Nous Deux - Le numéro 4132 du 7 septembre 2026

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La Une de Nous Deux n°4132 du 07/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4132 Inoubliable Sophia

Inoubliable Sophia

Rentrée des classes, 7 septembre 1984, CM2. Être le petit nouveau, c’est vraiment pas drôle. Planté sur le parvis de ma nouvelle école, j’attire tous les regards. Même si, à ma demande, ma mère s’est garée un peu plus loin et est restée dans la voiture, je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle attend, les mains sur le volant et les yeux rivés sur sa précieuse progéniture, que celle-ci franchisse le seuil. C’est déjà compliqué d’être nouveau, avec un physique de rondouillard, inutile qu’on me prenne pour un fils à maman par-dessus le marché… Je lui adresse un rapide geste de la main avant de pénétrer dans la cour sans me retourner. Quelques pas mal assurés, mon regard balayant l’assemblée d’enfants à la recherche d’un visage amical. En vain. Les groupes sont déjà formés, tout le monde se connaît ; ça parle fort, ça rigole, ça chahute. Les filles ont mis leur plus belle tenue et de jolies barrettes dans leurs cheveux. Les garçons ont les cheveux courts et bien coiffés, « bien propres sur eux », comme dit ma mère. Quant à moi, je porte un pan-talon, une chemise à petits carreaux et une veste, le tout entièrement neuf. On ne plaisante pas avec la rentrée des classes. Dans mon dos, mon vieux cartable Tann’s chargé à bloc. – Eh, t’es nouveau, le petit gros ? m’interpelle un garçon blond à l’air arrogant. Je baisse les yeux tandis que ses copains pouffent de rire. Si je pensais passer inaperçu dans cette nouvelle école, c’est loupé. Un autre garçon – à la peau, aux cheveux et aux yeux noirs – me sourit timidement. – Salut, tu t’appelles comment ? Je lui souris en retour, il a vraiment l’air sympa. – Cédric, et toi ? – Bienvenue. – Merci. C’est quoi ton prénom ? – Je m’appelle Bienvenue ! s’esclaffe-t-il en me tapant dans le dos. J’éclate de rire avec lui. Un coup de sifflet retentit. Le silence se fait. Le directeur de l’école, un homme d’apparence joviale, commence à faire l’appel pour former chaque classe. À l’annonce de mon nom, je

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Nous Deux 4132 Une faute impardonnable

Une faute impardonnable

Après des années passées dans les plaines de Patagonie, au sud de l’Argentine, le comte Louis de Vallon décide de revenir vieillir en France, parmi les siens. Il a vécu maintes aventures, a fait fructifier sa fortune et souhaite désormais retrouver sa famille, revoir ses enfants qu’il ne connaît pas assez puisqu’il ne les a pas vus grandir. Vont-ils le reconnaître ? L’aiment-ils toujours, si tant est qu’on puisse aimer un être qui vous ignore ? De multiples questions le taraudent maintenant qu’il est installé sur son trois-mâts parti du port de Buenos Aires en direction de l’Europe. Ce long voyage printanier va lui permettre de réfléchir sur l’attitude à adopter lors de son arrivée. Pour l’amour des siens. Au milieu de l’été 1831, un an après les Trois Glorieuses qui ont poussé Charles X à abdiquer et ont placé le duc d’Orléans sur le trône, le comte effectue enfin son retour à Meillan, en son château du XVIIIe siècle, au cœur de l’Ardèche. La France connaît une nouvelle ère. Depuis son départ pour la Patagonie, Louis a reçu peu de nouvelles de sa famille. L’isolement était pour Vallon la meilleure des excuses pour lui qui avait souhaité cet éloignement de la monotonie aristocratique, des pseudo-amis encombrants, d’un entourage pesant et inutile. Il était parti pour être seul et il avait protégé cette solitude jusqu’à l’extrême. Ses deux fillettes n’avaient que 9 et 11 ans quand il les avait quittées. Elles étaient des enfants, il allait les retrouver séduisantes adolescentes. Thibaud, son fils, n’avait que 17 ans : il doit désormais être un homme. Quant à Marie, son épouse, l’attend-elle avec l’impatience qu’il espère ? L’accueil est à la hauteur de ses souhaits. Chacun se réjouit de le revoir, souriant, joyeux. Il est embrassé avec fougue. On le serre dans ses bras avec amour. On le presse de questions sans le laisser respirer. Vallon adore ça, même si, par instants, des attitudes, des

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Nous Deux 4132 Un routier sympa

Un routier sympa

Sylvain était d’humeur maussade. Ça n’allait vraiment plus dans son couple. Sa femme, depuis quelque temps, dépensait sans compter l’argent du ménage – que lui seul gagnait – en vêtements et autres éléments de toilette coûteux. Il soupçonnait une tromperie. Rien de plus facile pour elle. Chauffeur routier, il parcourait la France, les Pays-Bas, la Suisse, tout le long de l’année, la laissant libre de son temps et de ses activités. Il ne pouvait savoir où elle se trouvait quand il l’appelait. Peut-être dans les bras de son amant ? Un gigolo, sans doute, car la fièvre acheteuse de sa femme ne couvrait pas toutes les sorties d’argent. Plus d’une fois, Sylvain l’avait avertie qu’il lui ferait retirer sa carte de crédit si elle continuait à dépenser autant. Elle le suppliait de n’en rien faire, lui jurant qu’elle allait se calmer. Son absence lui pesait, lui répétait-elle, alors elle compensait par ses dépenses effrénées. Il lui accordait chaque fois le bénéfice du doute, mais elle récidivait. De ces promesses en l’air, il en avait plus qu’assez. Il allait demander le divorce. Mais ne voulant pas lui payer une pension alimentaire, il souhaitait la surprendre en plein délit d’adultère. Il lui avait donc dit qu’il ne rentrerait pas avant le lendemain. Il venait de passer la frontière, après avoir chargé en Suisse son camion de matériel informatique. Deux grandes surfaces parisiennes attendaient la marchandise, après 20 heures. Il était 14 heures, il avait le temps, et décida de s’arrêter prendre un café dans un routier. En pénétrant dans l’établissement, il retrouva deux collègues déjà attablés. Cette rencontre surprise lui ferait oublier un moment ses problèmes conjugaux. Alain fut le premier à se rendre compte que quelque chose tourmentait Sylvain. – Alors mon vieux, lui dit-il, ta femme faite encore des siennes ! – Eh oui ! Mais, j’ai pris ma décision… Bernard se manifesta : –

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Nous Deux 4132 Un canapé à louer

Un canapé à louer

Du salon, Chloé, en pyjama, entendit une clé farfouiller dans la serrure. La porte de l’appart s’ouvrit sur Juliette, resplendissante : les deux colocataires se sautèrent dans les bras. – Alors, on rentre au bercail ? dit Chloé, ravie. Pas trop triste de la fin des vacances… – Mais non, répondit Juliette, je suis trop contente de te revoir. Et puis… c’était génial ! J’ai trop kiffé, je suis euphorique. – Installe-toi, je vais refaire du café. Juliette poussa son sac à dos dans un coin. Une paire de baskets pendait là l’extérieur, ainsi qu’un tapis de sol. Elle venait de passer six semaines à faire du woofing en Australie, c’est-à-dire à dormir dans des fermes en échange d’un coup de main : ramasser des légumes, nourrir les animaux, fabriquer des fromages… Une aventurière. – Ah, tu t’es fait un nouveau tatouage ! remarqua Chloé, admirative, en versant le café dans les tasses. – Oui, un petit kangourou, expliqua Juliette, en relevant la manche de son tee-shirt. Il rebondit toujours. Comme moi ! Ça fait un souvenir. Il est chouette, non ? – Carrément ! Chloé remuait nerveusement ses orteils dans ses tongs. À 20 ans, elle avait encore l’air d’une ado, avec ses taches de rousseur et sa tresse blonde. Elle avait passé presque tout son été à travailler comme moni-trice de colo et à se morfondre à la suite de sa rupture avec Thibaut, tandis que Juliette vivait sa meilleure vie de l’autre côté de la planète. Chloé la trouvait encore plus impressionnante que d’habitude : toute bronzée, en short, avec ses cheveux courts en bataille, son diamant dans le nez, auréolée de ses nouvelles aventures australiennes. – Qu’est-ce qu’il y a, ça va pas ? demanda tout à coup Juliette. Tu n’as pas l’air dans ton assiette. – Si, si…, répondit Chloé sans conviction. C’est

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Nous Deux 4132 Le riz, on en fait des folies !

Le riz, on en fait des folies !

Risotto saumon, petits pois et citronPRÉPARATION : 10 MIN. REPOS : 10 MIN. CUISSON : 30 MIN. POUR 4 PERSONNES ■ 4 pavés de saumon ■ 150 g de petits pois frais écossés ■ 1 gros oignon ■ 1 citron + 1/2 pour le service ■ 1 tige d’aneth ■ 50 g de mascarpone ■ 50 g de parmesan ■ 300 g de riz arborio ■ 1 cube de bouillon de légumes ■ 4 c. à soupe d’huile d’olive ■ Poivre 1. Faites fondre le cube de bouillon de légumes dans 30 cl d’eau chaude sur feu moyen. Épluchez et émincez l’oignon. Pressez le citron pour en extraire le jus. Faites fondre l’oignon dans une grande casserole avec 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive pendant 5 minutes. Ajoutez le riz et faites-le revenir jusqu’à ce que les grains deviennent translucides. Déglacez au jus de citron. 2. Faites cuire les petits pois. Une fois le jus de citron absorbé, versez 2 louches de bouillon et ajoutez les petits pois. Sur feu moyen, laissez cuire en remuant de temps en temps. Une fois que le bouillon a été absorbé, versez à nouveau 2 louches. Répétez l’opération jusqu’à épuisement du liquide. 3. Retirez la peau des pavés, coupez-les en cubes. Dans une poêle sur

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Nous Deux 4132 « Mes enfants savent juste s’inquiéter pour moi »

« Mes enfants savent juste s’inquiéter pour moi »

Depuis plus de quarante ans, je vis seule, dans mon HLM. J’ai 91 ans et cet été, avec les fortes chaleurs, mes enfants se sont beaucoup inquiétés pour moi. Ils m’appelaient chaque jour pour me demander si je buvais assez, si je restais bien au frais. Quand ils sont venus, ils ont bien vu qu’il faisait plus de 30 degrés dans la chambre. Ils ont essayé de trouver un rafraîchisseur d’air mais il n’y en avait plus en magasin. Alors je suis restée dans mon four. Je sais qu’ils m’aiment mais parfois, j’ai l’impression que leur inquiétude s’arrête aux paroles. Ils n’ont pas cherché d’autre solution, comme installer une climatisation. Je n’ai pas envie de leur faire des reproches, car je suis bien contente qu’ils se préoccupent de mon sort, quand je vois mes amies délaissées par leur famille.

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