Nous Deux - Le numéro 4127 du 3 août 2026

Consultez le sommaire détaillé des articles parus dans ce numéro de Nous Deux.
Feuilletez un extrait de cette parution. Achetez le numéro au format papier ou numérique pour le retrouver sur votre espace client et l’application KiosqueMag.
KiosqueMag, la boutique officielle de Nous Deux propose l’accès le plus complet aux archives de la revue.

Feuilleter un extrait
La Une de Nous Deux n°4127 du 03/08/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4127 La rédemption d’Odaline

La rédemption d’Odaline

[email protected] Odaline Lecointre n’avait jamais quitté son petit village de la Beauce, à une vingtaine de kilomètres de Châteaudun. Jamais, sauf une fois, pour aller rendre visite à une tante parisienne qui venait d’accoucher. Elle était jeune à l’époque, pas plus d’une dizaine d’années, elle avait pris le train avec ses parents. À l’aube de ses 80 ans, elle se souvenait encore très bien de ce voyage, le nez collé à la vitre du train, les yeux grands ouverts sur les paysages qui défilaient, tous plus beaux les uns que les autres. Et Paris, alors ? Elle n’en avait pas vu grand-chose, mais elle s’était juré d’y retourner un jour et peut-être de s’y installer. C’était une ville immense et magnifique, impressionnante et grouillante de monde où tout semblait permis. Et puis les Parisiennes étaient tellement élégantes. Tout semblait grandiose. Mais plus jamais elle n’y était retournée. La terre l’avait emprisonnée, comme elle avait emprisonné ses deux frères et des générations de Lecointre avant eux. Comme toujours, elle s’appuya sur sa canne pour monter les deux marches de la boulangerie. – Bonjour, Odaline, claironna Françoise, la boulangère. Comment ça va, ce matin ? – Tu vois bien que ça va, sinon je ne serais pas là. Cette fichue jambe m’enquiquine bien un peu, mais que veux-tu, je n’ai plus 20 ans. Donne-moi donc une baguette et puis deux pains aux raisins. – Les pains aux raisins ne sont pas prêts, mais ils vont bientôt arriver. Assieds-toi cinq minutes dans la cuisine, Jo va te donner un café. – Jo ? Ta petite fille ? Je croyais qu’elle étudiait à Lyon. Françoise sourit en soupirant. – Je t’ai dit qu’elle allait venir pour les vacances, tu as oublié ? – Ah oui, les vacances d’été. Je n’avais pas oublié, bien sûr, je ne suis pas sénile. Ça m’était seulement sorti de l’esprit, je ne pense pas à ta petite fille toute la journée. Françoise ricana. Elle était habituée au sale caractère d’Odaline. Elle avait la réputation de ne pas être facile, et ça avait toujours été comme ça. Odaline contourna le comptoir pour aller s’installer à la table de la cuisine. Johanna se pencha pour l’embrasser. –

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4127 L’héritage d’Icare

L’héritage d’Icare

L’arrivée sur Amorgos n’avait rien eu d’un conte de fées. Il n’y avait eu ni arc-en-ciel au-dessus du port, ni le visage souriant d’un bellâtre grec pour l’accueillir. Seulement le bruit sourd du ferry qui accostait, les cris des mouettes et le vent salé qui venait lui fouetter le visage. Aline avait débarqué à Katapola, le corps ankylosé par la traversée, le cœur en jachère après son départ précipité d’Atlanta. Elle avait laissé derrière elle un travail stressant, un appartement impersonnel et une relation avec Mike qui s’était éteinte comme un phare un jour de tempête. Il ne restait rien de tout cela, sinon le vague sentiment d’avoir échoué. Elle était venue chercher ici la sérénité. Elle n’avait trouvé que le bleu du ciel, une mer d’un cobalt si profond qu’il semblait vouloir l’aspirer, et un sentiment de vide qu’elle portait en elle depuis des mois. La chaleur sèche, lourde et poussiéreuse, l’accueillit au bout de la jetée. Un vieux taxi fumant l’emmena à Chora, le village principal, à quelques kilomètres. La route, sinueuse et étroite, s’enroulait autour de la montagne, offrant à chaque virage une vue imprenable sur les criques et la mer. Aline avait l’impression de monter vers le ciel, loin des bruits du monde. Les maisons, d’un blanc pur et aveuglant, s’accrochaient à la falaise comme des cubes de sucre sur un gâteau. Elles brillaient sous le soleil, éblouissantes de lumière. Chora, avec ses ruelles pavées, ses marches usées et ses moulins à vent, était un labyrinthe de pierre et de soleil qui donnait le vertige. Elle se perdit un peu, tourna en rond, avant de trouver la petite rue qui menait à la maison. Elle la reconnut tout de suite, le notaire lui avait donné une photo. La maison, de plain-pied, était simple, presque austère. Un rectangle de pierre blanche aux volets bleus qui paraissaient fatigués d’avoir tenu tête au soleil et au vent. Une terrasse couverte de bougainvilliers, un puits de pierre. Mais c’était la vue qui coupait le souffle : la maison surplombait la mer, et au loin, on apercevait des lignes

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4127 La morte du lac

La morte du lac

[email protected] Le 8 août 1980, on avait trouvé Lana Johnson le crâne fracassé au bord du lac Simtustus. C’était le vieux Joe Turner, saoul comme un cochon, qui l’avait découverte. Il était arrivé au poste de police en titubant. Il empestait le whisky. Ma collègue était venue me chercher, incapable de comprendre un traître mot de ce que cet ivrogne racontait. Il faut dire qu’il était coutumier du fait de débarquer régulièrement au poste pour raconter n’importe quoi à la suite de bagarres de sortie de bar. – Il dit qu’il y a du sang partout, m’indiqua-t-elle. – J’arrive, dis-je en posant à regret mon burger et ma bière. Je le trouvai à moitié effondré sur la borne d’accueil en train de pleurnicher. – Qu’est-ce qui t’arrive, Joe ? demandai-je. – La fille… La fille… Elle est morte, parvint-il à articuler en s’approchant de mon visage. J’eus un mouvement de recul face à l’haleine chargée du vieil homme. – Qu’est-ce que tu racontes, Joe ? Quelle fille ? – Je sais pas, je crois que c’est la petite fille de Digger, dit-il en levant les bras au ciel. – D’accord, Joe, je vais aller jeter un œil autour du lac et toi tu vas te reposer un peu en cellule. Helen va t’apporter un bon café et une couverture, n’est-ce pas, Helen ? Ladite Helen leva les yeux au ciel et conduisit le vieil homme jusqu’à l’unique cellule du poste de police. Il tenait à peine debout. Comment peut-on se mettre dans des états pareils ? pensai-je. – Z’allez pas m’enfermer, ma jolie ? demanda Joe à Helen en se pendant à son cou. – Juste le temps que vous dessoûliez, répondit-elle en le poussant dans la cellule et en fermant à clé d’un coup sec. Elle l’entendit gémir un moment puis il se mit à ronfler comme un poêle à bois au bout de dix minutes. Elle ragea intérieurement. Pourquoi le shérif avait encore une fois emmené cet idiot de Jack qui ne savait pas aligner trois mots sans bégayer ? Elle avait

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4127 Danser pour une nouvelle vie

Danser pour une nouvelle vie

[email protected] Dans le jardin, les grillons stridulent allègrement, offrant un concert aux étoiles. Roberta avance pieds nus sur le sentier menant au potager. Les parfums délicats de la nuit l’enveloppent. Elle tend l’oreille : quelque part dans les grands arbres, une chouette hulotte lui dit bonsoir. La plupart des invités sont repartis, mais certains sont restés dormir. Ils ont ajouté des matelas dans la chambre d’amis et le gîte aménagé dans la grange. Roberta imagine le petit déjeuner à venir, joyeux et bruyant. La fête se prolongera un peu. Il est vraiment tard, mais Roberta n’est pas parvenue à s’endormir. Elle a fini par se lever et par traverser la maison qui résonnait de ronflements. Elle la connaît si bien qu’elle sait se repérer dans l’obscurité, comme si la bâtisse et elle étaient complices après tout ce temps passé ensemble. Une fois dehors, Roberta a pris le chemin de son cabanon-refuge escortée par les chats, ravis de ne plus être les seuls noctambules. Ce soir, il y a eu beaucoup de musique et de rires, à peine quelques chamailleries du côté des petits-enfants. Tout le monde a dansé, Roberta encore plus que les autres, démontrant que décidément elle avait la salsa dans la peau. Ces cours qu’elle prend depuis quelques mois lui font un bien fou. La salsa, sa nouvelle lubie, comme dirait Paul… Elle sait que ça l’agace, lui qui n’a aucun sens du rythme dès qu’il sort le nez de son satané solfège. Il a du mal à comprendre son engouement pour les danses latino. Elle n’avait jamais pris de cours jusqu’à l’année passée. L’opportunité s’est présentée à elle comme un signe du destin aux abords de la soixantaine. Roberta ne sent pas fatiguée. Elle a conservé cette joie de vivre de gamine qui épate son entourage, cette énergie communicative qui est ancrée en elle. Mais avoir 60 ans la perturbe plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Pour la première fois, elle n’a pas eu totalement le cœur à la fête. Sur

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4127 Un ami bien fidèle

Un ami bien fidèle

Sarah s’avança sur le balcon. Par-dessus les toits de la petite ville, elle apercevait le fleuve, sur lequel remontait une péniche. Les dernières étoiles s’éteignaient au-dessus des cèdres géants du Clos du Parc où elle vivait depuis trois ans avec Jordan. Il était rentré tard et dormait encore. Depuis quelque temps, ils se croisaient dans l’appartement, ils n’avaient pas les mêmes horaires. Il avait abandonné son emploi de magasinier deux ans plus tôt et entendait bien vivre de la musique. Et même devenir célèbre ! Pourquoi ne réussirait-il pas ? Il était beau garçon, il avait du talent et il savait « se vendre ». Sarah avait parfois l’impression qu’il était prêt à tout sacrifier pour réaliser ses ambitions, même ses parents qui l’adoraient, même Valentin, son ami d’enfance, qui l’accompagnait le plus souvent à la guitare. Mais récemment, Jordan, sans état d’âme, avait engagé un autre guitariste et un bassiste, et ils allaient enregistrer leur premier disque. Tout était prêt sur la table de la minuscule cuisine. Une habitude que lui avait donnée sa mère. Le matin, quand on se lève ensommeillé, et parfois sans courage, les objets familiers sont là, qui vous attendent. Les jolis bols sur les sets, le sucrier, le pain, le pot de confiture ou de miel. Après une toilette rapide et un petit déjeuner qu’elle aurait aimé savourer plus longtemps, Sarah, habillée, les cheveux réunis en une grosse natte brune, marcha silencieusement jusqu’à la chambre où dormait son compagnon. Elle entrouvrit doucement la porte. Le souffle de Jordan venait jusqu’à elle, égal et paisible. De la couette froissée dépassait une touffe de cheveux. Le cœur de Sarah se gonfla d’une tendresse douloureuse. Elle s’approcha et abaissa la main pour une caresse qui resta en suspens. Jordan n’aurait pas apprécié d’être réveillé si tôt, même de cette façon. Elle s’habilla chaudement et quitta l’appartement sans beaucoup d’entrain. En ce moment, elle se fatiguait vite. Elle se sentait déprimée. Elle comprenait que Jordan avait changé. Ils s’étaient connus en

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4127 « Mon mari vieillit plus vite que moi »

« Mon mari vieillit plus vite que moi »

J’ai 68 ans, tout comme mon mari. C’est sans doute méchant de dire cela, mais j’ai l’impression qu’il a pris dix ans de plus depuis qu’il est à la retraite. Moi je suis énergique, je fais du sport, j’ai plein de projets. J’ai envie de profiter à fond de cette nouvelle liberté. À l’inverse, il mène une vie de pantouflard. Les seuls moments où il quitte son canapé, c’est pour aller acheter le pain et le journal le matin et promener le chien trois fois par jour. Il refuse mes propositions de sorties, qu’il s’agisse d’une balade, d’un week-end ou d’un dîner chez des amis. J’y vais seule ou je demande à une copine de m’accompagner. Il n’a aucun problème de santé, il a simplement renoncé à voir du monde. Je le trouve « vieux

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4127 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

J'achète ce numéro

Voir toutes les archives de Nous Deux

Tous les numéros de Nous Deux

J'aime Nous Deux ? Je m'abonne

Nos offres d'abonnement à Nous Deux
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque