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Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3670 du 18 mars 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3670 du 18/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3670 La Relève

La Relève

Je ne savais pas quand j'allais revenir ici auprès de ceux que j'aimais. La prochaine fois ce serait avec ma femme et mes filles, je m'en faisais la promesse. Le voyage du retour allait être long. Il y avait eu des contrôles, des alertes, chacun se lançait des regards suspicieux. L'ambiance était lourde, la guerre trop longue, les gens en avaient assez. Le monde n'en pouvait plus. On regardait vers le ciel, on se demandait ce qu'attendait Dieu pour faire cesser cette horreur, faire taire les fusils, retenir les bombes, arrêter les pelotons d'exécution, ramener les prisonniers, libérer tous les internés, rendre les pères à leurs enfants, rassembler les familles. C'était Robert qui était venu me chercher car il savait bien que je revenais toujours chargé de Cassagnac. Et le temps avait filé si vite. Les choses se précisaient. D'abord je devais faire contrôler mes vaccins. Il y avait quelque temps déjà, j'avais été traité contre le typhus. Il m'avait fallu aussi sortir mes uniformes. Il était vrai que je ne les portais guère, je n'avais même pas cousu mes galons de capitaine. Mariette s'empressa de le faire. Éloïse ne laissa à personne le soin de préparer mes bagages. Mon départ était prévu pour le 10 février, j'avais déjà mon ordre de mission. Je devais partir de la gare de l'Est pour ce long voyage. On m'avait très généreusement accordé de ne pas travailler cette dernière semaine, ainsi je pouvais profiter de ma petite famille. On avait beau essayer de ne pas trop y penser mais on comptait les jours puis les heures et ainsi arriva la dernière nuit. Je restai de longues minutes à regarder mes petites princesses dormir : Emma qui suçait son pouce, sa jolie tête blonde appuyée sur le bras de son nounours ; Lydie roulée en boule dans son lit, ses boucles brunes s'étalant sur la taie brodée de roses. Dans combien de temps aurais-je la joie de les voir ainsi endormies ? Je ne voulais pas y penser. Je sentais les mains de ma douce s'enrouler autour de ma taille, ses lèvres glisser sur mon cou. Elle sentait bon. Elle s'était penchée et ses boucles courtes vinrent me chatouiller les narines. J'eus envie de rire. C'était bon de pouvoir repousser l'angoisse du lendemain, ce demain qui allait m'entraîner si loin de tout ce que j'aimais le plus au monde. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit, trop pressés d'emmagasiner les plus doux souvenirs, les baisers et les caresses les plus tendres, les mots à la fois précieux et idiots que l'on échange quand on est amoureux. Au matin j'ai revêtu mon uniforme, je me sentais drôle. Éloïse avait eu du mal à me regarder ainsi : - Vous êtes beau, mon ami, mais ne m'en voulez pas si je vous préfère en costume de ville ou dans votre longue blouse blanche. - Ne vous inquiétez pas, je l'emporte aussi ! - Est-ce que vous avez vos provisions pour la route ? - Oui, ma chérie, Mariette a tellement rempli mon havresac que je crois qu'il va éclater avant d'arriver. - Et les valises, vous les avez vérifiées ?

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Les Veillées des Chaumières 3670 La Maison des rêves

La Maison des rêves

Le docteur Carey avait le mérite de n'être pas bavard, perdu qu'il était dans ses grimoires et autres incunables dont regorgeait la bibliothèque. C'était lui qui avait choisi plusieurs d'entre eux que Lord Winfield avait dû vendre pour payer des réparations urgentes sur la toiture de Dream House. - Pourquoi ne cédez-vous pas vos chevaux plutôt que ces documents précieux ? - Parce que je préfère les êtres vivants aux livres poussiéreux ! - Si votre père vous entendait ! - Il ne m'approuverait peut-être pas, mais lui n'a pas eu à s'en séparer pour payer ses dettes ! Malgré les difficultés évidentes auxquelles devait faire face le Lord, les domestiques étaient payés au jour dit, et les fournisseurs aussi. - Tout de même, si vous épousiez Miss Anderson, ce domaine retrouverait un éclat que les ans lui ont ravi… disait le docteur Carey en hochant la tête. De plus, c'est une bien jolie personne qui ne pourrait que vous faire honneur. Vous savez que, depuis son installation à Inverness, elle est reçue partout, surtout depuis que l'on sait l'intérêt que vous lui portez… - Je ne l'ai accompagnée que deux fois… - Mais cela n'a pas manqué de faire jaser, mon cher ami, et vous avez fait soupirer bien des mères qui ont une fille en âge de se marier… - Suis-je un parti si intéressant ? - Oui, pour ce que vous représentez. Dans la pénombre qui envahissait peu à peu le bureau où Sir Alan se tenait toujours, le cartel sur la cheminée sonna treize heures. Il tressaillit et s'arracha au spectacle de la nature, afin de ne pas faire attendre son hôte pour le lunch. Carey se tenait près de la longue table de bois où deux couverts avaient été dressés. Tout de suite, Catherine se présenta. - Où est l'enfant ? demanda Alan Winfield en déployant sa serviette. - À la cuisine, Votre Seigneurie. - Priez-la de venir déjeuner avec nous. - Avec vous ? La gouvernante ouvrait des yeux ronds. - Nous devons faire plus ample connaissance. - Elle ne quitte pas le petit Linley. Croyez-moi, c'est un tableau qui vous fend le coeur. Si jeune et déjà si accablée par la vie ! - Justement, Catherine. Il faut réparer un peu cette injustice. - Comme Votre Seigneurie voudra. Elle n'approuvait pas tout à fait la décision du maître de céans, mais elle s'empressa d'aller chercher Carolly. - Laissez Linley dans le panier avec Rosy. Ces deux poupons semblent parfaitement s'entendre. Nous ne les avons pas entendus pleurer de la matinée ! - Je… Je n'ai pas faim… - Allez donc ! Vous vous forcerez, voilà tout ! Carolly avait la tête qui tournait quand elle pénétra dans la salle à manger. Catherine lui apporta

