Nous Deux - Le numéro 4101 du 2 février 2026

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La Une de Nous Deux n°4101 du 02/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4101 Fou d'elle

Fou d'elle

Eloïse, ma sœur, est perchée sur l'escabeau. Elle a décidé de laver tous les rideaux de l'appartement parce que hier, Paul, un de mes amis, a débarqué à l'improviste et que depuis sa visite, ça sent le tabac froid dans l'appartement. - Pourquoi tu ne lui dis pas d'aller fumer sur le balcon ? Et pourquoi tu irais chez le coiffeur ? - Pour me faire couper les cheveux, tout simplement, dis-je, répondant seulement à la dernière question. - Toi ? Te couper les cheveux ? Ça sort d'où, cette idée saugrenue ? Ne change rien, Greg. Si Maria a vraiment craqué, c'est sur l'homme qu'elle voit tous les jours depuis une semaine, celui qui ne repasse jamais ses fringues et qui a dû perdre son peigne et son rasoir. Changer pour séduire une personne c'est tout l'inverse d'une bonne idée ! Elle va se douter que tu fais ça pour elle et ça va lui mettre la pression. J'ai simplement dit que je prévoyais d'aller chez le coiffeur et Éloïse a tout compris ! Quelquefois, j'ai l'impression qu'elle lit dans mes pensées et c'est comme ça depuis toujours. - Je ne vois pas de quoi tu parles. Il n'y a rien d'extraordinaire à aller chez le coiffeur. - Habituellement, c'est à moi que tu demandes de les raccourcir un peu. - J'ai vraiment envie d'une belle coupe cette fois. Éloïse détache le dernier anneau et le rideau tombe sur le sol dans une sorte de long soupir. Puis elle descend de l'escabeau qu'elle embarque dans la cuisine où je la suis avec l'escabeau. - Alors, j'ai raison ? C'est Maria, la nouvelle caissière ? Je ne suis pas idiote, j'ai bien compris qu'il se passait quelque chose… depuis que tu as décidé de faire les courses à ma place. Avant, tu détestais ça. Et maintenant, tu fais les courses, tu veux te couper les cheveux et en plus, tu es en train de me dire que je ne sais pas le faire correctement ! Il y a forcément une femme là-dessous. Elle me toise, en remontant sur l'escabeau, attendant une réponse, et je sais bien qu'elle ne lâchera pas l'affaire. - Je n'ai

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Nous Deux 4101 Une vie monotone

Une vie monotone

Au bout du fil, ma mère me racontait combien l'hiver était doux sur la Côte d'Azur, combien elle avait bien fait de quitter Nantes pour aller se dorer sous les palmiers, et toutes ces choses que j'aurais préféré qu'elle évite de détailler à sa fille coincée dans les Ardennes, un lugubre soir de février. - Je sais, maman, et je suis ravie pour toi, mais tu sais bien que Bruno ne peut pas exactement se faire muter sur la Côte d'Azur… Nous allons rester au moins cinq ans ici, j'aimerais bien que tu ne me sapes pas complètement le moral ! J'avais beau lui dire que ce n'était pas mon choix, elle ne pouvait s'empêcher de me demander ce que je faisais là. J'avoue que je me le demandais parfois moi-même, surtout pendant ces mois d'hiver où l'humidité vous remontait le long des jambes, et où je passais mes journées transie de froid, à ranger la maison et préparer les repas en attendant le retour des enfants - qui avalaient leur goûter avant de s'enfermer dans leur chambre, casque sur les oreilles, téléphone à la main, et n'avaient plus une minute pour leur mère. Bruno passait le pas de la porte vers 20 heures, épuisé, s'asseyait pour dévorer le repas et allait s'effondrer sur le canapé, la télécommande à la main. Ce jour-là, en plus, il pleuvait. J'avais dû aller au supermarché pour nous ravitailler, les essuie-glaces tentant en vain de chasser les bourrasques d'eau qui s'abattaient sur le pare-brise, et mes pneus manquant de m'envoyer dans le décor à chaque virage pris à plus de 20 km/h… Quand j'étais rentrée au milieu de l'après-midi, on aurait dit qu'il faisait déjà nuit. Après avoir écouté le programme chargé des mondanités de ma mère, je raccrochai. Qu'est-ce que je faisais là ? Comme toujours dans les moments de découragement, je me fis une tasse de thé, mais je ne pus m'empêcher de m'effondrer en larmes pendant que la bouilloire frémissait. Cette vie ne me ressemblait plus. Je n'aurais jamais dû abandonner mon travail… À Bordeaux, où nous avions passé dix ans, pigiste, je rédigeais des articles pour

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Nous Deux 4101 Le jour de la Pasola

Le jour de la Pasola

Les premières lueurs du soleil irisaient le bleu profond de la mer encore lisse ; Dewi se prélassait dans le grand lit de l'hôtel de luxe en attendant le petit déjeuner qu'on allait lui apporter sur la terrasse ; une brise légère adoucissait la température tropicale… La jeune fille se réveilla soudain. Elle n'avait fait que rêver, accoudée à la balustrade du rez-de-chaussée de l'hôtel où elle s'était assoupie. La fille dans le lit, c'était la touriste allemande à qui elle apportait le breakfast chaque matin, comme elle le faisait dès 6 heures aux clients qui désiraient le prendre sur leur terrasse privée avant de s'élancer sur leur planche de surf face aux vagues de l'océan Indien. Le Nihiwatu Resort était le plus chic des hôtels de l'île de Sumba, au cœur des îles de la Sonde. Bungalows, appartements de luxe, piscines privées, pour une clientèle choisie de célébrités et de surfeurs de haut vol. Les abords de l'île étaient célèbres pour la qualité de leurs vagues qui attiraient les champions du monde entier. Dewi y travaillait une semaine sur deux en alternance avec ses cours de l'école hôtelière à Waikabubak où elle logeait chez sa tante. Elle avait appris l'anglais et comment servir et se conduire au milieu de ces étrangers aux mœurs si différentes. Elle n'avait guère de contacts personnels avec la clientèle et elle n'en cherchait pas. Malgré son exquise politesse et son fin visage aux yeux d'un noir lumineux qui lui attiraient des regards admiratifs et des clins d'œil suggestifs, elle restait à distance de ce monde venu d'ailleurs. Les semaines où elle travaillait à l'hôtel, elle rentrait chez ses parents après avoir troqué son uniforme contre un sarong couleur orange. Elle redevenait l'aînée des huit enfants du chef de son village aux toits pointus. Ce jour-là, en approchant par les sentiers de la forêt, on entendait déjà la rumeur du prochain mariage, les chants des tisseuses qui préparaient les costumes chatoyants du défilé, les rires des musiciens qui s'entraînaient pour le banquet en musique et les cris des

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Nous Deux 4101 Dans les décombres

Dans les décombres

La ville est à feu et à sang. Depuis le 10 mai, les troupes allemandes ont encerclé Sedan en cette année 1940. Les bombardements sont incessants et facilitent l'avancée de la Wehrmacht qui a traversé le Luxembourg, la Belgique, puis les Ardennes en contournant la ligne Maginot par l'ouest. C'est justement là que je me trouve, quarante-huit heures plus tard, dans le village de Carignan, vingt kilomètres à l'ouest de Sedan, sous les ordres d'un adjudant-chef et en compagnie de trois autres pauvres types de mon âge qui préféreraient passer ce week-end de la Pentecôte avec leurs familles respectives plutôt que sur le front, dans la boue, encerclés par des chars, des véhicules de toutes sortes et dix mille Allemands. Avec des cadavres aussi que les ambulanciers n'ont pas le temps de ramasser. Quand je vous dis me trouver à Carignan, ce n'est en fait qu'une supposition. Nous avons tellement marché depuis deux jours que nous ne savons plus vraiment où nous sommes. Ces maisons meurtries, abandonnées, ces ruines se trouvent peut-être à Dom-le-Mesnil, Frénois, Reuilly ou Aillicourt, je n'en sais rien. Ce que je sais en revanche, c'est que les bombardiers poursuivent leur pilonnage et que les obus éclatent alentour, comme s'ils avaient décidé de nous viser pour mieux nous exterminer. Qu'avons-nous fait pour mériter ça ? Je m'appelle Alexandre Maréchal. Maréchal c'est mon nom, pas mon grade ! Je blague bien sûr. Aucun maréchal, même pas Pétain le vainqueur de la Grande Guerre, ne s'aventurerait dans cette cuvette au risque de sa vie ! J'ai 24 ans, le même âge que Pierre et Claude, deux de mes copains de galère. Jean-François est un peu plus vieux que nous : 27 printemps fêtés le mois dernier, juste avant qu'on nous commande de défendre la patrie. Quant à Jérôme Broussard, l'adjudant-chef, il a 29 ans, est marié et père d'un bébé dont il nous parle toute la journée. Si je vous cite uniquement nous cinq, c'est parce que nous avons le sentiment

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Nous Deux 4101 La ride du lion

La ride du lion

Tout partit d'un selfie, le soir où Sylvia Paz fêtait ses 48 ans. Les selfies n'arrangent rien : ils fixent un instant qui n'est pas nécessairement à votre avantage, déforment vos traits et exagèrent les contrastes. Sur la photo, trois visages. Celui de Sylvia et celui de ses amies, Jasmine et Léa. Le visage de Sylvia ne ressemblait pas à grand-chose avec ses lunettes à double foyer et son gros pull jacquard à motifs. La lumière crue du restaurant, le flash trop proche, la ride du lion qui barrait son front comme un souvenir de contrariété… rien ne manquait. Elle eut un petit haut-le-cœur en peinant à se reconnaître sur l'écran de son mobile. Depuis quelque temps, elle s'attardait de plus en plus devant les vitrines des instituts esthétiques. Elle savait ce qu'était l'acide hyaluronique, avait lu des témoignages sur les injections « naturelles », hésité devant les avant/après de sites au graphisme douteux qui vantaient la jeunesse éternelle. Mais ce soir-là, la photo eut l'effet d'une gifle. Sylvia Paz avait choisi, pour édulcorer la grisaille de cette froide journée de février, un petit restaurant andalou niché dans une ruelle de Montmartre. Les murs ocre et les guitares suspendues autour d'elle lui rappelaient ses débuts de chanteuse. À ses côtés, Jasmine et Léa partageaient la table comme elles partageaient, depuis des années, sa vie amicale et professionnelle. À cela près qu'elles étaient un petit peu plus jeunes qu'elle, et cette différence d'âge jurait sur le selfie que Sylvia continuait à fixer avec une grimace dépitée. La chanteuse retourna son portable face contre table, se leva et, d'un geste décidé, sabra la bouteille de cava. Le liquide pétillant s'écoula avec un bruit de fête modeste. Elle leva son verre, sourit et laissa tomber sa phrase comme un bouquet de fleurs un peu trop lourd : -

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Nous Deux 4101 Êtes-vous disponible une nouvelle relati on

Êtes-vous disponible une nouvelle relati on

1. Un ami vous dit : « Je connais quelqu'un qui pourrait te plaire… » Votre réaction : A. « Ah bon ? Raconte ! » B. « Hum… pourquoi pas. » C. « Je ne crois pas trop aux rencontres arrangées. » 2. Votre garde-robe vous semble soudain vieillotte… A. Vous profitez d'une promotion pour craquer sur un nouveau modèle. B. Vous essayez en boutique un haut plus moderne… puis le reposez. C. Vous gardez vos classiques : « En attendant, ça va très bien comme ça. » 3. Un inconnu vous adresse la parole en faisant la queue au cinéma… A. Vous entamez spontanément la conversation. B. Vous vous demandez si ce n'est pas pour l'amie qui vous accompagne. C. Vous répondez factuellement. 4. Votre petite-fille vous demande : « Mamie,

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