Nous Deux - Le numéro 4085 du 13 octobre 2025

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La Une de Nous Deux n°4085 du 13/10/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4085 Seconde vie

Seconde vie

J'aurais dû dormir une heure ou deux, comme Clara, ma sœur, me l'a recommandé juste avant que je décide de n'en faire qu'à ma tête et que je prenne le volant, le cerveau embrumé. Et c'est peu de le dire. Ce n'est pas juste de la brume, mais un brouillard à couper au couteau. Un brouillard qui pue le whisky à plein nez, tout comme ma chemise sur laquelle j'en ai renversé hier soir. Je ne devais pas être très frais pour ne pas trouver ma bouche. Loïc, mon beau-frère, a rigolé. Moi aussi, mais pas Clara. Elle m'a regardé avec son œil noir des mauvais jours et je crois bien qu'elle a donné une tape sur la main de son mari pour lui couper l'envie de se bidonner. Quand ma mère n'était pas là, c'était Clara qui la remplaçait. Ça a toujours été comme ça, même quand j'étais tout petit. Elle a toujours tenu son rôle de grande sœur à la perfection, avec un peu trop de zèle à mon goût lorsqu'elle m'enfermait dans ma chambre pour que je n'aille pas « faire le con avec mes potes débiles ». Mais quand j'y réfléchis, je sais qu'elle n'avait pas le choix et qu'elle aurait sans doute préféré traîner avec ses copines au café, autour du flipper ou du baby-foot, ou aller au cinéma le samedi soir avec un petit copain. Faire tous ces trucs que faisaient les autres filles de son âge. Je n'ai pas été facile, comme frère. Je me demande comment elle a pu me supporter. Quelquefois je la charrie, je lui dis qu'elle est une sainte, alors Loïc y va d'une plaisanterie graveleuse pour me certifier qu'elle n'en est pas une. Il est gentil, mon beau-frère, mais Clara méritait mieux que lui. Elle aurait dû rencontrer un homme qui aurait pris soin d'elle, mais voilà, elle a épousé le premier venu, comme si elle n'avait pas le choix, parce qu'il y avait urgence pour elle. Je me sens coupable, même si elle me dit souvent qu'elle aime son mari et qu'elle ne regrette rien. Elle ment, c'est sûr. Elle se ment. Quand on la voit comme ça, on la dirait vraiment heureuse. Un mari, deux enfants, une petite maison avec un jardin, des amis… Moi, je sais qu'il y en a eu un

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Nous Deux 4085 Trop beau pour elle

Trop beau pour elle

Pour Léa, les choses commencèrent à changer le jour où elle oublia sa carte bleue à la maison. Quand Joël passa en coup de vent à son bureau pour la lui apporter, elle se rendit compte qu'il n'était plus l'homme qu'elle avait épousé. S'il avait été cet homme-là, jamais dans les minutes qui suivirent ses collègues féminines ne se seraient déplacées une par une ou en petits groupes pour lui en faire compliment, souvent avec un clin d'œil appuyé signifiant qu'elles comprenaient mieux pourquoi la jeune femme ne s'attardait guère après le travail et préférait regagner le foyer sans demander son reste. Même Jean-Alain, de la comptabilité, qui ne faisait pas mystère de ses préférences, avait tenu à ajouter son mot : - Si j'en avais un comme ça, crois-moi que je l'enfermerais dans un coffre pour moi tout seul sans le faire apparaître sur les relevés de compte… Le changement d'attitude de ses collègues envers elle l'amusait en même temps qu'il l'effrayait un peu. Auparavant, Léa passait pour la bonne camarade, mais sans plus. Ce n'était en tout cas pas à elle que l'on serait venu confier ses aventures sentimentales et encore moins les prouesses qui pouvaient en découler. Pas qu'elle passât pour une demeurée, au contraire : elle était compétente et reconnue pour son excellent travail de secrétaire de rédaction. Mais elle paraissait bien loin de toutes ces contingences du cœur et du corps. Ce n'était pas son monde à elle et, si on la savait vaguement mariée, ce ne pouvait être qu'avec quelqu'un qui faisait la paire, un petit bonhomme insignifiant, sûrement très gentil, mais avec qui on ne devait pas s'éclater tous les jours. Elle n'en voulait à personne, car si les gens la voyaient ainsi c'est qu'elle ne cherchait pas à offrir une autre image d'elle. Sa famille et ses véritables amis le lui avaient bien assez reproché. Avec ses cheveux sur le front, balayant ses lunettes de myope, et ses tenues toujours un peu trop larges pour camoufler ses formes, elle savait qu'elle ne serait jamais arrêtée dans la rue par le recruteur

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Nous Deux 4085 Un amant bien curieux

Un amant bien curieux

Le manoir du XVIIIe siècle se situait à l'écart du village dans un cadre magnifique. Marjorie qui rêvait d'ouvrir des chambres d'hôtes, dans un décor raffiné, avait supplié son époux de l'acquérir. Olivier avait accédé à la requête de sa femme, car la bâtisse était en excellent état et le prix demandé très raisonnable. Ils emménagèrent au printemps et Marjorie passa les premiers mois à redécorer les chambres qu'elle envisageait de louer. Si, au début, elle appréciait la quiétude des lieux, bientôt, elle ressentit une sorte d'angoisse qui l'étouffait. Certains soirs, dès la nuit tombée, elle était tellement tendue qu'elle sursautait au moindre bruit. Sans être particulièrement peureuse, ses craintes s'étaient amplifiées au fil des nuits passées entre ces murs. Son mari ne comprenait pas pourquoi elle redoutait de rester seule, lorsqu'il partait pour des déplacements professionnels. La faute en revenait à la boulangère qui l'avait instruite du passé tragique de la demeure. L'agence immobilière s'était bien gardée de leur narrer que le baron de Rouchal, un libertin qui organisait des parties fines à la cour de Louis XV, avait été occis par un mari jaloux. Depuis, on racontait qu'il hantait les lieux afin de garder son trésor. Trésor, qui n'avait jamais été découvert et dont on doutait de l'existence. Les derniers occupants avaient revendu au bout de quelques mois, bradant le castel. Marjorie comprenait maintenant pourquoi Olivier avait réalisé une si bonne affaire. Au récit de la bavarde, elle avait ressenti un frisson parcourir son échine. Olivier éclata de rire lorsqu'elle lui relata son entretien avec la commerçante. - Toi, qui ne crois en rien, se moqua-t-il, tu ne vas pas te mettre à imaginer qu'un fantôme se balade la nuit ! Elle n'avait pas insisté. Marjorie aimait parcourir les brocantes et chiner des meubles en harmonie avec le style de la maison. C'est à cette occasion qu'elle fit la connaissance de Dante. Il était brocanteur et il lui avait vendu une commode. Il pleuvait le jour où il vint la livrer. Marjorie l'invita à boire un café. Ils bavardèrent beaucoup et découvrirent qu'ils partageaient des goûts dans

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Nous Deux 4085 À Lanzarote

À Lanzarote

À la porte 28 de l'aéroport de Barcelone, Chloé le repéra tout de suite. Il lui semblait que ses yeux tombaient sans cesse sur lui, où qu'elle regarde. Un voyageur blond, mâchoire carrée, la trentaine, appareil photo Nikon en bandoulière. Il tuait le temps en se plongeant dans ce roman qu'elle adorait : L'Amour aux temps du choléra, de l'auteur colombien Gabriel Garcia Marquez. Elle connaissait parfaitement ce livre pour l'avoir enseigné au lycée, à Bordeaux, pendant plusieurs années. Tous les autres voyageurs consultaient leur téléphone en attendant qu'on embarque pour Lanzarote, la plus secrète des îles des Canaries. Un bel homme seul, ça se remarque. Même si on est une femme mariée - qui plus est à un ingénieur assez geek, qui passe sa vie à élaborer des jeux vidéo. Un baroudeur aux cheveux en bataille, qui lit, et qui n'arrête sa lecture que pour trier des photos sur son appareil photo professionnel, ça donne envie. De quoi, exactement ? se demanda Chloé avec nervosité. Sa psy, récemment, l'avait poussée à « oser être plus spontanée », davantage elle-même. De temps en temps, leurs regards se croisaient. Chloé détournait les yeux la première de ces émeraudes magnétiques, confuse. Elle quitta son siège pour aller aux toilettes. Quand elle revint, une femme s'y était installée. Coup du sort : il ne resta plus à Chloé qu'à s'asseoir à l'unique place libre, à côté de l'homme qu'elle n'avait cessé de dévisager. Elle piqua un fard. - Ça vous plaît ? Vous en êtes où ? lui demanda-t-elle au bout de quelques secondes, en désignant du menton son roman. Elle n'en revenait pas de son audace. L'homme leva les yeux vers elle. Il était encore plus beau de près, constata-t-elle. Des iris verts piquetés de bleu. - Eh bien, répondit-il avec beaucoup de naturel, Fermina Daza vient d'épouser Juvenal. Florentino a le cœur brisé. Il avait l'air de trouver ça parfaitement normal qu'une inconnue lui

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Nous Deux 4085 La chambre secrète

La chambre secrète

L'obscurité était totale. Quoi de plus normal quand on évolue à cent cinquante mètres sous terre ? En tête de la file indienne, l'ethnologue français Robert Lamarcq progressait à pas prudents, des pas qui avaient tendance à s'allonger au fur et à mesure de l'avancée du groupe. Après avoir franchi un obstacle délicat au début de leur exploration, le petit groupe se montrait de plus en plus confiant. Les trois hommes et les deux femmes qui le constituaient avaient en effet été contraints de ramper sur le sol humide pour se glisser dans une sorte de tube naturel dont les trois quarts étaient obstrués par des éboulis. Une journée entière avait été nécessaire pour avoir raison de ce point marqué en rouge sur leur carte souterraine. Maintenant chacun retrouvait confiance en l'avenir proche. Derrière Lamarcq, Susan Wilkinson, jeune Américaine d'une trentaine d'années, marquait le trajet de divers signes cabalistiques afin d'aider les membres de l'équipe qui la suivaient et de laisser des indications indispensables pour le retour, au cas où la galerie se transformerait en labyrinthe. Égyptologue de formation, Susan avait longtemps travaillé dans la vallée des Rois avant de venir sur le site maya de Chichen Itza, au cœur de la péninsule du Yucatan. Elle était célibataire et fière de le rester malgré sa séduction qui ne devait rien à un quelconque artifice de beauté. Amalia Sanchez, en revanche, était maman d'une fillette de 4 ans qui l'attendait avec le papa dans leur maison d'Acapulco. Elle évoluait à domicile : elle était née à Mexico. Elle était une spécialiste de la pyramide de Kukulcan devenue aujourd'hui un centre touristique très fréquenté. C'est d'ailleurs sous cette pyramide que Robert Lamarcq avait découvert l'entrée de la galerie où ces nouvelles fouilles de grande ampleur avaient été entreprises. Les deux hommes complétant la formation se nommaient Helmut Freibourg, scientifique allemand possédant des connaissances médicales, et Tom Simpson, un Irlandais disciple de Lamarcq,

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Nous Deux 4085 Bouger quand on travaille à la maison, c'est possible !

Bouger quand on travaille à la maison, c'est possible !

Au bureau, même sans s'en rendre compte, on s'active : monter les escaliers, aller jusqu'à la machine à café, se déplacer pour aller parler à un collègue… Mais quand le salon devient le bureau, que les réunions se font assis devant un écran et que la cuisine est à deux pas, notre corps bouge beaucoup moins. Le problème ? Ce mode de vie pèse sur la santé. Le corps humain est conçu pour bouger : rester assis trop longtemps ralentit la circulation sanguine, affaiblit les muscles et provoque des tensions dans le dos, la nuque, les épaules. Le manque de mouvement peut perturber l'humeur, la concentration, la qualité du sommeil et même l'appétit. À tel point que les experts parlent

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