était désormais désertée. Un vacarme soudain le fit se retourner : deux camions s'engageaient à toute allure dans la rue. Le sinistre insigne qu'ils portaient sur leurs flancs fit frémir Thibaudet. Il s'arrêta, abattu, devinant dans les quatre militaires qui en sortirent quelques membres d'une de ces divisions de l'armée ennemie en déroute qui refluaient vers l'Allemagne. Celui qui semblait être un gradé hurla des ordres. Les trois autres se mirent à courir sur le trottoir et à faire reculer vers l'entrepôt la dizaine de passants qui s'y trouvaient, pressés de rentrer chez eux car la nuit tombait. Les plus récalcitrants se virent gratifiés de coups de crosse de fusil dans le dos. - J'en ai assez ! hurla le soldat à la petite foule. Depuis trois jours, on nous tire dans le dos, on nous tend des embuscades ! J'ai trois blessés graves ! J'attends des renforts qui vont quadriller la ville à la recherche de ces terroristes ! Les gens, épouvantés, se regardaient, hagards. Quoi ? Ne leur avait-on pas dit que Rougemont était libéré ? N'avaient-ils pas acclamé ces jours derniers les premiers Américains qui y avaient fait leur entrée ? C'était à n'y rien comprendre. - En attendant, tant que je n'ai pas retrouvé les coupables, vous êtes tous otages ! Un murmure de terreur parcourut la foule. Une femme hurla. - Attendez ! cria Jean Thibaudet en faisant un pas en avant. Ces gens n'y

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Les Veillées des Chaumières 3667 Un menu pour déclarer sa flamme

Un menu pour déclarer sa flamme

Ingrédients : 1 pomme granny- smith - 1 petit morceau de gingembre frais - 2 crevettes roses décortiquées - 1/2 branche de céleri (avec les feuilles) - le jus de 1/2 citron - 2 feuilles de menthe - 1/2 c. à s. d’huile d’olive - sel Réalisation - Pelez les pommes et le gingembre. - Lavez le céleri. - Taillez grossièrement les pommes, le gingembre et le céleri puis passez-les à la centrifugeuse (ou au blender pour plus de matière ; dans ce cas, ajoutez 30 à 40 cl d'eau avant de mixer). - Incorporez le jus de citron et une pincée de sel. - Répartissez la boisson dans 4 verres à jus de fruit. - Piquez les crevettes sur des piques en bois et déposez-les sur les verres. -

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Veillées des Chaumières n°3667 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

J'achète ce numéro

Voir toutes les archives de Les Veillées des Chaumières

Tous les numéros de Les Veillées des Chaumières

J'aime Les Veillées des Chaumières ? Je m'abonne

Nos offres d'abonnement à Les Veillées des Chaumières
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque