Nous Deux - Le numéro 4117 du 25 mai 2026

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La Une de Nous Deux n°4117 du 25/05/2026

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Nous Deux 4117 Une si belle histoire d'amour

Une si belle histoire d'amour



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Nous Deux 4117 Le temps est le meilleur des remèdes

Le temps est le meilleur des remèdes



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Nous Deux 4117 Chasseur d'images

Chasseur d'images

L'ornithologie, c'était la passion de Fabrice. Il aurait aimé en faire son métier, mais ne se sentait pas encore assez pro, et préférait, en attendant, assurer ses fins de mois avec son poste de conseiller bancaire. On se moquait gentiment de lui, au boulot. En fin de semaine, à la fermeture de la banque, sachant qu'il allait passer ses soirs de week-end à courir les bois, son appareil photo autour du cou, on s'amusait à lui souhaiter « bonne chasse à la galinette cendrée ! ». Une blague récurrente, laquelle venait des humoristes qu'étaient les Inconnus. Fabrice leur répondait gentiment par un haussement d'épaules tout en leur souhaitant, pour ces deux longs jours, un minimum de prises de bec avec leurs épouses respectives. Il avait connu ce que beaucoup de couples avaient, eux aussi, pu vivre. Des scènes de ménage quotidiennes, qui ne cessaient que lorsque l'un des deux époux quittait la pièce, ou parfois même la maison, en claquant la porte. Mais l'un ou l'autre revenait, car seul un juge des divorces pouvait décider du partage de la maison, des comptes épargne et autres biens qu'ils avaient en commun. Fabrice allait enfin se décider à faire appel à l'un de ces hommes de loi, quand il avait appris par le médecin de famille la maladie dont souffrait son épouse. Et tout avait changé pour lui. Il avait compris pourquoi sa femme, si douce, si rieuse, si aimante, avait petit à petit changé de comportement. Une maladie génétique héréditaire dont elle ne lui avait jamais fait part et qui avait fini par emporter sa mère. La chorée de Huntington, qui se traduisait par une longue dégénérescence des neurones. Elle devenait de plus en plus agressive, était sujette à des mouvements brusques, accentués quand elle se mettait en colère, et c'était de plus en plus fréquent. La moindre contrariété, un retard de cinq minutes quand il rentrait du travail, et il subissait une crise. C'était devenu insupportable. Mais, sachant ce dont elle souffrait, il avait changé d'avis à propos du divorce.

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Nous Deux 4117 Les renardeaux du Père-Lachaise

Les renardeaux du Père-Lachaise

Le soleil printanier du joli mois de mai qui s'infiltrait à travers la fenêtre de la cuisine agressait Clarisse. Elle avalait machinalement son deuxième café de la journée en l'espace d'une heure. Le docteur Mérand lui avait recommandé de limiter sa consommation de caféine, voire de l'éviter, mais elle n'y arrivait pas. C'est le café qui la maintenait hors de son lit. Elle mordit dans un toast beurré qui lui parut sans goût, afin de ne pas avoir, en plus, des brûlures d'estomac avec le café. Il lui fallut se lever de la chaise posée devant la petite table de sa cuisine pour aller prendre sa douche et elle se retint de hurler de douleur quand son pied toucha le sol. Toujours ces douleurs qui la faisaient souffrir. Elle fut tentée de prendre un analgésique et de retourner dans son lit, mais le docteur Mérand lui avait dit que les médicaments ne feraient que retarder sa guérison. L'exercice physique étant le meilleur remède ; il lui avait conseillé la marche au quotidien. Clarisse était en plein burn-out, ce mal pernicieux du XXIe siècle. Il y a trois mois, un matin, elle avait été incapable de sortir de son lit. Le moindre mouvement lui donnait le tournis et elle avait d'horribles courbatures. Pensant qu'elle couvait un vilain rhume, elle avait dormi durant quasiment vingt-quatre heures. Elle avait ressenti la même chose le lendemain et avait appelé son médecin de famille, un ami de ses parents, qui s'était déplacé. Il l'avait arrêtée durant une semaine, lui conseillant de se reposer. Tout affolée, elle s'était écriée qu'elle ne pouvait pas s'absenter du boulot car elle travaillait sur un gros dossier. - Clarisse, si tu tiens à ta santé, tu devrais écouter mon conseil. Tu ne couves pas un mauvais rhume. Tu fais un burn-out. Ton corps est épuisé et il te le fait savoir, ma petite ! - Et pas de télétravail, avait-il ajouté, les AVC et les crises cardiaques n'arrivent pas

