Nous Deux - Le numéro 4138 du 19 octobre 2026

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La Une de Nous Deux n°4138 du 19/10/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4138 Un si tendre regard

Un si tendre regard

J’avais 11 ans et demi lorsque se sont déroulés les événements que je vais vous raconter. Élevé par un père trop accaparé par son travail pour s’occuper de moi, je vivais avec mon frère dans une ancienne ferme transformée en garage-atelier – une trop grande bâtisse pour nous trois. La cour servait de parking aux tracteurs et aux machines agricoles que mon père était chargé de réparer. Nous demeurions en pleine campagne, isolés d’un petit village de Corrèze au beau milieu du plateau de Millevaches, à une vingtaine de kilomètres de Peyrelevade. Chaque jour, un car passait nous chercher pour nous conduire à l’école la plus proche, mes copains et moi. Quatre kilomètres à parcourir, pas plus, mais quand il faisait moins 2 ou moins 3 degrés en hiver – ce qui était fréquemment le cas –, qu’il neigeait ou qu’il pleuvait à torrents, nous étions heureux de bénéficier de cette protection au-dessus de nos têtes. En revanche, dès qu’arrivait le printemps, j’étais trop content de partir à pied plutôt qu’à vélo, mon cartable sur le dos, pour profiter de la nature. Parce qu’elle est belle, la nature, chez nous, quand le soleil daigne montrer le bout de son nez. J’adorais ce trajet du quotidien quand je le parcourais en solitaire. Je le connaissais par cœur, je savais chaque arbre qui longeait la rivière jusqu’au gros tilleul, les platanes du bord de la route, les fourrés à l’entrée du petit bois, jusqu’au chêne centenaire derrière lequel se dissimulaient les amoureux qui voulaient être tranquilles ! Souvent je m’enfonçais à l’ombre des frondaisons, prenant « le chemin des écoliers » selon la formule tout à fait appropriée dans mon cas. Il m’arrivait d’atteindre l’école avec un peu de retard mais ce n’était jamais bien grave. Au pire : un regard sévère de la maîtresse. Elle était trop gentille pour se fâcher davantage, surtout que nous étions nombreux à ne pas être à l’heure. En fin d’après-midi, bien que libérés à 16 h 30, je n’étais pas de retour avant 18 heures, voire davantage. À cet âge, je n’avais guère de devoirs à faire pour le lendemain et je pouvais

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Nous Deux 4138 Juste une soirée

Juste une soirée

Qui pouvait bien sonner à sa porte avec autant d’insistance ? se demanda Faustine, agacée, tout en attrapant sa télécommande pour mettre sur pause cet épisode si palpitant de sa nouvelle série policière préférée. C’était son jour de congé et ce jour-là, elle appréciait de ne rien faire, à part se détendre. Elle se pencha pour récupérer son second chausson sous le canapé où son chat, Bart, l’avait envoyé valser en jouant, puis elle se précipita pour ouvrir la porte. – Violette ? Mais qu’est-ce qui se passe ? Violette entra en trombe et se précipita au salon où elle se laissa tomber sur le canapé. – Je viens de rompre avec Damien, déclara-t-elle, des sanglots dans la voix. – Encore ! – Oui, encore, et cette fois c’est la bonne ! Il couche avec une autre. Je suis trop bête, j’aurais dû m’en douter. Mais je m’en fiche, de toute façon, il fallait bien que ça se termine un jour… Tu ne te trompes jamais, j’aurais dû t’écouter. Faustine rejoignit sa sœur sur le canapé et passa son bras autour de ses épaules. – C’est pas trop tôt et j’espère bien que tu t’y tiendras. Je me suis toujours demandé ce que tu lui trouvais. – L’autre jour, j’ai failli lui demander de s’installer chez moi ! Est-ce que je suis aussi désespérée ? Tu crois que c’est parce que je vais avoir 30 ans et que j’ai peur de finir ma vie seule ? – Ça en fait des questions, et tu sais ce que j’en pense. Chaque fois que tu rencontres un homme, tu te précipites, comme si ta vie en dépendait, et tu finis toujours par être déçue. Comment as-tu découvert qu’il y avait une autre femme ? Violette baissa la tête, confuse, puis elle soupira. – Je sais que ça ne va pas te plaire mais j’ai fouillé dans son téléphone pendant qu’il était sous la douche. Et tu sais quoi ? Ils échangent des photos… genre sexy, tu vois ? Faustine éclata de rire et

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Nous Deux 4138 Un charmant collègue

Un charmant collègue

Apeine arrivée au service des contentieux, Lina était dans ses petits souliers. La jeune femme manquait parfois d’assurance, pourtant ses compétences dans le domaine de la fiscalité avaient permis son recrutement. Mathieu, son nouveau chef de service qui venait l’accueillir, s’aperçut de son trouble. Alors qu’ils empruntaient l’ascenseur, il essaya de la mettre à l’aise : – Nous avons besoin de jeunes recrues telles que vous ! Vous serez bien ici ! Ces mots la rassurèrent. Mathieu la présenta à ses collègues. Leur accueil fut si chaleureux qu’il fit monter le rose aux joues de la jeune femme d’un naturel réservé. Les affaires juridiques occupaient le dernier étage du bâtiment accueillant la société immobilière qui gérait le parc locatif de la ville. Intimidée, Lina suivit Mathieu jusqu’au poste de travail qu’elle occuperait dorénavant. En traversant le plateau ouvert, elle entrevit les visages amicaux de ceux qui lui souhaitaient la bienvenue. Elle remarqua également un regard bleu qui la fixa dès qu’elle s’installa devant son ordinateur. – Julien, mon adjoint. Il vous mettra au courant des dossiers, lui précisa Mathieu en lui désignant le jeune homme installé face à elle. Outre son regard pénétrant, son collègue possédait une fossette qui trouait sa joue droite lorsqu’il souriait. Elle se présenta à son tour en lui souriant timidement. Il se leva et vint s’asseoir aux côtés de Lina. – Nous avons quelques urgences à traiter, mais ne t’inquiète pas, je suis là pour t’aider ! Les paroles rassurantes de Julien firent s’envoler ses craintes comme des fétus de paille. La matinée passa vite. Julien avait la patience d’expliquer et Lina comprenait rapidement ce que l’on attendait d’elle. Ils se sourirent à maintes reprises en échangeant leur avis sur des dossiers délicats. Nous allons former un sacré binôme ! se félicita la jeune femme en le voyant s’éloigner à l’heure du déjeuner. Quelques semaines plus tard, l’automne s’installa, apportant son

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Nous Deux 4138 La Clairière des ronces

La Clairière des ronces

Au milieu du grand silence de la campagne, dans le pays des canaux, Mathilde Lerouge et Jacques Davernis découvraient la magie de l’amour du haut de leurs 20 ans. Depuis des mois, de l’aube au crépuscule, Mathilde et Jacques, grisés par la passion, batifolaient dans la campagne vallonnée. Les deux jeunes gens chassaient le gibier, pêchaient la truite et, quand la fatigue les prenait, ils s’allongeaient à l’ombre d’un chêne où, bercés par la brise chaude, ils s’endormaient. Mathilde Lerouge vivait seule dans une maisonnette à l’orée d’une clairière appelée « La Clairière des ronces » par les anciens. Il se racontait qu’une nuit de la Saint-Ambroise où il avait tant neigé, des plaintes animales étaient montées dans le froid glacial. Quelques villageois avaient bravé la neige et le froid pour se rendre sur les lieux d’où provenaient les râles. Là, ils avaient vu un faon prisonnier d’une dense ronce en bordure du ruisseau. La biche impuissante devant ce drame tournoyait désespérée autour de son petit sans pouvoir le libérer. – Il faut le soulager, avait dit M. le maire. Mais il était trop tard. Le faon poussa son dernier soupir. La biche détala et disparut dans la forêt. Depuis ce jour, personne n’avait jamais revu le moindre animal dans la Clairière des ronces où biches et cerfs par dizaines étaient toujours venus se désaltérer au ruisseau. C’était devenu un endroit désert, même les oiseaux n’y venaient plus. Mathilde Lerouge ne possédait rien en dehors de cette habitation. L’incendie qui avait ravagé la grange des Berthelot deux ans plus tôt, et où les Lerouge étaient journaliers, avait laissé Mathilde orpheline et sans ressources. Depuis, pour survivre, la jeune femme louait ses services chez les paysans du coin. Les Davernis, viticulteurs de père en fils, connus pour un coteau de vigne donnant un excellent cépage,

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Nous Deux 4138 NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS AIDER

NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS AIDER

« Je mens à mon mari »J’ai toujours considéré que l’honnêteté était indispensable dans un couple. Pourtant, depuis quelque temps, je mens de plus en plus à mon mari. Je ne lui cache ni une liaison ni des problèmes d’argent. Mais si je fais du shopping, je vais lui annoncer une somme inférieure à celle que j’ai réglée. Je paye en espèces pour qu’il ne sache pas combien cela coûtait en regardant mes comptes. Il n’aime pas que je dépense de l’argent « inutilement ». Je mens aussi sur le temps passé avec mes amies. Je lui dis que le cours de gym dure deux heures, au lieu d’une, car cela me permet de discuter avec elles après sans avoir à me justifier. Mon mari aime savoir ce que je fais et comment les choses vont se dérouler, encore plus depuis que

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Nous Deux 4138 Votre animal communique… Le comprenez-vous ?

Votre animal communique… Le comprenez-vous ?

Depuis qu’ils sont au contact des humains, 40 000 ans pour le chien et 9 000 ans pour le chat, nos animaux domestiques ont développé des modes d’expression animaliers pour se faire comprendre. Outre leurs yeux et leur face, leur corps en dit long sur leur état émotionnel. Les éléments les plus remarquables sont les oreilles et la queue. La position de cette dernière et la fréquence de ses battements indiquent l’état d’esprit de l’animal. Si le langage corporel des chiens apparaît plus clairement que celui des chats, c’est parce que les canidés ont été domestiqués pour exercer un travail (chien de garde, de

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