Nous Deux - Le numéro 4124 du 13 juillet 2026

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La Une de Nous Deux n°4124 du 13/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4124 Le secret de Valentine

Le secret de Valentine

Sa marche est heurtée, ses pas sont lents comme si elle hésitait à aller plus loin, comme si elle craignait d'avancer encore. À moins qu'elle n'ait peur de croiser des gens ou de devoir répondre à des questions gênantes. Mais Valentine ne rencontre jamais personne. Si exceptionnellement cela se produit, les autres ne lui prêtent aucune attention. Est-elle devenue transparente au fil des années ? C'est possible, c'est même probable, mais après tout n'est-ce pas ce qu'elle souhaite : ne voir personne et n'être remarquée par personne ? Il en va ainsi depuis cinquante ans. Elle est une ombre, une silhouette se découpant sur un mur, une forme aux contours irréels. À Montignan, petit village de trois cents âmes, tout le monde connaît Valentine. Elle est l'une d'entre eux, née ici et vivant ici depuis toujours. Qui peut bien encore s'interroger à son sujet ? Qui intéresse-t-elle ? À part moi, bien sûr… Qui se demande ce qu'a été l'existence de cette femme de 67 ans qui paraît avoir quinze années de plus ? Elle habite la petite maison que lui ont laissée ses parents lorsqu'ils sont allés s'allonger dans le caveau familial du cimetière voisin. Une chaumière trop grande pour elle seule, qui aurait pu être pimpante au bord de la rivière coulant à deux pas mais qui, au contraire, a viré à l'abandon. La bâtisse est désormais sans âme et sans attrait, terne et triste, sinistre quand la nuit tombe. Sur son chemin, Valentine est ignorée par les adultes mais aussi moquée par les enfants. Impitoyables, ceux-là la traitent de sorcière - peut-être parce qu'elle est toujours vêtue de noir. Certains rient, d'autres l'insultent. Valentine ne répond jamais. Elle ne veut pas faire d'histoires, ne vexer personne. Les polémiques ne la concernent en aucun cas. Alors elle ne sort plus de chez elle qu'aux heures où les enfants sont à l'école. Jamais le soir, jamais le samedi ni le dimanche. Elle ne se rend plus à la messe depuis bien longtemps, n'a pas mis les pieds à l'église depuis ses 17 ans. Quant aux jours de fête, elle les subit en autarcie, préférant ne pas voir la joie des autres. Non

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Nous Deux 4124 Un jour, tu m'aimeras

Un jour, tu m'aimeras

Régina plongea jusqu'aux coudes dans le gros sac de terre glaise qu'elle était allée chercher elle-même, ce matin, dans un terrain en friche à quelques pas de chez elle. Un sac si lourd qu'une fois plein, elle avait eu du mal à le hisser sur la charrette et à le traîner jusqu'à son atelier. Mais elle en avait l'habitude. Elle était forte, Régina. Passionnée aussi et tellement douée ! Dès que ses doigts touchaient de la terre, elle ressentait dans ses entrailles un délicieux fourmillement, un peu comme aux prémices d'une étreinte charnelle. Il y avait bien sûr plus noble que cette argile du pauvre mais cela faisait très bien l'affaire quand elle n'avait pas un sou vaillant. Ce qui était le cas actuellement puisque, avec l'épidémie de choléra qui avait frappé le Loiret en 1832, elle avait perdu quelques-uns de ses principaux clients, de ceux qui payaient sans rechigner. Les nantis. Cependant, trois ans plus tard, les affaires semblaient reprendre. Hier, Valentin Auzou, le fils du notaire, était venu lui rendre visite à l'atelier. Pour les 50 ans de sa mère, il avait passé commande d'un buste que Régina devrait exécuter à partir d'un portrait peint quelques années plus tôt par un artiste peintre parisien de renom. Régina connaissait très bien Valentin Auzou. Elle avait été amoureuse de lui, jadis. Certes, il était très bel homme, mais il avait changé. Les femmes et le jeu faisaient son ordinaire. À cause de cela, à 30 ans, il n'avait toujours pas pris femme, ce qui désespérait ses parents dont il était le fils unique. Cependant, il n'avait pas rechigné sur le prix demandé et Régina n'avait pas à juger de sa moralité. Il avait tenu à visiter l'atelier et s'était attardé sur chacune des sculptures, admiratif. À plusieurs reprises, la jeune femme avait senti son regard sur elle, sur son visage et sur sa poitrine et elle avait détesté cela. On aurait dit qu'il la déshabillait des yeux comme il le faisait de ses mains avec les filles qu'il payait pour assouvir ses penchants licencieux. Cet homme-là savait y faire, c'était un séducteur, mais ça ne marchait plus avec

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Nous Deux 4124 Au fil de son histoire

