Nous Deux - Le numéro 4103 du 16 février 2026

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La Une de Nous Deux n°4103 du 16/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4103 Le petit bois tragique

Le petit bois tragique

A l'origine, le bois qui s'étend de la sortie du village jusqu'au marais, sur environ trois kilomètres en ligne droite, ne s'appelait pas ainsi. On dirait qu'il n'a jamais eu de nom ou alors, il y a très longtemps. Il appartient à cette minuscule commune de Sologne et la chasse y est strictement interdite. Il a fallu ce drame pour que les gens du coin lui donnent ce nom, « Le petit bois tragique ». Et c'est en partie à moi qu'il le doit. On a eu beau me répéter que je n'y étais pour rien, que c'était le destin, je sais que j'aurais pu faire en sorte qu'il ne porte jamais ce nom. J'y vais encore de temps en temps, c'est plus fort que moi. Je ne peux pas remonter le temps mais il n'est pas interdit de courir après les fantômes dans l'espoir insensé d'obtenir leur pardon. C'était il y a dix ans. Parfois ça me semble loin, d'autres jours, c'est comme si c'était arrivé hier. Je m'appelle Séréna. J'ai grandi dans ce charmant trou perdu de Sologne et puis j'en suis partie, emportant un fantôme clandestin dans mes valises. Je voulais le fuir, mais il s'est accroché à moi. Antoine refusait que je le quitte. Antoine était très possessif. J'avais 19 ans et aucun bagage. Mon cursus scolaire s'était arrêté à la fin des années lycée, je n'avais jamais aimé l'école. Jeanne, une cousine parisienne, m'a hébergée les premiers temps, dans son petit studio sous les toits. C'est elle qui m'a branchée sur ce job de plongeuse dans un restaurant de Montmartre. Au début, je détestais cet emploi aux horaires si contraignants, aux week-ends et aux jours fériés inexistants, mais il me permettait de gagner modestement ma vie et d'aider ma cousine à payer le loyer et les factures. J'avais laissé Diego, là-bas, en Sologne. Avec ce drame, ça n'aurait jamais marché entre nous. Un peu plus d'un an plus tard, j'avais réussi à mettre de l'argent de côté et mon boulot ne me déplaisait plus, au contraire, il me passionnait. Je ne faisais presque plus jamais la plonge, avec le chef, j'apprenais la cuisine. Il disait

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Nous Deux 4103 Le souffle de l'hiver

Le souffle de l'hiver

Le vent glacial souffle sur les cimes des Alpes, balayant la neige fraîchement tombée qui recouvre la station de ski. Olivia, emmitouflée dans son épaisse veste, glisse à toute vitesse sur les pistes. Ses skis tracent des arcs parfaits dans le manteau blanc. Chaque mouvement est une danse, une chorégraphie maîtrisée. Elle a l'habitude de ces vacances où elle essaie de se fondre dans l'anonymat, de se faire la plus discrète possible, loin de la frénésie de la ville, des regards trop curieux et des obligations sociales que lui impose son nom. Ici, tout paraît plus simple, plus pur. Pourtant, ce matin-là, quelque chose lui semble différent. Une sensation étrange, comme un pressentiment, flotte dans l'air. Olivia serre les dents et s'efforce de chasser cette pensée. Ce n'est probablement rien. Au sommet de la station, près du télésiège, Naïm observe la scène de la terrasse du chalet. Ses yeux sombres scrutent la vallée, non pas avec l'excitation d'un passionné de sport d'hiver, mais avec une intensité plus sombre. Le café qu'il tient à la main est à peine touché ; il ne semble pas pressé de rejoindre les autres skieurs. Il n'est pas vraiment là pour skier, et encore moins pour se détendre. Il pense à elle, et plus la date fatidique approche, plus son souffle se raccourcit. Pourquoi s'infliger cela ? se demande-t-il. Il ne le sait pas exactement, peut-être aime-t-il se torturer ? Chaque année, il revient à l'endroit exact où le drame s'est déroulé. Ce qui le perturbe cependant aujourd'hui, c'est le regard furtif qu'il vient de croiser, avant qu'il ne disparaisse derrière un masque opaque. Il a reconnu la silhouette d'Olivia, cette femme aperçue la veille, après le dîner, à l'hôtel… Il ne sait pas pourquoi, mais elle l'intrigue. Elle ne semble pas appartenir à ce monde de ski glamour, de fêtes et de rires faux ; une tristesse profonde, sourde, semble faire écho à la sienne. Il secoue la tête, voulant chasser l'image de la jeune femme. Pourtant, quelque chose l'appelle, le

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Nous Deux 4103 Un prêté pour un rendu

Un prêté pour un rendu

Les dés semblaient pipés dès la naissance des deux filles du comte Henri de Rivault. L'aînée fut baptisée du gracieux prénom d'Hermeline et se révéla vite une splendide enfant brune aux profonds yeux noirs et au teint blanc et mat. La cadette vit le jour trois ans plus tard et fut quant à elle nommée Gertrude car la mère du comte souhaitait absolument qu'on rende ainsi hommage à une lointaine aïeule. L'épouse d'Henri, jugeant cela ridicule, espéra alors vivement pendant neuf mois que le bébé soit un garçon. En vain. De plus, la petite Gertrude afficha bien vite des cheveux au blond indécis, de petits yeux rapprochés d'un nez un peu busqué, et une carnation qui virait à l'écarlate à la moindre occasion. Les caractères et les dispositions des deux sœurs aussi s'avérèrent radicalement différents. Hermeline découvrait rarement ses jolies dents blanches pour sourire alors que Gertrude, consciente sans doute que c'était là un de ses rares atouts, se montrait avenante en toutes occasions. L'aînée, grande, fine et énergique, montra bien vite un don pour le cheval et la chasse, qu'elle pratiquait volontiers avec son père sur le vaste domaine, alors que la courtaude et rondelette cadette s'était vite résignée à des occupations plus tranquilles, comme celle d'accueillir les visiteurs ou de servir le thé, ce qu'elle faisait à merveille. Les deux filles s'étaient vite rendu compte que des fées différentes s'étaient penchées sur leur berceau et une rivalité avait pris place, qui désespérait leurs parents. Les moqueries d'Hermeline, que la lenteur et l'indolence de sa sœur exaspéraient, pleuvaient sur Gertrude. « Quelle empotée ! » s'entendait souvent dire la cadette. Mais elle ripostait comme elle pouvait, cachant par exemple l'équipement de chasse de son aînée au moment de se mettre en route, ou tachant sa robe juste avant une réception. Les hostilités allèrent grandissant avec le temps. Une jalousie toute féminine se fit jour touchant les toilettes de ces demoiselles. Gertrude s'attirait toujours les mêmes remarques : « Tu as l'air d'un sac. » Ou d'une

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Nous Deux 4103 Comme un ange

Comme un ange

Jane travaillait dans le laboratoire de recherche du professeur Félix Molini, un savant entouré de mystère qui avait un fils, Ariel, que personne n'avait jamais vu. Il lui vint une idée fixe : connaître cet enfant. Le dimanche après-midi, Molini sortait seul pour aller s'enfermer dans son laboratoire. Vers 15 heures, Jane se trouva en train de rôder près de son imposante demeure entourée de murs couronnés de tessons de verre. Elle alla au portail et agita la cloche. Mais à quoi bon ce geste, personne ne viendrait ! Il n'y avait dans cette maison qu'un garçon qu'on disait handicapé et un chien qui ne tarderait pas à se manifester. À l'intérieur de la maison retentirent des aboiements furieux. Puis le silence se rétablit et, à la grande stupeur de Jane, elle entendit le déclenchement du verrou que l'on déverrouillait. Quelqu'un lui avait ouvert sans se préoccuper de regarder par le guichet. Qui se tenait derrière le portail, qui l'incitait à pénétrer dans la propriété ? Elle tourna le loquet presque contre sa volonté. Un des battants céda, elle entra. Personne ! Dans l'allée, sous ses sandales, le gravier produisait un bruit menu mais perceptible. Le chien se déchaîna de nouveau et déboula vers Jane. Épouvantée, elle s'attendait à être mise en pièces mais, à quelques mètres, il fut arrêté en plein élan et demeura étourdi quelques instants. Ensuite, il se dirigea vers la maison et s'allongea sur le perron, doux comme un agneau. Jane avança avec le sentiment qu'elle évoluait dans un rêve. Il faisait bon dans le parc où le végétal retenait la fraîcheur. Elle gravit les marches du perron. Le chien ne réagit pas. Elle passa près de lui, très digne, ne s'avisant pas toutefois de le caresser. La porte d'entrée s'entrouvrit, comme si quelqu'un d'invisible la surveillait et favorisait son approche. Le cœur battant la chamade, elle pénétra dans un large corridor. L'intérieur de la maison tombait en décrépitude. Une épaisse couche de poussière recouvrait tout. Comment