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Les Veillées des Chaumières 3670 Le courrier des lectrices

Le courrier des lectrices

Gilberte décida d'aller se recoucher pour tenter de se rendormir, mais peine perdue, elle n'avait en tête que la formulation des remerciements qu'elle allait envoyer. Elle s'y attacha dès après son petit-déjeuner. La rédaction des quatre courriers, bien que brefs, occupa une bonne partie de sa matinée. Celle qui lui prit le plus de temps fut celle à la vieille dame hospitalisée à qui elle ne savait comment manifester sa compassion. Puis il fallut remercier la Veilleuse qui avait joint à sa lettre un magnifique papillon séché, qu'elle avait extrait de sa collection pour lui en faire cadeau, disait la dame qui se prénommait Hortense. Épuisée (depuis combien de temps ne s'était-elle pas livrée à cette activité de correspondance ?), elle décida d'aller prendre l'air un instant, et tiens, faire un tour à sa boîte aux lettres, avec l'espoir secret que… Il y avait bien d'autres lettres, cinq en tout. Peut-être les expéditeurs les avaient-ils envoyées plus tard, ou bien elles avaient été retardées dans les mystérieux méandres de la poste. Gilberte remonta à son appartement, constatant qu'elle ressentait comme un frémissement de joie, d'énergie, parfaitement inhabituel. Et ce fut une mère studieuse, penchée sur sa table comme une écolière appliquée que Françoise trouva en cet après-midi de mercredi. Déjà, elle avait été surprise, et vaguement inquiète, de ne pas entendre derrière la porte le ronron de la télévision. - Tu as oublié de fermer ta porte, Maman, ce n'est pas prudent. Elle était carrément entrebâillée. Mais… et ton feuilleton ? ajouta-t-elle en découvrant l'écran noir et muet. - Ah ! J'ai dû laisser passer l'heure, répondit distraitement Gilberte en train de coller un timbre sur la quatrième lettre de réponse. - Tu réponds aux souhaits qu'on t'a envoyés ? C'est bien, dit Françoise toute réjouie. - Simple politesse. Tu me connais, j'ai toujours respecté certains usages, répondit négligemment sa mère. « De là à rater Hercule Poirot » pensa Françoise en souriant finement. Elle attendait impatiemment le départ de sa fille pour ouvrir d'autres courriers. Gilberte se jeta littéralement sur la pile une fois la porte refermée. Son émotion alla croissant, au fur et à mesure de sa lecture, et elle se rendit compte en examinant les cachets de la poste sur les enveloppes qu'on aurait presque pu faire le tour de France avec celles-ci, tant les provenances étaient variées. Pratiquement toutes les provinces françaises étaient représentées : Pas-de-Calais, Tarn, Alpes-Maritimes, Normandie, Moselle, Cantal… Et même Paris et sa région. Que de temps allait être

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Les Veillées des Chaumières 3670 Le grand saut

