Nous Deux - Le numéro 4116 du 18 mai 2026

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La Une de Nous Deux n°4116 du 18/05/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4116 Chantage aux sentiments

Chantage aux sentiments

Ma liaison avec Karine n'avait que trop duré. Je tentais de rompre depuis huit jours mais je n'y parvenais pas. Bien sûr, j'étais le seul responsable de cette situation face à laquelle je me montrais trop faible, incapable d'agir sans dégâts. Vue de l'extérieur, on pouvait penser que je ne savais pas ce que je voulais, que j'hésitais, que je tenais encore à elle. En fait, j'ignorais seulement comment je devais m'y prendre pour ne faire souffrir personne. Ni elle, ni moi, ni notre entourage. Je suis trop faible ! Karine était ma maîtresse depuis deux mois, un laps de temps trop court pour qu'il existe un profond attachement entre nous. Nous avions fait connaissance dans un restaurant du centre-ville où nous déjeunions l'un près de l'autre, assis seuls à deux tables voisines. J'avais entamé la conversation, elle m'avait répondu puis accepté auprès d'elle. Ce jour-là, nous avions parlé, sympathisé. Et nous nous étions revus dès le lendemain. Quelques jours plus tard, nous devenions amants à son domicile. Depuis, sexuellement, c'est super entre elle et moi. Hélas, si elle est célibataire donc libre d'agir comme elle l'entend et d'aimer qui elle veut, ce n'est pas mon cas : je suis marié, père de famille et, pire encore, j'aime ma femme ! C'était la première fois en vingt ans d'union que je commettais une infidélité. Je ne regrette rien. Disons que j'ai recouvré mes esprits aujourd'hui et ne veux pas aller plus loin avec Karine. Une liaison provisoire, de bons moments ensemble, oui, mais pas question de mettre ma vie de famille et toute mon existence en cause pour cette fille. C'est justement ce que je viens de lui dire. Je le lui répète. Pourquoi ne m'entend-elle pas ? Elle pleure devant moi sans que ses larmes m'émeuvent. Je doute de la réalité de sa peine. J'attribue plutôt sa colère à de la vexation, à de l'orgueil blessé. - On ne m'a jamais laissée tomber ainsi, gémit-elle. Elle a alterné larmoiements et menaces, supplications et insultes. Elle en vient maintenant à la violence. Les bras en avant,

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Nous Deux 4116 Deux femmes libres

Deux femmes libres

Berthe descend du train. Elle est heureuse de retrouver Louise, sa petite fille. À peine a-t-elle posé un pied sur le quai qu'elle l'aperçoit. Elle porte un ravissant chapeau cloche couvrant son front jusqu'à ses yeux dorés soigneusement fardés. Quelques mèches noires et lisses dépassent à peine de son chapeau. Louise accourt, un sourire sur ses jolies lèvres marquées au raisin. Une lueur admirative passe dans les yeux de Berthe. Avec sa longue veste ouverte sur une élégante robe à taille basse s'arrêtant sous les genoux, sa petite-fille n'a rien à envier aux mannequins du Petit Écho de la mode dans lequel ses clientes piochent les modèles qu'elle recrée pour elles. Nichée dans les bras de Louise, qui lui dit son bonheur de la voir, Berthe hume avec délice le parfum posé au creux de son cou. - Tu sens bon, ma chérie, dit-elle. Louise rit. Elle dépasse sa grand-mère d'une bonne tête. - Normal, Mamé, c'est Shalimar de Guerlain, un grand parfumeur. Cadeau d'Armand. Berthe relève la tête. - Armand ? Ton fiancé ? - Non, Mamé, juste mon amant et mécène. Tu sais bien que je ne veux pas me marier, du moins pas avant de m'être fait une place dans la mode. Mais je l'aime et je te le présenterai ce soir au dîner. Louise s'écarte de sa petite fille pour mieux la voir. - Tu as l'air si heureuse ! Tu es si belle, si lumineuse, si… libre. J'ai hâte de découvrir ton univers. - Alors, allons-y, Mamé, dit Louise en saisissant la valise de Berthe. Assise dans un fauteuil du petit salon de présentation, Berthe admire une des pièces maîtresses des modèles créés par Louise ; une robe du soir vert d'eau au décolleté perlé tout comme la large ceinture soulignant la taille basse. Quelle revanche sur le passé, quelle belle récompense pour la confiance qu'elle a eue en sa petite fille. Berthe l'a élevée. Louise n'avait que 3 ans en 1906, à la mort de ses parents et ses deux frères, dans l'incendie de l'immeuble où ils

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Nous Deux 4116 Jardin secret

Jardin secret

Ils étaient une dizaine d'amis, toujours prêts à partir pour une randonnée ou une sortie en mer. Ils s'étaient connus au lycée, les uns étaient encore étudiants, d'autres travaillaient déjà. Ils se retrouvaient dans un bistrot de la place Estienne-d'Orves pour tirer des plans pour les semaines suivantes. Cette fin d'été, la lumière des environs de Marseille s'adoucissait et donnait envie d'aller grimper dans les Calanques. Lucas avait une autre idée : - Et si on allait plutôt dans les Hautes-Alpes ? Je connais des coins d'escalade fabuleux du côté de Guillestre… Il avait sorti d'une sacoche une carte d'état-major qu'il étala sur la table du café ; il pointa le doigt sur la carte, puis chercha sur son téléphone des photos de l'endroit. - Pourquoi pas ? Chacun trouva la proposition séduisante. Ceux qui étaient étudiants terminaient leurs vacances, d'autres avaient des congés à prendre, on se décida pour un week-end prolongé dans un gîte de Guillestre, Émilie proposa de l'organiser. - Une cousine de mon père vit à Peyre-Haute, l'un des hameaux de la commune. Je n'y suis pas retournée depuis des années, ce sera l'occasion de renouer avec elle. La jeune femme, une brune pétillante à l'accent chantant de son quartier natal du Panier, avait le souvenir d'un monde à l'opposé du sien, où tout était lent et silencieux. La nature y était belle, un peu étrange parfois, on y racontait des histoires à dormir debout. Certains chalets étaient si hauts que leur toiture de lauzes disparaissait dans le brouillard. Elle accompagnait alors la tante Hortense cueillir des « bonnes herbes », elle allait voir ses copines confectionner leurs tourtons ou leurs lasagnes, elle allait cueillir des myrtilles dans la forêt… Tout cela était bien loin de la vie qu'elle menait à Marseille, entre son métier de gestionnaire au Port de Marseille et ses multiples activités sportives ou culturelles. Ses yeux mauves et ses rires communicatifs en avaient fait craquer plus d'un. Elle avait vécu un an avec Vincent, un voisin

