Nous Deux - Le numéro 4077 du 18 août 2025

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La Une de Nous Deux n°4077 du 18/08/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4077 Un impossible amour

Un impossible amour

Tous les jours de toutes les semaines de tous les mois de l'année, j'erre dans les ruelles de la ville. Chaque heure, chaque instant de mon existence, ressemble à celui de la veille, avec ses petits soucis, ses mêmes inquiétudes, ses mêmes traumatismes, sans joie et pleins d'ennuis. Rien à faire de constructif pour occuper mes journées. Juste marcher la tête basse, traîner dans les voies encombrées de voitures, se recroqueviller dans un coin pour un somme d'une heure ou deux, recevoir parfois un bout de pain offert par les plus généreux, ou un coup de pied par les autres. Je ne gêne pourtant personne, j'essaie de me faire le plus discret possible, je tente de me faire oublier, de n'être qu'une ombre qui passe puis disparaît aussitôt. Malgré cela on m'agresse, on m'évite, on me fuit. Je suis à la rue, vous l'avez deviné. Et comme pour tous mes semblables ma première angoisse quotidienne est de dénicher de la nourriture. Je ne suis guère exigeant : un bout de pain, des restes de charcuterie, une friandise parfois. Le dimanche, je passe dans le quartier de l'église. Il paraît que les gens s'y montrent plus attentionnés et plus généreux. C'est d'ailleurs là qu'une vieille dame m'a pris en amitié - en pitié devrais-je dire. Dès qu'elle m'aperçoit, elle m'appelle ou me fait un simple signe de la main pour me faire comprendre de m'approcher. Un jour je l'ai suivie jusqu'à son domicile. Elle m'a offert un peu de son repas. Depuis, je la revois souvent. Surtout quand j'ai faim, je le reconnais. Bien sûr, ce sont ses restes qu'elle me donne, elle ne cuisine pas spécialement pour moi, mais elle me les propose avec son cœur, ce qui réchauffe le mien. Malgré mon maintien, preuve de ma bonne éducation, je me jette sur la gamelle et en avale le contenu tel un mort de faim. La vieille dame me regarde avec tendresse et compassion. Malgré ma saleté, il lui arrive même parfois de m'embrasser. Une bise sur le front qui me procure tant de plaisir. - N'hésite pas à revenir,

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Nous Deux 4077 Une terrifiante aventure

Une terrifiante aventure

Après avoir quitté Blois et roulé pendant une dizaine de kilomètres en périphérie de la ville, Clémentine bifurqua sur un petit chemin cahoteux. Bientôt la haute silhouette de l'hospice abandonné se dressa entre les arbres du parc où la végétation avait repris ses droits depuis près de cinquante ans. - Je suis tellement excitée ! s'exclama Sarah, son amie. - J'espère que cette fois tu as pensé à recharger la caméra. - Mais oui, je n'ai oublié qu'une seule fois, tu ne vas pas me le reprocher indéfiniment. Clémentine sourit malicieusement, elle aimait bien taquiner Sarah. Elles étaient amies depuis leur première année de collège et personne n'avait jamais pu les séparer, pas même les garçons qu'elles avaient fréquentés. Ni l'une ni l'autre n'était prête à se lancer dans une relation à long terme, elles se trouvaient trop jeunes pour cela : elles avaient 20 ans. Sarah travaillait dans une station-service. Clémentine, elle, venait de trouver un emploi qu'elle détestait déjà au centre de tri des déchets de la ville. Ce n'était que provisoire et elle continuait de postuler dans les boutiques de prêt-à-porter où elle espérait bien décrocher un job de vendeuse. - Gare-toi ici, dit Sarah en indiquant un petit renfoncement dans les buissons. Comme ça personne ne verra la voiture de la route. - De toute façon, je n'ai pas le choix, le chemin devient impraticable, nous allons continuer à pied. Leur plaisir, leur passion du week-end et des vacances, c'était l'urbex et le rurex. Le premier consistait à explorer les lieux abandonnés en ville, le second à la campagne. Cette activité marginale et les règles qui l'encadraient leur avaient été enseignées par Thomas, un ami commun qui ne vivait pratiquement que pour cela. Depuis deux ans, les deux amies avaient dû explorer une bonne vingtaine d'édifices. Elles n'avaient plus rien à apprendre de Thomas qui était parti s'installer aux États-Unis. Elles rêvaient de le rejoindre : là-bas, on touchait encore à une autre dimension de cette activité à risques. Il leur avait dernièrement envoyé la vidéo de l'exploration

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Nous Deux 4077 Au bout du monde

Au bout du monde

Lorsque le Boeing Paris-Chennaï atterrit en pleine nuit sur le sol de l'Inde, après plus de treize heures de vol, je me pince presque pour y croire. Me voilà dans la ville qu'on appelait avant Madras, ma nouvelle vie commence ! En effet, à 35 ans, j'ai décidé de changer de pays. Une façon drastique d'oublier Geoffroy qui, après plusieurs années de « Je t'aime, moi non plus », m'a définitivement lâchée il y a quelques mois. J'ai failli m'abandonner au désespoir, mais non, j'ai trouvé une façon de me consoler : m'envoler au bout du monde ! Professeure des écoles, j'ai posé ma candidature pour un poste au lycée français de Pondichéry - qui va des classes primaires aux terminales. Depuis toujours, je rêvais de découvrir cet ancien comptoir français de l'Inde où, selon l'histoire familiale, mes aïeux avaient vécu. Enfin, j'y suis ! Je me sens fatiguée, mais surexcitée. Mes longs cheveux bruns sont emmêlés, je les attache vivement avec un chouchou. À nous deux, l'avenir ! Je m'apprête à le conquérir sans me laisser intimider ! Promis ! Quand je débouche dans le hall bondé de l'aéroport, j'ai déjà l'impression de plonger dans un autre univers à l'odeur chaude où flottent des relents d'épices et de sueur. Une foule se presse dans un tintamarre de voix qui se croisent. Jouant des coudes, je ramasse sur le tapis roulant ma grosse valise et mon sac plein à éclater puis, trimballant mon chargement, je découvre dans la cohue une jeune femme blonde qui brandit une pancarte où est inscrit mon nom : Miss Gautier. Je me précipite vers elle. - Joëlle ! Elle travaille au service administratif du lycée et depuis que ma candidature a été acceptée par l'établissement, nous avons communiqué par mail. - Adèle ! Elle me saute au cou et j'ai déjà l'impression d'avoir trouvé une amie dans ce pays inconnu. Un chauffeur tamoul à la peau très noire, vêtu d'un uniforme blanc, nous attend en double file dans une petite voiture blanche, une antique «

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Nous Deux 4077 Le démon de la jalousie

Le démon de la jalousie

Bénédicte, extasiée, contemplait une bague dans la vitrine de la bijouterie proche de chez elle. Combien pouvait valoir un bijou pareil, où l'or et les saphirs se mêlaient artistiquement ? Les prix n'étaient jamais affichés. - Ne rêve pas trop, Béné ! plaisanta Valentin, son mari, qui l'accompagnait. Je n'aurai jamais les moyens de t'offrir un truc pareil ! Alors que la jeune femme posait à nouveau son regard sur le bijou, une jolie vendeuse blonde se pencha vers la vitrine depuis l'intérieur de la boutique, pour y installer délicatement un nouveau joyau. Elle leur adressa un courtois signe de la tête, auquel Valentin répondit par un petit sourire. - Je te trouve gonflé de faire le joli cœur auprès de la vendeuse en ma présence ! dit vivement Bénédicte dont l'attention se mettait en alerte rouge dès qu'une femme passait à leur portée. - Le joli cœur ! Comme tu y vas ! Et il soupira légèrement, résigné. - Tu n'as pas oublié que nous dînons ce soir chez Pierre et Alexandra ? dit-il pour éviter le sempiternel sujet qui fâchait. Évidemment que non, elle pensait même depuis trois jours à la tenue qu'elle allait porter. Mais elle savait qu'elle finirait une fois de plus par sortir son éternelle petite robe noire, celle qui, disait-elle, la boudinait le moins. Deux heures plus tard, le couple pénétrait dans l'appartement de leurs amis. Il va encore y avoir quelque chose de nouveau, pensa amèrement Bénédicte, un bibelot ou des rideaux flambant neufs. Elle avisa tout de suite sur la console de l'entrée une petite statuette qu'elle n'avait en effet jamais remarquée, et la désigna du menton à son mari, qui se contenta de prendre un air évasif en tendant les bras à la maîtresse de maison qui s'avançait à leur rencontre. Les deux femmes se dirigèrent vers le canapé du salon, tandis que Pierre entraînait Valentin vers son bureau. Bénédicte jeta un bref coup d'œil envieux à l'impeccable silhouette de son amie tandis que celle-ci s'asseyait gracieusement. Trois grossesses, le stress

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Nous Deux 4077 Un si dur combat

Un si dur combat

Mon mari, Hervé, et moi avons le bonheur d'avoir deux petits-enfants, Maïa et Andréa. Et nous avons la chance d'être de jeunes grands-parents. Tout comme moi, qui ai mis au monde Éva, alors que j'avais tout juste 20 ans, ma fille a eu son aîné au même âge. Hervé et moi aurions préféré qu'elle attende un peu, mais elle était tombée folle amoureuse de Paolo, un bel Italien ténébreux installé en France depuis dix ans et qui parlait avec un accent irrésistible, du moins pour Éva. Paolo et Éva s'étaient rencontrés dans sa casse automobile. Elle était venue chercher un pare-chocs arrière d'occasion pour sa voiture, le sien ayant été abîmé par un conducteur maladroit dans un parking ; conducteur parti sans demander son reste. Problème : si Éva avait trouvé son bonheur pour un prix mini, elle n'avait aucune notion de mécanique pour effectuer le changement. Alors que, avec son plus beau sourire, elle avait demandé à un des employés s'il accepterait de le faire contre un billet. Paolo, qui avait déjà remarqué la jolie rousse aux yeux bleus et s'apprêtait à aller déjeuner au resto du coin où il avait ses habitudes, était sorti de son bureau. Devant ses employés goguenards, il s'était avancé en mode séduction et avait lancé : - Pas de problème. Si vous avez un peu de temps devant vous, un de mes employés peut s'en charger gracieusement tout de suite. Il y en a pour une à deux heures… Juste le temps de déjeuner en ma compagnie si… - OK ! avait répondu Éva sans hésiter, très flattée par ce beau garçon à l'accent envoûtant qui la contemplait comme si elle était la plus belle femme du monde. En les regardant partir, l'un des employés de Paolo avait murmuré : - J'en connais un qui vient de craquer pour la jolie rousse. Dès notre première rencontre, quelque chose en ce jeune homme m'avait interpellée, un je-ne-sais-quoi planqué sous son regard de velours. - Arrête de jouer ta mère protectrice,

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Nous Deux 4077 Entretenir de bonnes relations avec ses voisins,   tout un art !

Entretenir de bonnes relations avec ses voisins, tout un art !

Créer un climat de respect mutuel au quotidienDire bonjour et merci, tenir la porte, échanger quelques mots, mais aussi se présenter quand on vient d'emménager, prévenir assez tôt quand on va faire du bruit, proposer ses services… Autant de petits rituels qui facilitent les bons rapports de voisinage. Inutile, en revanche, de surjouer la convivialité. « L'objectif n'est pas de devenir copain-copain mais de rendre la cohabitation vivable, agréable, précise le Dr Jérôme Palazzolo. Notre “maison” est un cocon protecteur, nous permettant de nous reposer, de prendre des forces pour affronter l'extérieur. L'invasion de cet espace personnel (bruit, odeur…) peut rapidement déclencher des réflexes archaïques d'agressivité. D'où la nécessité de viser des relations ni trop proches ni

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