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Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3671 du 1 avril 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3671 du 01/04/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3671 La Relève

La Relève

Il est arrivé une histoire affreuse, se mit à raconter Jean à ses camarades d'infortune. Un homme souffrait de crises de malaria. Je l'avais opéré d'une occlusion qui l'avait terriblement affaibli. Le médecin allemand avait confirmé mon diagnostic : cet homme devait rentrer chez lui. Tout content, le pauvre gars avait partagé ses pauvres trésors avec ses camarades, savon, tabac, eau de Cologne, morceaux de sucre et des pantoufles bien chaudes que lui avait envoyé sa femme : « Moi, j'habite à côté de Nice, le climat est doux, elles seront trop chaudes ! » Dire à quel point le bonhomme était heureux n'était pas possible. Mais voilà que la veille de son départ, un officier est venu annoncer qu'en raison des dernières évasions, la liste des rapatriés sanitaires serait réduite aux cas les plus graves. Bien entendu notre Niçois n'en faisait pas partie. C'était affreux de voir son visage se décomposer. Il ne parlait plus, ne mangeait plus. Il restait silencieux, les yeux dans le vide. Il dépérissait tellement vite que les autorités du camp l'ont fait partir rapidement mais son état s'était tellement dégradé qu'il n'arriva jamais dans son joli village. Il est mort pendant le voyage du retour, il n'avait pas pu atteindre la frontière. Il a été enterré dans un petit village de Bavière. Les jours passaient, la température s'améliorait, le printemps arriva enfin. Ce matin, il faisait à peine jour mais nous avons été réveillés en sursaut par des bombardements terribles. La RAF, certainement, larguait des bombes sur la ville voisine. Peut-être que les raids visaient l'usine de munitions. Je songeai aux Français qui y travaillaient, les ouvriers du STO. Un peu plus tard, nos gardiens allaient nous expliquer que plus de sept cents avions avaient traversé le ciel, créant une sorte de tornade de feu et de vents impressionnants, l'enfer sur Terre. Les rues semblaient fondre, les gens ne savaient où se cacher, une fumée opaque, le bruit assourdissant, la violence de l'attaque avait laissé la ville presque rasée. On disait qu'il y avait des milliers de morts, encore plus de sans-abri. Paradoxe terrible, l'usine n'avait eu que des dégâts minimes. Cette sensation était affreuse. Nous étions à la fois heureux de savoir que les Anglais se battaient contre notre ennemi et en même temps, quelle tristesse de savoir que tant de pauvres gens étaient morts, blessés. Nous-même nous tremblions puisque notre camp pouvait aussi être bombardé. Dans les premières heures de la matinée, le commandant m'avait fait appeler. L'hôpital de la ville avait été en partie touché. Il m'avait demandé si j'acceptais de me rendre sur place. Il y avait des personnes très sérieusement brûlées, certaines au visage. Je pouvais certainement intervenir sur ces blessures. Comment refuser de faire mon métier ? Je demandai si je pouvais m'y rendre avec mes aides et mon médecin anesthésiste. Il n'avait pas hésité et m'avait accordé cette autorisation. J'allais opérer pendant plusieurs jours. Nous n'étions même pas rentrés au camp pour dormir. On nous installa des lits de camp dans un bureau. Je devais reconnaître que les habitants s'occupaient de nous avec générosité. On nous gavait, Chacun voulait essayer de nous remercier pour ce que nous essayions de

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Les Veillées des Chaumières 3671 Un brin de chance