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Nous Deux 4117 Dangereuse excursion

Dangereuse excursion

De la pointe du pied, Morgane écarta les petites branches et les feuilles mortes qui recouvraient le sol du sous-bois. - Les rails sont là, dit-elle, juste à droite du chêne des damnés. Nous approchons du but. - Comment peux-tu être sûre qu'il s'agit du chêne des damnés ? J'ai du mal à reconnaître les lieux, répondit Elena avec une moue dubitative. - Parce qu'il porte la croix des templiers gravée dans son tronc. Juste là, regarde. Elena s'approcha et passa le bout de ses doigts sur l'écorce du vénérable chêne dont on prétendait qu'il était plus que millénaire. - On ne la voit presque plus, mais c'est bien elle, tu as raison. Morgane et Elena, 30 et 29 ans respectivement, étaient amies d'enfance. Même si la vie leur avait tracé des chemins différents, elles n'avaient jamais perdu le contact. Très souvent, le week-end, elles se retrouvaient pour partir en randonnée. Cette fois, elles étaient venues de Paris jusqu'en Argonne, sur les traces de leur enfance, et ce n'était pas pour un week-end, mais pour au moins une semaine. Elles profitaient de leurs congés. Morgane travaillait depuis trois ans dans une imprimerie de la capitale et Elena dans un fast-food de banlieue. Leurs sacs à dos contenaient tout le nécessaire et si l'ancienne station météo était encore debout, elles n'auraient peut-être pas besoin de monter la tente. - Il paraît que les légendes comportent toujours une part de vérité, dit Elena tandis qu'elles s'engageaient sur le petit chemin. - Celle-ci est plausible. Trois templiers en fuite qui auraient trouvé refuge dans les bois et qui, une fois repris par les soldats du roi, auraient été pendus aux branches du chêne. Ça n'a rien d'impossible. Quand elles arrivèrent en haut d'un promontoire rocheux, dans une clairière au milieu de laquelle se trouvait la maison, des tas de souvenirs leur revinrent en mémoire. Après la mort du dernier occupant, la masure était restée ouverte à tous les vents. Il avait rendu l'âme depuis des jours lorsqu'on avait découvert son corps au bord de l'étang

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Nous Deux 4117 La petite sœur d'Isabelle

La petite sœur d'Isabelle

On entendait à peine la rumeur vrombissante de Rome quand Massimo Gordi s'apprêta à prendre la parole. Devant lui, un groupe de responsables culturels invités sur le chantier de fouilles de Porta Metronia. Et des journalistes à qui il fallait démontrer que les chantiers ouverts tout au long du tracé de la ligne C du métro et qui ralentissaient les travaux n'étaient pas inutiles. La dernière découverte en était la preuve. En effet, les médias ne cessaient d'insister sur le coût faramineux des travaux du métro de la capitale, rendus problématiques pour cause de patrimoine. Le sous-sol était truffé de vestiges archéologiques que le gouvernement hésitait à bouleverser mais il s'y était résolu devant l'accroissement démentiel de la circulation dans le centre. Depuis plusieurs années, les travaux qui encombraient le cœur de Rome étaient du pain bénit pour des archéologues comme Massimo Gordi. Quelques jours étaient passés depuis la découverte du fragment de vase en verre doré dans le chantier de la caserne antique mise au jour à Porta Metronia. C'était l'occasion de valoriser le travail des chercheurs auprès des responsables politiques et culturels : chaque coup de pioche, si l'on peut dire, apportait de nouvelles trouvailles, qui s'appuyaient sur les textes et témoignages des siècles passés. La cinquantaine alerte et enthousiaste, Massimo s'investissait avec passion sur ces chantiers. Diplômé de l'université de la Sapienza, il avait fait sa carrière dans l'archéologie et enseigné à son tour avant d'intégrer les équipes de chercheurs chargés d'accompagner l'avancée des travaux du métro de la capitale. Une tâche immense et exaltante qui faisait resurgir les cités de Rome successives depuis plus de deux mille cinq cents ans. Chaque matin, il quittait son petit appartement perché sous les toits de la via del Seminario, allait avaler vite fait un café dans l'un des bars qui bordaient la place voisine du Panthéon et filait vers le chantier. Il s'était totalement immergé dans son métier après sa séparation : en effet, Fausta n'avait pas longtemps supporté

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