Le grand saut

Emma poussa la porte de la clinique des Cèdres et s'engagea dans l'allée en g ravier. Le regard posé devant elle, elle eut soudain l'impression de ne plus être invisible. Elle entendait de nouveau le bruit de la circulation à l'heure de pointe. Elle écouta avec ravissement des moineaux piailler dans les haies. Derrière elle, les murs blancs de la clinique s'estompèrent. Sa vue se brouilla de larmes. Elle chercha un banc où se reposer un moment. C'était, pour elle, trop d'émotions d'un coup ! Une multitude de pensées se télescopaient dans sa tête. La première qui lui vint à l'esprit fut l'immense soulagement d'être libérée du fardeau de la culpabilité qu'elle avait porté pendant trop longtemps. Elle ne se sentait plus responsable du sentiment d'échec qui l'habitait encore quelques jours auparavant ! Sa deuxième pensée fut pour sa bande d'amis du club de natation, les Dauphins, qui l'avait soutenue sans faillir pendant son séjour d'une semaine aux Cèdres. Aucun d'eux ne l'avait lâchée depuis le jour de son admission. Enfin, elle repensa à son médecin traitant qui l'avait encouragée d'un ton ferme en lui déclarant : - Il est grand temps que vous preniez soin de vous ! En le voyant rédiger son arrêt maladie, elle avait compris qu'elle n'avait pas d'autre choix. Elle était au bout du rouleau. Il lui fallait du repos. Elle venait de fêter ses trente ans lorsque les premiers symptômes de son mal-être étaient apparus. Le matin, elle avait toutes les peines du monde à se lever tandis que Denis, son conjoint, sifflotait déjà sous la douche. - Emma, dépêche-toi ! lui lançait-il d'une voix enjouée, presque guillerette, alors qu'elle tentait de se réveiller. Ses insomnies à répétition commençaient à laisser des traces sur son visage et brouillaient son teint qui avait été, jusqu'à présent, uni et clair. Des cernes accentuaient ses traits tirés. Son regard d'un bleu limpide s'était assombri. Denis semblait ne pas avoir remarqué les signes visibles

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Les Veillées des Chaumières 3670 Deux frères dans la guerre

Deux frères dans la guerre

Monique et sa fille Sylvie épluchaient les légumes pour la soupe du soir. Du poste de radio parvenaient les dernières nouvelles. En cette année 1959, tout le monde était suspendu à ce qui se déroulait en Algérie, en crise depuis cinq ans. Les mères, les sœurs, les épouses et les fiancées tendaient l'oreille à ce qui se passait « là-bas », dans cette lointaine contrée au-delà de la Méditerranée, où s'étalait un vaste bout de France. Elles ne saisissaient pas toujours les enjeux politiques de cette guerre qui ne disait pas son nom. Elles savaient seulement qu'un jour ou l'autre, de jeunes Français seraient appelés « là-bas ». Ils risqueraient leur vie pour préserver cette terre inconnue, en y effectuant leur service militaire pendant au moins dix-huit mois. On tremblerait alors pour eux, guetterait une lettre, attendrait une permission. Monique haïssait la guerre. La dernière lui avait pris son mari au début de 1940, juste après la naissance de ses jumeaux, Pierre et Raoul. Sa fille aînée, née en 1937, se souvenait à peine de lui. Toutefois, Monique restait patriote. Son chagrin après la mort de son mari, l'angoisse qu'elle éprouvait à présent quant au sort de ses fils qu'on appellerait bientôt sous les drapeaux, n'avaient pas éteint son sens du devoir. Elle plongea distraitement une pomme de terre dans la bassine d'eau, tendit l'oreille : le commentateur venait d'annoncer que le général de Gaulle proposait l'autodétermination pour le peuple algérien. - Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle. - Sans doute que les Algériens vont pouvoir décider eux-mêmes s'ils veulent rester Français ou pas, répondit Sylvie. - Mais… s'insurgea Monique, l'Algérie est à nous depuis longtemps ! On ne va pas l'abandonner ! - Bof… Qu'est-ce que ça nous fait, après tout ? soupira la jeune fille. C'est loin. - Tout de même ! - Ce que je vois, moi, rétorqua Sylvie, c'est que le fiancé de Lydie vient de mourir là-bas. Ça lui fait une belle jambe que l'Algérie reste française ou pas ! Je vois aussi que ça pend au nez de mes deux frères, qui sont de la classe 39, de partir eux aussi. Qu'est-ce que tu

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Les Veillées des Chaumières 3670 Le saumon à contre-courant

Le saumon à contre-courant

Ingrédients : 1 pavé de saumon frais (150 à 200 g) - 2 belles endives - 1 pomelo - 1 orange - 1 citron jaune - quelques brins d’aneth - 10 baies roses. Réalisation -Ôtez les premières feuilles des endives. Éliminez le talon s'il est un peu bruni. Détachez les feuilles des endives. Réservez le cœur (les plus petites feuilles) pour une salade. -Pelez les agrumes à vif et prélevez les suprêmes (quartiers à nu). Coupez les suprêmes en petits dés. -Taillez le pavé de saumon en petits cubes. -Ciselez finement l'aneth. -Déposez des dés d'agrumes et de saumon dans chaque barquette d'endive. Parsemez d'aneth ciselé et de baies roses grossièrement concassées. Servez bien frais. Ingrédients : 2 pavés de saumon frais de 150 à 200 g (sans la peau) - 4 kiwis -

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