Nous Deux - Le numéro 4071 du 7 juillet 2025

Consultez le sommaire détaillé des articles parus dans ce numéro de Nous Deux.
Feuilletez un extrait de cette parution. Achetez le numéro au format papier ou numérique pour le retrouver sur votre espace client et l’application KiosqueMag.
KiosqueMag, la boutique officielle de Nous Deux propose l’accès le plus complet aux archives de la revue.

Feuilleter un extrait
La Une de Nous Deux n°4071 du 07/07/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4071 Le secret du marigot

Le secret du marigot

Evelyne remarqua un objet qui brillait dans la vase asséchée. Depuis près de cent ans, de mémoire d'anciens, on n'avait pas vu une telle sécheresse à Écoche, petit village de la Loire. Trois semaines plus tôt se prélassait encore ici un bras mort de la Loire. Elle venait souvent se promener là, à quelques mètres de sa maison, avec Ninou, sa petite Jack Russel. Désormais, elle pouvait traverser à pied sec. Le lit du marigot était dur comme de la brique. Elle se pencha pour ramasser l'objet qui scintillait. Elle tira délicatement et une chaînette avec un anneau apparut. Évelyne se redressa, livide et chancelante. Des larmes perlèrent à ses paupières et son esprit fit un bond de cinquante-huit ans en arrière, l'été de l'année 1961, en plein cœur de juillet. Elle avait alors 15 ans. Cet été-là, elle avait perdu Lucien, son père. Ce dernier avait accepté de partir en Espagne construire un chemin de fer dans une région inhospitalière. C'était une aubaine car la famille était pauvre. Le chantier devait durer un an. Évelyne avait pleuré en faisant des signes de la main à son père tandis que le train s'ébranlait sur les rails. Elle ignorait alors que c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Six mois plus tard, Simon, un ami de Lucien qui avait été de l'aventure, était rentré seul. L'éboulement de tout un pan de montagne avait fait beaucoup de morts parmi les ouvriers. Simon avait affirmé qu'il avait vu son ami disparaître sous les rochers. Comme pour une dizaine d'autres, on n'avait pas retrouvé son corps. Au début, Évelyne avait refusé d'y croire et pendant plus d'un mois, elle avait perdu la parole. Seule à la maison avec Gisèle, sa mère, la vie était devenue difficile. Il avait fallu attendre pendant des mois que la rente soit versée. En l'absence d'un corps, l'administration avait traîné des pieds. Gisèle s'était mise à travailler sur les marchés et à faire des ménages. À l'époque de la récolte des patates, mère et fille allaient glaner dans les champs. S'il n'y avait eu Simon pour les aider… Il était célibataire, il avait

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4071 Pardonne-moi

Pardonne-moi

La femme que j'aimais est morte ici, dans ce parc, sur cette pelouse où nous nous allongions l'un près de l'autre quand venaient les beaux jours. Elle avait 28 ans. Nous formions un couple idéal. La vie nous souriait, pleine de promesses. Rien ne pouvait nous séparer. Du moins est-ce ce que je croyais. C'est l'un des gardiens du parc qui l'a trouvée, au petit matin, au sommet de la pelouse. Son corps n'avait pas été dissimulé dans un fourré ou un fossé. Elle était là, paisible, semblait dormir étendue parmi la rosée. Elle avait été étranglée sans paraître s'être défendue. Elle s'appelait Lena. La première fois que je l'ai vue sur le sable de la plage, il y a cinq ans, elle était alanguie sur sa serviette de bain. Elle m'a fait penser à une statue grecque, à un bronze de femme au corps admirable, sculpté par un dieu de l'Olympe. J'ai immédiatement été sous le charme, ébloui et incapable du moindre mouvement. Je me trouvais à dix mètres d'elle. Je sortais de l'eau et je me suis statufié d'admiration à mon tour. Elle n'était probablement pas la plus belle fille du monde mais représentait mon idéal féminin. J'en ai immédiatement été persuadé. Sans réfléchir, j'ai laissé mes pas me guider jusqu'à elle. Je me suis posé à ses côtés, étendant mon ombre sur ses seins et son ventre. Elle n'a pas ouvert les yeux mais a ressenti ma présence. - Vous m'empêchez de bronzer ! Comme je ne bougeais pas, elle s'est redressée pour m'observer. Son regard était rempli de soleil, un regard bleu translucide qui, par contraste, rendait sa peau plus sombre encore. Comme je ne réagissais pas et restais stupidement planté là, elle a fini par éclater de rire. Je n'ai répondu à sa moquerie qu'en me présentant puisque je ne trouvais rien d'autre à dire. - Je m'appelle Valentin. Valentin Beauval. Elle a tapoté le sable du plat de la main. - Alors asseyez-vous, Valentin Beauval. Moi c'est Lena… C'est ainsi que nous avons fait connaissance, sur une plage de Cannes, au début du mois d'août de cette

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4071 Le long des canaux

Le long des canaux

Pénélope et Robin, deux étudiants parisiens en goguette, étaient écroulés sur un banc, le long du canal Groenerei, leurs énormes sacs à dos déposés à côté d'eux. Le jeune homme jetait un œil sceptique autour de lui. Des canaux à n'en plus finir, et de hautes maisons austères qui s'y reflétaient. Tout lui semblait figé, immobile. Heureusement qu'ils n'étaient là que pour quelques jours car cette ville lui fichait déjà le cafard. Mais un furtif regard sur les cuisses fuselées et bronzées de Pénélope le remit soudain d'aplomb. Il fallait qu'il soit diablement amoureux pour avoir accepté de la suivre à Bruges, qu'elle rêvait de visiter. Il aimait tout chez elle, son physique de sylphide, son sourire enfantin, ses éclats de rire qui ne l'étaient pas moins, et même son prénom délicieusement antique. Mais elle avait toujours refusé ses avances, souhaitant, disait-elle, préserver leur précieuse amitié. Alors, il s'était fait une promesse : avant la fin du séjour, elle serait dans ses bras. Les vacances démarraient toutefois mal, car ils n'avaient trouvé aucune place dans les campings environnants. - Bon, il ne nous reste plus qu'à chercher une chambre d'hôtel, ça n'était pas prévu dans notre budget, dit Robin en extirpant sa casquette de son barda. Ils avaient beau être en Belgique, ça cognait dur, mine de rien. - Bah ! On trouvera bien quelque chose, répondit Pénélope évasivement. Elle ne cessait de jeter des regards extasiés autour d'elle. - Tu sais qu'on appelle Bruges « la Venise du Nord » ? reprit-elle. Romantique, non ? Peut-être, pensa le jeune homme. Si ça pouvait justement lui donner des idées romantiques à son sujet, si le décor pouvait lui inspirer des attitudes un peu moins formelles que les bises distraites qu'elle lui plaquait sur les joues ! À chaque fois, il essayait d'atteindre sa bouche, mais elle le repoussait gentiment en riant. - Ça m'a surtout l'air d'être un musée à ciel ouvert ! tenta-t-il de plaisanter. En plus, toutes ces maisons en brique,

