Nous Deux - Le numéro 4109 du 30 mars 2026

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La Une de Nous Deux n°4109 du 30/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4109 Le printemps de son cœur

Le printemps de son cœur

Nelly ouvrit les yeux au petit jour. Elle s'éveillait toujours à l'aube et ne tenait plus dans son lit. Encore ce rêve, pensa-t-elle. À mon âge, tout de même… et avec cet homme qui n'est même pas mon genre ! Lorsqu'elle avait raconté ce rêve à sa sœur cadette Évelyne, celle-ci avait éclaté de rire, mais Nelly n'avait pas ri, même si elle-même trouvait qu'elle avait passé l'âge de faire des rêves érotiques aussi… acrobatiques. Jamais elle n'avait connu ça avec son mari. L'unique homme de sa vie l'avait quittée pour une autre, plus jeune de dix ans. Évelyne l'appelait « la bimbo » - elle n'avait jamais dû voir une vraie bimbo. Nelly sortit du lit et ouvrit les volets sur le jardin baigné de soleil. Même s'il faisait bien frisquet en ce mois de mars, tout était toujours plus beau sous le soleil. Mais elle n'arrêtait pas de penser au rêve qu'elle avait fait pour la troisième fois et qui semblait si réel qu'elle se demandait toujours, avant d'ouvrir les yeux, si elle n'allait pas trouver le brocanteur allongé auprès d'elle, nu comme un ver. Arthur Lemoine, c'était son nom. Mais il n'avait rien d'un moine, elle l'avait bien compris lorsqu'elle était entrée dans la brocante qui venait de rouvrir après dix années d'abandon. Il s'était montré un peu trop familier à son goût. Tout de suite, il l'avait regardée des pieds à la tête, avec une espèce de regard plein de convoitise qui l'avait déstabilisée. Ensuite, il l'avait suivie pendant qu'elle déambulait au milieu de tous les objets qui s'entassaient là, sous une couche de poussière. Une autre cliente était entrée, il l'avait saluée, mais il n'y avait pas prêté attention. Il l'avait même laissée attendre devant le comptoir, une grosse pendule sur les bras. Finalement, Nelly avait dégotté une jolie boîte à bijoux et au moment où elle allait partir, le brocanteur l'avait rattrapée à la porte pour lui tendre sa carte de visite. - Je m'appelle Arthur Lemoine. N'hésitez pas à revenir, j'ai souvent des boîtes à bijoux anciennes. J'ai une meilleure idée, vous pourriez me donner votre numéro de téléphone et dès que… - Non, merci, monsieur… - Appelez-moi Arthur, c'est plus

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Nous Deux 4109 Cœur de Saintonge

Cœur de Saintonge

Faustine fut réveillée par le chant d'un coq et par le soleil radieux qui se frayait un chemin à travers les volets. Elle était arrivée à Saint-Sauvant la veille durant l'après-midi. Ce charmant petit village « de pierres et d'eau » des Charentes, sis dans la vallée du Coran et arrosé par un ruisseau éponyme était un des joyaux de la Saintonge. Elle jeta un coup d'œil à son téléphone portable et vit qu'il n'était que 7 heures. Elle décida de paresser encore un peu au lit avant d'aller goûter au café accompagné d'une part de galette charentaise préparées par Nicole, sa logeuse. Cela faisait des mois que Faustine n'avait pas passé une nuit aussi sereine. Elle n'avait pas rêvé de ce bébé qui lui tendait les bras en pleurant. Sa vie durant ces douze derniers mois défila en pensée : depuis son accouchement prématuré à six mois de grossesse et sa petite fille qui n'avait pas survécu, jusqu'au départ de Frédéric, il y a sept mois. Il avait quitté l'appartement qu'ils partageaient dans le 18e arrondissement de Paris. Depuis le drame, leur couple s'était délité. Faustine s'enfonçait dans un silence rempli de non-dits, ses nuits hantées par cette vision d'un bébé qui pleurait. Frédéric s'absentait de plus en plus de leur appartement pour fuir l'atmosphère pesante qui y régnait et avait trouvé un dérivatif dans d'autres bras féminins. Faustine et Frédéric étaient archéologues et travaillaient au Département d'histoire de l'architecture et d'archéologie de Paris. Ils s'étaient rencontrés lors de leur première année d'études sur les bancs de l'Institut d'art et d'archéologie de l'université parisienne Panthéon-Sorbonne et ne s'étaient plus quittés. Leur appétence commune pour l'histoire de l'humanité et les vieilles pierres les avait rapprochés et Faustine avait cru en un bonheur éternel aux côtés de Frédéric, jusqu'à la perte de Sarah. Elle avait nommé sa petite fille mort-née Sarah et ce bébé qui était greffé à ses entrailles à jamais était devenu sa pierre précieuse qui la guidait dans la vie. Ils avaient décidé de divorcer d'un