Au fil de son histoire

Vendredi 14 juillet 1989 Lou ruminait dans sa chambre sous les combles en regardant tomber la pluie. Elle détestait cette Normandie pluvieuse, où elle séjournait depuis une semaine et où elle passerait tout l'été ; punition suprême après avoir raté son baccalauréat. Ses parents l'avaient envoyée à Bayeux chez sa grand-mère maternelle depuis le 7 juillet. Pour qu'elle réfléchisse à son avenir. Il était tout réfléchi, son avenir, mais ses chers parents si rigides ne le voyaient pas du même œil que le sien. Lou était fan de street art, cet art urbain qui s'approprie l'espace public et se décline à travers le graffiti, la peinture murale, le trompe-l'œil, le sticker, l'affichage, le collage, etc. Le street art était sa passion et, comme disait Martin, son petit ami et adepte de cet art : « Street art is life . » C'était si chic de le dire dans la langue de Shakespeare. Depuis un an, Lou était folle de Martin. De deux ans son aîné, Martin était enfant gâté de parents aisés et divorcés qui comblaient tous ses caprices afin de vivre tranquillement leur vie chacun de leur côté. Il s'adonnait à son art en naviguant en dilettante dans la vie, libre de toutes contraintes. Lou avait découvert le monde des tagueurs et suivait Martin lorsqu'il s'en allait avec sa bande de copains « habiller les tristes murs » de Paris. À force de suivre Martin, elle n'avait pas révisé ses cours comme il le fallait et avait raté son bac. Son rêve de toujours de s'inscrire aux Beaux-Arts avait été relégué aux oubliettes. Martin lui avait dit que le bac était dépassé et que pour s'épanouir dans l'art, il fallait vivre librement et s'affranchir des codes sociaux. Lou, complètement obnubilée - et amoureuse -, l'avait écouté. Comment résister à ce jeune homme aux allures d'archange, blond comme les blés et doté d'yeux bleus translucides ? Martin était parti en Italie durant tout l'été avec ses copains. Lou aurait bien aimé le suivre mais bien évidemment, ses parents avaient mis

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Nous Deux 4124 Un choix cornélien

Un choix cornélien

Clément et Tiphaine s'étaient rencontrés dans une soirée lyonnaise, chez des amis. Tiphaine était une ravissante brune piquante de 20 ans. Quand son frère aîné lui avait présenté Clément, un condisciple fraîchement diplômé de l'école d'ingénieurs en BTP, comme lui, Tiphaine avait vite compris qu'elle lui plaisait. Clément avait proposé qu'ils se revoient, elle avait accepté. Tiphaine n'avait jamais cru au coup de foudre ni aux histoires romantiques où les protagonistes se regardent avec des étoiles dans les yeux. Pour cette cartésienne, un couple devait être bâti sur des critères solides capables de défier le temps. Clément avait sept ans de plus qu'elle. Il n'avait pas un physique de tombeur, mais il était grand, bien bâti, il disait l'aimer et il pouvait lui offrir une vie confortable - il reprendrait un jour la florissante entreprise de BTP de son père. Avec lui, Tiphaine serait en sécurité. Ces perspectives étaient plaisantes, mais, surtout, elle était tombée amoureuse beaucoup plus profondément qu'elle ne s'y attendait. Elle avait accepté de l'épouser lorsqu'il lui avait fait sa demande quelques mois seulement après leur première rencontre. Tiphaine était issue d'une famille plutôt modeste et ne possédait rien. Mais elle avait l'énergie et l'assurance de sa défunte mère. En l'épousant, Clément savait qu'elle serait son nouvel ancrage. C'était avec elle qu'il désirait avoir des enfants et vivre la vie de famille qu'il fantasmait depuis l'enfance. Le père de Clément avait voulu leur offrir une maison en cadeau de mariage, mais Tiphaine avait refusé. Au début de sa relation avec Clément, son père avait lancé du bout des lèvres que Tiphaine avait bien de la chance d'être aimée de son héritier de fils. Blessée, elle n'avait rien répliqué mais s'était juré qu'elle ne serait jamais redevable envers lui. Refuser son cadeau était l'occasion pour elle de lui dire que ce qu'ils acquerraient serait le fruit de leur travail, car elle n'avait pas l'intention d'être une femme au foyer. Avec une certaine admiration, Clément s'était rangé à l'avis de sa jeune épouse et ils avaient juste

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Nous Deux 4124 Eloïz : “Ancienne gendarme, je suis devenue chanteuse”

Eloïz : “Ancienne gendarme, je suis devenue chanteuse”

On l'attrape quasiment au saut de l'avion, alors qu'elle arrive du Canada. « Je viens de terminer ma première tournée, se réjouit la jeune femme. Je n'en reviens toujours pas que ma musique voyage aussi loin ! » De retour chez elle, à Lille, Eloïz* mesure le chemin parcouru. « Beaucoup de fans connaissaient mon histoire. Certains avaient même dessiné des policiers sur des panneaux comme un clin d'œil à mon passé ! » Une double vocation précoce Car à 27 ans, cette jeune artiste a déjà vécu plusieurs vies. Certes, la musique a toujours fait partie de son existence. « Cette passion est née quand j'avais 6 ans, à l'école, dans les cours de chorale. J'avais des maîtresses qui me disaient que je chantais bien. Pendant nos représentations, on me donnait souvent des passages toute seule pour me valoriser. » À 10 ans, elle débute la guitare. « À partir de ce moment-là,

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Nous Deux 4124 Plus qu'un simple amour d'été

Plus qu'un simple amour d'été

- 2 courgettes - 2 poivrons verts - 1 gousse d’ail - 1 c. à soupe de jus de citron - 150 g de chèvre frais - 2 c. à soupe d’huile d’olive - Sel et poivre 1. Préchauffez le four à 220 °C. Lavez les poivrons puis déposez-les entiers sur une plaque tapissée de papier sulfurisé. Enfournez 20 minutes en les retournant à mi-cuisson jusqu'à ce que la peau noircisse. Sortez-les du four, placez-les dans un récipient couvert pour qu'ils tiédissent avant de retirer la peau, les graines et les pédoncules. 2. Lavez les courgettes, puis taillez-les en dés. Pelez et hachez l'ail. Chauffez 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive dans une poêle et faites revenir les courgettes avec l'ail pendant 10 minutes jusqu'à ce qu'elles

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