Un brin de chance

Pauline déposa les vases qu'elle avait préalablement remplis d'eau sur son étal, une simple planche de bois posée sur deux tréteaux, les garnissant chacun d'un bouquet différent. D'une main rapide, elle assemblait les roses entre elles, en prenant garde de ne pas se planter d'épines dans la main, les liait d'un fil de raphia avant de les déposer dans le premier vase, recommençant ensuite la même tâche pour les iris, les arums, jusqu'à ce que sa table soit entièrement et joliment garnie. La jeune fille s'était levée à l'aube pour aller chercher des fleurs au marché des Halles, accompagnée par madame Mercier, sa patronne. Au milieu des cris des bouchers et des poissonniers, haranguant déjà les passants pour vendre leurs produits, les deux femmes avaient choisi les plus belles fleurs, en vue de cette installation à l'entrée de l'Exposition universelle. L'idée venait de madame Mercier, toujours à la recherche de nouvelles opportunités pour développer son commerce. La fleuriste avait passé les mois précédents à se démener pour obtenir une autorisation afin de pouvoir installer son étal de fleurs à cet emplacement stratégique, juste devant l'esplanade des Invalides, où venaient d'être construits les « pavillons des Colonies ». - Tu comprends, avait-elle expliqué à Pauline, l'Exposition universelle est une occasion unique ! De nombreux couples iront visiter les pavillons et en sortant, les femmes voudront toutes se faire offrir un joli bouquet ou une fleur pour orner leur chapeau. Je suis sûre qu'aucun autre fleuriste n'a eu cette idée, et si j'obtiens cette autorisation, toutes nos fleurs partiront en un rien de temps ! avait-elle ajouté d'une voix enthousiaste. Le papier officiel s'était cependant fait attendre et madame Mercier avait dû effectuer de nombreux allers et retours entre sa boutique de fleurs et la préfecture avant de revenir un jour, un sourire triomphant sur le visage, la fameuse autorisation à la main. - Enfin ! Ce n'est pas trop tôt et ces coquins m'auront fait languir jusqu'au dernier moment ! s'était-elle exclamée tout en déposant son trophée sur la table. Mais à présent, tout est rentré dans l'ordre et il ne nous reste plus qu'à nous préparer pour le jour J. « Nous » préparer était un bien grand mot car en réalité la fleuriste ne pouvait s'absenter de sa boutique pendant la durée de l'Exposition, qui s'ouvrait en mai pour se terminer en octobre. Économe, comptant chaque centime, elle n'avait à sa disposition qu'une employée à plein temps dans son magasin, Pauline, et n'embauchait des extras que durant les périodes exceptionnelles comme Noël ou Pâques. Aussi la jeune fille avait-elle compris que les ventes de l'Exposition lui incomberaient entièrement. En achevant le dernier bouquet, elle se surprit à penser qu'elle était déjà chanceuse que madame Mercier l'accompagne ce matin aux Halles car ce n'était pas dans ses habitudes. « Sans doute a-t-elle voulu s'assurer que je choisisse les plus jolies fleurs », rumina Pauline, se reprochant aussitôt cette pensée peu charitable. Orpheline, la jeune fille

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Les Veillées des Chaumières 3671 La Maison des rêves

La Maison des rêves

Elisabeth eut un imperceptible soupir de soulagement. Elle espérait depuis si longtemps que Lord Winfield la demanderait en mariage ! Elle se jeta à son cou et il dut tirer sur les rênes pour subir sans dommage ses assauts. Elle savait s'y prendre avec les hommes, se dit-il. Peut-être avait-elle eu des aventures ? Ah ! qu'importait ! - C'est avec joie que je réponds oui, cher, très cher ami… Je vous promets de vous rendre heureux, de vous faire oublier le passé… Il eut envie de crier : « Mais je n'ai pas envie d'oublier le passé ! Comment le pourrais-je ? Alyster ne cesse de hanter mes pensées. Je lui dois les plus beaux moments de ma vie et les plus douloureux ! » La nuit les enveloppait de ses voiles ternes qui semblaient s'étendre sur le loch comme un linceul. Quel remous avait englouti Alyster ? Pourquoi n'avait-on jamais retrouvé son corps ? S'était-elle réellement noyée ? - M'emmènerez-vous en voyage de noces ? - Où souhaitez-vous aller ? C'était contraint et forcé qu'il avait répondu de cette façon. Combien de temps durerait ce voyage qui l'éloignerait de Dream House et de tout ce qu'il aimait ? Il se dit que le calme des bois, l'envolée du faisan, le rire d'Emma et le hennissement de ses chevaux lui manqueraient. Les pleurs des enfants le réveillaient parfois en sursaut, mais il n'en était ni incommodé ni irrité. Il évoqua soudain la juvénile Carolly moins pour la plaindre que pour se réjouir de pouvoir l'aider. - En France… Pourquoi pas ? questionna-t-elle. Il fouetta le cheval et le tilbury s'ébranla. - Vous choisirez. Était-ce bien lui qui acquiesçait à tout ce que cette femme lui proposait ? Il avait l'impression d'évoluer dans un rêve dont il ne s'éveillerait que trop tard… Arrivés devant l'hôtel particulier qu'Eli-sabeth habitait en plein centre d'Inverness, ils se regardèrent une fois encore. - Voulez-vous entrer un moment ? - Non, pas ce soir… - Puis-je revenir vous voir demain ? - Demain ? Je crains d'être très occupé. Après-demain plutôt, pour le lunch… - Oh oui ! Me ferez-vous visiter votre demeure plus en détail ? Je ne connais que les salons, et encore les ai-je vus dans la pénombre. Me permettrez-vous d'ôter les housses qui recouvrent les fauteuils ? Me guiderez-vous dans l'aile nord ? - Elle est en ruine… - Pas la tour… - L'escalier est très dangereux. - J'ai le pied leste ! Oh ! je vous en prie ! Je ne peux devenir la maîtresse de cette maison sans la connaître à fond… Je ne veux pas me contenter d'une visite superficielle, comme je ne peux me satisfaire de nos trop brefs tête-à-tête… Pour tout vous dire, j'aimerais habiter chez vous quelques jours…

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Les Veillées des Chaumières 3671 Le courrier des lectrices

Le courrier des lectrices

Peu à peu, au cours des nombreuses visites qu'elles se rendraient l'une l'autre par la suite, les deux femmes apprendraient à se connaître et se raconteraient mutuellement leur vie, se découvrant finalement beaucoup de points communs malgré leurs origines différentes. Et le caractère spontané et l'humour inattendu de Renée tempérerait le côté parfois un peu rigide de Gilberte. - Bon, trêve de nostalgie, revenons à nos moutons, reprit Renée après un temps de silence. Si je peux vous donner un conseil, si vous n'êtes pas sûre de vos talents, faites la charlotte. Il suffit d'avoir le bon moule. En avez-vous un ? Gilberte acquiesça : il suffisait qu'elle le retrouve au fond d'un placard de sa cuisine. - Oh ! s'exclama-t-elle. Regardez-moi ces jolis petits gâteaux à la pistache ! Renée se pencha au-dessus de la page. - Vous y tenez à votre pistache ! Gilberte avoua que c'était son arôme préféré. - J'ai déjà fait ces financiers, dit Renée. C'est délicieux et ravissant en effet. Poudre d'amande, blanc d'œuf, framboises roses qui vont très bien avec le vert de la pistache, et amandes effilées sur le dessus. - Je ferai donc la charlotte et les financiers, décréta Gilberte. Après tout, nous serons cinq. Il faudra juste que je trouve de ces petits moules d'ici demain. Où pensez-vous que je puisse trouver ça en ville, ajouta-t-elle, un peu anxieuse soudain face à cet imprévu qui augmentait encore ses angoisses culinaires. - Chez moi ! dit Renée en riant. Allez donc acheter vos fruits sur le marché demain matin et passez en revenant. La petite fête fut un succès et les deux bouteilles de champagne que Gilberte avait prévues furent bues jusqu'à la dernière goutte, de même qu'il ne resta pas une miette des pâtisseries. Tout le monde s'extasia de plus sur le luxe de la table : nappe blanche damassée, porcelaine, argenterie et cristal, Gilberte n'avait pas lésiné, heureuse tout d'un coup de ressortir tous ces objets qui dormaient dans son buffet et lui rappelèrent les fastes d'antan. Elle fut gratifiée d'un « Bravo, Mamie ! » de la part de ses deux petits-fils, qui lui alla droit au cœur. « Je comptais vous apporter une part de charlotte et un petit financier pour vous remercier de vos conseils, dit-elle le soir au téléphone à Renée qui venait aux nouvelles, mais ils ont tout mangé ! » C'était bon signe, répondit Renée. Il ne lui restait plus désormais qu'à lui prouver qu'elle disait vrai en lui apportant

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Les Veillées des Chaumières 3671 La Chine s'éveille à Montpellier

La Chine s'éveille à Montpellier

Des mangas aux animés, en passant par la K-pop, les cultures populaires asiatiques connaissent un engouement sans précédent. Mais que connaît-on réellement de l'histoire de ces pays ? C'est à cette question que le musée national des Arts asiatiques tente de répondre en choisissant de faire voyager ses collections hors de la capitale. Après Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains, le dispositif Guimet + fait étape au musée Fabre, à Montpellier, inaugurant un cycle de quatre expositions consacrées successivement à la Chine, au Japon, au monde himalayen et

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Les Veillées des Chaumières 3671 Faux-semblant

Faux-semblant

Elle pourrait tout de même s'arranger un peu, elle ne fait pas beaucoup d'efforts… Le départ de Lucile de la salle réservée au personnel provoquait souvent ce genre de propos désobligeant de la part de ses collègues. Assistante maternelle dans la petite école, Lucile attirait les regards et suscitait les commérages. La plus sévère à son égard était la coquette Julia, une des trois institutrices. Elle jugeait que sa collègue s'habillait « comme un sac » et adoptait, à ses yeux, une apparence négligée. Il était vrai que Lucile flottait toujours dans des pulls trop amples, des pantalons trop larges, et portait souvent des chaussures qui ressemblaient à celles des ouvriers sur les chantiers. À 45 ans, elle se passait de tout maquillage, une simple barrette retenait ses longs cheveux châtains qui se striaient de gris sans qu'elle songe à les teindre. Et son visage rond, pourtant épargné par les rides, était souvent rosi par les longs moments qu'elle passait au grand air. Un matin d'hiver, avant l'arrivée des élèves, Julia partageait un café avec Tom, le directeur de l'école. La conversation s'orienta sur Lucile. - Je sais qu'elle habite une maison paumée dans la campagne, mais quand même… elle pourrait faire un effort, chuchota Julia. Et ce bonnet à pompon, c'est le pompon ! - Tu exagères ! répondit Tom. Elle est nature, c'est tout, pas comme toi ! dit-il en riant. En effet, Julia arrivait toujours impeccablement maquillée et tirée à quatre épingles. - C'est une question de respect ! persifla Julia. Et puis, à son âge, elle devrait s'occuper davantage de sa silhouette ! Elle va vite ressembler à une mémère. Le directeur émit un soupir. - Toi, par exemple, continua Julia sur sa lancée, tu as bien quelques années de plus qu'elle, eh bien, tu restes svelte, tu t'entretiens ! - Tout le monde n'est pas

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