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Nous Deux 4116 Fais ce qu'il te plaît…

Fais ce qu'il te plaît…

En cette fin de millénaire, Frédéric, à 63 ans, avait encore fière allure. Et ce n'était pas seulement parce que Muriel le voyait avec les yeux de l'amour, non. Beaucoup de ses amies ne cessaient de lui rappeler sa chance, celle d'avoir un mari qui pourrait encore faire chavirer bien des cœurs. D'ailleurs, elle avait remarqué quelques regards féminins dans le restaurant qui, eût-elle été d'un caractère jaloux, auraient pu passer pour des œillades. Trente ans. Ils fêtaient le trentième anniversaire de leur mariage, et il lui semblait que c'était hier. Elle-même se plaisait à croire qu'elle n'avait pas trop changé, même si elle n'examinait jamais de trop près les photos de l'époque de peur de devoir revenir sur son jugement. Dans ce restaurant parisien élégant - mais sans ostentation - au milieu du ballet des serveurs diligents, son mari et elle auraient pu passer pour un couple de fiancés amoureux. Ou presque. Bien sûr, en trente années de mariage, tout n'avait pas toujours été rose bonbon. Chacun avait eu ses moments de lassitude, de doute, de crise. Ils les avaient surmontés, pour finalement célébrer leur victoire commune dans l'intimité, en savourant des plats raffinés arrosés des meilleurs crus. Un moment privilégié dont elle goûtait chaque instant. Quand Frédéric s'éclipsa un moment vers les toilettes, Muriel laissa son regard se promener, avec une certaine langueur, sur les autres convives de la salle. Des couples, pour la plupart. Fêtaient-ils tous un anniversaire de mariage ? Ses yeux s'arrêtèrent d'eux-mêmes sur l'un d'eux. La femme paraissait avoir la quarantaine, plutôt belle, lui quelques années de plus. Le cœur de Muriel la surprit en battant plus vite. Elle regarda l'homme plus attentivement. Si elle faisait abstraction des cheveux courts et grisonnants, des traits plus affirmés et de la stature plus lourde, cet homme, à quelques mètres d'elle lui rappelait… Pierre ! Non, bien sûr, ce ne pouvait être lui, la coïncidence était trop troublante. Elle ne l'avait jamais recroisé

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Nous Deux 4116 Le maïs, un grain de soleil dans nos assiettes

Le maïs, un grain de soleil dans nos assiettes

4 épis de maïs frais - 1 petite botte de ciboulette - Quelques brins de thym frais - 1 c. à café de jus de citron - 150 g de fromage frais - 2 c. à soupe de yaourt nature - 2 c. à soupe d’huile d’olive - 1 à 2 c. à café de paprika fumé - ½ c. à café d’ail en poudre - Sel et poivre 1. Retirez les feuilles et les soies des épis de maïs puis coupez-les en trois ou quatre tronçons réguliers à l'aide d'un grand couteau. Faites-les précuire dans l'eau bouillante pendant 10 minutes. Égouttez-les et séchez-les. 2. Préchauffez le four à 200 °C. Mélangez l'huile d'olive, le paprika fumé, l'ail en poudre, le sel et le poivre dans un bol. 3. Badigeonnez soigneusement les morceaux de maïs avec cette préparation à l'aide d'un pinceau et disposez-les sur une plaque recouverte de papier cuisson. 4. Enfournez pour 20 minutes en retournant les tronçons de maïs à mi-cuisson afin d'obtenir une coloration homogène et une légère caramélisation (la lame du couteau doit s'enfoncer facilement). 5. Mélangez dans un bol le fromage frais avec le yaourt et le jus de citron jusqu'à ce que la

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Nous Deux 4116 Des mamans comme les autres… et bien plus encore et bien plus encore !

Des mamans comme les autres… et bien plus encore et bien plus encore !

À 21 ans, au Népal, je fais un AVC hémorragique foudroyant. En France, on découvre une malformation cérébrale. Rééducation, puis trois opérations du cerveau : la dernière me laisse hémiplégique du côté gauche. Ma main gauche, dominante, ne fonctionne plus et je marche avec un appareillage en carbone pour éviter les chutes. Malgré tout, une évidence s'impose : je veux être mère. Mon handicap n'a rien changé à ce désir. Je tombe enceinte à 28 ans, facilement. Et c'est à ce moment-là que les choses se compliquent. Trois maternités refusent de me suivre : “trop risqué”. Grâce à ma rencontre, à l'Institut mutualiste Montsouris, à Paris, avec une sage-femme elle-même handicapée, tout change. Mes trois grossesses se passent bien. Les accouchements aussi : le premier, très médicalisé et forcément frustrant par rapport à

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