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4071 Premier baiser

Premier baiser

On me demande souvent à quel moment j'ai compris que je deviendrais le grand saxophoniste que je suis aujourd'hui. Eh bien, paradoxalement, tout remonte à mes années d'études supérieures, au moment où mes parents, contrariant mon goût pour le jazz et la musique, me poussèrent à suivre les cours d'une prestigieuse école préparatoire scientifique à Paris. Ces années furent pour moi riches d'enseignement : elles me permirent de découvrir certaines faces cachées de la société, la nécessité de me consacrer au jazz, ainsi que l'amour, le secret le plus intime de la vie. C'est durant cette période que je fus invitée à une fête organisée par l'un de mes camarades, et pas n'importe où, s'il vous plaît, puisqu'elle se tenait dans le salon Vendôme, au Ritz. Ce camarade, qu'on appelait Hector, mais qui se prévalait de porter quatre prénoms et un nom pourvu d'une particule, m'avait de prime abord semblé tout à fait ordinaire - malgré son manteau de très grande marque pour le moins suspect. Puis il avait fini par se trahir en laissant échapper des phrases telles que : - Je vous aurais volontiers accompagné à la bibliothèque, mais je ne peux pas, je dois rejoindre mon père à Saint-Tropez où est amarré son yacht. Les membres de sa famille avaient hérité de leur fortune sans jamais lever le petit doigt. Et ils manifestaient à l'égard de leurs symboles de réussite une désinvolture souvent déstabilisante. Ainsi, une soirée dans le salon Vendôme, au Ritz, équivalait à organiser un petit moment entre amis dans un bar. Du reste, la famille d'Hector n'avait que deux réels hobbies en ce bas monde : le polo et les rallyes dansants. Ce soir-là, je fis la connaissance de cette France richissime, ce 1 % de la population qui trouvait normal de louer la plus grande salle du Ritz afin d'inviter deux cents personnes en plein mois de janvier pour danser. Et, bien qu'il s'agît là d'un rallye où tout le monde était en

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4071 Une journée particulière

Une journée particulière

Juliette soupira : elle allait être obligée de faire deux voyages. Elle avait rempli son caddie d'objets inutiles qui encombraient ses deux pièces et espérait s'en débarrasser. Elle avait réservé un emplacement pour le vide-greniers se déroulant ce dimanche à Caen, où elle résidait. Elle avait accumulé des tas de choses : des bibelots, achetés sur un coup de tête et qui prenaient la poussière sur les étagères, des vêtements qu'elle ne mettait plus et qui saturaient son unique armoire. S'y était ajoutée une cafetière qui ne lui servait plus à rien puisqu'elle utilisait désormais du café soluble ; des ustensiles de cuisine, dont une grosse marmite en fonte, que lui avait offerte une amie alors qu'elle était encore avec Romain. Romain ! C'était pourtant bien parti entre elle et Romain. Pour lui, elle avait quitté avec enthousiasme Paris où elle était née. Chauffeur de bus, las des embouteillages, Romain s'était fait embaucher dans cette ville qui sentait bon la mer. Caen était aussi la ville des ancêtres de Juliette - sa famille était dans l'ostréiculture -, mais elle n'avait pas eu la chance de les connaître. Au bout de trois ans, ils s'étaient lassés de l'un de l'autre. Romain était parti vers d'autres cieux, elle lui avait souhaité bon vent. Elle vivait seule à présent. Elle n'avait plus d'amis, ceux-ci rechignaient à venir lui rendre visite. Ils ne savaient pas ce qu'ils manquaient, songeait-elle parfois. La vie à Caen était tellement plus sereine que dans la capitale. Tirant son caddie, elle se rendit sur la place où se déroulait le vide-greniers. Elle disposa tout son fatras dans l'espace qui lui avait été assigné. Autour d'elle, d'autres vendeurs du dimanche étaient déjà installés. - Bonjour, monsieur ! dit-elle à son voisin de gauche. - Bonjour, mademoiselle ! Elle se tourna ensuite vers le couple à sa droite : - Bonjour, messieurs dames ! - Bonjour, mademoiselle !

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4071 Nos délicieux clafoutis salés d'été

Nos délicieux clafoutis salés d'été

150 g de chorizo - 2 poivrons rouges - 2 poivrons verts - Quelques tomates cerise - 3 œufs - 30 cl de lait - 60 g de tomme de brebis - 60 g de farine - 1 c. à café de piment d’Espelette ½ c. à café d’ail en poudre - Huile (pour le moule) - Sel et poivre 1. Préchauffez le four à 200 °C. 2. Lavez les poivrons, coupez-les en deux. Retirez le pédoncule et épépinez-les. Placez-les sur une plaque allant au four chemisée de papier cuisson puis faites-les griller au four pendant 20 à 30 minutes (la peau doit être noire et la chair des

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4071 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

J'achète ce numéro

Voir toutes les archives de Nous Deux

Tous les numéros de Nous Deux

J'aime Nous Deux ? Je m'abonne

Nos offres d'abonnement à Nous Deux
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque