Nous Deux - Le numéro 4126 du 27 juillet 2026

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La Une de Nous Deux n°4126 du 27/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4126 Retour aux Pierres-Noires

Retour aux Pierres-Noires

[email protected] J’ai encore fait ce rêve terrifiant où tu surgis des flots pour m’entraîner avec toi dans l’écume. C’est à cause de ce message énigmatique reçu il y a quelques jours dans ma boîte mail. Le message disait que si je voulais connaître la vérité, je devais revenir là où tout s’est passé. Pourquoi revenir aux Pierres-Noires ? Quand j’ai voulu répondre, l’adresse du destinataire était invalide, comme si elle n’existait plus. Ma mère pense que je dois faire comme si je n’avais jamais lu ce mail. Elle prétend que je me fais du mal pour rien, que quelqu’un m’a fait une mauvaise blague. Moi, je sais que ce quelqu’un sait à quel point je veux la connaître, la vérité, parce que je n’aurais jamais la paix autrement. Ce jour-là, des témoins t’ont vu disparaître au pied du phare des Pierres-Noires, dans la tempête qui faisait rage. Une vague immense est venue te happer. La mer nous a rendu ton corps quelques jours plus tard. Les mêmes témoins ont raconté que tu semblais attendre quelqu’un. Tu faisais les cent pas, tes longs cheveux bruns malmenés par le vent et tu n’arrêtais pas de consulter ta montre. Noémie te cherchait aussi ce jour-là. Tu avais l’air préoccupé la veille, lorsque vous vous étiez quittés et tu n’avais pas voulu lui dire ce qui te tracassait. Vous alliez vous marier, tout allait bien. Noémie était mon amie depuis toujours et tu l’étais aussi – même si j’aurais préféré que tu sois plus que cela. C’est Noémie que tu avais choisie. Elle a épousé Pierre il y a six ans, ils ont une adorable petite fille. Il lui arrive souvent de penser à toi, même si elle fait semblant d’avoir tourné la page. Elle ignore que j’aurais été capable de briser notre amitié pour toi. Et c’est bien ainsi.Je m’ennuie à Paris, la mer me manque.J’ai longtemps cru que j’aimais cette ville mais un jour, j’ai compris que je n’y trouverais pas ma place. Je suis une fille de la mer, comme toutes les femmes de la famille. De génération en génération, elles ont toutes épousé des marins. Il faut dire que dans notre coin du Finistère, il n’y a pas beaucoup d’autres choix. Les touristes y viennent rarement

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Nous Deux 4126 Entre les deux…

Entre les deux…

Marie hocha la tête et laissa tomber un sucre dans sa tasse de café. Puis elle jeta un coup d’œil circulaire sur la terrasse du bar où toutes les tables étaient occupées, se pencha en avant et chuchota : – Comment tu vas t’en sortir, Natacha ? Natacha repoussa une longue mèche brune qu’un petit vent avait fait revenir sur son visage, puis elle se pencha à son tour vers son amie. – Ils ont décidé de me mettre à l’épreuve, pour que je me décide enfin à faire un choix. – Peut-être bien, mais si c’est ça, c’est sacrément tordu ! – Pas plus que d’aimer deux hommes à la fois. Si on m’avait dit qu’un jour je me retrouverais dans cette situation… Ils sont si différents. Marie regarda à nouveau autour d’elle, puis, absorbée dans ses pensées, elle tourna si bruyamment son café dans sa tasse qu’à la table voisine, un homme se retourna. – Enfin, il y en a forcément un que tu préfères ? Je te connais bien et je ne t’imagine pas passer toute ta vie avec Samy. Il n’y a que ses affaires qui comptent, ses costumes et ses cravates. Le « paraître ». En revanche, Antonin coche toutes les cases, vous vous ressemblez tellement ! Natacha battit l’air d’une main lasse. Depuis qu’elle avait reçu cet intrigant message qui ressemblait à une demande en mariage, elle se trouvait dans la plus inconfortable des postures. – J’étais bien, comme ça ! Aucun des deux ne connaissait l’existence de l’autre, je ne faisais de mal à personne. – Tu n’espérais tout de même pas que ce petit jeu dure ? Un jour ou l’autre il aurait bien fallu que tu leur dises. Maintenant, ils savent, tu es coincée. Tu aurais dû être plus discrète. Avoir deux téléphones, par exemple. Natacha ferma les yeux un moment tout en secouant la tête doucement, comme si elle espérait que tout cela ne soit qu’un cauchemar. Mais c’était la réalité. Entre Antonin et Samy, elle n’arrivait pas à se décider. Ils étaient comme le jour et la nuit et c’était ainsi qu’elle les aimait. C’était Samy qui avait su le premier qu’il n’était pas le seul. Ce soir-là, Natacha et lui

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Nous Deux 4126 Le piège des apparences

Le piège des apparences

l s’appelait Virgile. Depuis l’école maternelle, il s’était rendu compte que ce prénom peu commun suscitait la curiosité et il en avait dès lors profité « pour se rendre intéressant », comme le disaient les jaloux. Il apprendrait plus tard que c’était une idée de sa mère, férue pendant ses études des auteurs antiques, et qu’elle avait souhaité se rappeler ce poète latin en baptisant son premier-né. L’effort d’imagination avait dû être trop intense car son second fils se prénommerait plus banalement Maxime, rejoignant ainsi une cohorte fournie de petits garçons dans chaque établissement scolaire. Outre leurs prénoms, les deux fils Labarrère étaient radicalement différents. Fort de son originalité, Virgile se mit bientôt en avant dans tous les domaines. Il voulait être le premier partout, à l’école, dans les pratiques sportives qu’il multipliait, suivant l’exemple de son père, ravi de s’être trouvé un émule dans sa propre famille. Maxime n’essaya même pas de rivaliser, vaguement ébloui par cet aîné qui raflait les prix et montait sur tous les podiums. De toute façon, sa constitution plus fragile lui interdisait de tels exploits. La seule manière qu’il trouva de se démarquer fut, quand ils furent adolescents, l’orientation de ses études. Virgile excellait dans les matières scientifiques, plus propres à lui assurer plus tard la position sociale qui lui revenait de droit, pensait-il. Car évidemment, à ses brillantes notes et à son physique avantageux de grand sportif, devait s’ajouter la réussite financière. Le cadet, lui, se réfugia dans la littérature, la philosophie et les langues anciennes. – Tu n’en as pas marre de ces trucs poussiéreux ? lui demanda un jour Virgile en jetant un coup d’œil dédaigneux sur la traduction latine sur laquelle son frère s’échinait. Moi, je suis sur une dissert’ d’économie sur les pays émergents. Passionnant. Et je vais te terminer ça en une heure pour pouvoir aller à mon entraînement de rugby après. – J’avoue que je rame un peu, dit doucement Maxime. Mais ça ne manque pas d’intérêt. C’est un vrai plaisir quand on a enfin trouvé le mot

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Nous Deux 4126 Le jour du grand festin

Le jour du grand festin

[email protected] ’était un dimanche de l’été 1673 dans les Grandes Mauges, entre Chemillé et Cholet, à Trémentines très exactement. En ce temps-là, le bocage des Mauges et les coteaux à vignes du Layon formaient un seul et même pays appelé les Grandes Mauges, nom provenant des petites mines de fer et de plomb qui y étaient alors exploitées. En ce beau jour ensoleillé, Paul Berger recevait chez lui les habitants de Trémentines et du faubourg. C’était le jour du grand festin : une coutume instaurée par l’arrière-grand-père de la famille Berger qui, pour remercier les villageois d’avoir participé à la reconstruction de la maison et de la remise après un terrible incendie causé par la foudre une nuit de gros orage, avait instauré cette fête. Et, depuis quarante ans, fidèles aux traditions, tous les ans au début de l’été, les Berger conviaient donc les villageois à un grand festin. Paul Berger était viticulteur. Il possédait ses propres vignes, lesquelles suffisaient à faire vivre toute sa famille. Le cépage de son vin moelleux et parfumé avait conquis les bourgeois et les notables de Trémentines, mais aussi les personnalités parisiennes. En ce temps-là, il y avait en Layon des vins pour Paris et des vins pour la mer. C’est dire leur qualité pour supporter de si longs voyages ! Le frère de Louis XIV fit canaliser la rivière afin d’en faciliter les expéditions. Ce canal fut baptisé « Le canal de Monsieur ». Les Berger habitaient une grande demeure de pierres blondes avec des volets en bois bleu. Le long de la façade, de part et d’autre de la porte d’entrée menant dans une grande cuisine, s’alignaient côte à côte des grands pots en grès dans lesquels poussaient buis et lauriers. Il y avait à l’avant de la maison une vaste cour coupée en son milieu par une allée le long de laquelle fleurs sauvages et boqueteaux s’entremêlaient. Sur le côté de la bâtisse, un herbier bien tenu et à

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Nous Deux 4126 Trop bons, les desserts sans cuisson

Trop bons, les desserts sans cuisson

Verrine givrée pistache amande PRÉPARATION : 35 MIN. CONGÉLATION : 3 H. POUR 4 PERSONNES  100 g de framboises  4 belles fraises  400 g de yaourt brassé nature au lait de chèvre  20 cl de lait fermenté  150 g de purée de pistache nature  2 c. à café de sirop d’agave  1 c. à café d’agar-agar  1 c. à café d’extrait d’amande amère 1. Mixez la purée de pistache avec la moitié de sirop d’agave et le lait fermenté. Répartissez dans le fond de 4 verrines. Entreposez au congélateur pour au moins 2 heures. 2. Mélangez le reste de sirop d’agave dans un bol avec l’extrait d’amande amère, 100 g de yaourt brassé nature et l’agar-agar. Faites chauf-fer au micro-ondes à pleine puissance pendant 1 minute et remuez bien avant d’incorporer le reste de yaourt. 3. Répartissez sur la glace à la pistache et replacez au congélateur

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Nous Deux 4126 « Ma fille ne veut pas d’enfant »

« Ma fille ne veut pas d’enfant »

 gée de 68 ans, j’ai une fille unique de 35 ans dont je suis très proche. Nous parlons de tout, mais un sujet reste difficile pour moi : elle ne veut pas d’enfant. Lorsqu’elle m’a annoncé cela, elle avait 20 ans et j’espérais qu’elle change d’avis. Mais aujourd’hui elle est très claire sur ce point et son compagnon est du même avis. Devenir mère ne l’attire pas. Moi, je rêve d’être grand-mère et j’envie beaucoup mes amies qui s’occupent de leurs petits-enfants. Quand elles me montrent des photos, j’ai un pincement au cœur. Bien sûr, je respecte son choix mais j’ai du mal à faire le deuil du rôle de grandmère. Je me sens égoïste de ressentir cette déception alors que ma fille semble très heureuse. Je n’ose pas lui en parler de peur de la culpabiliser. Comment accepter un

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