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Nous Deux 4103 Un nouveau départ

Un nouveau départ

Laure et Simon n'auraient jamais imaginé qu'ils viendraient un jour élire domicile dans une petite commune de Bourgogne. Et pourtant, ils l'avaient fait. Trois ans auparavant ils vivaient encore à Lyon. Ils s'étaient mariés et installés dans un vieil immeuble du 1er arrondissement, célèbre pour ses bouchons lyonnais. Nourrice agréée, Laure accueillait dans leur appartement des bébés et des enfants qui n'étaient pas encore en âge d'être scolarisés. Simon travaillait pour une entreprise de prestation de services informatiques. Dès que l'occasion se présentait, ils sortaient avec leurs amis. Leurs soirées étaient liées au mode de vie animé d'une grande agglomération. Mais, un jour, l'ombre de la crise sanitaire s'était abattue sur eux, sur la France et sur le reste du monde. Le couple avait dû se replier dans son trois-pièces en attendant des jours meilleurs. Le confinement les avait encore plus rapprochés. Ils avaient découvert qu'ils rêvaient de s'éloigner de la métropole des Gaules. Ils passaient de longs moments à évoquer leur vie future quand le virus se serait éloigné. - Tu te vois habiter éternellement ici ? avait demandé Simon à Laure pour la provoquer. - Dans cet appart, à Lyon, tu veux dire ? Il avait affiché un air énigmatique : - Tu n'aimerais pas vivre à la campagne ? Elle avait ri. Puis, elle l'avait observé sérieusement et lui avait demandé : - Tu penses à quoi ? Encouragé par la réaction de Laure, il avait étalé sur la table du salon une carte détaillant les monts, les vallées et les cours d'eau de la Bourgogne : - Tu te rappelles ? Peu avant la pandémie, ils avaient passé un long week-end à parcourir les rues pavées de la cité fortifiée de Beaune. Alors qu'ils visitaient des caves et découvraient les vignobles de la Côte-d'Or, ils avaient eu le coup de foudre pour un village où ils s'étaient arrêtés. Laure s'était alors exclamée : - Comme c'est charmant, tu

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Nous Deux 4103 " Sans cette montre connectée, on chercherait encore ce que j'ai ! "

" Sans cette montre connectée, on chercherait encore ce que j'ai ! "

C'est un accessoire de mode mais pas que. La preuve : sa jolie montre ne quitte plus son poignet ! « Je ne peux plus m'en passer et je dors aussi avec », plaisante Catherine. Mais c'est pour la bonne cause. Cette montre intelligente lui permet de lire l'heure, évidemment, mais aussi de vérifier son nombre de pas, les calories dépensées et surtout la qualité de son rythme cardiaque. Parce qu'il le faut bien ! Née avec la « maladie bleue » Catherine est née avec une TGV. Traduisez : une transposition des gros vaisseaux. « Je suis née avec la “maladie bleue”, comme on l'appelait alors. Je souffrais d'une affection cardiaque congénitale. Je paraissais bleue parce que mon cœur ne pompait pas suffisamment d'oxygène. » Elle est transférée en urgence au service cardiologie de l'hôpital de Lyon où elle subit sa première opération âgée d'à peine neuf heures. À 16

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