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Nous Deux 4109 Un voisin peu fréquentable

Un voisin peu fréquentable

Nadia, ne pouvant contenir sa joie, poussa un cri de victoire. Alain l'avait enfin installée dans ses meubles ! Ce superbe loft, au septième étage d'un immeuble de standing, où elle aurait toute la ville à ses pieds, elle en avait rêvé, et il avait exaucé son souhait ! Certes, il avait fallu un an de supplications et de bouderies, et c'est quand elle avait menacé de le quitter qu'il s'était décidé, mais elle ne voulait pas y penser. Alain savait sans doute qu'elle ne se contenterait pas de rompre mais irait informer de leur liaison Liliane, sa femme. Cette dernière, héritière d'un magnat de la presse, finançait son cabinet d'architecte. En apprenant son infortune, il y avait de fortes chances pour qu'elle coupe les robinets. Les déménageurs venaient de partir. Nadia se jeta sur le canapé de cuir blanc qu'elle avait fait placer face à la baie vitrée et contempla ce qui s'offrait à sa vue. - Le ciel comme unique vis-à-vis, c'est fabuleux ! La nuit, je vais pouvoir me rassasier de la contemplation des étoiles ! Alain devait bientôt venir la rejoindre pour fêter son emménagement et elle avait acheté pour l'occasion une bouteille de champagne. Dans la cuisine, elle constata qu'il faudrait au réfrigérateur plusieurs heures avant qu'il n'atteigne la température adéquate pour rafraîchir la bouteille. Elle décida alors d'aller solliciter les voisins de palier. Après avoir frappé à quatre portes, l'une d'elles s'ouvrit enfin. L'homme qui lui ouvrit, un trentenaire dont le visage taillé à la serpe et la tignasse blonde rappelaient les lointains Vikings - ce qui n'était pas pour lui déplaire -, l'accueillit froidement. - Vous désirez ? - Pardonnez-moi, je viens juste d'emménager et j'ai pensé que des voisins pourraient peut-être me dépanner de quelques glaçons. Mais personne ne m'a répondu. - C'est normal. L'immeuble est neuf et nous ne sommes qu'une poignée à avoir emménagé. Avec vous, nous sommes deux à cet étage. - Alors, pour les glaçons ? - Je peux. Attendez-moi, je reviens. Il

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Nous Deux 4109 Mieux vaut un mensonge

