Nous Deux - Le numéro 4133 du 14 septembre 2026

Consultez le sommaire détaillé des articles parus dans ce numéro de Nous Deux.
Feuilletez un extrait de cette parution. Achetez le numéro au format papier ou numérique pour le retrouver sur votre espace client et l’application KiosqueMag.
KiosqueMag, la boutique officielle de Nous Deux propose l’accès le plus complet aux archives de la revue.

Feuilleter un extrait
La Une de Nous Deux n°4133 du 14/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4133 Dans le piège de l’amour

Dans le piège de l’amour

Jris versa du café dans les tasses et s’assit face à son amie Roxanne, un peu trop silencieuse à son goût ce matin. Roxanne rentrait pourtant d’un bref séjour en Corse, cadeau de son ami Saverin pour son anniversaire. Là-bas, ils avaient randonné et campé au beau milieu de la nature. Saverin tenait à lui montrer le village abandonné d’Occi, au-dessus de Lumio, en Balagne. Né en Corse, tout près d’Occi, il jouait enfant dans les ruines avec ses copains et souvent il avait entendu parler de Félix, un grand-oncle duquel la famille honorait encore la mémoire. Félix Giudicelli, le dernier habitant du village fantôme, qui avait résisté quand tous les autres avaient fini par s’en aller. Avec lui, le village était définitivement mort en 1918, lorsque le résistant avait rendu l’âme. C’était un endroit époustouflant, plein de magie et de légendes, où Roxanne en avait pris plein les yeux en marchant parmi les maisons de pierres figées dans le temps, aux toits effondrés, aux fenêtres ouvrant sur le vide et le silence. – Tu en fais une tête ! Ce n’était pas bien ce séjour en Corse ? demanda Iris. – C’était magnifique, répondit Roxanne d’une voix lasse. – On ne le dirait pas. À te voir comme ça, j’ai l’impression que tu reviens d’un enterrement. Allez, raconte, donne-moi des détails, montre-moi des photos, je veux tout savoir ! – C’était tellement beau, j’aimerais bien y retourner. Ce village d’Occi… c’est comme si on avait voyagé dans une machine à remonter le temps… Roxanne parla de ces maisons de pierres rongées par les siècles, de l’incroyable vue panoramique sur la vallée, de cette sensation que le cœur du village bat encore, que les esprits de ses habitants tentent d’entrer en contact avec vous. – Au XVIe siècle, il y avait encore cent cinquante habitants, des cultivateurs, mais il y a eu des épidémies et des invasions qui ont fait que le village s’est progressivement vidé de ses habitants. Quelquefois, j’avais envie de pleurer, j’ignore pourquoi mais c’était étrange. Tu sais que je suis sensible à ce genre d’endroits, le silence et l’abandon me prennent aux tripes.

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4133 Un terrible coup de cœur

Un terrible coup de cœur

Ce matin, vers 8 h 30, déjà prête, je me dépêche de préparer le petit déjeuner. La bouilloire où chauffe l’eau du thé glougloute et une délicieuse odeur de pain grillé flotte dans le studio où nous habitons, Édouard et moi. À l’abri de la couette où il « rabiote », selon son terme, quelques minutes de sommeil en plus, il grogne : – Tu fais un de ces boucans, Selma ! Notre « appart’ » est assez petit pour que je m’adresse à mon amoureux du coin cuisine. – Je suis pressée, figure-toi ! Et je verse l’eau dans la théière sur mon Earl Grey préféré. La librairie où je travaille depuis trois mois ouvre à 9 h 30 et il est hors de question que j’aie la moindre minute de retard. À 28 ans, j’ai enfin trouvé le travail de mes rêves : libraire. J’ai été engagée en CDI dans un bel établissement du 15e arrondissement de Paris. J’aime lire, mais je tiens aussi à ce boulot pour une raison plus terre à terre : Édouard est au chômage – momentanément, bien sûr. Il ne tardera pas à trouver un poste intéressant, j’en suis certaine, mais en attendant c’est moi qui fais bouillir la marmite. Normal, n’est-ce pas ? Édouard a 35 ans, il est passé par HEC, il a même étudié aux États-Unis, il ne va pas accepter n’importe quoi ! Je le soutiens à 100 % ! Je suis tellement fière de lui, moi qui ai juste un CAP. Assise sur le gros fauteuil devant la table basse, derrière la baie vitrée qui donne sur le jardin de l’immeuble où règne un beau hêtre pourpre, je remue ces idées en croquant dans un toast à la confiture d’oranges. Édouard apparaît à cet instant, en tee-shirt et caleçon, ses cheveux bruns ébouriffés. Même ainsi, je le trouve hyper sexy. – Dis donc, bâille-t-il, tu es bien pressée de retrouver M. Amaury, toi ! plaisante-t-il. J’éclate de rire mais je sais qu’il ne plaisante pas. – Tu as de ces

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4133 À petit feu

À petit feu

Monique Julliard jeta un dernier coup d’œil au petit miroir de l’entrée et sortit du logement qu’elle occupait dans une cité des faubourgs de la ville. Le froid piquant de ce petit matin d’automne la saisit et elle resserra son foulard sous son menton en se mettant en route pour son premier ménage de la journée. Deux kilomètres à pied. Elle aurait pu prendre le bus, mais c’eût été des frais supplémentaires. Elle allait comme chaque jour briquer, repasser, laver, épousseter, huit heures durant. Le long de la Moselle terne et grise, elle leva les yeux vers l’imposante façade de grès rose du palais de justice, qui l’avait toujours impressionnée, puis, traversant le pont, elle se retrouva devant le commissariat. Comme à chaque fois, elle ralentit le pas devant l’entrée, presque à s’arrêter, et le planton de service, un policier entre deux âges, rondouil-lard et jovial, lui adressa un petit signe de tête comme à une vieille connaissance. Un jour peut-être se déciderait-elle à franchir le seuil… Quand sa fille serait partie de la maison. Ce jour-là, son labeur commençait chez M. Alberta, juge d’instruction, qui logeait dans un cossu immeuble ancien à quelques centaines de mètres du palais. Pas étonnant pour cet homme qui consacrait sa vie à son travail. On le disait un peu froid, parfois tatillon et lent dans ses procédures, mais sa réputation d’honnêteté et d’impartialité n’était plus à faire, et chacun s’inclinait avec respect devant sa silhouette austère, quand on le croisait dans un couloir. Certains toutefois, à bas bruit, lui trouvaient un air vaguement inquiétant. Monique tourna la clé de l’appartement que son « patron » lui avait confiée et tomba nez à nez avec lui derrière la porte. – Oh ! Pardon, monsieur le juge, je suis peut-être en avance. – Non, je vous en prie, entrez, madame Julliard, c’est moi qui suis légèrement en retard. Il s’effaça pour la laisser passer comme s’il s’était agi d’une des dames élégantes de son milieu. Cette courtoisie à laquelle elle

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4133 Dans le noir

Dans le noir

Àl’âge de 32 ans, la célèbre violoncelliste Isabelle Bréville avait emménagé dans une grande maison bourgeoise en bord de mer, assez délabrée, non loin de Lorient. C’était grâce à son héritage qu’Isabelle avait eu les moyens de l’acheter. Sans cela, l’argent économisé durant sa courte carrière, ainsi que celui gagné grâce à ses cours de musique particuliers n’auraient jamais pu lui permettre de se l’offrir. La maison était restée inoccupée pendant deux ans et en portait les stigmates ; au pied de la grande terrasse qui rappelait vaguement une scène de concert, tout le terrain était envahi de mauvaises herbes. C’était une maison bricolée avec les moyens du bord, Isabelle en avait eu du moins l’impression, avec des canalisations qui couraient sur les murs extérieurs de la salle de bains – elles gelaient chaque hiver, elle avait pu s’en rendre compte. Les plombs sautaient sans cesse, plongeant la maison dans le noir. Un grand nombre de fenêtres refusaient de se fermer tandis que d’autres refusaient de s’ouvrir, bref, Isabelle l’avait obtenue pour un bon prix. Dans le prolongement de la maison, il y avait une petite extension séparée qu’elle pourrait louer, ce qui lui donnerait un revenu mensuel qui serait le bienvenu, compte tenu de l’incertitude et de l’irrégularité de ses rentrées d’argent en tant que professeure de musique. Cet appartement se composait d’une petite entrée, d’une chambre à coucher, d’un coin cuisine rudimentaire et d’une salle de bains exiguë. De là partait un escalier qui épousait le relief du terrain pour rejoindre un petit salon au parquet, au plafond et aux murs en lambris. Après avoir signé le contrat de vente chez le notaire, Isabelle avait glissé la clé dans la serrure et s’était sentie rassurée : cette grande maison lui appartenait. Elle pouvait y mener une vie tranquille, loin de l’agitation et du monde, loin de la société musicale qu’elle avait côtoyée toutes ces années, une vie d’ermite en quelque sorte. Et puis elle n’avait, jusqu’alors,

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4133 Comme un sauveur

Comme un sauveur

Depuis trois ans, le maire de la petite commune de Ladon, dans le Loiret, multipliait les appels au secours pour attirer un médecin généraliste. Pour cela il avait totalement fait rénover le cabinet médical et le logement attenant. Après avoir consulté les siens, Pierre n’avait pas hésité longtemps avant de postuler et d’entraîner toute sa famille vers une nouvelle vie saine à la campagne. Il savait qu’il était attendu comme le messie et tout avait été planifié pour qu’il prenne son poste début septembre. Cela lui laissait le temps des vacances d’été pour déménager et inscrire deux de ses enfants à l’école primaire du village et le troisième au collège qui se trouvait à une dizaine de kilomètres. Séverine, son épouse, l’aurait suivi au bout du monde mais pour Capucine, 6 ans, Louis, 8 ans, et Paul, 13 ans, il était plus compliqué de quitter leurs amis. Pierre, lui, était las de cette vie parisienne à cent à l’heure, d’enchaîner des rendez-vous sans pouvoir approfondir le contact humain. Ce qu’il voulait : retrouver cet esprit du médecin de famille se déplaçant à domicile, disponible même en dehors des heures de consultation. Il rêvait de cette proximité avec les gens dont lui avait parlé son père, lui-même médecin généraliste dans une petite ville du centre de la France. Le 30 juillet, tous les cartons étaient prêts et les déménageurs venaient d’arriver. Pierre et Séverine étaient assez stressés mais il leur fallait garder la tête froide afin d’organiser au mieux le chargement à l’arrière du camion : ils devaient y placer ce dont ils auraient besoin en premier pour s’installer rapidement. Les enfants s’étaient finalement résignés et se réjouissaient à l’idée d’avoir chacun leur chambre. Ils aidaient du mieux qu’ils le pouvaient, même Capucine qui suivait de près la boîte qui contenait ses peluches et poupées préférées. – Papa, on peut la prendre dans la voiture ? Pierre s’amusa de cette suggestion : – Si tu veux mon ange… Tu

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus
Nous Deux 4133 « On me pousse à prendre ma retra ite

« On me pousse à prendre ma retra ite

Dans quelques mois, j’aurai 63 ans et je pourrais prendre ma retraite si je le voulais. Seulement voilà, je ne suis pas prête. Je suis en pleine forme, j’aime mon travail et j’ai encore le sentiment d’être utile. Mais depuis quelque temps, je sens que mon entourage a déjà décidé à ma place et me pousse doucement mais sûrement vers la sortie. Mes collègues plaisantent en me demandant quand je vais enfin laisser la place. Mon responsable m’a dit que je devrais « profiter de la vie » quand il m’a reçue en entretien. Mon mari n’attend que cela pour faire le tour de France avec moi et mes enfants me répètent que j’ai assez travaillé et qu’il est temps de penser à moi. Je ne comprends pas pourquoi c’est si mal vu de continuer à travailler. J’aimerais choisir moi-même le moment de tourner

Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4133 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.

Voir plus

J'achète ce numéro

Voir toutes les archives de Nous Deux

Tous les numéros de Nous Deux

J'aime Nous Deux ? Je m'abonne

Nos offres d'abonnement à Nous Deux
Satisfait<br>ou remboursé

Satisfait
ou remboursé

Service client à votre écoute

Service client à votre écoute

Moins cher qu'en kiosque

Moins cher qu'en kiosque