Les Veillées des Chaumières - Le numéro 3682 du 2 septembre 2026

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La Une de Les Veillées des Chaumières n°3682 du 02/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Veillées des Chaumières 3682 L’histoire d’une lettre

L’histoire d’une lettre

4 – RÉSUMÉ : Quelques jours plus tard, les gendarmes se présentent à l’hôtel et demandent à voir Madame. Celle-ci vient de recevoir une lettre qui paraît la bouleverser. À tel point qu’elle écoute à peine les gendarmes venus l’avertir que son fils a été arrêté pour trouble à l’ordre public. Roselyne décide d’en savoir plus et, la nuit venue, pénètre dans le bureau de la patronne pour y récupérer la lettre. Les jours suivants, elle se fait de plus en plus pressante auprès du jeune André et finit par lui arracher un baiser. Baiser qu’elle raconte aussitôt à Julie, attristée. Mais l’histoire d’amour à peine entamée entre Roselyne et André s’arrête bien vite. Elle congédie son naïf soupirant d’un revers de la main, satisfaite de l’humiliation infligée à Léontine et Julie. Quant à Madame, elle a reçu de mauvaises nouvelles de son mari. Il a fait une petite attaque et semble avoir du mal à s’en remettre. (Voir Veillées n ° 3679 et suivants.) André eut à subir l’air narquois de Roselyne pendant plusieurs jours. Sans compter les regards moqueurs de ses collègues serveurs qui virent bien qu’elle l’avait jeté comme un vieux mouchoir. « Tu t’es bien fait avoir, mon pauvre vieux ! lui dit son collègue Jules. On avait même pris des paris avec les autres sur la durée de votre histoire. Tu sais, ce genre de filles, il faut être plus fort qu’elles, les prendre pour ce qu’elles sont, connaître les règles du jeu »… André baissa la tête : il avait compris. Il n’était pas de taille, et les plus dessalés du personnel masculin l’avaient vite perçu. Hector assistait parfois, peiné, à ces échanges cruels. – Ne vous en faites pas, André, lui dit-il un soir en aparté. Cette maudite Roselyne paiera un jour ou l’autre son attitude. Et tout ce remue-ménage autour de cette histoire va bientôt cesser, je vous l’assure. Roselyne, en effet, était vite passée à autre chose. Elle soutenait d’un air vaguement moqueur les regards noirs que lui lançait parfois le majordome. « Je suis sûre qu’ils voudraient bien, lui et sa chère Léontine, me prendre en faute pour pouvoir me renvoyer. Ils se mettent le doigt dans l’œil »… pensait-elle.Chapitre 12Hector avait raison, l’attention du personnel, et même des habitués de l’hôtel, se tourna bientôt vers Madame Armance. Certes, elle n’avait jamais été un modèle de calme et avait toujours mené sa barque avec une énergie parfois fatigante pour les autres. Elle donnait ses ordres brièvement, d’un ton qui n’admettait pas de réplique. Quand elle devait faire une réprimande, elle ne tournait pas non plus autour du pot. Mais ses critiques n’étaient jamais infondées et elle montait rarement sur ses grands chevaux. De plus, elle savait se montrer très affable envers les clients, compatissante avec son fils. Mais quand on la voyait passer doucement la main dans les cheveux de ce dernier, on désapprouvait tout bas. Surtout en ce moment, où il aurait dû pallier l’absence de son père, aider sa mère. Mais non, ce vaurien passait toujours le plus clair de son temps dehors, continuait de désorganiser le

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Les Veillées des Chaumières 3682 Un rêve d’ailleurs

Un rêve d’ailleurs

2 – RÉSUMÉ : Cévennes. Été 1702. La jeune Amy, en chemin vers le castel familial aperçoit, en contrebas d’un talus, un homme gisant, les yeux clos. Il a reçu un coup de baïonnette dans l’épaule. Il a perdu beaucoup de sang. Elle sait que c’est un huguenot mais n’hésite pas à lui porter secours. Elle sait aussi dans quelle fureur entrera son père s’il découvre ce qu’elle a fait. L’homme est beau, il s’appelle Thomas… Tant bien que mal, il parvient à rejoindre ses compagnons. Le soir même, lors d’un dîner, Amy apprend que c’est le sieur Alban de Lavun, le pire de tous les compagnons d’armes de son père, qui a blessé le jeune homme. Pendant ce temps, les compagnons de Thomas se réunissent. Olivier expose son plan. Ils vont prendre les armes dans l’arsenal de la garde royale. Les jours passent et Amy ne parvient pas à oublier Thomas, qui, de son côté, ne parvient pas à oublier la jeune fille. (Voir Veillées n os 3681.) Qui pouvait avoir autant ému sa fille, pour qu’elle soupire comme une âme en peine ? se demandait Héloïse. – Amy, vous avez un problème ? Je vois bien que vous semblez soucieuse ! La jeune fille sursauta. – Non, mère, je vous assure que tout va bien. Comme je vous l’ai dit, je suis lasse de ce temps. J’ai besoin de sortir un peu. Vous savez combien je prise peu la broderie. Héloïse hocha la tête : – Il faut dire que vous n’êtes guère douée ! Mais d’habitude, vos livres suffisent à faire votre bonheur ! – C’est vrai, mais il y a vraiment trop de jours que je suis enfermée. Amy espéra que ces mots convaincraient sa mère. Elle ne pouvait lui confesser qu’elle se languissait pour un parfait étranger, dont elle ignorait tout, sinon qu’il était certainement dans le camp adverse. D’ailleurs, ellemême ne comprenait pas ces sensations qui l’oppressaient, la déroutaient et la rendaient indolente. Thomas surveillait de près Olivier. Il se méfiait de lui. Ce type était prêt à tout, pour un instant de gloire et pour le plaisir de massacrer des civils. S’attaquer à la garde royale était un énorme risque et s’emparer d’un castel était suicidaire. Ces citadelles étaient bien gardées. Thomas était inquiet par cette escalade de violence. Olivier avait toujours su exalter les plus jeunes d’entre eux, qui ne rêvaient que d’en découdre avec l’ennemi, sans réfléchir. Depuis, ces derniers analysaient les détails de leur plan pour s’emparer des armes d’une garnison des troupes royales, basée à quelques kilomètres de là. Quant à son idée de s’introduire dans le castel le plus important de la région, c’était de la folie. Thomas ne pouvait rien faire pour changer le cours des évènements mais entendait bien surveiller les faits et gestes d’Olivier afin que lui et ses hommes

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Les Veillées des Chaumières 3682 Le Fantôme de minuit

Le Fantôme de minuit

8 – RÉSUMÉ : En arrivant devant la boutique de Mlle Martek, Amina est très déçue. Elle est fermée. Elle ne parvient à obtenir aucune explication de la part du voisin. C’est le cœur lourd qu’elle rentre. Jamais elle ne s’est sentie plus misérable. Elle ne comprend pas où est sa place en cette maison. Qui le lui expliquera ? Elle tente de trouver un peu de réconfort auprès des domestiques mais ils la congédient. Quelque temps plus tard, Margaret décide de rendre visite à son cousin Charles Devon dans son manoir de Berquerey en Écosse. Elle est accueillie par le vieux Nash qui lui apprend que son maître est de plus en plus taciturne et qu’il s’enferme des heures dans sa bibliothèque quand il ne parcourt pas son domaine à cheval. Il semble ne pas s’être remis de la mort de sa femme. Margaret est bien résolue à lui parler. (Voir Veillées nos 3675 et suivants.) Quand il ne parcourait pas la lande, Charles Devon s’enfermait dans la bibliothèque pour écrire une biographie du prince écossais Charles-Edouard Stuart, dit Bonnie Prince Charlie. Quelques jours avant la fameuse bataille de Culloden où il avait engagé ses troupes, le 16 avril 1746, le prince avait été hébergé à Berquerey Manor. C’était un miracle si la demeure avait échappé à la vindicte des Anglais, alors qu’Invergarry Castle, à quelques miles de là, avait été détruit en représailles par le duc de Cumberland. Sur le champ de bataille de Culloden, tristement célèbre, venait de s’achever la conquête de l’Écosse par ses ennemis héréditaires, mettant fin ainsi aux ambitions des Stuarts. Pourchassé à travers les moors, Bonnie Prince Charlie avait pu gagner l’île de Skye d’où il s’était embarqué pour la France. Très attaché à ces faits historiques, Charles Devon s’efforçait de les reconstituer dans leurs moindres détails. Catherine frappa à la porte de la bibliothèque, trop discrètement sans doute, car il ne lui répondit pas. Se dandinant sur un pied et sur l’autre, elle hésitait. Devait-elle insister ? Elle craignait tant de susciter la contrariété de Lady Margaret qu’elle se décida à frapper de nouveau. Cette fois-ci, il lui cria d’entrer. – Que se passe-t-il, Catherine ? La jeune servante lui tendit le plateau sans prononcer une parole. Il s’étonna de voir le médaillon, s’en empara, le tourna, le retourna, l’ouvrit… – Seigneur ! Ses prunelles d’un gris indéfinissable devinrent

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Les Veillées des Chaumières 3682 Marcel, le maître du troupeau

Marcel, le maître du troupeau

Sur le coteau de Saint-Lazare se dressent quelques tendres pâtures où, dans l’aube printanière, l’on surprend les tintements de grelots moutonniers. L’herbe neuve accueille dans la campagne des Néviers des grappes de troupeaux qui s’accrochent aux pentes rocailleuses. Dans la fraîcheur matinale, emportant avec elles des bêlements obstinés, les bêtes enchantent le paysage de leur douce mélodie. Le pays tout entier déverse des écheveaux de laine sur les sentiers conduisant aux prairies et pasquiers… L’air exhale la chaleur des étables et le parfum âcre du mouton. Après une ultime harangue, Marcel, le maître du troupeau, la casquette vissée sur le front, une veste pendue à l’épaule et son bâton au creux de la main, conduit, un sourire au bord des lèvres, sa petite troupe ani-male sur le serre du Pin. Notre homme chemine lentement au gré de la sente marneuse hérissée d’églantiers, dont il est familier depuis sa lointaine jeunesse, en ce temps où le troupeau fut son école, les bêtes, son apprentissage… L’aboiement du chien canalise le parcours du troupeau sur la draille, le gardien des bêtes intervient seulement pour la traversée de quelques escarpements ou ravines. Le berger qui ressent intimement ses brebis s’enquiert des plus fragiles, repère une mère boiteuse ou qui est gonflée, un agneau attardé, attentif à tout signe avant-coureur d’un piétin ou d’une infection. La brebis mérinos, race rustique, n’est pas exempte des soins apportés par l’éleveur. Le maître des bêtes emporte toujours dans sa « biasse », à côté du casse-croûte, quelques onguents qui illustrent un esprit précautionneux nourri d’une sagesse paysanne, acquis au sein de la fratrie familiale. L’oncle Marcel, sous une allure bonhomme, possède un jugement sûr et des gestes réflé-chis. Ici, au pays, on aime quérir auprès de lui quelques conseils et avis. En maître du troupeau, il n’est que rarement pris en défaut pour détecter un parasite ou une épidémie ; un fort instinct des bêtes inspire cet homme du terroir enraciné dans la culture paysanne. Il aime plus que tout nourrir patiemment les jeunes agneaux au biberon et il s’émerveille toujours de les voir

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Les Veillées des Chaumières 3682 Le silence est d’or

Le silence est d’or

René sortit sur le seuil de la salle de classe, contempla le vaste plateau aride qui s’étendait sous ses yeux, les bosquets de pins qui faisaient deux taches sombres sur la pierre blanche, le chemin où les cailloux roulaient sous les pieds. Il respira longuement, alluma une cigarette. Il l’avait bien méritée après son après-midi de jeudi passé à corriger des cahiers. Le paysage, à l’horizon, s’arrêtait net, comme s’il s’agissait d’un des bouts du monde. René savait pourtant que, de l’autre côté, à l’aplomb vertigineux de la roche, on apercevait au loin le bourg de Virragues. C’était là qu’il avait commencé sa carrière d’instituteur, dix ans plus tôt. Il s’y plaisait, même si son comportement un peu hautain, sa parole rare mais franche, ne lui avaient pas fait que des amis. Non qu’il n’aimât pas ses semblables, mais les quatre années de guerre lui avaient révélé la face parfois sombre de la nature humaine. Pacifiste, il ne supportait pas la violence, aimait son pays, avait détesté le voir envahi, régenté subitement par d’autres lois auxquelles beaucoup s’étaient complaisamment pliés. Pendant toute la guerre, il avait été en conflit ouvert avec le maire de la commune, Paul Rigaud, qui courbait l’échine devant l’occupant, avec le sourire, en plus. Il recevait chez lui des officiers allemands, faisait avec eux des affaires pas très claires. René, quant à lui, dès le début de la guerre, avait pris le parti de la liberté. Son comportement, davantage que ses dires, affichait clairement ses opinions. Certains parents d’élèves s’étaient plaints de son attitude en classe. Les enfants devinaient en effet son mépris envers l’occupant, aux regards qu’il jetait quand des soldats allemands passaient sous les fenêtres de l’école, par exemple. Ils s’attendaient presque à ce qu’il crache alors par terre. De plus, sans évoquer la situation d’alors, il parlait à demi-mot de tolérance, d’indépendance des peuples, de respect des minorités, propos universels, jugeait-il, qui n’avaient pas uniquement à voir avec l’occupation de la France. Le maire avait eu le plus grand mal à lui

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Les Veillées des Chaumières 3682 La Corrèze, terre d’illustres au féminin

La Corrèze, terre d’illustres au féminin

Elles ont toutes les trois fait bouger les lignes de leur époque par leur pensée, leur talent et leurs audaces. Se sont-elles rencontrées ? Admirées, peut-être ! Seule certitude, elles ont partagé une terre qui les a nourries. Cette Corrèze, où aucune des trois n’est née mais où elles ont passé des années qui auront marqué leur destinée ; le temps de la consécration pour Colette, une période d’austérité pour Chanel et l’âge de tous les apprentissages pour Simone de Beauvoir. C’est en 1911 que Colette arrive pour la première fois en Corrèze. Elle a 38 ans. Ses spectacles de music-hall ont déjà fait scandale et elle est désormais reconnue comme écrivaine. Séparée depuis plusieurs années de son premier époux, elle s’apprête à se marier avec Henry de Jouvenel, homme politique et journaliste. La famille Jouvenel, originaire de Corrèze, possède le château

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