Mieux vaut un mensonge

Lorsque Maureen avait quitté son Irlande natale pour venir apprendre la langue de Molière, elle ignorait que son destin la lierait à ce pays. C'était la première fois qu'elle quittait sa grand-mère, Shanna, chez laquelle elle avait grandi dans un cocon d'amour. À Paris, elle était hébergée chez des amis de celle-ci qui avaient une fille de son âge, Marie. En mars suivant, alors qu'elle était venue fêter la Saint-Patrick dans un pub irlandais avec Marie, c'était l'amour que Paris lui avait offert. Il s'appelait Fabien et suivait un cursus pour devenir ingénieur. Attirés par la musique provenant du pub en fête, Fabien et ses amis avaient poussé la porte au moment où, emportée par l'ambiance, Maureen s'élançait dans une gigue irlandaise endiablée. La beauté de la fière Irlandaise aux cheveux cuivrés et au regard lagon l'avait foudroyé. Fabien aimait les jeux de société, la voile, le jazz et les BD. Maureen était passionnée par l'histoire, aimait se nicher dans un coin de canapé avec un roman de ses favoris du moment - les auteurs du XIXe siècle - et raffolait des airs de folklore irlandais, la musique traditionnelle de son pays. Leurs différences ne les avaient pas effrayés. Ils en avaient ri et très vite fait des projets ensemble. Quelques mois plus tard, Fabien emmena Maureen chez ses parents pour leur présenter celle qui mettait du piment dans sa vie. Il lui assura qu'il avait déjà parlé d'elle à ses parents et qu'ils ne lui feraient pas passer un examen. Du moment où elle ne s'immisçait pas dans leur duo, ils se montreraient charmants. Et Maureen avait mieux compris ce qu'il avait voulu dire quand, après les avoir quittés, Fabien, amer, avait conclu : - Tu vois, ma chérie, avoir des parents qui ne s'intéressent qu'à eux, parfois, ça facilite les choses. Mais enfant, l'indifférence des parents, c'est plus compliqué ! De ses propres parents, Maureen avait quelques photos. Une de son père,

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Nous Deux 4109 Le grand jeu

Le grand jeu

La phrase qu'elle avait reçue sur son téléphone tournait depuis des semaines en boucle dans la tête d'Émeline. « Avec toi, on s'ennuie au lit… » C'était la seule justification que Bastien lui donnait pour expliquer la rupture. Dire qu'elle l'avait pris pour son âme sœur, comme on dit… Un homme qui lui envoyait brutalement à la figure qu'elle était gourde au lit ! N'était-ce pas un problème qu'on pouvait régler ? Si elle l'avait su, elle aurait fait un effort, essayé de… Elle ne savait pas trop, elle ne s'était jamais rendu compte qu'elle n'assurait pas, côté sexe… Elle n'avait certes pas beaucoup d'expérience, dans le sens où elle n'avait jamais collectionné les amants, mais avec ceux qu'elle avait eus, elle avait pratiqué un certain nombre de fois et personne ne s'était plaint d'elle… Peut-être cet homme indélicat lui permettrait-il de comprendre pourquoi elle était encore célibataire… Si c'était ça, que devait-elle faire ? Prendre des cours ? Regarder des pornos ? Fréquenter les sex-shops ? S'initier à certaines pratiques ? La vision d'elle-même déguisée en Catwoman l'amusa l'espace d'un instant, celle d'elle ligotée comme un gigot un peu moins… On s'ennuie. Est-ce que Bastien avait connu ses précédentes relations pour dire « on » ? Avait-il créé un comité des amants déçus par la froide Émeline ? Elle savait, sa mère le lui avait assez répété, qu'elle pouvait paraître distante, la tête toujours fourrée dans ses livres ou son tableur. - Sors, vois du monde ! Quand tu auras mon âge, ce sera trop tard… , lui conseillait sa mère. Si elle avait pu, elle, disposer de la liberté offerte à sa fille, elle ne se serait pas fait prier ! Émeline préférait une soirée à lire un bon cosy mystery enroulée dans un plaid au vacarme d'une boîte de nuit. Aussi n'avait-elle pas beaucoup

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Nous Deux 4109 Je me suis battue po ur

Je me suis battue po ur

« Tout a basculé lors de l'échographie du sixième mois. Malgré des signes inquiétants - chevilles gonflées, peau marbrée -, j'avais hâte de découvrir mon bébé en 3D. Le regard du médecin a suffi: urgence immédiate. Ma tension était extrêmement élevée, mon bébé manquait d'oxygène et souffrait au niveau cardiaque. Transférée en maternité de niveau 3, j'ai été prise en charge pour une grossesse à haut risque. Le diagnostic est tombé : tumeur volumineuse de la glande surrénale droite. J'ai accouché par césarienne le 10 avril 2017. J'ai entendu : “C'est un garçon !” , crié son prénom… puis plus rien. J'ai fait une embolie pulmonaire. Mon fils, né sans respirer, a été réanimé puis hospitalisé en réanimation néonatale. À une semaine de vie, à 895 grammes, il a subi une opération du cœur. Les complications se

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